Hotel California – Les Eagles Attaquent

Joe Walsh & Don Felder, Hotel California
Soure Image: Youtube – Eagles-Live at the Capital Centre (March 1977)

 

″ Welcome to the Hotel California, such a lovely place…″ Bien que les Eagles n’aient jamais entrepris quelque démarche que se soit pour protéger le nom lié à leur tube planétaire, et à l’album du même nom, les voilà qu’ils se réveillent tout chafouins. Au moment du check out, le groupe attaque en justice les propriétaires de l’Hotel California, situé à Todos Santos au Mexique, en les accusant de violer leurs droits d’auteurs. Les Eagles se plaignent que les propriétaires actuels des lieux diffusent des titres du groupe pour faire croire aux clients que l’endroit a un rapport avec la chanson et vendent des goodies sur lesquels figurent la mention ″Legendary Hotel California″. Ils réclament donc une injonction pour empêcher l’Hotel California d’utiliser le nom ou d’en tirer profit. Le titre quant à lui a, de toute évidence, été inspiré par ″ We used to know ″ de Jethro Tull que Don Henley, en tant que fan inconditionnel, suivait de près à l’époque. Restent 6 minutes et 30 secondes de l’une des plus grandes chansons de tous les temps et plus de 2 minutes au cours desquelles Joe Walsh et Don Felder offrent une prestation à mettre au Panthéon des solos de guitare.

Patrick BETAILLE, juin 2017

 

Seratones – Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, Get Gone, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse d’ Adam Davis et le batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio l’ensemble baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et au talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Patrick BETAILLE, juin 2017

Lee Brilleaux – Rock’n’Roll Gentleman

Lee Brilleaux Rock'n'roll GentlemanLee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman. His musical journey with Dr. FEELGOOD 1974-1994. Tout est dans le titre! Ce bookset couvre 20 années de prescriptions émises par Lee Brilleaux, mort prématurément en 1994. Il comprend donc les premiers enregistrements de l’ époque Wilko Johnson, la production du line up Gypie Mayo et bien sûr toute la période 80-90 qui vit passer Gordon Russel (guitare),  Kevin Morris (Batterie), Phil Mitchell (Basse) et le talentueux Steve Walwyn (Guitare). Une anthologie de 93 titres sur 4 Cd, incluant deux inédits: Let’s Have A Party″ issu des sessions de Private Practice et ″Poison Yvy″ exhumé des séances de Primo en 91. L’ensemble est livré avec un livret de 48 pages qui intègre des photos et des notes Zoe Howe, auteure de la biographie qui porte le même nom que ce magnifique coffret. ″Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman″ sort le 7 Juillet mais les fans de Dr Feelgood peuvent déjà prendre rendez vous pour une pré-consultation ici.

Patrick BETAILLE, mai 2017

 

Scorpions – Love at First Sting

censure Scorpions Love at first sting

[Extrait]: Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ (qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées)  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mai 2017

Cruzados – Motorcyle Girl

Cruzados, Motorcycle Girl

Comme pour beaucoup de groupes rock, drogues et alcool ont eu raison des Cruzados. Quatre ans de carrière pour ce combo de Los Angeles qui après de nombreux changements de personnel splite définitivement en 1990, laissant pour témoignage deux albums mineurs, aujourd’hui tombés dans les oubliettes. La séparation laisse sur la touche un certain Tito Larriva qui formera Tito & Tarantula, connu pour son apparition  dans le film culte de 1995 From Dusk Till Dawn, écrit par Quentin Tarantino et réalisé par Robert Rodriguez. Chanteur, guitariste et compositeur, Larriva est notamment l’auteur de  l’un des titres figurant sur le premier album éponyme des Cruzados en 1985: Motorcycle Girl.

″ Motocycle girl, pourquoi ne veux tu pas m’embrasser? Petite fille bourrée du Tennessee, reine du vol à l’arraché aux yeux malicieux. A supposer que tu trouves ce que tu cherches, que vas tu faire? Passer tes journées à te défoncer avec le gus qui t’as mis le grappin dessus? Dommage, toi qui chante si bien. Arrête de me mater comme un péquenot obsédé, je ne suis pas un client! Réveille toi, parle! Motocycle girl, je t’aime et tu ne connais même pas mon nom! ″.

Patrick BETAILLE, mai 2017

St Paul & the Broken Bones – Sea of Noise

The Broken Bones Sea Of Noise

 

Quand j’ai entendu ce groupe sans voir leurs bobines je me suis dit, Wow, voilà de la soul comme je l’aime. Ce black chante magnifiquement. Paf, mauvaise pioche! C’est une bande de faces de craie qui nous gratifie de cette Soul digne des meilleures. Saint Sam Cooke, Otis Redding et consorts se sont assurément penchés sur le berceau de Paul Janemay qui fait montre d’une puissance vocale étonnante, généreuse mais toujours maitrisée et portée par une formation de six musiciens prêts à péter la baraque. Apparemment les Stones eux mêmes ne s’y sont pas trompés puisque nos loustics ont eu le plaisir de faire plusieurs premières parties pour la mythique formation″. Bon que dire de plus? Ben rien, Ed Fairlane a tout dit, ces propos lui appartiennent et je m’y rallie!  Reste qu’il ne faut pas hésiter à jeter une oreille sur la production de St Paul & the Broken Bones. Sea of Noise et Half the City, leurs premiers albums, sont des nourritures de l’âme hautement bienfaitrices et recommandables. Démonstration >Sugar Dye!

Nick de Ville – Albums

Albums, création graphique & musique

Albums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol, Hipgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

Patrick BETAILLE, mai 2017

Emerson Lake & Palmer – Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

(Extrait]: Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang  » Fellatio « ). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée… La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson de cryogénie. L’ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. Brain Salad Surgery reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine... H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Patrick BETAILLE, Mai 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Iggy Pop – Asshole Blues!

 

Le label indépendant Jacuzzi Boys’ Mag Mag réhabilite le Flexi Disc! A une époque, ce type de support était avant tout un moyen promotionnel bon marché, fréquemment inclus en supplément avec certains magazines.  ″Les flexis vont être un moyen pour les artistes de faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent laisser libre cours à leurs désirs les plus expérimentaux ou au contraire rester sur leurs gardes. Il n’y a aucune règle. On essaye juste de faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qui nous parle″ (JBMM).  Pour le premier volume de la série le label a sollicité Iggy Pop qui, séduit par l’idée et très inspiré par la situation mondiale actuelle, en profite pour s’adresser aux ″connards″ qui lui pourrissent la vie. Muni de sa seule guitare acoustique, l’Iguane effectue un retour aux source, bouscule les codes, et pose la question: ″Asshole, when are you gonna die?″ (Quand est ce que tu crèves pauv’ con?). C’est roots, c’est jubilatoire et c’est le Asshole Blues!

Patrick BETAILLE, avril 2017

 

 

Steppenwolf – La Dickmobile de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

[Extrait]: Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la saisissante ″ Dickmobile ″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

Patrick BETAILLE, avril 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈