David Gilmour – Luck and Strange

 

Luck and Strange n’est pas un disque. C’est un joyau! Un joyau qui brille de neuf feux éclatants de sensibilité et d’élégance. Confinement, tournées, querelles avec Roger Waters, vente de ses 120 guitares, voilà 9 ans que David Gilmour n’avait pas donné suite à Rattle That Lock son précédent disque. Tout le monde pensait que l’ex-guitariste du Floyd était en train de jouir d’une retraite bien méritée. C’est peut-être le cas mais une chose est sûre c’est bien dans la sérénité que baigne ce nouvel album solo. D’emblée, Black Cat, un instrumental concis au style aérien, prend aux tripes de la nostalgie. Avec Luck and Strange et son ambiance bluesy, le guitariste qui n’a pas perdu la main semble en apesanteur. Démarrage tout en douceur de The Piper’s Call qui progresse lentement pour finir noyé dans un jeu de 6 cordes élégantes et lyriques. La voix de David atteint des sommets de sensualité dans un Single Spark où violons et guitare s’unissent harmonieusement. Vita Brevis, bref instrumental annonciateur de l’étonnant et viscéral Between Two Points porté par la voix magnifiquement éthérée de Romany Gilmour, la fifille à son papa. Transe assurée pour un funky et déconcertant Dark and Velvet Nights dans lequel claviers et guitares en disent tant. Arrangements et production irréprochables pour un Sings qui n’invente rien et c’est tant mieux. L’album dans sa version non augmentée, se referme sur Scattered. 7:30 extatiques qui débutent avec un clin d’œil aux battements de cœur qui ouvre Dark Side of The Moon (Speak to Me) mais aussi à l’intro de Meddle (Echoes). En quelques secondes, on sait. C’est franchement floydien mais on s’en fout. Mélodie imparable, guitare hispanisante, cordes, piano, timbre de voix et ce solo du maître qui vous transperce comme au bon vieux temps de Comfortably Numb. Oui c’est beau à ce point. Luck and Strange est, dans son intention, sa conception et son exécution, le meilleur album solo d’un artiste de 78 balais qui nous offre une approche presque expérimentale, mélangeant émotion et pics musicaux prégnants dont on se repait à l’envie.

Patrick BETAILLE, septembre 2024

Pink Floyd – Endless Story

© Photos • David Gilmour: Ross Halfin – Roger Waters: Alfredo Estrella/AFP

 

C’est de notoriété publique, depuis une quarantaine d’années il y a de l’eau dans le gaz entre David Gilmour et Roger Waters. Luttes d’égos, dissensions, évictions de musiciens, dissolution, réunions, procès, etc. Ce ne sont pas les motifs qui manquent pour entretenir cette endless story qui n’a plus rien de psychédélique au cœur de la saga floydienne.

Aujourd’hui, Polly Samson s’invite dans le débat. Journaliste, écrivaine, elle est aussi, depuis 1994, l’épouse du guitariste David Gilmour et elle a contribué à l’écriture de 7 des 11 titres de The Division Bell et la moitié de Rattle That Lock, l’album de David paru en 2015. ″ Malheureusement, Roger tu es antisémite jusqu’à la moelle a récemment écrit Samson sur Twitter.Tu es aussi un apologiste de Poutine, un menteur, un voleur, un hypocrite, un évadé fiscal, un chanteur de play-back, un misogyne, un envieux, un mégalomane. Tes conneries ça suffit ″. Ça c’est fait! Gilmour a retweeté le message en ajoutant: Chaque mot est indiscutablement exact ″. De son côté, Waters réfute et gamberge sur la suite à donner…

Patrick BETAILLE, février 2023

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 20167 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’étaient mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album ″Rattle that Lock″. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un ″Great Gig in the Sky″ remanié, d’excellentes interprétations de ″Money″ et ″Wish You Were Here″, 12 minutes enchantées de ″Shine on You Crazy Diamond″ et un magistral ″One of these days″. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: ″Time″, ″Run Like Hell″ bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux ″Comfortably Numb″ qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!)  et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de ″Comfortably Numb″!!!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

PB, octobre 2017

Les guitares interdites dans les prisons anglaises!

 

Fausse note! La justice anglaise interdit les guitares dans ses prisons. Une circulaire stipule en ce sens que les cordes en acier sont susceptibles de fournir aux prisonniers un moyen efficace de mettre fin à leurs jours. Depuis il s’avère que le nombre de suicides connait une forte augmentation et certains musiciens prennent position. Des membres de Radiohead rejoins par David Gilmour et Johnny Marr ont fait parvenir au ministre de la justice un courrier dans lequel ils expriment leurs inquiétudes. ”… Il y a eu une très inquiétante augmentation du nombre de suicides depuis que cette règle a été introduite. En octobre 2013, une seule mort avait été recensée. Depuis il y a eu 50 suicides, plus du double si l’on compare à la même période l’année dernière. Nous aimerions savoir si les changements récents de traitement des prisonniers – ce qui inclut une limitation du nombre de livres disponibles et l’interdiction des guitares à cordes en acier – ne serait pas à l’origine de cette augmentation drastique du nombre de décès ”. Aucune réponse pour l’instant de la part de Chris Grayling (membre de la Chambre des Lords) qui n’a pas l’air pressé de trouver un Accord Majeur.

Patrick BETAILLE, mai 2014