The Blues Brothers – The Lost Recordings

© Z2 Comics

 

La suite des aventures des Blues Brothers, en bande dessinée cette fois. Inspiré du film de 1980, The Escape of Joliet Jake reprend l’histoire de Jake et Elwood Blues en 1997. Alors qu’il est en taule, Jake disparaît. Évasion? Enlèvement? C’est à un détective accompagné d’un jeune de l’orphelinat de Chicago où les frangins ont grandi qu’incombe la tâche de retrouver sa piste. Le scénario est écrit par Stella Aykroyd (fille du co-créateur Dan) et Evan Pisano (dont la défunte mère Judy était la veuve du co-créateur John Belushi. C’est Felipe Sobreiro qui illustre le livre préfacé par Dan Aykroyd.

D’ici la fin de l’année, l’éditeur Z2 Comics proposera une édition de luxe de la bande dessinée, avec de nombreux bonus, dont des tirages d’art, un coffret et même un harmonica. Mais la pièce maîtresse du lot est un vinyle bleu intitulé The Lost Recordings. Disponibles uniquement dans ce coffret, 13 enregistrements live inédits de Belushi et Aykroyd accompagnés des musiciens originaux du groupe. Des membres de Booker T. and the M.G.’s, des Bar-Kays, du groupe de Howlin’ Wolf et du groupe du Saturday Night Live de l’époque, dont Steve Cropper, Donald Duck Dunn et Matt Murphy. Ensemble ils reprennent des classiques comme Flip, Flop & Fly, Green Onions, Rubber Biscuit, Shot Gun Blues et bien sûr Soul Man, le hit de Sam & Dave.

Patrick BETAILLE, août 2025

Le lundi c’est permis – Orage

Source Image: Youtube – Rainy Thursday-Gabriela Latora

 


[Frank Lane]: ″ If you want to see the sunshine, you have to weather the storm – Si vous voulez voir le soleil, vous devez affronter l’orage.


Patrick BETAILLE, août 2025

Percy Sledge – When a Man Loves a Woman

 

[Extrait]: Cette chanson est un monument de l’histoire de la musique. Il s’agit du premier hit n°1 au Bilboard Hot 100 enregistré dans les studios de Muscle Shoals, en Alabama…
Pendant la journée, Percy Sledge travaille en tant qu’infirmier à l’hôpital du comté de Colbert en Alabama. La nuit, il chante dans un groupe local. Un soir de 1965, il remplace au pied levé le chanteur de The Esquires. Lors du concert avec cette formation il demande aux musiciens d’improviser un blues sur lequel il souhaite exprimer son mal-être et, pendant six minutes, il improvise une chanson provisoirement appelée Why Did You Leave Me…
Présent dans la salle, Quin Ivy, parolier et DJ de son état, est sous le charme et propose à Percy de venir dans son studio et de retravailler le morceau…

Désormais intitulée When a man Loves a Woman, la chanson sort en single en mai 1966 et atteint la première place des charts. Comme Sledge avait coécrit la première version de la chanson avec les musiciens de The Esquires, il leur accorda généreusement les droits sur la composition, jugeant que c’était grâce à eux qu’il avait eu l’opportunité de chanter cet hymne à l’amour devenu légendaire…

Jerry Wexler, le plus grand producteur – blanc de surcroît – de soul aux États-Unis déclara : ″ si un seul morceau doit résumer toute la soul, c’est bien When a man Loves a Woman ″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, août 2025

Dmitri Vrubel – Le Baiser

© German Federal Archive via Wikimedia Commons

[Régis Bossu]: ″ Ce très chaud baiser ne pouvait que faire fondre une guerre froide, n’est-ce pas? ″


Street artiste soviétique, Dmitri Vrubel (1960-2022) s’est rendu célèbre avec une œuvre satirique peinte peu après l’effondrement du régime est-allemand. 3,6 mètres de hauteur et 4,8 mètres de largeur, la fresque murale est intitulée: Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel. Elle a été réalisée sur une partie du mur de Berlin connue sous le nom d’East Side Gallery, peu après l’ouverture de la frontière inter-allemande le 9 novembre 1989. Détruite en 2009 dans le cadre d’un projet de restauration du site, l’œuvre sera reproduite à l’identique par l’artiste la même année.

L’image qui a servi de modèle à l’artiste est un cliché de Régis Bossu intitulé Le Baiser de la Fraternité. Le 5 octobre 1979 à Berlin, le photographe français couvrait l’actualité allemande pour l’agence Sygma. Lors de la cérémonie du trentième anniversaire de la formation de la République démocratique allemande, il a immortalisé le moment au cours duquel Léonid Brejnev, alors secrétaire général du Parti communiste de l’URSS, et Erich Honecker, président du Conseil d’État de la République démocratique allemande échangent un baiser fraternel. C’est ce cliché qui, en faisant la couverture de Paris Match, a inspiré Dmitri Vrubel. 

Buddy Guy – Ain’t Done With the Blues

 

La dernière apparition de Buddy Guy datait du 16 avril 2025 dans Sinners, le drame horrifico-surnaturel consacré au blues du Delta et à la fin duquel il incarnait le rôle de Preacher Boy. Même si musicalement il n’a plus rien à prouver, le dernier des Blues Giants persiste et signe avec un vingtième album studio: Ain’t Done with the Blues.  ″ Cet album parle de mon parcours et des gens qui m’ont tant appris ″ explique Buddy. ″ Muddy, Wolf, Walter, Sonny Boy, BB… tous m’ont demandé de défendre le blues. J’essaie de tenir cette promesse ″.

À bientôt 90 ans, Buddy Guy est non seulement toujours debout mais il confirme également que grâce à sa passion, sa détermination et son jeu il est capable d’honorer ses engagements en allant encore plus loin avec 18 titres imprégnées d’âme et d’histoire. Une célébration à laquelle sont invités quelques uns de ceux qui, plus souvent qu’à leur tour, ont rendu hommage à la Musique du Diable. Joe Walsh (How Blues is That), Christone ″ Kingfish ″ Ingram (Where U At), Peter Frampton (It Keeps me Young), Joe Bonamassa (Dry Stick) et les Blind Boys of Alabama (Jesus Loves the Sinners). Entre hommages à John Lee Hooker (Hooker Thing), Lightning Hopkins (One for Lightnin’) et BB KIng (The Blues Chase the Blues Away), entre shuffle, gospel, R&B, Chicago blues et hymne méditatif (I Don’t Forget), l’ensemble vibre d’un chant expressif et d’une intensité électrique dont le guitariste a le secret. Ain’t Done With The Blues n’est pas une promenade nostalgique, pas plus qu’un résumé de carrière. C’est juste la preuve que Buddy Guy n’en a pas fini avec le blues et qu’il reste un artiste essentiel devant lequel on ne peut que s’incliner.

Patrick BETAILLE, août 2025

Le lundi c’est permis – Nonchalance

© Photo: Tomasz Zienkiewicz

 


[Anna Gavalda – Ensemble, c’est tout]: “ La cruelle nonchalance de celles qui se savent désirables – The cruel nonchalance of those who know they are desirable “.


Patrick BETAILLE, août 2025

Pierre Bachelet – Emmanuelle

 

[Extrait]: 1960-1970. Émancipation des mœurs et liberté sexuelle. Le film érotique cherche sa place entre une production de plus en plus hard et un cinéma de séduction. Réalisé par Just Jaekin, sur un scénario de Jean-Louis Richard et d’après un roman d’Emmanuelle Arsan, le long métrage Emmanuelle est à l’affiche en France le 26 Juin 1974. Scandale ! Le film, en conjuguant érotisme chic et décors exotiques, met en scène Sylvia Kristel dans un scénario qui explore plusieurs aspects d’une sexualité découverte ou fantasmée. La musique du film composée par Pierre Bachelet est éditée la même année chez Barclay. Il s’avère que l’une des plages contrefait le Larks’ Tongues in Aspic de King Crimson paru le 23 mars 1973. L’année suivante, Robert Fripp, compositeur du morceau, poursuit les producteurs du film en justice et obtient gain de cause. Sur la jaquette de la bande originale, Sylvia Krystel pose a demi nue dans le désormais célèbre Fauteuil. L’image sera censurée dans certains pays. Portugal et Espagne devront ainsi se contenter d’une photo de l’actrice, plus classique et surtout, plus habillée. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, août 2025

Antoine Rault – Le Diable Rouge

 

Le Diable rouge est une fiction théâtrale sur fond de réalité historique écrite par Antoine Rault en 2008 et mise en scène par Christophe Lidon. La pièce retrace les derniers mois de Mazarin, principal ministre du jeune roi Louis XIV. L’extrait qui suit est une critique acerbe du cynisme politique et de ses conséquences sur la vie économique. 

[Extrait]: ″ Colbert: Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus… J’aimerais que Monsieur le Surintendant Fouquet m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou. – Mazarin: Quand on est un simple mortel et qu’on est couvert de dettes, on va en prison, bien sûr. Mais l’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette. Tous les États font ça. – Colbert: Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables. – Mazarin: On en crée d’autres. – Colbert: Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà. –Mazarin: Mais non, pas les pauvres! – Colbert: Les riches alors ? – Mazarin: Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres. – Colbert: Alors, comment fait-on? – Mazarin: … Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres! C’est ceux-là que nous devons taxer encore plus, toujours plus! Ceux là! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C’est un réservoir inépuisable – Colbert: Mais ils sont étranglés, ce sont les forces vives du royaume. Le plus grand risque que vous preniez éminence c’est de laisser pourrir la situation actuelle. Il ne faut pas augmenter les impôts mais au contraire les baisser… Il faut diminuer le nombre des officiers de finances, sanctionner leurs trafics, ne plus voir ces fortunes scandaleuses qui nourrissent une sentiment de révolte dans le royaume. – Mazarin: Que tu es naïf Colbert. Crois-tu vraiment qu’on pourrait gouverner la France uniquement avec des gens honnêtes? Pour tenir un pays il faut malheureusement des fripons. Ils nous rendent de grands services que les gens honnêtes seraient incapables de rendre… Ce sont les coquins qui mènent le monde ″…

Voici ce qui rend Le Diable Rouge si actuel et si pertinent en tant que miroir de la vie politique actuelle. ″ Peu importent les libertés que prend Antoine Rault avec l’Histoire. On n’est pas ici à la Sorbonne, on est au théâtre ″ (Christophe Lidon). Texte intégral disponible au format e-book.

Patrick BETAILLE, août 2025

Le lundi c’est permis – Accident

© Antonio Guillem

[Pierre Dac]: ″ Ce ne sont pas les enfants dans une voiture qui créent des accidents, mais bien les accidents dans une voiture qui créent des enfants – It’s not children in car that cause accidents, but accidents in car that cause children ″


 

Orianthi – Some Kind of Feeling

 

Orianthi… Guitar hero au féminin ou taupe modèle? Pour trancher il suffit de garder en mémoire le fait que mademoiselle Panagaris a brillamment collaboré avec Alice Cooper, Dave Stewart et Richie Sambora. Il convient également de souligner que son style et son jeu lui ont valu l’honneur d’être souvent comparée à Joe Satriani, Steve Vai, Carlos Santana et même Eddie Van Halen. Au fil des ans, tout en jouant avec des légendes elle a continué à enrichir sa discographie personnelle. Dernière production studio en date, ce Some Kind of Feeling pour le moins intéressant.

Entre ballade sensuelle et profonde (Some Kind of Feeling et Heaven Right Here) et un blues rock intense partagé avec Joe Bonamassa (First Time Blues), Orianthi confirme ses qualités vocales avec les ambiances soul de Ghost et Call you Mine. Elle n’en oublie pas pour autant qu’elle est aussi là pour envoyer du bois et elle le prouve avec Dark Days Are Gone, What I’ve Been Looking For et une belle reprise de Sharp Dressed Man qu’elle a déjà eu l’occasion de jouer avec son compositeur: Billy Gibbons. Some Kind of Feeling possède une réelle identité musicale, entre puissance et élégance, technique et feeling. De quoi  bien démarrer la journée.

Patrick BETAILLE, août 2025