Le lundi c’est permis – Étincelle!

Side Car Noël, GaaaaaZ!

 


[Zazie: Allumer le Feu – Extrait]: ″ Revenir à l’état sauvage, forcer les portes, les barrages. Sortir le loup de sa cage, sentir le vent qui se déchaîne, battre le sang dans nos veines, monter le son des guitares et le bruit des motos qui démarrent ″.


Patrick BETAILLE, octobre 2022

Aphrodite’s Child – Rain and Tears

 

Demis Roussos, Loukas Sideras et Vangelis Papathanassiou jouissent déjà d’une solide réputation dans leur pays, la Grèce, quand ils décident pourtant de changer d’air suite au coup d’état et à la dictature instaurée par les militaires. Le trio veut tenter sa chance Grande-Bretagne et, en mai 1968, c’est le départ d’Athènes en direction de Londres. À ce moment là, ça balance pas mal à Paris où leur avion reste bloqué à cause des grèves. N’ayant toujours pas obtenu leurs permis de travail anglais, les musiciens décident de rester dans la capitale française et d’y enregistrer leur premier album sous le nom de Aphrodite’s Child. Mercury Records investit alors les studios parisiens de Philips et suggère de commencer par travailler sur un single musicalement basé sur Canon per tre Violini e Basso. Vangelis ne tarde pas à adapter les arrangements du fameux Canon de Pachelbel et c’est à Boris Bergman, jeune auteur français, débutant et glandeur de première, qu’incombe l’écriture des paroles en anglais. Non productif, il se retrouve enfermé par le staff dans son bureau: ″Tu ne sortiras de là qu’après avoir pondu un texte″! C’est de sa fenêtre qu’il aperçoit un cortège funéraire sortant d’une église voisine. Il pleut – rain – et certains sont en pleurs – Tears. La chanson Rain and Tears et son cortège de mélancolie sur fond d’amour déchu est enfin enregistrée…

Se pose alors le problème du pressage. Les usines sont à l’arrêt. L’équipe finit par dénicher dans une arrière boutique de Saint-Ouen une ancienne unité de pressage qui est redémarrée pour la circonstance. Sorti en juin, le single devient très rapidement le tube de l’été 1968 qui ne sera pas étranger au succès international de l’unique groupe pop/rock hellénique: Aphrodte’s Child.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

  Patrick BETAILLE, septembre 2022

Nick Ut – Kim Phuc

© Photo Nick Ut-AP

 

L’enfer, c’est celui dans lequel se retrouve plongée Kim Phuc Phan Thi un jour de juin 1972.  La petite fille a neuf ans lorsque une bombe au napalm larguée par l’armée sud-vietnamienne tombe sur Trang Bang, son village au sud-ouest de son pays. Touchée par les projections d’essence gélifiée, Kim court en hurlant sur la route avec d’autres enfants suivis par des soldats. Elle a été happée par les flammes. Son dos, sa nuque et ses bras son brûlés et le reste de ses vêtements sont réduits à l’état de cendres qui collent à sa peau. Nick Ut, mandaté par Associated Press, capte l’horreur de cet instant. Juste après avoir pris le cliché devenu tristement célèbre, le jeune photographe décide d’amener la victime à l’hôpital où on lui dit clairement que, dans son état, des soins sont inutiles car elle allait mourir de ses blessures. ″J’ai montré ma carte de presse et j’ai dit que si elle mourait, ma photo serait à la une de tous les journaux et qu’ils auraient des comptes à rendre″ raconte le journaliste.

Cinquante ans plus tard, le cliché ″ Napalm Girl ″ – qui a valu à son auteur le prix Pulitzer – demeure incontestablement l’une des images les plus marquantes de la guerre du Viêt Nam. Quant à Kim, elle vit désormais au Canada. Elle a tout pardonné, s’est réconciliée avec la photo qui très longtemps lui a rappelé sa souffrance et la perte de son enfance. ″ Je ne peux pas changer le passé, mais avec de l’amour je peux changer l’avenir ″ confiait elle dans une interview.

Patrick BETAILLE, octobre 2022

Martin Sharp – Cream

 

Dans les années 60, Martin Sharp (1942 – 2013) devient directeur artistique du magazine satirique australien OZ.  Les représentations psychédéliques de Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan ou encore lMona Lisa entourées de bananes font de lui un artiste immédiatement reconnaissable. Sharp est alors le maitre incontesté des entrelacs tourmentés, des couleurs criardes et des lettrages surréalistes qui deviendront l’apanage de l’un des plus beaux courants artistiques des sixties. À Londres, il se lie d’amitié avec Eric Clapton avec qui, pendant un temps, il partage le même appartement. Au cours de cette période il offre au guitariste un poème qui aboutira à la chanson Tales of Brave Ulysse figurant en 1967 sur Disraeli Gears de Cream, album pour lequel le groupe bénéficiera du travail du designer quant à la réalisation du cover art. L’année suivante, Martin Sharp sera de nouveau de la partie pour l’illustration – en noir et blanc cette fois – du troisième opus du power trio Eric Clapton/Ginger Baker/Jack Bruce: Wheels of Fire.


D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS


 

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Jan Rose Kasmir – Jeune Fille en Fleur

© Photo Marc Riboud

 

Citoyenne américaine, Jan Rose Kasmir était lycéenne lorsque le 21 octobre 1967, à Washington, elle prit part aux mouvements contre l’engagement des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam. Ce jour là, des milliers de pacifistes manifestant leur indignation étaient réunis devant le Pentagone. C’est alors que la jeune fille de 17 ans se détache de la foule et va au devant de la garde nationale. Le photographe français Marc Riboud est sur le lieux, il couvre l’événement pour l’agence Magnum et immortalise la scène avec cette photo de Jan Rose tenant une fleur et faisant face, seule, à une rangée de soldats qui pointent leurs fusils équipés de baïonnettes. L’instinct de Riboud fait mouche. L’image va devenir un parfait symbole du mouvement pacifiste des sixties, et même un véritable cas d’école en tant qu’analyse photographique, tant les oppositions visuelles sont nombreuses : baïonnette phallique contre fleur virginale, multitude contre solitude, fleur contre arme et, par extension, la vie contre la mort.

C’est l’artiste psychédélique Michael Bowen qui fournit ce jour là les fleurs aux manifestants, inventant par la même occasion le Flower Power.

De longues années s’écoulent avant que Jan Rose Kasmir ne prenne connaissance du cliché. C’est son père qui, au beau milieu des années 80, découvre par hasard l’image de sa fille dans un magazine de photo acheté en Écosse. Plus tard, la ″Jeune fille à la fleur″ est devenue kinésithérapeute. Depuis 2001 elle vit avec sa famille au Danemark mais n’a jamais cessé de s’engager contre la guerre. En 2004, elle réapparaissait à Londres lors d’une manifestation contre l’invasion de l’Irak par les américains. ″Je reste une vieille hippie qui se fond dans la masse, comme Superman, dont la cape est cachée dans le placard″ disait-elle alors.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

NAPOLEON XIV – They’re Coming to Take me Away

 

Derrière le pseudo de NAPOLEON XIV se cache en fait le nom de l’ingénieur du son d’un studio new-yorkais, un certain Jerry Samuels. En 1966, en pleine période de psychédélisme il décide d’écrire et d’enregistrer une chanson simpliste, sorte de pied de nez ironique et humoristique à la tendance mystique, littéraire et surréaliste du moment. Il faudra pas moins de 9 mois à ce doux dingue pour atteindre son objectif, la principale difficulté consistant à travailler sans musiciens et surtout sans section rythmique. Il fait donc appel à quelques uns de ses amis pour enregistrer une piste de grosse caisse, un autre de tambourin et une troisième de claps de mains. Une fois finalisé, l’ensemble est ensuite mixé sous forme de boucle répétitive à laquelle est ajouté le son d’une sirène à manivelle louée 5$. Pour la voix, l’ingénieur fait appel à ses compétences de technicien en utilisant un séquenceur à vitesse variable qui lui permet de moduler son propos – aussi bien dans les aigus que dans les graves – tout en y ajoutant de l’écho et les hurlements de la sirène. Quant aux paroles, elles abordent le thème de la folie, celle dans laquelle le héro sombre quand sa copine le quitte… 

Craignant qu’on lui reproche de se moquer des maladies mentales, l’auteur décide de rajouter un dernier couplet dans lequel on découvre que c’est à cause de la fuite de son clébard parti en goguette que notre héro pète les plombs! Pour preuve, l’illustration du LP montre NAPOLEON à proximité d’une bouche à incendie sur laquelle tout bon canidé qui se respecte est censé pisser. Sauf que là, au bout de la laisse et dans le collier rien!..

They’re Coming to Take Me Away, Ha-Haaa! sort en single en juillet 1966. Contre toute attente et bien que censuré sur certaines radios (BBC notamment), le titre fait un carton et se retrouve instantanément N°3 au top 100 du Billboard, N°1 au cash Box, N°2 au Canada et N° 4 au Royaume-Uni. C’est tout simplement la face A jouée à l’envers qui figure la face B titrée !aaaH-aH ,yawA eM ekaT oT gnimoC er’yehT. Même les infos présentes sur l’étiquette sont intégralement imprimées à l’envers. Sans conteste une aventure musicale dans laquelle on se serait pas étonné outre mesure de voir débarquer le Screwy Squirrel de Tex Avery! En dernière position sur le LP paru la même année, la réponse attribuée à Joséphine XV: I’m Happy They Took You Away, Ha-Haaa! (Je suis contente qu’ils aient fini par t’enfermer).


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Le lundi c’est permis – Toucher


″ Come on David! Just relax, try not to get an erection and everything will be fine! –  Ok doc! But my name is Maurice! – I know Maurice, David it’s me! ″


 

The Moody Blues – Nights in White Satin

 

Changement de label et de cap en 1967 pour les Moody Blues qui laissent de côté les reprises rythm and blues pour se consacrer au rock psychédélique. Pour leur deuxième opus, Polydor souhaite leur faire enregistrer une version rock de La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák. Préférant graver leurs propres compos avec un orchestre de musique classique, les Moody Blues deviennent alors les précurseurs d’un rock symphonique qui, de l’aveu de Ian Anderson (Jethro Tull), sera pour lui une source d’inspiration incontestable, y compris pour ce qui concerne l’approche conceptuelle de ses productions futures. Paru en novembre, Days of Future Passed est en effet basé sur un projet : aborder le quotidien d’un individu et, logiquement, la track list de 7 titres débute par The Day Begins pour s’achever sur un Nights in White Satin sorti simultanément en single. Nous y voilà! La chanson a été écrite par le chanteur-guitariste Justin Hayward, inspiré par le cadeau de sa petite amie: une paire de draps en satin blanc. L’épisode devient très rapidement l’un des hymnes du rock progressif et joue dans la même catégorie que A Whiter Shade of Pale de Procol Harum…

Paroles romantico-mélancoliques à souhait, habillage symphonique, utilisation de la  flûte et du tout nouveau Mellotron, harmonies vocales et son remarquable offrent pour un temps un beau succès international (numéro un en France et au Canada ) au single qui connaitra un fort regain de popularité à la fin des années 70. Nights In White Satin a fait l’objet de nombreuses reprises.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Nine Eleven – Les Interdits du Rock

 

Le 11 septembre 2001. Les attentats ayant entrainé la destruction du World Trade Center, ont été l’un des jours les plus tragiques de l’histoire de l’humanité.
Même si images, débats, polémiques diverses et variées sur fond de théories parfois complotistes ont peu à peu cédé la place à une routine quotidienne salvatrice, personne n’a oublié ce qui s’est passé ce jour-là.

Trois jours après la catastrophe, la société Clear Channel Communications fait parvenir à plus de 1100 radios nationales une liste de chansons dont la diffusion est jugée inappropriée compte tenu du contexte. Ainsi, ce listing comprenait des titres qui, de près ou de loin, faisaient référence à la violence, la guerre, les armes, la mort mais aussi aux avions, aux collisions et au… ciel.
Plus de 160 chansons se retrouvent bannies du jour au lendemain, souvent de manière absurde et sous couvert de prétextes aberrants, farfelus ou illogiques. Ainsi, d’après Clear Channel, What a Wonderful World de Louis Armstrong se retrouve censurée car trop joyeuse par rapport au désastre (Si, si!). Walk like an Egyptian des Bangles, interdite car son titre fait référence à un pays du  Moyen-Orient.
Bien évidemment, certains groupes à la réputation déjà sulfureuse n’échappent pas à la vindicte moraliste. AC/DC et ses  Shot Down in Flames, Shoot to Thrill, Highway to Hell, TNT et Hell’s Bells. Knockin’ on Heaven’s Door par Bob Dylan et Guns’ N’ Roses, Rock the Casbah des Clash, Stairway to Heaven de Led Zeppelin ou encore Jump de Van Halen. Quant à Rage Against the Machine, c’est tout le répertoire du groupe qui est condamné car globalement trop critique vis à vis de la société américaine. 

Prémonition? Live Scenes from New-York,  le triple album live de Dream Theater, sort le jour même des attentats. Sur la pochette, une pomme en feu ceinte de barbelés. En arrière plan, Manhattan,  ses Twin Towers et sa statue de la Liberté. Le disque est aussitôt retiré de la vente pour être réédité. Le logo du groupe viendra remplacer la Big Apple embrasée.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

 

Pierre Coudouy – Photographe au Pays de l’Ours

 

Artiste-Auteur-Photographe depuis 2000, Pierre Coudouy s’est – dans un premier temps et bien avant d’aborder des sujets plus urbains et de s’impliquer dans des activités associatives qui aujourd’hui occupent une bonne partie de son quotidien – spécialisé dans la photographie de reportage qu’il pratique en allant à la rencontre de personnages authentiques qui animent des lieux chargés de traditions, qu’elles soient vinicoles ou pastorales. Authentique, Pierre l’est aussi. Il travaille avec un appareil photo à visée télémétrique, au grand-angle, sans effets spéciaux ni retouches. Son seul accessoire, l’écriture grâce à laquelle il donne avec justesse encore plus de corps à ses errances pyrénéennes, aussi bien dans la vallée ossaloise que du côté des vignobles du Jurançon. À ce titre, voici notre faiseur d’images en mode auteur avec deux beaux témoignages actuellement disponibles aux éditions MonHelios et ailleurs: Berger au pays de l’ours et Vigneron Bio, de la terre au Vin.

Très prochainement, deux événements importants (en accès libre et gratuit) vont mettre à l’honneur le travail de Pierre Coudouy dans le cadre des journées Européennes du patrimoine qui se dérouleront dans l’Espace Lecture et Découverte de la Ciutat dans le quartier du Hédas à Pau:

  • Le 17 septembre à 11h: Une conférence/débats/rencontres avec l’auteur à propos du livre ″Berger au pays de l’Ours » (pastoralisme transhumant au fil des saisons). 
  • Du 17 septembre au 1er octobre: Dans le même contexte, exposition permanente des clichés du photographe palois. Le mardi, jeudi et vendredi de13h à 17h – le mercredi de 12h à 18h  et le samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Voici donc une bonne entrée en matière pour marcher sur les pas de ce photographe humaniste en suivant son actualité sur son blog et sur les réseaux sociaux: Ici et Là. Adishatz!

Patrick BETAILLE, septembre 2022