La Discothèque Idéale 2023

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, Janvier 2024

Canned Heat – On the Road Again

 

[Extrait]: C’est l’histoire d’une rencontre. Celle en 1964 de Bob Hite, un employé de magasin de disques de Los Angeles, et de l’un de ses meilleurs clients, un collectionneur répondant au nom de Alan Wilson. Ensemble, ils décident de former un jug band pour partager leur passion commune pour le blues en se produisant dans la rue. Ils sont rejoints par le guitariste Henry Vestine, récemment viré des Mothers of Invention de Frank Zappa, puis par le batteur Frank Cook un virtuose ayant œuvré aux côtés de Chet Baker. Canned Heat était né. Pour le nom, Alan Wilson s’inspire du Canned Heat Blues de Tommy Johnson…

En juin 1967, le bassiste Larry Taylor arrive, le groupe se fait un nom lors du Monterey Pop Festival, et en juillet, Liberty Records sort un premier album éponyme contenant, entre autres, des reprises de standards de blues de Willie Dixon, Robert Johnson et Muddy Waters. Fin 1967, Fito De La Parra vient remplacer Frank Cook à la batterie. Boogie with Canned Heat, le deuxième LP, sort le 21 janvier 1968. Contrairement à son prédécesseur il contient principalement des compositions du groupe dont On the Road Again. La première version de l’album, dure 5 minutes. Pour être diffusée sur les radios, une version de 3 minutes amputée des solos d’harmonica et de guitare paraît en single aux États-Unis en avril 1968…

Voix de fausset, bourdonnement magique de l’harmonica et présence obsédante du luth indien provoquent une sensation de étrange de bien être à l’écoute des paroles évoquant le besoin et l’envie de voyager pour fuir les réalités de la vie quotidienne.

On the Road Again et une prestation au festival de Woodstock en août 69 consacrent mondialement Canned Heat et son blues mâtiné de boogie. La chanson se classe à la seizième place du Billboard américain et devient l’un des tubes de l’été 68 en Europe.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, janvier 2024

Zapping Photo – 2023 en Images

Accumulation de déchets dans les rues de Paris au neuvième jour de la grève des éboueurs contre la réforme des retraites, le 14 mars 2023 – Accumulation of rubbish in the streets of Paris on the ninth day of the dustmen’s strike against pension reform, 14 March 2023.

©Photo: Marie Magnin-Hans Lucas

 

Avec une sélection de 100 clichés révélateurs, le magazine TIME met en lumière les événements significatifs de 2023. Actualité oblige, il y est beaucoup question des guerres Russie-Ukraine et Israël-Hamas, mais pas seulement. Un zapping indispensable pout se focaliser sur l’essentiel. ″ La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: Les 100 photos essentielles de 2023.

Patrick BETAILLE, décembre 2023

 

Bonnes Résolutions 2024 – Gaston Lagaffe

Gaston Lagaffe, personnage de Franquin

 


Resolutions? Me? What are you just implying? That I need to Change? Well, guys, as far as I’m concerned, I’m perfect the way I am! Got it ?!


Patrick BETAILLE, janvier 2024

Bill Haley – Rock Around the Clock

[Extrait]: Pas mal de controverses quant à savoir quelle a été la première chanson rock’n’roll jamais enregistrée. En 1991, après de nombreux et longs débats, le Rock and Roll Hall of Fame tranche en faveur de Rocket 88. Ce morceau a été enregistré le 5 mars 1951 par Jackie Brenston et Ike Turner au cours d’une session dans le studio du producteur Sam Phillips.
Ce dernier vend la chanson à Chess Records, qui l’édite en single en avril, sous le nom de Jackie Brenston & his Delta Cats. Publié le 5 mars 1951, Rocket 88 entre dans le classement rhythm & blues du Billboard à la fin du mois d’avril, atteint la première place en juin pour y rester cinq semaines consécutives. Saisissant l’opportunité, Bill Haley enregistre sa propre version en juillet avec son groupe The Saddlemen… 1953 sera un tournant pour le chanteur de Detroit qui abandonne la country and western pour se consacrer à un genre nouveau: le rockabilly. Changement de nom également pour les musiciens qui l’accompagnent ; dorénavant il s’agit de Bill Haley and His Comets…

Le 12 avril 1954, Bill et ses sept comètes entrent en studio et enregistrent Rock Around the Clock. Publié en mai en face B de Thirteen Women, le single passe tout d’abord inaperçu. Mais Jimmy De Knight, conseiller technique pour Blackboard Jungle [Graine de violence – NDLR], choisit ce titre comme chanson principale. Le film sort en mars 1955 et rencontre un succès considérable. Réédité en Face A dans la foulée, Rock Around the Clock entre dans le Billboard Hot 100 en mai, pour s’y installer numéro 1 des ventes aux États-Unis pendant 8 semaines…

En 2018 aux USA, elle sera sélectionnée par la Bibliothèque du Congrès pour être conservée dans le National Recording Registry, car elle est ″ elle est culturellement, historiquement et artistiquement significative ″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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 Patrick BETAILLE, décembre 2023

Deep Purple – Hush

 

[Extrait]: Parmi les titres de Shades of Deep Purple, le premier album du groupe de hard rock britannique, figurent trois reprises dont Hush, une composition de Joe South (Cf Billy Joe Royal – Hush). Publié en même temps que le LP en juillet 1968, le single connaît un succès foudroyant aux Etats-Unis, grâce notamment à l’ambiance musicale à la fois pop et heavy élaborée à l’orgue par John Lord. Ce dernier qui était alors fasciné par le style et du son de Vanilla Fudge déclarait :  » J’ai commencé à faire ces trucs déjantés à l’orgue avec The Artwood et St. Valentine’s Day Massacre, mes groupes précédents. J’ai joué cette partition comme avec des congas. Le rythme de Hush ressemble plutôt à une samba. »
La chanson est l’une des préférées des fans. Mais Ian Gillan venu remplacer Rod Evans en 1969 ne voulait l’interpréter durant les concerts avec le Mark II de Deep Purple. Il a fallu attendre l’arrivée du guitariste Steve Morse en 1994 pour qu’elle soit intégrée dans les setlists…


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In Vinyle Veritas – Astuce du Jour!

 

Quel passionné de vinyles n’a pas un jour rêvé de pouvoir écouter ses précieuses galettes n’importe où et n’importe quand, sans pour autant avoir sous la main amplificateur, enceintes et surtout, une platine. La solution existe! Quand les premiers symptômes du manque se font ressentir et que vous désirez lire un 33 tours hors de chez vous voici l’astuce ultime. Il vous faut une feuille A4 (de préférence un papier fort genre feuille de dessin), un crayon, une épingle et un peu de papier collant.

Roulez la feuille de sorte qu’elle forme un cône. Maintenez le tout dans sa forme définitive à l’aide d’un morceau de ruban adhésif, puis, transpercez le cône dans sa partie pointue en y logeant l’épingle avec un angle d’environ 45 degrés. Ceci fait, sortez votre vinyle préféré car il va falloir le faire tourner. Pour ce, insérez le crayon dans l’orifice central de la galette. Vous voilà prêt. Posez délicatement le cône et son aiguille sur le disque. De l’autre main, saisissez le crayon et faites-le tourner entre vos doigts (le disque suivra le mouvement) tout en approchant votre oreille de la partie évasé du cornet. Et voilà! À vous le plaisir d’entendre votre morceau préféré, comme par magie!

Je tiens à rassurer les allergiques au bricolage enfantin, les tourmentés du système D, ceux qui sont dotés de deux mains gauches et surtout les puristes, une autre astuce les comblera de bonheur derechef: Écouter la musique avec les yeux. Si, si! Là aussi, rien de plus facile!


Il vous suffit de vous procurez IN VINYLE VERITAS, le livre ″ étonnant et indispensable ″ de 320 pages consacré à la censure des pochettes de disques et qui évoque également les dessous des pochettes de disques les plus emblématiques de l’histoire du rock.

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Aretha Franklin – Think

 

[Extrait]: S’il est une artiste qui mérite bien le surnom de ″ Queen of Soul ″, c’est bien Aretha Franklin. Originaire de Detroit, cette chanteuse à la technique et à la tessiture de voix surprenantes fera à jamais partie des figures emblématiques de la musique populaire à consonance soul, rythme and blues et gospel qu’elle pratiqua depuis l’âge de 12 ans.
A 19 ans, elle épouse l’auteur-compositeur-producteur-manager Ted White qui prend en charge sa carrière en 1961 et lui obtient un contrat avec Columbia, label sur lequel paraît un premier album de jazz et quelques singles grâce auxquels Aretha commence à se faire un nom…

En novembre 1966, son contrat pour Columbia expire. Aretha signe alors avec Atlantic Records et, en janvier 1967, elle se retrouve dans les studios Fame de Muscle Shoals en Alabama pour enregistrer l’album I Never Loved a Man the Way I Love You. Le 10 avril 1967, Atlantic commercialise un deuxième extrait de l’album, une reprise d’une chanson d’Otis Redding : Respect. Ce second 45-tours se hisse à la première place des charts R&B pendant 8 semaines. C’est le début d’une célébrité qui se solde par une vingtaine de disques d’or et classe 8 albums en tête des charts. En 1968, la Reine sort les albums Lady Soul et Aretha Now, portés par les tubes Chain of Fools, I Say a Little Prayer et surtout Think qui paraît en single le 2 mai 1968. Les paroles de cette chanson d’amour féministe trouve un écho immédiat…

Respect et Think deviennent rapidement la signature de l’interprète. Avec ces symboles de la lutte pour l’égalité et la liberté, cris de ralliement du mouvement pour les droits civiques et hymnes féministe, le phénomène Aretha Franklin est lancé…


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Patrick BETAILLE, décembre 2023

Ten Years After – I’m Going Home

 

Originaire de Nottingham au Royaume-Uni, ce groupe de blues rock est issu de la rencontre en 1964 du guitariste Alvin Lee et du multi-instrumentiste Leo Lyons. Rejoints trois ans plus tard par le batteur Ric Lee (sans lien de parenté avec Alvin) et le claviériste Chick Churchill, le quatuor adopte le nom de Ten Years After.
En jouant des classiques de blues et de rock, la formation devient vite populaire, au point d’être considérée comme l’une des meilleures du blues boom de la fin de la décennie et d’obtenir en 1967 un contrat avec Deram, filiale de DECCA Records. S’en suit un premier album éponyme sans grand retentissement. Par contre, les prestations scéniques de TYA drainent de plus en plus de public. La maison de disques décide donc que le prochain LP serait un live. Enregistré sur la scène d’un petit club de jazz du sud-ouest de Londres, Undead paraît le 10 août 1968. Il ne reprend aucun des titres du premier opus studio mais offre des jams jazzy à rallonge mettant en valeur la vitesse et la technique incroyables d’ Alvin Lee, avec en point d’orgue une version de I’m Going Home, publiée en 45 tours fin novembre. Composées par le guitariste, les paroles sans intérêt [elles racontent l’histoire d’un gars très content de rentrer chez lui pour retrouver sa femme – NDLR] ne sont que le prétexte à un long et éblouissant solo. Lee rend hommage à quelques-uns de ceux qui depuis ses 13 ans nourrissent son inspiration et ponctue son set d’extraits de Blue Suede Shoes (Carl Perkins), Baby, Please Don’t Go (Big Joe Williams) et Whole Lotta Shakin’ Goin’ On (popularisée par Jerry Lee Lewis). Soutenu par une section rythmique brillante, il se livre, avec sa Gibson 335, à une démonstration de swing, de fluidité et de virtuosité étonnants qui malheureusement ne suffiront pas à garantir le succès du single auprès d’un public alors friand du heavy rock de Cream et Led Zeppelin.
Tout change l’année suivante, le 17 août 1969. Au cours de son passage au festival de Woodstock, Ten years After interprète une version de 10 minutes de I’m Going Home. C’est la seule chanson issue de la performance du groupe qui peut être vue dans le film de 1970 car l’équipe technique rencontre des difficultés pour pouvoir enregistrer la totalité du show. Loué pour l’énergie et la rapidité de son solo de guitare, celui que l’on surnomme désormais ″ Captain Speedfingers ″ est élevé au rang de guitar hero.
I’m Going Home – Woodstock Performance paraît en 45 tours en France en octobre 1970 et fera partie de la bande originale du film de Cédric Klapisch sorti en 1994 : Le Péril Jeune.


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Patrick BETAILLE, décembre 2023

François Thomazeau – Mr. Nice

 

Quatrième de couv: Londres 1964. Les Mods et les Rockers se battent sur les plages du sud de l’Angleterre mais Stevie Nice a mieux à faire. Les petites pilules qui permettent aux jeunes de danser toute la nuit, il en fait son commerce. Les affaires marchent pour Mr. Nice, le dealer le plus en vue du Swinging London. Mais que les Beatles ou les Who fassent partie de ses meilleurs clients ne va pas le protéger de la crise de croissance. Son succès fait des jaloux et quand les rois de la pègre londonienne – les frères Gray – décident de s’intéresser à son cas, Stevie découvre qu’il ne fait pas forcément bon être métis et homosexuel dans l’Angleterre des sixties. Le roi de la nuit va bientôt comprendre que les vrais durs ne dansent pas, ou seulement avec les cadavres…


Avec le roman de François Thomazeau, retour vers les sixties via le thème cher et déjà exploité par Pete Townsend dans Quadrophenia, son opéra rock paru en 1973: le désespoir et les errances d’une jeunesse en quête d’identité et de reconnaissance de la part d’une société alors en pleine mutation. L’ histoire débute sur fond de rivalités et de bastons entre Mods et Rockers mais cède rapidement la place aux aventures de Stevie qui, comme tout Mod* qui se respecte, roule en Vespa et apporte un soin tout particulier à sa tenue vestimentaire. Au début du moins. Rapidement, Mr. Nice se lance dans un trafic juteux de substances illicites qui devient le prétexte à une épopée bourrée d’intrigues, de méchants, de rebondissements mais aussi d’humour. Sous forme de fiction, l’intrigue se nourrit de faits réels et met en scène des personnages ayant existé à une époque rythmée par l’émergence de la Soul et du rock’n’roll. Les Who, les Kinks, Vince Taylor, les Small Faces, Stevie Wonder, James Brown, Roberta Flack Peggy Lee et les Equals sont cités. La musique est donc omniprésente, créant une ambiance qui donne incontestablement l’envie de se replonger dans l’ambiance de l’époque. Le style est agréable et l’écriture originale. ″ Je suis désolé si mon récit est un peu décousu, mais si je ne prends pas de cachets, j’ai du mal à écrire, et si j’en prends trop, ça part dans tous les sens ″. Ce sont les mots du jeune Mod* qui définissent parfaitement les errances de Stevie, le héro de ce polar musical original et very… Nice.

*Mod: Raccourci de jeune, beau et stupide (Pete Townsend).