Sex Pistols – God Save the Queen

 

Flashback d’actualité. En juin 1977, Elisabeth II fête ses 25 ans passés à la tête d’un royaume balloté entre traditions pesantes et crise économique et sociale. The Queen parade dans les rue de Londres dans un somptueux carrosse de 5 tonnes tiré par 8 chevaux luxueusement harnachés. Ce jour là également, les Sex Pistols et quelques 200 invités se retrouvent pour une mini croisière sur la tamise à bord de la ″Queen Elisabeth″, une embarcation au nom prédestiné louée pour la circonstance. C’est Malcom McLaren, le manager du groupe, qui avait imaginé ce coup de pub au cours duquel le God save the Queen version punk énervé devait être joué sous les murs de Westminster et du parlement. Une façon comme une autre de protester contre la censure dont avait été victime le single sorti un mois auparavant. À l’époque, le titre était en effet interdit de radio, de vente dans certaines enseignes et Johnny Rotten et ses amateurs nihilistes n’avaient même plus le droit de se produire sur les terres de la perfide et flegmatique Albion. L’expédition n’arrivera pas à destination. La police fluviale aborde la péniche et contraint tout le monde à regagner les quais sur lesquels une escadre de bobbies sont prêts à intervenir. Devant le refus général de débarquer, les autorités décident de charger. Début d’émeute, bagarre générale et 11 arrestations. On ne plaisante pas avec la royauté surtout pas sous couvert de propos injurieux: ″ Dieu sauve la reine. Le régime fasciste fait de toi un crétin. Ne te laisse pas imposer ce que tu ne veux pas. Ne te laisse pas guider dans tes choix. Il n’y a pas d’avenir, aucun avenir pour toi… Dieu sauve la reine, elle n’est pas humaine ″. Malcolm McLaren, après avoir été tabassé, menotté et emprisonné cette nuit là, sera jugé dès le lendemain puis libéré sans être condamné; probablement afin d’éviter que de l’huile ne soit jetée sur le feu. Finalement, 250 000 exemplaires de ce God save the Queen revendicatif et provocateur seront vendus dès la première semaine de sa publication, atteignant la première place dans les charts du New Musical Express et la deuxième au classement officiel des singles britanniques. ″ Rien à Foutre de ces Conneries ″ [traduction élégante de Nevermind the Bollocks] est le titre de l’unique LP studio sorti en octobre 1977 et sur lequel figure le single en question]. Here’s the Sex Pistols!

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

Elsa Kuhn – In Felt we Trust

Enfant, Elsa Kuhn aimait déjà créer des vêtements pour ses poupées, aidée en cela par sa grand-mère qui lui enseignât les rudiments des techniques liées au travail du tissu. La couture devient pour Elsa une passion qui, après des études à l’Académie Internationale de Coupe de Paris, l’amène à développer sa propre marque de vêtements pour enfants. De fil en aiguille et tout in s’intéressant à la broderie, l’artiste se lance dans la réinterprétation de pochettes de disques qu’elle collectionne avec enthousiasme. ″J’ai toujours été passionnée par la musique et comme pour beaucoup, vient toujours une envie de trouver un moyen de l’exprimer et de la partager. Moi, j’ai décidé de faire appel au tissu, aux fils et aux aiguilles″. Au sein de son projet In Felt we Trust, Elsa exprime son talent exclusivement à la main. J‘ai décidé de broder à la main plutôt que d’utiliser une machine à coudre″ dit-elle. ″C’est un travail long et minutieux mais il offre d’innombrables possibilités″. Le modus opérandi consiste donc dans un premier temps à analyser le concept et la structure des cover art. Vient ensuite le moment de préparer et de découper les éléments de feutrine sur lesquels sont dessinés certains détails, notamment les ombres. La phase finale de la broderie sublime enfin l’ensemble au format 30 x 30 qui peut parfois exiger une vingtaine d’heures de boulot. Le résultat est plutôt bluffant pour des pièces uniques et éventuellement réalisables à la demande. Pour en savoir d’avantage et en voir encore plus:  Elsa Kuhn! 

Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Pretty Reckless – Death by Rock and Roll

 

Dans le monde du rock énervé il y a trois catégories de femmes qui parviennent à occuper le devant d’une scène généralement squattée par la gent masculine. Celles que j’appelle les plasticiennes d’abord. Elles sont physiquement intelligentes et savent se servir de leurs atouts pour se mettre en valeur, souvent pour faire oublier que leurs voix, même honnêtes, n’ont que peu de chance de vous faire grimper aux rideaux. Les tonitruantes ensuite. Celles qui sont ou qui veulent se (nous) persuader qu’il n’y a pas que les mecs qui en ont et qu’elle peuvent gueuler aussi fort et parfois mieux que les testostéronés de service. Et puis il y a les autres – pas si nombreuses  que ça – qui parviennent à sortir du lot en se payant le luxe d’établir un pont entre deux genres. Taylor Monsen en fait partie. Grâce à cette frontwoman aux allures de poupée Barbie, tôt tombée dans la marmite du rock high energy  et dotée d’une voix grave, sensuelle et légèrement rauque, The Pretty Reckless a su s’imposer. Après trois albums honorables, les new-yorkais sont de retour avec un Death by Rock and Roll qui pourrait bien devenir l’album de la consécration. Pour ce quatrième opus, le groupe a travaillé avec Pearl Jam et le batteur de Soundgarden (Matt Cameron) sur quelques titres et a également fait appel à Tom Morello (Rage Against the Machine). Sorti en février 2021, ce manifeste de 12 titres a beaucoup gagné en maturité. Riffs acérés, tempos lourds et vocalises efficaces (Death By Rock And Roll – Only Love Can Save Me Now –  And So It Went – My Bones) sont toujours d’actualité mais c’est surtout par leur créativité que la belle insouciante et ses fines lames parviennent à passer à la vitesse supérieure en sortant des sentiers battus. Compositions mid tempo (25 – Witches Burn – Turning Gold) ou semi acoustiques (Go so High), registre parfois country rock (Rock and Roll Heaven – Harley Darling), ballade orchestrée (Standing at the Wall), de quoi prouver que The Pretty Reckless porte désormais haut les couleurs d’un rock persuasif, mélodieux et donc intéressant.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Spencer Elden – Nevermind: Fin de la Partie

À la fin du mois d’août 2021, un mois avant le 30e anniversaire de la sortie de l’album, le bébé nageur désormais trentenaire, avait déposé une première plainte en se disant victime d’exploitation commerciale d’images à caractère pédopornographique. Débouté, Spencer Elden a fait appel et le 3 janvier 2022, sous couvert cette fois d’une demande de compensation financière liée à l’exploitation du droit à l’image. Au cours de l’audience, la défense du plaignant – celui qui figure sur le cover art de Nevermind, s’est entendue dire par les avocats des ayants droit de Nirvana: ″... à de nombreuses reprises, Monsieur Elden a refait la photo en échange de rémunérations; il s’est fait tatouer le titre de l’album sur la poitrine et il a dédicacé des copies de l’album pour les vendre sur eBay et a exploité l’image pour entretenir sa célébrité…″. L’argument n’a pas laissé la justice indifférente. Dans un document judiciaire daté du vendredi 2 septembre, le juge de Los Angeles, Fernando Olguin, a rejeté la plainte, officiellement pour des motifs de prescription, et envoyé Spencer faire mumuse dans le pédiluve. Fin de l’histoire? 

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Delphine Leverrier – Au Fil du Rock

 

Delphine Leverrier – styliste de formation et diplômée de l’ École supérieure des arts et techniques de la mode – à effectué de nombreuses missions au sein de prestigieuses maisons de couture parisiennes (Cartier, Yves Saint Laurent, etc.), principalement en tant que brodeuse. Parallèlement, pour donner libre cours à ses envies, cette artiste se laisse aller à pratiquer son art dans d’autres domaines. Elle s’est ainsi amusée à réaliser une série de poupées faites à la main ou encore à magnifier de vieilles photos trouvées dans ses greniers en leur apportant des touches de couleurs. Passionnée de musique et collectionneuse de vinyles, l’idée lui est venue d’exprimer sa dextérité en customisant des pochettes d’albums afin de leur offrir un nouvel éclat.
À l’aide de strass, de paillettes et de fils métalliques multicolores, or ou argent, Delphine sublime des cover art et leur offre une nouvelle grille de lecture toute en harmonies. Plus d’une centaine d’albums ont ainsi déjà subi les assauts des aiguilles expertes de la brodeuse. Au travers de cette approche visuelle novatrice s’exprime un ressenti très personnel à l’égard de la musique ou de thèmes abordés par certains interprètes français ou internationaux. Il s’agit pour l’artiste de réactiver la magie des affects enfouis dans sa mémoire et pour nous de pouvoir porter un nouveau regard sur des œuvres au demeurant déjà mythiques. Pour en savoir plus sur la Brodeuse Rockeuse: Delphine Leverrier.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Trashmen – Surfin’ Bird

 

En 1963, le premier album de The Trashmen à suffit pour renvoyer dans leurs 22 mètres les groupes de surf rock basés en Californie du Sud. Plus habitué à pratiquer un rockabilly de qualité,  très populaire chez les ados, qu’un garage rock approximatif, le groupe va connaître cette année là un succès aussi soudain qu’incroyable avec un titre complètement déjanté: Surfin’ Bird. C’est le batteur Steve Wahrer qui a eu l’idée de combiner The Bird’s the Word et Pa Pa Ooh Mow Mow, deux titres d’un groupe de Doo Wop de l’époque: The Revingtons. Une fois en studio, rythmique hypnotique et effets spéciaux sur les voix ont été combinés avec des onomatopées répétées à l’envie et des paroles sans queue ni tête. ″Tout le monde a entendu parler de l’oiseau. Eh bien, oiseau est le mot! Pa pa ooh mow mow, pa pa ooh mow mow! ″. Le tour est joué! Contre toute attente, début 1964, les Éboueurs sont dans le top 10 de leur pays avec ce truc décomplexé illustrant le rock & roll dans sa version la plus basique et la plus sauvage. Ce Surfin’ Bird d’anthologie a piaillé dans les bandes son de plusieurs films (notamment Full Metal Jacket de Stanley Kubrick en1987 et Le Vilain, d’Albert Dupontel en 2009) et mis en cage par plusieurs groupes dont les Ramones, The Cramps, Sha Na Na et Silverchair. En 1988, la chanson est adaptée en français sous le titre J’aime Le Beurre par Au Bonheur des dames sur leur album Jour de fête.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, août 2022

Jef Aerosol – Anomalie

© Jef Aerosol – Jean-François Perroy

 

Jean-François Perroy, plus connu sous le pseudonyme Jef Aérosol, est né à Nantes en 1957. Il fait partie de la première génération de street-artistes français des années 80 et c’est vers la fin des années 1990 qu’il s’internationalise et s’affirme de plus en plus.  À la fois peintre et musicien, il s’exprime principalement en utilisant la technique du pochoir grâce à laquelle il investit les murs et devient une figure incontournable du street-art. Si une grande partie de son travail consiste en portraits de personnalités comme Elvis Presley, Gandhi, John Lennon, Jimi Hendrix, Basquiat, Bob Dylan, Serge Gainsbourg, etc, l’artiste s’attarde aussi parfois sur les anonymes de la rue, qu’ils soient musiciens, passants ou enfants. Il lui arrive même de concevoir des pochettes de disques, comme en témoigne notamment celle du disque de Louise Attaque paru en 2016: Anomalie. Pour tout savoir sur l’artiste et son œuvre > Jef Aerosol.  

Avis aux fans de street-art et notamment de Jef Aérosol. Pour célébrer le 40ème anniversaire de son premier pochoir dans la capitale une exposition de grande envergure est prévue du 24 septembre au 5 novembre 2022. Ce sera à Paris dans le 13e arrondissement, face à la Bibliothèque François Mitterrand et dans un espace brut de béton de 600 m².

Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

Faites demi tour dès que possible!

 

Un décret publié au Journal officiel début août va imposer aux applications de guidage de sensibiliser les utilisateurs sur l’impact environnemental de leurs trajets et à proposer des alternatives en terme de mobilité douce écoresponsable. Concrètement, lorsqu’un usager souhaitera planifier un trajet, le résultat devra afficher une estimation de la pollution engendrée par les différents modes de transports proposés. Les applications comme entre autres Google Maps, Waze et Mappy, devront mettre en avant des propositions d’itinéraires dont l’impact est plus faible en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Exemple: Si le trajet comprend un passage en voiture sur une portion où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 110 km/h, les applications devront offrir des alternatives permettant une baisse de la vitesse de 20 km/h engendrant moins de pollution. Ces applications devront aussi s’employer à proposer des itinéraires de délestage pour éviter l’usage massif de voies secondaires non prévues pour du trafic intensif. À partir de décembre 2022 les sites et applications devront aussi diffuser des messages de sensibilisation du genre: ″Pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo″ – ″ Passer de 130 à 110 km/h sur autoroute réduit votre consommation de 20% ″ – ″ Pensez à covoiturer ″ – ″Adoptez une conduite écoresponsable ″ – ″ Au quotidien, prenez les transports en commun ″.

Z’allez voir que bientôt il va nous être conseillé de ne pas rouler dans le salon, suggéré de ne pas stationner dans la rade de Brest et demandé de ne pas flatuler dans un parking souterrain. Comme s’il n’y avait rien de mieux à faire! ″ Ça commence vraiment à me faire chier l’écologie! ″ [Robert Bidochon].

Patrick BETAILLE, août 2022

Procol Harum – A Whiter Shade of Pale

 

Quand la lumière baisse et que résonnent les premiers accords à l’orgue du slow le plus célèbre de tous les temps, tout devient possible. Nous sommes en 1967, et tandis qu’à San Francisco les hippies rêvent rêvent d’un nouveau monde en écoutant The Mamas and the Papas, un groupe anglais alors totalement inconnu envahit les ondes avec A Whiter Shade of Pale. Ce titre, on le doit à Gary Brooker, celui qui fit ses premières armes au sein d’un groupe éphémère: The Paramounts. En regardant la télé alors qu’il vivait chez sa mère, le pianiste-auteur-compositeur-chanteur tombe par hasard sur une publicité pour Hamlet Cigars dont la bande son fait clairement appel à une suite pour orchestre composée en son temps par Jean Sébastien Bach. Sur son piano, il retrouve la mélodie et a l’idée de la faire coïncider avec un texte de l’un de ses ami, le poète surréaliste Keith Reid…

Le single que John Lennon passait en boucle sur la sono de sa Rolls, ne figure pas sur le pressage anglais du premier LP de Procol Harum alors qu’il occupe la première place sur la version US. Mais qu’importe, c’est cette nuance de blanc plus pâle qui squattera le sommet des charts britanniques pendant 6 semaines et installera la formation londonienne au panthéon d’un rock artistique aux mélodies complexes, aux textes alambiqués et aux orchestrations à grande échelle, parfois même symphoniques. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, août 2022

Vinyl en Procès – Pretenders

 

En tant  que collectionneur – compulsif ou occasionnel – de disques vinyles, un jour ou l’autre, vous vous êtes probablement interrogé sur la restitution sonore sensée ravir vos esgourdes. Depuis le retour en grâce de la galette noire, et à moins d’être sourd, il n’est pas rare de constater que, qualitativement, il y a peu de différences entre la réédition LP d’un enregistrement prétendument 100% analogique et celle d’un Compact Disc né du miracle de la conversion numérique grâce à laquelle, dans les années 80, l’industrie musicale s’est empressé de jeter le bébé avec l’eau du bain du vinyle pour promouvoir le juteux marché de la prometteuse technologie digitale.

Sauf que. Dans la précipitation, par méconnaissance et surtout à cause d’un irrépressible besoin d’engranger un maximum de bénéfices en un minimum de temps, la transition de l’analogique vers le numérique a souvent donné un résultat décevant, parfois même catastrophique. Notamment quand il s’agissait d’adhérer aux standards audio de l’époque: gonflement des basses et brillance des aigus au détriment du spectre médium dans lequel – excusez du peu – règnent entre autres les voix. Alors oui! Hosanna, Dieu du ciel béni, gloria, alléluia! Louée soit la belle initiative sensée redonner vie aux enregistrements d’antan produits par nos artistes et groupes préférés.

Sauf que. À cette même époque. Dans  la  précipitation, par euphorie et surtout pour de basses raisons de facilité, les bandes archives ont été – dans les meilleurs des cas – déplacées pour être  stockées dans des conditions désastreusement dégradées, perdues et parfois même détruites. Alors savez-vous ce qui se cache au fond des sillons de votre coûteuse collection de vinyles flambant neuve? Tout simplement du son issu d’un archivage numérique lui même créé à partir de maters analogiques. Faut-il pour autant crier haro sur le baudet? Pas forcément! Le procédé utilisé pour exploiter ce nouveau filon s’appelle le Direct Stream Digital et il a été développé en tant que format d’archivage pour l’audio avec un taux d’échantillonnage 256 fois plus élevé qu’un CD ordinaire. Un processus de bien meilleure qualité que la moyenne.

Sauf que. L’industrie musicale, encore elle, se garde bien d’informer son panel de consommateurs que pour pouvoir pleinement jouir des bienfaits de ces alléchantes gravures, il faudra se débarrasser de son Teppaz et investir dans des équipements dignes de ce nom: ce que communément l’on appelle du matériel Audiophile (du latin audire: entendre et du grec philein: aimer), source de satisfaction auditive parfois masturbatoire.

Audiophiles, le terme est lâché. Une association de ces individus qui, contre vents et marées, n’ont jamais été en voie de disparition, vient de déposer un recours collectif contre une société de réédition de disques en affirmant que le terme de ″Original Master Recording″ vanté et promu par le label est frauduleux. À l’origine de la requête, une resucée en tirage limité du premier album des Pretenders paru en 1979. Après avoir acheté ce qu’il considère comme le Saint Graal, un résident de Caroline du Nord s’est rendu compte en comparant assidument son édition originale analogique avec sa nouvelle acquisition, qu’il y avait anguille sous roche ou plutôt crapaud dans le diamant. Plainte a donc été déposée sous couvert du fait que le DSD évoqué plus haut n’est en aucun cas un processus analogique de bout en bout, contrairement à ce que prétend MOFI (Mobile Fidelity Sound Lab) pour appâter les collectionneurs inconditionnels prêts à payer généreusement les vinyles qui leur sont… Chers!

Moralité. À quelques exceptions près et à condition de faire l’impasse sur des bruits de surface, de passer du temps à éliminer la poussière, de fermer les yeux sur des pochettes écornées et de privilégier les souvenirs, peut être vaut t’il mieux se contenter de dénicher des enregistrements datant de l’ère de l’audio pré-numérique à un prix raisonnable plutôt que de succomber aux sirènes du vintage à tout prix et aux argumentaires mensongers. Même remastérisée, même en 180 grammes, 50 euros la réédition du Deep Purple in Rock, ça fait quant même mal au fondement. Mais comme dirait l’autre: c’est vous qui voyez!

Patrick BETAILLE, août 2022