Shane MacGowan – Lord Of the Drinks

Screeshot Youtube – Shane MacGowan: My Way

 


Chanteur de The Pogues, Shane MacGowan (1957 – 2023) s’est également rendu célèbre en affichant la dentition la plus chaotique de l’hémisphère nord mais aussi grâce à quelques citations pour le moins alambiquées:


″ Ce qu’il faut retenir à propos des ivrognes c’est qu’ils sont beaucoup plus intelligents que les abstinents. Ils passent en effet beaucoup de temps à discuter dans les pubs; à la différence de ces bourreaux de travail ambitieux qui ne pensent qu’à leur carrière sans jamais développer de vraies valeurs spirituelles ni analyser ce qu’ils ont dans la tête comme le font les alcoolos – De toutes façons on aurait beau s’esquinter à boire Autant qu’un Irlandais qu’on ne parviendrait Jamais à boire Comme un Irlandais – Je bois parce que j’ai soif ″.

Tri Yann – La Belle Enchantée

 

[Extrait]: Pour l’illustrer le 22ème album de Tri Yann sorti le 15 avril 2016 , le graphiste Tanguy Jossic choisit un dessin du peintre sculpteur français Georges Lacombe. Un couple allongé, enlacé et nu, illustre la pochette. Madame est de dos. Une croupe féminine au su et au vu de tous ? Inconcevable ! La représentation de seins, de fesses et de sexes est un motif de blocage sur les sites de streaming. C’est ainsi que se justifie la société française Believe, l’un des leaders mondiaux de la distribution digitale. Contraint de revoir sa copie, Tri Yann doit rhabiller La Belle Enchantée qui  » étreint Yann et l’enlace « , mais désormais en costume de bain des années 1900!  » Nous n’en voulons pas à Believe – confie l’un des chanteurs, Jean Chocun – elle ne fait que se plier aux normes en vigueur sur le Net, imposées par des firmes comme Apple. L’on peut quand même s’interroger sur l’américanisation de l’Europe et du monde. Quelle pudibonderie stupide ! « . La version physique de l’album reste commercialisée avec sa pochette d’origine sur le label du groupe : Marzelle.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, novembre 2023

Howard Sochurek – The Lady Madonna

© Howard Sochurek – National Geographic

 

Entre le premier Love me Do publié le 5 octobre 1962 et Let it Be, le dernier sorti le 6 mars 1970, The Lady Madonna se situe en dix-septième position des 22 singles britanniques du catalogue de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Star : The Beatles.
La chanson est écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney comme toutes les chansons du groupe composées par John ou Paul. Pour les paroles, le bassiste des ″ Fab Four ″ s’est inspiré d’une image parue dans l’édition de janvier 1965 du magazine National Geographic. Intitulé ″ Mountain Madonna ″. le cliché de Howard Sochurek mettait en scène une femme et ses trois petits enfants, dont un en train d’être allaité. Touché par la photo incluse dans un reportage sur les forces spéciales américaines en opération au Viêt Nam, ″ Macca ″ a gardé en mémoire ce témoignage poignant sur l’humanité qui se cache derrière la guerre et sur le courage des femmes qui luttent pour pouvoir assurer le quotidien de la famille.

″ Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts. Qui trouve l’argent pour payer le loyer? Lady Madonna, avec un bébé en train de téter, je me demande comment tu fais pour nourrir les autres. Comment trouver l’argent du loyer? Ça ne tombe pas du ciel! Rien le vendredi. Dimanche matin, elle se traine. Lundi le gosse sait lacer ses chaussures, regardez-le courir. Lady Madonna, allongée sur le lit, tu écoutes la musique que tu as dans la tête. Le mardi après-midi n’en finit pas. Pas de journaux le mercredi. Jeudi soir tes bas ont besoin d’être reprisés. Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts ″.

Le titre est enregistré dans l’urgence aux studios EMI d’Abbey Road entre le 3 et le 6 février 1968, juste avant que le groupe ne parte pour un séjour en Inde à la rencontre du maître Maharishi Mahesh Yogi. Pour s’échauffer, Paul s’installe au piano et entame un boogie-woogie à la Fats Domino tout en essayant d’y associer son hommage aux femmes. Une fois posées les bases rythmiques, les musiciens reviennent pour les overdubs sur les voix et ajouter quelques parties de piano supplémentaires. Après quoi, pour donner du corps à l’ensemble il est décidé d’ajouter des cuivres en faisant appel à quatre musiciens de jazz, tous saxophonistes ; parmi eux, Ronnie Scott et Harry Klein, des vétérans de la scène des big bands britanniques. Magique !

Patrick BETAILLE, novembre 2023

The Lovin’ Spoonful – Summer in the City

 

[Extrait]: Ce groupe qui initialement voulait jouer une sorte de jazz décontracté fut constitué en 1964 autour de John Sebastian, chanteur guitariste de la scène folk de Greenwich Village. Avec son mélange subtil de folk et de pop, The Lovin’ Spoonful va rapidement à la rencontre du succès.
Les sept premiers singles du quatuor se classent tous dans les dix premières places du Billboard Hot 100. Forts de cette notoriété et fidèles à leurs convictions les musiciens se permettent même décliner une offre de production de la part de Phil Spector et de refuser un contrat juteux avec Elektra pour rester fidèles à leur label Kama Soutra. En février 1966 Daydream se classe n°2 aux USA et au Royaume-Uni. Paul McCartney lui-même reconnaît avoir été influencé par cette chanson quand il écrivit Good Day Sunshine. The Lovin’ Spoonful joue désormais dans la cour des grands et le prouve avec un single devenu immortel : Summer in the City.
La chanson est née d’une collaboration entre John Sebastian et son frère Mark qui ne faisait pourtant pas partie du groupe. Mark avait 15 ans lorsqu’il a écrit ce poème que John a utilisé comme trame et mis en musique. Le texte met en opposition ce que représente vivre en ville le jour et la nuit…

Summer in the City a été enregistré en deux jours avec la première séance dédiée aux instruments et la deuxième consacrée au chant et aux effets sonores. On remarque en effet au milieu de la chanson des bruits de klaxons de voitures et de marteau-piqueur; bruits destinés à renforcer l’idée de stress généré par l’agitation urbaine… Le single sort le 4 juillet 1966, le jour de la célébration de l’Indépendance aux USA, et se classera en tête du Billboard pendant trois semaines…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, novembre 2023

Creedence Clearwater Revival – Proud Mary

 

[Extrait]: Ce quatuor a probablement été durant les années 60 et au-delà, le groupe de rock le plus intéressant de l’histoire du rock. Originaires de Californie, John et Tom Fogerty, Doug Clifford et Stu Cook ont élaboré avec un mélange de blues, de country et de soul, un style musical très en marge du psychédélisme ambiant et des poètes introspectifs.
Pendant 8 années, sous les noms de Blue Velvets, puis des Golliwogs, les musiciens vont acquérir expérience et savoir-faire qui vont peaufiner un swamp rock [ou bayou rock – NDLR] énergique immédiatement reconnaissable grâce à la voix rocailleuse de John et aux trémolos de la guitare de son frère Tom. À partir de 1964, The Golliwogs enchaînent les singles sans succès et pour ne rien arranger John Fogerty et Doug Clifford sont appelés sous les drapeaux en 1966. Une fois dégagé de ses obligations militaires, John relance la formation sous le nom de Creedence Clearwater Revival. ″ Creedence ″ en hommage à un ami, ″ Clearwater ″ en référence à une marque de bière et ″ Revival ″ pour signifier un nouveau départ. CCR entre alors en studio pour enregistrer son premier LP éponyme duquel sont extraits trois simples : I Put a Spell on You de Screamin’ Jay Hawkins, Porterville (une compostion originale) et une version fleuve de Susie Q de Dale Hawkins qui sera le premier tube du groupe. L’année suivante, en janvier 69, sort le deuxième opus, Bayou Country, qui à part une reprise de Good Golly Miss Molly dekivousavé contient des compositions éblouissantes dont Born on the Bayou et surtout Proud Mary. Les deux titres sortent sur un seul single en même temps que l’album. Composée le jour où John Fogerty a obtenu ses papiers de démobilisation de l’armée américaine, la chanson était censée raconter l’histoire d’une femme qui travaille comme bonne chez des gens riches. C’est Stu Cook qui a suggéré l’idée d’évoquer un steamboat qui navigue sur le Mississippi. Séduit par le concept, John a modifié le texte qu’il avait en tête et a fait en sorte que les premiers accords évoquent les roues à aubes du bateau…
… Bod Dylan déclare que c’est sa chanson préféré de l’année et le public ne s’y trompe pas. Proud Mary devient un énorme tube des deux côtés de l’Atlantique. Peu après, Bad Moon Rising et Lodi connaîtront le même sort, mettant CCR sur les rails d’une postérité phénoménale. Reprise avec bonheur en 1971 par Ike et Tina Turner, Proud Mary deviendra hélas risible avec la version française de Claude François qui lui préfère le train: ″ … et je roule, roule, vers mon arc-en-ciel. Roule, roule, pour m’éloigner d’elle…″


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Patrick BETAILLE, octobre 2023

The Struts – Pretty Vicious

 

Depuis sa formation en 2012, ce groupe britannique a su se tailler une solide réputation, nourrie de 2014 à 2020 par  trois albums aux influences sérieusement seventies et entretenue en 2017 et 2018 par de nombreux concerts. The Struts ont d’ailleurs eu l’occasion de faire les premières parties des Who, de Guns N’ Roses, de Mötley Crüe et des Foo Fighters dont le leader Dave Grohl a eu l’occasion de déclarer:  ″ The Struts sont le meilleur groupe qui a ouvert pour nous ″. Pas trop étonnant. Heavy rock parfois teinté de glam ou de pop. Gros son, riffs calibrés, concision, sens de la mélodie et spontanéité flamboyante donnent au quatuor l’occasion d’offrir à son auditoire quelques instants jubilatoires jusqu’alors chasse gardée de Slade et Aerosmith. The Struts ont du style et ils le prouvent avec ce Pretty Vicious énergique, efficace et accrocheur. À l’écoute des onze titres, les plaisirs varient sans jamais tomber dans la caricature et le mauvais goût. Tout pour le rock et rien que pour le plaisir. 

 

Ernest Farmer – Led Zeppelin IV

Photo : Wiltshire Museum

 

Fin du mystère! Jadis considérée comme une peinture, la pochette de l’album Led Zeppelin IV est en réalité la photographie d’un chaumier prise dans la campagne anglaise en 1892 par Ernest Howard Farmer. Le cliché représente probablement Lot Lang, un ouvrier veuf, originaire de la ville de Mere, dans le Wiltshire. Surprenante découverte que l’on doit à Brian Edwards qui était tombé sur l’image au cours de recherches dans le cadre d’une exposition qu’il avait organisée avec le Wiltshire Museum en 2021. La photographie se trouve désormais au Wiltshire Museum de Devizes, et une exposition présentant cette image, ainsi que d’autres prises dans l’ouest de l’Angleterre durant l’époque victorienne, devrait se tenir au printemps 2024. Source et infos: The Guardian

 

L’histoire raconte que, plus de 50 ans en arrière, Robert Plant serait tombé sur un cliché encadré et colorisé du personnage chez un antiquaire proche de la maison de Jimmy Page. Pour la couverture de l’album, la représentation de l’homme voûté, souvent confondu avec la photographie d’un tableau, a été placée sur le mur d’une résidence de banlieue partiellement démolie avec vue sur un paysage urbain. Jimmy Page confiait qu’il aimait la représentation de cette dichotomie entre ville et campagne, pour lui symbole d’un groupe indécis qui, malgré les critiques destructrices, doit maintenir la cap et continuer à avancer.

Patrick BETAILLE, novembre 2023

Le lundi c’est permis – Contrepet

 


Définition: ″ Une contrepèterie – ou abusivement le contrepet – est une figure de style sous forme de jeu de mots littéraire dont le procédé est d’intervertir des lettres, des syllabes ou des sons au sein d’une même phrase pour aboutir à une formulation de sens différent. La magie opère alors et la contrepèterie fait apparaître de nouvelles expressions souvent cocasses ou obscènes ″.


Patrick BETAILLE, novembre 2023

Tommy James & the Shondells – Crimson and Clover

 

[Extrait]: Musicien, auteur-compositeur américain et plus tard producteur, Tommy James mérite d’être pris très au sérieux. À 12 ans, il animait déjà le bal de fin d’année de son école du Michigan. À quinze, il avait sorti son premier 45 tours et à 16 enregistré pour le label Roulette son premier standard devenu disque d’or : Hanky Panky.
Deux ans plus tard, en mai 1968, nouveau coup d’éclat avec Mony Mony qui devient N°1 au Royaume-Uni. Grâce à un tel palmarès Tommy James & the Shondells obtiennent carte blanche de la part de la maison de disques ; une première dans l’histoire du rock ! C’est dans ce contexte que le groupe entre en studio pour enregistrer l’ébauche de ce qui allait leur offrir le plus gros succès de leur carrière : Crimson and Clover… 
Le single sort en novembre 1968 et début 1969, devient N°1 au Etats-Unis, au Canada, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et en Suisse. Beaux scores également en Autriche, au Brésil, en Europe, au Mexique, etc ; bref partout sauf… en Grande-Bretagne. Pas mal quand même pour une tranche de psychédélisme au sonorités complexes dont les paroles sont nées dans la tête de Tommy qui, un matin au saut du lit, a eu l’idée d’écrire quelque chose à partir de deux de ses mots préférés qu’il trouvait poétiques : ″ crimson ″ et ″ clover ″ [le pourpre et le trèfle – NDLR]…


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Patrick BETAILLE, novembre 2023

Status Quo – Pictures of Matchstick Men

 

[Extrait]: Fans du style musical des Shadows et des Spotnicks, Francis Rossi et Alan Lancaster, deux lycéens de la banlieue sud de Londres, décident en 1962 de former un groupe instrumental. Après un certain nombre de changements de noms et de membres – l’arrivée de John Coghlan en 1963 et celle de Rick Parfitt en 1967, le groupe devient The Status Quo en 1967.
Le 5 janvier 1968, le groupe obtient son premier succès avec un titre à la fois bubblegum et psychédélique : Pictures of Matchstick Men. La chanson évoque les obsessions d’un homme méprisé par son épouse…
Le chanteur-guitariste Francis Rossi a écrit les trois quarts de cette chanson sur les gogues de sa maison, là où il s’isolait pour échapper à sa femme et à sa belle-mère… Quant aux personnages, ils lui ont été inspirés par LS Lowry (1887-1976), un artiste devenu célèbre pour avoir peint des scènes de vie quotidienne de l’Angleterre industrielle du milieu du vingtième siècle et de ses quartiers ouvriers peuplés de silhouettes fantomatiques et grêles qui ressemblaient à des allumettes.
Le single atteint la septième place des charts britanniques et la douzième place du Billboard Hot 100 américain. En août 1968 Status Quo obtient son deuxième tube avec Ice in the Sun mais ce sera le dernier avant longtemps. À cause d’un contrat financièrement désastreux avec la maison de disques et de la montée en puissance du hard rock et du rock progressif, le groupe est sur le point d‘abandonner. À l’initiative de Alan Lancaster, bassiste fan de heavy rock et de blues, les musiciens se reprennent, rangent les chemises à jabots et misent tout sur les prestations scéniques dans les clubs. Le jeu de Rossi imprégné de gigues écossaises et irlandaises dont il nourrit ses solos, la régularité métronomique de Parfitt font des merveilles avec un boogie-rock, certes simple, mais surtout efficace et sincère. Malgré le mépris de la critique musicale qui juge les compositions banales et monotones, le groupe fonce et finit par trouver son public…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, octobre 2023