Sempé: 1932 – 2022


Il m’a fallu une grande force dans la vie pour dire ″ Peut-être ″ quand je pensais ″ Non ″, ″ Nous verrons ″ quand je pensais ″ Oui ″ et ″ A bientôt ″ quand je partais pour de bon. [Jean-Jacques Sempé]

Patrick BETAILLE, août 2022

John Pasche – Hot Lips

© John Pasche

 

En 1970 les Rolling Stones sollicitent John Pasche pour la création de leur logo. Le britannique était alors âgé de 25 ans, venait d’obtenir sa maîtrise en design au Royal College of Art et quelques mois auparavant il avait déjà bossé pour les Stones en réalisant l’affiche de la tournée européenne du groupe. Mick Jagger confie à l’artiste une image de la déesse hindoue Kali tirant la langue et lui demande de s’en inspirer. ″ Je me suis focalisé sur cette langue et j’ai pensé que ce serait une image intéressante et représentative de ces individus anticonformistes qui passaient leur temps à défier les autorités ″ raconte l’artiste. Une façon de mettre fin à toute allusion consistant à affirmer que l’œuvre faisait référence à la bouche lippue du chanteur. À l’époque le designer a été payé 50 livres pour ce logo qui, en 1975, sera retravaillé par Craig Braun* pour devenir la version finale encore et toujours d’actualité. Considérée comme l’une des images les plus emblématiques de la musique, le Tongue and Lips (ou Hot Lips) est désormais sur toutes les lèvres, sauf sur celle de son concepteur. Aujourd’hui, John Pasche doit se dire qu’il aurait mieux fait de se mordre la langue le jour où il a décidé de vendre ses droits d’auteur 28 000 dollars pour financer l’acquisition d’un appartement à Londres. Maigre consolation, en 2008 le London’s Victoria and Albert Museum a acheté le logo original à son concepteur pour 92 500$.

*Craig Braun est également à l’origine du concept dit ″de la banane″ pour l’album The velvet Underground & Nico en 1967 et de la mise en œuvre technique du zip de Sticky Fingers des Rolling Stones  en 1971. Le tout sous la houlette d’Andy Warhol.

Patrick BETAILLE, août 2022


Retrouvez Craig Braun et les Stones dans le livre: In Vinyle Veritas

 

 

Barry Ryan – Eloïse

 

Dans les années 50, Marion Ryan était l’une des grandes stars de la pop britannique qui squattait les émissions de variétés. Mariée à 17 ans, c’est dans le Yorkshire qu’elle donna naissance à deux enfants, les jumeaux Paul et Barry Ryan. Ah les lois de Atavisme! En 1965, Les garçons signent chez Decca Records et sortent leur premier disque alors qu’ils n’ont que 17 ans. Jusqu’en 1967, ils obtiennent rapidement quelques succès d’estime qui leur permet d’être parrainés par Frank Sinatra et de participer à quelques projets avec notamment les Hollies, Roy Orbison, les Small Faces et Dusty Springfield. Écœuré par les exigences du show business Paul se met en retrait. Barry décide alors d’entamer une carrière solo et c’est avec un titre écrit par son frère qu’il renoue avec le succès. Eloïse, son premier single sort en 1968, grimpe immédiatement à la deuxième place au classement des meilleures ventes britanniques, à la première au hit parade français et se vend à hauteur de 5 millions d’exemplaires dans le monde. Mélodramatique, lyrique, grandiloquente et très orchestrée, la chanson raconte l’histoire d’un amour déchu. ″Difficile d’admettre que cet amour est en train de mourir. Désormais elle sait que je pleure et que toutes les nuits je suis là, le cœur brisé. Elle, elle n’est pas là et au fur et à mesure que les jours passent, les nuits deviennent plus froides. Eloïse tu es ma raison d’être alors je t’en prie, écoute moi″. Ok, dans le genre, Brel et son Ne me Quitte Pas peuvent dormir tranquilles! Alors qu’en Australie la complainte figure en bonne position au Top 10, une enfant de huit ans nommée Eloise Worledge est enlevée à Melbourne. Par respect et solidarité envers la famille, les stations de radio cessent de diffuser la chanson pendant les recherches qui, malheureusement, ne donneront rien. La fillette n’a jamais été retrouvée. D’autres titres suivront – Red man en 1971 – mais sans succès notoire pour Barry Ryan qui mettra fin à son activité discographique au début des années 70. Traduite et chantée en français par Claude François, Eloïse a également été interprétée par les Damned en 1986.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Patrick BETAILLE, août 2022

Rock Progressif – Mosaïque

 

Seul un vrai fan saura trouver les groupes et albums qui se cachent dans ce montage! Au premier coup d’œil certaines des illustrations sont évidentes. Dans d’autres cas les allusions sont plus subtiles car partielles ou présentes à plusieurs endroits. Parfois aussi il est fait appel à plusieurs albums d’un même groupe. Il n’empêche qu’en se focalisant sur quelques détails, l’exercice reste intéressant et fun, avec ou sans prise de tête. 

Sans trop se malmener le neurone, il est possible de trouver une bonne dizaine de références. Amusez-vous bien et essayez de recenser 15 groupes de rock progressif et 18 albums du même tonneau! Si vous capitulez, je vous propose la solution: Quiz Prog Rock.

Patrick BETAILLE, août 2022

 

Hektor – Belle et Mer

© Antoine Sitruk/Hektor

 

Antoine Sitruk aka Hektor est un artiste originaire d’Issy les Moulineaux qui habite à paris. Il peint depuis plus de 20 ans. Tout d’abord connu pour ses graffs à base de lettrages dynamiques et colorés, Hektor a, depuis quelques années fait évoluer son style et sa technique avec une approche beaucoup plus personnelle. Mêlant architecture et scènes de vie populaires, il s’inspire aujourd’hui de la réalité du quotidien et donne une dimension plus sociale à ses peintures. Précis, contrasté, et coloré, le travail de ce touche-à-tout, oscille naturellement entre figuratif et abstraction, et offre différents degrés de lecture selon la distance qui nous sépare physiquement de ses œuvres. Il aime particulièrement faire usage de superpositions mettant en scène des personnages sur des arrière plans évoquant soit une profession, soit un lieu familier, soit encore un paysage évocateur. Il se fait ainsi remarquer en juillet 2021 grâce à un portrait de femme pensive avec en filigrane une vue du port de La Seyne-sur-Mer dont le phare apparaît au centre du visage. Tout récemment, Hektor s’est déplacé dans les Côtes d’Armor pour participer avec d’autres artistes au festival Street Art en Baie qui se déroulait à Yffiniac.

Patrick BETAILLE, août 2022

le lundi c’est permis – Rouge!

 

[Shilpa Ahuja]: ″ Red is not the color of the woman who hides in a corner. It’s the color of a woman who wants a new adventure everyday: never afraid to fail or fallLe rouge n’est pas la couleur de la femme qui se cache dans un coin. C’est la couleur d’une femme qui veut vivre une nouvelle aventure chaque jour: elle n’a jamais peur de se tromper ou d’échouer ″.

Quand elle appliquait cette devise, on peut dire que Debbie Harry avait vraiment le sens du détail. Cela dit, pas de rouge sur les ongles. Faute de goût qu’on lui pardonne! N’est-ce pas?! 

Patrick BETAILLE, août 2022

Kyès – La Noblesse du Rock

© Kyès: Jimi Hendrix – Kurt Kobain – Mick Jagger

 

Peintre autodidacte et passionné de pop culture, l’artiste français Kyès exploite un créneau on ne peut plus original. Dans ses œuvres, il met en scène certaines des figures les plus célèbres de la musique populaire. Il y a bien sûr des portraits de superstars comme Madonna, Rihanna, Mick Jagger, Jimi Hendrix, etc, mais aussi des acteurs ou comédiens connus ou moins connus. Le résultat est techniquement vraiment étonnant. Aussi étonnant que l’idée de base qui consiste à représenter ces visages si familiers en les peignant dans des costumes et décors des temps jadis. Un belle occasion de rendre hommage aux rois et reines, aux princes et princesses du paysage musical, y compris français. Pour en voir plus, rendez-vous sur Instagram: Kyesone.

Patrick BETAILLE, juillet 2022

BeatleMania en Image

 

Seul un vrai fan saura trouver les chansons qui se cachent dans cette scène! Au premier coup d’œil l’évocation de certains titres des Fab Four est vraiment évidente. Dans d’autres cas les allusions sont plus subtiles. Parfois aussi la corrélation entre image et mélodie est un peu tirée par les cheveux. Je vous l’accorde. Enfin, une même image peut faire penser à plusieurs titres et il a bien fallu faire un choix. Il n’empêche que, libre d’interprétation, l’exercice reste intéressant et fun, avec ou sans prise de tête. 

Sans trop se malmener le neurone, il est possible de trouver une bonne vingtaine d’indices (l’auteur de ce casse-tête proposait d’en recenser 39. Amusez-vous bien! Si vous capitulez, je vous propose la solution et peut-être trouverez-vous d’autres chansons que les 55 proposés . À vous de voir: Quiz Beatles.

Patrick BETAILLE, juillet 2022

 

The Who – My Generation

 

Les gens veulent nous humilier, juste parce que nous existons. Ce qu’ils font est vraiment dégueulasse. J’espère que je mourrai avant de devenir vieux. Pourquoi ne disparaissez-vous pas tous? N’essayez pas de comprendre, je ne cherche pas à me faire remarquer, je parle juste de ma génération . Londres. Sur le chemin qu’elle emprunte pour se rendre à Buckingham, la Reine Elisabeth est agacée par la présence d’un corbillard garé sur son parcours. Au prétexte que le véhicule lui rappelle les funérailles de son époux, elle exige que la Packard mortuaire soit mise en fourrière. C’est là que tout commence.

Le corbillard en question appartient à Pete Townshend. Le jour où il découvre la disparition de sa bagnole achetée d’occase avec ses premiers cachets, le jeune guitariste-compositeur et désormais piéton vient d’avoir 20 ans. Il est furieux et c’est dans le train qu’il jette sur papier la colère d’une jeunesse qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Quelques mots qui mettent soudainement The Who au centre de toutes les attentions d’un auditoire qui ne tarde pas à s’approprier l’expression de son mal-être. Le morceau ne prend sa forme définitive qu’après plusieurs mois de tâtonnements. Le groupe doit s’y reprendre plusieurs fois pour l’enregistrer. À la guitare Pete Townshend hésite encore avec un tempo blues à la Jimmy Reed. À plusieurs reprises John Entwistle casse les cordes de sa basse Danelectro. Finalement c’est Keith Moon qui, de derrière ses fûts, trouve le bon tempo. Mais Roger Daltrey au chant a du mal à gérer le rythme effréné.  J’ai tenté de le suivre, mais j’ai bégayé à la première première prise. Je me suis corrigé à la prise suivante, mais le producteur a réagit en disant : garde ça, garde ce bégaiement c’est génial! se souvient le chanteur. Ainsi soit! Le single sort le 29 octobre 1965. La violence des mots et la puissance musicale ont un impact immédiat et, bien que la BBC en bloque la promotion et la diffusion sous prétexte de ne pas vouloir offenser les bègues, My Generation atteint la 2ème place des charts britanniques. Le groupe était alors tout jeune et je pensais que sa carrière serait très brève″ déclarait Townsend à l’époque. Pas vraiment prophète l’ami Pete sur ce coup là. Il ne se doutait pas que sa composition serai classée huitième meilleure chanson britannique de tous les temps et qu’il avait pas mal d’avance sur ce qui allait débouler une dizaine d’années plus tard: le punk.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Steffen Kraft – Iconeo

 

Œuvrant sous le nom de Iconeo, cet artiste allemand s’attache à dénoncer et à mettre en lumière les errances de notre société à travers des illustrations simples et percutantes. Ses créations donnent à réfléchir sur ces problèmes récurrents qui, au fil des décennies, ne font qu’aggraver les nuisances que subissent les peuples et remettre en cause le sort de l’humanité et de la terre qui l’héberge. Certaines des illustrations de Steffen Kraft sont à découvrir Ici et !

Patrick BETAILLE, juillet 2021