Willy Ronis – Photographe Humaniste

© Photo Willy Ronis

 

Rien n’échappait au regard de Willy Ronis (1910 – 2009). Né à Paris, ce photographe (ukrainien du côté de son père et lituanien de celui de sa mère) commence la photo à 18 ans et devient professionnel indépendant à partir de 1936. L’époque tumultueuse riche en mouvements sociaux est propice aux commandes. Il photographie les grèves chez Citroën, les défilés communistes, les manifestations ouvrières et les habitants des quartiers populaires. Mobilisé en 1939, il revient à Paris mais, étant juif, il ne peut demander l’autorisation de travailler et part se réfugier à Marseille. À la Libération, la presse a besoin de témoignages visuels. Ronis revient donc à Paris. Là, il shoote les amoureux, leurs retrouvailles, le retour des prisonniers de guerre, les ouvriers et la vie des quartiers pauvres. Rien n’échappe à son regard engagé sur les prolétaires, les politiques, les artistes et surtout les petites gens qu’il aime profondément. Comme son copain et collègue d’agence (Rapho) Robert Doisneau, il immortalise également les bistrots d’après-guerre où règnent le ballon de rouge et le demi, parfois seules échappatoires à la misère ambiante. Ces rescapés des ravages de la guerre parviennent encore à trouver la force de sourire – de rire parfois – et deviennent sans le savoir les acteurs d’une réalité émotionnelle qui donne de la force et de la tendresse à cet humanisme qui caractérise l’œuvre du Photographe. Willy Ronis sur Artnet.

Patrick BETAILLE, août 2022

Jimi Hendrix – Hey Joe

 

″ Hey Joe?! Où vas-tu avec ce flingue à la main? Je vais descendre ma nana, je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec… Hey Joe?! J’ai entendu dire que tu l’avais flinguée! C’est vrai?… Ouais, je l’ai descendue car je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec. Où vas-tu maintenant? Je ma casse vers le sud, direction le Mexique ″. Sous forme de dialogue, une tranche de vie écrite et mise en musique dans les années 60 par un folqueux de New-York répondant au nom de Billy Roberts. Plusieurs artistes ont par la suite repris la chanson, dont The Leaves, un groupe de Los Angeles, Love – la formation d’Arthur Lee – The Byrds avec David Crosby et Tim Rose qui en a fait une version plus lente sur un single paru en 1966. 

C’est cette version qui est venue titiller les esgourdes d’un certain James Marshall Hendrix qui à l’époque joue avec Jimmy James and the Blue Flames et propose d’ajouter Hey Joe à la setlist du groupe. Lors d’un concert au Greenwich Village, Chass Chandler est dans la salle. Subjugué par la prestation du guitariste, l’ex bassiste des Animals propose à Jimi de le rejoindre en Angleterre et de devenir son producteur et manager. Une fois à Londres, Chandler fait entrer Hendrix en studio – avec Noel Redding et Mitch Mitchell – et enregistre la chanson par le trio qui devient The Jimi Hendrix Experience. Le single sort en décembre 1966. Avec en face B Stone Free, le disque connaît un succès immédiat, grâce notamment au jeu innovant du magicien de la 6 cordes de Seattle…

En 1966, Johnny Hallyday était de passage à Londres. Lui aussi croisait le gaucher, lui aussi tombait sous le charme de cette saga et lui aussi décidait de se l’approprier. Il confia à Gilles Thibaut le soin d’adapter les paroles avec comme consigne de faire abstraction de meurtre et de cavale. De cocu énervé il était toujours question, mais dans cette version française, le dépit amoureux, l’amertume et le mépris donnaient le ton. « Tu vois Joe, hier je rêvais d’avoir ta peau mais je préfère te voir souffrir et de cette fille, je t’en fais cadeau. Hey Joe! Allez bonne chance Joe!« . 20 ans plus tard, dans une magnifique interprétation, Alain Baschung reprendra à sa façon ce standard planétaire du rock et de ses environs: Hey Joe.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, août 2022

Iron Maiden – Sanctuary

 

[Extrait]: Dès sa sortie le 23 mai 1980, le second single d’Iron Maiden provoque des remous et génère la première controverse à laquelle le combo de heavy metal doit faire face. En cause, l’illustration de Derek Riggs qui représente Eddie, la mascotte du groupe, en train d’assassiner Margaret Thatcher. Gisant au sol, elle tient dans ses mains les restes d’une affiche arrachée ; l’une de celles qui fait la promotion d’un concert de la formation britannique. Le journal Daily Mirror publie l’image et titre :  » Maggie se fait agresser. C’est un meurtre ! « . Les parlementaires montent au créneau et dans de nombreux pays la pochette est censurée. Un bandeau noir est appliqué sur les yeux de la victime ; il est soit disant destiné à masquer l’identité de la Première Ministre du Royaume-Uni… La polémique enfle et ne fait qu’accroître la popularité d’Iron Maiden auprès du jeune public. Sur Women in Uniform, le single suivant, la Dame de fer prend sa revanche. En tenue kaki et armée d’un pistolet mitrailleur, elle attend Eddie au coin d’une ruelle pour lui régler son compte.

Patrick BETAILLE, août 2022


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Lambretta – Enjoy the Ride!

D’après Photo de Jean-François Jonvelle

 


Pas de ECU – Pas d’ABS – Pas de Traction Control – Pas de Ride By Wire – Pas de Suspensions Pilotées – Pas de Régulateur de Vitesse – Pas de Poignées Chauffantes – Pas d’Affichage Digital… Pas de GPS. Pas de… Problème. Le Bonheur?


 

Sempé: 1932 – 2022


Il m’a fallu une grande force dans la vie pour dire ″ Peut-être ″ quand je pensais ″ Non ″, ″ Nous verrons ″ quand je pensais ″ Oui ″ et ″ A bientôt ″ quand je partais pour de bon. [Jean-Jacques Sempé]

Patrick BETAILLE, août 2022

John Pasche – Hot Lips

© John Pasche

 

En 1970 les Rolling Stones sollicitent John Pasche pour la création de leur logo. Le britannique était alors âgé de 25 ans, venait d’obtenir sa maîtrise en design au Royal College of Art et quelques mois auparavant il avait déjà bossé pour les Stones en réalisant l’affiche de la tournée européenne du groupe. Mick Jagger confie à l’artiste une image de la déesse hindoue Kali tirant la langue et lui demande de s’en inspirer. ″ Je me suis focalisé sur cette langue et j’ai pensé que ce serait une image intéressante et représentative de ces individus anticonformistes qui passaient leur temps à défier les autorités ″ raconte l’artiste. Une façon de mettre fin à toute allusion consistant à affirmer que l’œuvre faisait référence à la bouche lippue du chanteur. À l’époque le designer a été payé 50 livres pour ce logo qui, en 1975, sera retravaillé par Craig Braun* pour devenir la version finale encore et toujours d’actualité. Considérée comme l’une des images les plus emblématiques de la musique, le Tongue and Lips (ou Hot Lips) est désormais sur toutes les lèvres, sauf sur celle de son concepteur. Aujourd’hui, John Pasche doit se dire qu’il aurait mieux fait de se mordre la langue le jour où il a décidé de vendre ses droits d’auteur 28 000 dollars pour financer l’acquisition d’un appartement à Londres. Maigre consolation, en 2008 le London’s Victoria and Albert Museum a acheté le logo original à son concepteur pour 92 500$.

*Craig Braun est également à l’origine du concept dit ″de la banane″ pour l’album The velvet Underground & Nico en 1967 et de la mise en œuvre technique du zip de Sticky Fingers des Rolling Stones  en 1971. Le tout sous la houlette d’Andy Warhol.

Patrick BETAILLE, août 2022


Retrouvez Craig Braun et les Stones dans le livre: In Vinyle Veritas

 

 

Barry Ryan – Eloïse

 

Dans les années 50, Marion Ryan était l’une des grandes stars de la pop britannique qui squattait les émissions de variétés. Mariée à 17 ans, c’est dans le Yorkshire qu’elle donna naissance à deux enfants, les jumeaux Paul et Barry Ryan. Ah les lois de Atavisme! En 1965, Les garçons signent chez Decca Records et sortent leur premier disque alors qu’ils n’ont que 17 ans. Jusqu’en 1967, ils obtiennent rapidement quelques succès d’estime qui leur permet d’être parrainés par Frank Sinatra et de participer à quelques projets avec notamment les Hollies, Roy Orbison, les Small Faces et Dusty Springfield. Écœuré par les exigences du show business Paul se met en retrait. Barry décide alors d’entamer une carrière solo et c’est avec un titre écrit par son frère qu’il renoue avec le succès. Eloïse, son premier single sort en 1968, grimpe immédiatement à la deuxième place au classement des meilleures ventes britanniques, à la première au hit parade français et se vend à hauteur de 5 millions d’exemplaires dans le monde. Mélodramatique, lyrique, grandiloquente et très orchestrée, la chanson raconte l’histoire d’un amour déchu. ″Difficile d’admettre que cet amour est en train de mourir. Désormais elle sait que je pleure et que toutes les nuits je suis là, le cœur brisé. Elle, elle n’est pas là et au fur et à mesure que les jours passent, les nuits deviennent plus froides. Eloïse tu es ma raison d’être alors je t’en prie, écoute moi″. Ok, dans le genre, Brel et son Ne me Quitte Pas peuvent dormir tranquilles! Alors qu’en Australie la complainte figure en bonne position au Top 10, une enfant de huit ans nommée Eloise Worledge est enlevée à Melbourne. Par respect et solidarité envers la famille, les stations de radio cessent de diffuser la chanson pendant les recherches qui, malheureusement, ne donneront rien. La fillette n’a jamais été retrouvée. D’autres titres suivront – Red man en 1971 – mais sans succès notoire pour Barry Ryan qui mettra fin à son activité discographique au début des années 70. Traduite et chantée en français par Claude François, Eloïse a également été interprétée par les Damned en 1986.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Patrick BETAILLE, août 2022

Quiz – Prog Rock

 

Seul un vrai fan saura trouver les groupes et albums qui se cachent dans ce montage! Au premier coup d’œil certaines des illustrations sont évidentes. Dans d’autres cas les allusions sont plus subtiles car partielles ou présentes à plusieurs endroits. Parfois aussi il est fait appel à plusieurs albums d’un même groupe. Il n’empêche qu’en se focalisant sur quelques détails, l’exercice reste intéressant et fun, avec ou sans prise de tête. 

Sans trop se malmener le neurone, il est possible de trouver une bonne dizaine de références. Amusez-vous bien et essayez de recenser 15 groupes de rock progressif et 18 albums du même tonneau! Si vous capitulez, je vous propose la solution: Quiz Prog Rock.

 

 

Hektor – Belle et Mer

© Antoine Sitruk/Hektor

 

Antoine Sitruk aka Hektor est un artiste originaire d’Issy les Moulineaux qui habite à paris. Il peint depuis plus de 20 ans. Tout d’abord connu pour ses graffs à base de lettrages dynamiques et colorés, Hektor a, depuis quelques années fait évoluer son style et sa technique avec une approche beaucoup plus personnelle. Mêlant architecture et scènes de vie populaires, il s’inspire aujourd’hui de la réalité du quotidien et donne une dimension plus sociale à ses peintures. Précis, contrasté, et coloré, le travail de ce touche-à-tout, oscille naturellement entre figuratif et abstraction, et offre différents degrés de lecture selon la distance qui nous sépare physiquement de ses œuvres. Il aime particulièrement faire usage de superpositions mettant en scène des personnages sur des arrière plans évoquant soit une profession, soit un lieu familier, soit encore un paysage évocateur. Il se fait ainsi remarquer en juillet 2021 grâce à un portrait de femme pensive avec en filigrane une vue du port de La Seyne-sur-Mer dont le phare apparaît au centre du visage. Tout récemment, Hektor s’est déplacé dans les Côtes d’Armor pour participer avec d’autres artistes au festival Street Art en Baie qui se déroulait à Yffiniac.

Patrick BETAILLE, août 2022

le lundi c’est permis – Rouge!

 

[Shilpa Ahuja]: ″ Red is not the color of the woman who hides in a corner. It’s the color of a woman who wants a new adventure everyday: never afraid to fail or fall – Le rouge n’est pas la couleur de la femme qui se cache dans un coin. C’est la couleur d’une femme qui veut vivre une nouvelle aventure chaque jour: elle n’a jamais peur de se tromper ou d’échouer ″.

Quand elle appliquait cette devise, on peut dire que Debbie Harry avait vraiment le sens du détail. Cela dit, pas de rouge sur les ongles. Faute de goût qu’on lui pardonne! N’est-ce pas?! 

Patrick BETAILLE, août 2022