Rock Anthology – 1972

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Des influences telles que Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin et d’autres se font parfois encore – et heureusement – sentir chez de nombreux groupes contemporains. Smoke on the Water fait toujours partie des morceaux sur lesquels la plupart des guitaristes débutants se font saigner les doigts, Alice Cooper libère encore les foules en faisant retentir la sonnerie de Shool’s Out et le Made in Japan de Deep Purple reste au panthéon des meilleurs albums live de tous les temps.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire.

1972: Janvier – Blue Öyster Cult: Blue Öyster Cult • Mars – Jethro Tull: Thick As a brick. Deep Purple: Machine head • Avril – Wishbone Ash: Argus • Mai – The Rolling Stones: Exile on main St. • Juin – David Bowie: Ziggy Stardust. The Roxy Music: Roxy Music. Alice Cooper: School’s Out • Septembre – Yes: Close to the Edge. Black Sabbath: Vol.4. • Novembre – Lou Reed: Transformer. • Décembre – Deep Purple: Made in Japan

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Neil Young, Dr. John, Tim Buckley, Pink Floyd, Genesis, Randy Newman, Status Quo, Scorpions ou Slade; mais tous sont dans la Playlist.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Éloquence et Désaveu du Cover Art: In Vinyle Veritas!

Mike Campbell & The Dirty Knobs – External Combustion

 

En 2001, l’intention première de Mike Campbell était d’écumer les clubs avec une bande de potes, histoire de s’en payer une tranche en marge des séances studio et des tournées avec son boss et ami Tom Petty. En 2017, la disparition soudaine de Tom change la donne et ce qui n’était qu’un side project se concrétise en 2020 sous la forme d’un premier essai de The Dirty Knobs: Wreckless Abandon. Autre temps, autre mœurs, Mike Campbell revient en 2022 avec la même équipe pour un album enregistré live en studio bourré d’esthétisme.  External Combustion c’est du rock, du shuffle, de la folk, du boogie et de la country, sincères et sans artifices, y compris quand quelques invités de marque (Margo Price et l’ancien Mott The Hopple Ian Hunter) viennent apporter leur contribution ou quand il s’agit de rendre hommage à Brigitte Bardot. Cet album est bien plus qu’une célébration du classic rock ou qu’un clin d’œil aux Heartbreakers. Il s’agit tout simplement d’un magnifique kaléidoscope admirablement joué et bougrement efficace. Quelle classe!

1.Wicked Mind –  2.Brigitte Bardot – 3.Cheap Talk – 4. External Combustion – 5.Dirty Job (feat. Ian Hunter) –  6. State Of Mind (feat. Margo Price) – 7.Lightning Boogie – 8.Rat City – 9.In This Lifetime – 10.It Is Written – 11. Electric Gypsy.

Patrick BETAILLE, mars 2022

 
 

Ben-Hur Baz – Cigarettes

© Ben Hur Baz

 

Né au Mexique en 1906, Ben-Hur Baz (1906-2003) était un artiste spécialiste du glamour et des pin-up. Il s’est fait connaître en travaillant avec plusieurs magazines de mode et surtout, avec le mensuel Esquire pour lequel il a illustré les pages centrales, participé au calendrier annuel et à la fameuse Gallery of Glamour. Élégantes et populaires, ses illustrations publicitaires pour l’industrie de la cigarette – notamment les marques Lucky Strike, Pall Mall et Kool – ont largement contribué à sa notoriété dans les années 50.

Patrick BETAILLE, mars 2022

Leon Keer – Kit de Secours

© Leon Kerr

 

On croirait un gros plan sur le rayon bric-à-brac de l’une de ces boutiques de stations balnéaires. Le truc grâce auquel des parents tongués et rougeauds obtiennent une tranche de paix sociale provisoire de la part de leurs chiares surexcités. Il s’agit en fait d’une peinture réalisée en juin 2021 sur la façade d’une maison en bordure de la plage de Primel, à Plougasnoude dans le Finistère. Baptisé Kit de Secours, cet impressionnant trompe-l’œil, précis jusque dans les moindres détails (visez un peu les reflets de l’emballage et la petite nétiquette usée sur le paquet de jouets) est l’œuvre du l’artiste néerlandais Leon Keer. Bluffante, cette fresque en 3D s’est vue décerner le premier prix attribué en France par le Golden Street-Art 2021. Pour tout savoir sur le peintre et ses travaux: Leon Keer.

Patrick BETAILLE, mars 2022

Le lundi c’est permis – Direction

 

Winston Churchill: ″ There is nothing negative about change, if it is in the right direction – Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction. ″


Patrick BETAILLE, février 2022

Beth Hart – A Tribute to Led Zeppelin

 

Si l’on remonte dans la carrière de cette chanteuse exceptionnelle et pour peu que l’on ait eu la chance de tomber sur son Live in Paradiso, l’on sait déjà qu’en 2004 Beth Hart faisait déjà vibrer la petite salle de concerts d’Amsterdam au son d’une version incendiaire du Whole Lotta Love de qui vous savez. Il y a donc longtemps que l’ombre du dirigeable plane au dessus de la tête de l’américaine qui, d’albums solos en collaborations scéniques somptueuses avec Jeff Beck, Slash et bien sûr Joe Bonamassa, n’en finit pas de prendre des risques pour afficher avec un énorme talent son  amour pour la pop classieuse, le rock high energy et le blues viscéral. Mais là, pour s’attaquer à un tel répertoire, faut quand même en avoir dans le futal! Surtout quand l’on a plus rien à prouver et que sonne l’heure d’un hommage prétexte à une explosion de fureur trop longtemps  bridée par une pandémie frustrante. N’est pas Robert Plant qui veut [N’est-ce pas Josh Kiszka? – NDLR] et encore moins Led Zeppelin au complet [N’est-ce Greta Van Fleet? – NDLR]. Car c’est bien de reprises dont il s’agit. Beth Hart n’est pas une débutante et elle a bien compris que pour respecter l’héritage il fallait absolument laisser s’exprimer sa personnalité et se faire accompagner de musiciens capables de ne pas passer pour un vulgaire tribute band. Pour l’occasion ce sont Tim Pierce (Bruce Springsteen, Tina Turner) à la guitare, Chris Chaney (Rob Zombie, Slash) à la basse, Jamie Muhoberac (Bob Dylan, Rolling Stones) aux claviers, et Matt Laug ( Alice Cooper) à la batterie. Tout ce beau monde supervisé et orchestré par Rob Cavallo, en son temps producteur de Green Day et Linkin Park. Résultat, un disque de neuf reprises majestueusement exécutées et mises en valeur par cette voix à la fois rocailleuse et soul, source d’un véritable tourbillon émotionnel qui va vous faire saigner les oreilles. Whole Lotta Love, Kashmir, The Crunge, Black Dog, Good Times Bad Times, Stairway To Heaven bien sûr, sans passer sous silence les medleys Dancing Days/When The Levee Breaks et No Quarter/Babe I’m Gonna Leave You Now, tout fonctionne à merveille. Un régal!

Vous savez quoi? J’aimerais bien savoir ce qu’en pensent Robert, Jimmy et John Paul, eux qui en 2012, lors des Kennedy Honnors,  s’étaient levés pour ovationner Beth à la fin de son interprétation de I’d Rather Go blind (avec Jeff Beck) en hommage à Buddy Guy. La preuve!

Patrick BETAILLE, février 2022

 

La Fin du Bus Palladium

 

Depuis 1965, bon nombre d’artistes et de groupes ont animé l’un des hauts lieux de la nuit et du rock: Le Bus Palladium. Le projet d’implantation d’un hôtel de luxe au 6 Rue Pierre Fontaine à Pigalle avait déjà été évoqué en 2018 mais aujourd’hui c’est la Covid qui prend le Bus. Une situation financière délicate aggravée par la crise sanitaire ont eu raison de cet endroit mythique parisien qui fermera officiellement ses portes à la mi-mars 2022.  » L’immeuble va être rasé mais il n’est pas impossible que le club soit reconstitué ailleurs et à l’identique… mais il faudra compter 2 ans de travaux minimum  » [Cyril Bodin, directeur artistique].

Patrick BETAILLE, février 2022

Ondi Timoner – DIG!

 

Les Brian Jonestown Massacre de San Francisco et les Dandy Warhols de Portland sont deux groupes emblématiques de la scène rock indépendante américaine. Créatives et révoltées les deux formations sont intellectuellement proches dans leur approche du refus de se plier aux exigences de la sphère musicale mais Anton Newcombe et Courtney Taylor – les leaders respectifs – sont aussi rivaux quant à la façon de gérer leur soif de notoriété. Réalisé par Ondi Timoner, ce magistral documentaire qui a obtenu le Premier Prix du Grand Jury du Sundance Film Festival de 2004 est un indispensable témoignage sur le rock indépendant et les dessous d’un monde dans lequel tous les coups sont permis. Bien plus destroy que les rivalités Beatles-Stones ou que celles des poseurs de Blur et Oasis, DIG vient bousculer les mythes du rock’n’roll circus et la perversité de l’industrie musicale. Pour en savoir plus, beaucoup plus, c’est par ici: Ondi Timoner Creuse son Sillon!

Patrick BETAILLE, février 2022

Slash – 4

 

Dix ans après leur premier album, Saul Hudson – alias Slash – et Myles Kennedy reviennent avec un quatrième album. Enregistré en mode live à Nashville et avec les Conspirators en backing band, 4 prouve, si besoin en était, que le guitariste en a encore sous les semelles cordes. Sans surprise, les 10 titres de cet opus regorgent de chorus puissants et de solos éblouissants et, du premier au dernier, mettent en avant une magnifique osmose entre guitares et chant soutenus par une section rythmique redoutable. Bref, de quoi oublier pour un temps les errances des Guns et renouer avec le plaisir de l’écoute d’un rock chiadé et bougrement efficace. Un joli coup pour un premier disque sorti sur le tout nouveau label Gibson Records.

Patrick BETAILLE, février 2022

Camel – Mirage

 

[Extrait]: Paru en 1974, le deuxième disque de Camel a été élu comme l’un plus grands albums de rock progressif de tous les temps. Mirage est sans doute l’album le plus connu du groupe britannique. Musicalement d’abord, grâce notamment aux ambiances folk, rock et jazz sophistiquées, parfois teintés de metal, mais aussi et surtout à cause de son cover art. Malgré les apparences, le choix du nom Camel n’a rien à voir avec un hommage quelconque au vaisseau du désert qu’est le Camelus dromedarius. En fait c’est bien de cigarettes dont il s’agit; celles de la Reynolds Tobacco Company que les musiciens apprécient et consomment sans modération. Ainsi, pour le visuel de Mirage, l’agence de design Modula détourne délibérément l’image de l’emballage du cigarettier américain. Soupçonné de promouvoir la marque, la formation du Surrey doit immédiatement faire face à une levée de boucliers. Pour l’industrie musicale, question marketing, il est très mal vu de faire l’apologie du tabac, et ce, même au cours des années 70. De son côté, Reynolds Tobacco n’apprécie pas du tout l’utilisation de son logo et le sort réservé à l’emblématique ″Old Joe″. Au final, sur la version américaine de Mirage, c’est un dragon ailé qui fait partir en fumée le paquet de clopes de l’édition originale.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, février 2022