The Dirty Knobs : Wreckless Abandon

En 1976, Mike Campbell rejoint Tom Petty pour former Tom Petty & the Heartbreakers. Au sein de la formation, le guitariste ne se contente pas d’occuper le poste de lead guitariste discret mais talentueux. Il compose également et apporte sa contribution à de nombreux succès des Heartbreakers. Ce rôle il le jouera jusqu’en 2017, date à laquelle la mort de Tom Petty entraine la dissolution des briseurs de cœurs. En 2018, Fleetwood Mac annonce que lors de sa tournée mondiale Campbell rejoint le groupe pour remplacer Lindsey Buckingham. Aujourd’hui, Campbell est à la tête d’un nouveau groupe: The Dirty Knobs et il nous offre avec Wreckless Abandon, un album pour le moins prometteur. Bien évidemment l’ombre de l’ami de 40 ans plane sur ce premier essai mais l’ex-second couteau des Heartbreakers parvient à dévoiler d’autres facettes de son art. Entre compositions bien léchées, solos ravageurs et gouaille révélatrice le musicien nous offre une performance qui, à n’en pas douter, devrait lui assurer une place sur la première marche du podium. Seule ombre au tableau concernant ces 13 titres de classic rock convaincant: la pochette signée Klaus Voormann. L’artiste en question nous avait habitué à beaucoup mieux, notamment en 1966 avec le cover art de Revolver pour les Beatles. Produit par George Drakoulias (Black Crowes, Jayhawks) le disque arrivera en novembre 2020. D’ci là…

George Hardie – De Led Zeppelin à Pink Floyd

[Extrait]: George Hardie est un designer britannique né en 1944. Il fait ses études à Londres à la central Saint Martins et au Royal College of Art. C’est à ce moment là qu’il commence à créer illustrer des pochettes de disques, comme celle du premier album de Led Zeppelin en 1969. Il rejoint ensuite les studios NTA où il travaille sur de nombreuses galettes emblématiques avec le groupe de design Hipgnosis. de 1973 à 1976, il participe ainsi à celles de The Dark Side of the Moon et Wish you Where Here de Pink Floyd, How Dare You de 10cc, Technical Ecstasy de Black Sabbath et Presence de led Zeppelin. Parallèlement à cette activité l’illustrateur oeuvre en tant qu’indépendant. À partir de 1982 il enseigne à l’université de Brighton et en 1989 il ouvre le master Sequential Design/Illustration… Depuis 1994 George Hardie est membre et secrétaire de l’Alliance Graphique Internationale et en 2005 il est élu Royal Designer for Industry… D’autres ont également bénéficié de la contribution de l’artiste. Parmi eux et entre autres, Peter Frampton, Genesis, Be+Bop Deluxe, Wings, Hollies, Paul McCartney, Golden Earring ou Yes.

Patrick BETAILLE, septembre 2020


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Popa Chubby – It’s a Mighty Hard Road

Popa Chubby Nouvel album

La couleur est annoncée et autant le dire tout de suite: aucune baisse de régime chez Popa Chubby. Le nouvel album, It’s a Mighty Hard Road, comporte pas moins de 15 titres pour un total d’une heure de blues, de rock et de soul avec, ça et là, des teintes jazzy et des influences latines. Toujours aussi inspiré, Ted Horowitz dévoile une fois de plus l’étendue de ses talents de chanteur, de compositeur, de mélodiste et surtout, de guitariste. ″La saveur est dans le gras″, c’est Popa qui le dit en ouvrant cette production. Pas de régime minceur pour une tambouille riche, variée et consistante qui invite à demander du rab. Sachant le géant du Bronx atteint d’un diabète invalidant (il marche avec une canne et assure ses prestations assis – NDLR),  on aurait pu craindre le pire. Nous voilà rassurés, 30 ans de carrière célébrés avec un nouvel album qui prouve que les meilleurs arômes se développent après maturation. C’est un sacré voyage!

Patrick BETAILLE, février 2020

La Discothèque Idéale 2019

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Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for Life The Who: Nouvel album 2019Miles davis Rubberband

Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2019 n’ait pas fait preuve de générosité du côté de ce qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Rival Sons nouvel album Kenny Wayne Shepherd Band Manu Lanvin Grand Casino

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Airbourne – Boneshaker

Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for LifeCinquième album studio pour Aibourne. Sorti au moins d’octobre 2019, Boneshaker joue la carte de l’efficacité: 10 titres, 30 minutes captées en condition live, sans  fioritures ni ronds de jambes! Concis, authentique, accrocheur et teigneux , le message de l’album est clair: Vite fait, bien fait, on va vous en mettre plein le tronche et vous allez aimer ça! Pourtant une fois de plus le nouvel opus des australiens va opposer frontalement les adeptes d’originalité aux amateurs d’un genre qu’ Angus et sa bande ont pour ainsi dire inventé. Difficile en effet de ne pas entendre du Whole Lotta Rosie dans Blood In The Water ou encore du Let There Be Rock dans Rock’n’Roll For Life. Pas taper, pas les habits, pas les lunettes! ACDC peut se rassurer et profiter d’un repos bien mérité: la relève est assurée! Même si la filiation est certes évidente Boneshaker reste un superbe témoignage d’un hard rock à l’efficacité redoutable et il ne faut pas bouder son plaisir devant tant d’honnêteté et d’énergie.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

 

The Who – Who

The Who: Nouvel album 2019

Treize années se sont écoulées depuis Endless Wire, la dernière production studio de ce qu’il reste des Who. Treize années durant lesquelles Roger Daltrey et Pete Townsend se sont consacrés à l’écriture de bouquins, à la réalisation de disques solos et bien sûr à quelques tournées communes en mode best-of nostalgique. La parution de cette douzième production studio semble attester du fait que, même conscients d’être dans la dernière ligne droite, les frères ennemis veulent prouver qu’ils ont envie de renouer avec un genre qu’ils ont pour ainsi dire inventé. Onze nouvelles compositions qui bien évidemment lorgnent du côté du passé sans se démarquer d’un classicisme sur lequel les Who ont au fil des ans consolidé leur réputation. Même si à l’écoute les ambiances rappellent incontestablement la période Who’s Next et Quadrophenia (qui s’en plaindrait?) Who ne consiste pourtant pas en une resucée de vielles recettes éculées. Le chant de Daltrey a gagné en émotion ce qu’il a perdu en aigus et l’écriture de Townsend, toujours aussi aigri et engagé, s’appuie sur des compositions musicales qui n’ont rien perdu de leur finesse. ″ Who gives a fuck? ″, ″Qu’est-ce qu’on en a à battre?″ C’est ce que déclare le guitariste en ajoutant: ″Quand on a soixante-quatorze ans, franchement, qu’est-ce que ça peut bien vous foutre que le rock soit mort ? Être en vie, ça, oui, ça compte, et préserver la flamme avec son public, c’est quelque chose de délicat″. Quoiqu’il en soit il y a dans ce nouvel album de quoi rameuter les vieux fans et probablement en fédérer de nouveaux.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Miles Davis – Rubberband

Miles davis album posthume

28 ans après la disparition de Miles Davis, le label Rhino fait les fonds de tiroirs et sort un album posthume du génial et visionnaire trompettiste. A n’en pas douter ce Rubberland doit être aux amateurs de jazz ce que le monstre du Loch Ness est aux écossais: une apparition toujours espérée mais jamais constatée. Les onze titres Rubberband nous arrivent finalement d’outre-tombe grâce à l’initiative de Vince Wilburn neveu de l’artiste et producteur des derniers enregistrements du tonton. Les sessions se situent entre octobre 1985 et janvier 1986, donc entre You’re under Arrest et Tutu. A n’en pas douter, les adeptes de Kind of blue, In a silent way, ou de Sketches of Spain ne vont pas y trouver leur compte tant l’ensemble de ces inédits sonne très années 80 avec à la clef une forte présence des claviers. Rubberband est funk, électrique, plus vocal que d’ordinaire et les effets électroniques sont très présents. En 1982 l’artiste avait été victime d’une attaque paralysant partiellement sa main droite et entraînant donc des difficultés à jouer. Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit,  un inédit du grand Miles, même posthume, ça ne se refuse pas. Au fait Davis est il vraiment mort?

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Cal Schenkel – Frank Zappa: We’re Only in It for the Money

Cal Schenkel: Zappa We're In It for the Money

[Extrait]: En 1968, le mouvement hippie et ses élucubrations fleuries laissent Frank Zappa de marbre et les appels du pied des tendances Rock Psyché du moment lui en touche une sans faire bouger l’autre. Même l’unanimement plébiscité Sgt. Pepper’s des Beatles paru un an plus tôt ne trouve pas grâce auprès de ce Dali des sixties qui trouve l’album ″ pas mal mais sans plus ″ allant même jusqu’à déclarer: ″ Ils ne m’ont jamais fait fantasmer. J’avais le sentiment qu’ils n’étaient motivés que par l’argent ″. Fidèle à sa réputation de génie cynique et rebelle, le guitariste californien accompagné de ses Mothers of Invention sort en octobre 68 We’re only in it for the money, En plus du titre provocateur (″On est là que pour le fric!″) ce quatrième album du Zap est bourré de propos acerbes sur les policiers, les réactionnaires, les racistes ou les hippies. Musicalement parlant les 19 morceaux, dont certains d’à peine une minute et même 26 secondes pour Hot Poop (Caca Chaud!) font souvent l’objet de divagations déjantées à base d’assemblages sonores, d’effets spéciaux, de distorsions et de bruitages. Mais le plus saisissant réside dans le visuel qui parodie clairement le Sgt pepper’s lonely hearts club band des 4 de Liverpool. Cal Schenkel réalise pour le recto un collage de personnages (dont Jimi hendrix) avec au premier plan les Mothers au complet et une grosse caisse sur laquelle figure le titre de l’album. Au verso, paroles imprimées sur fond rouge et en guise d’encart la photo des 7 membres du groupe alignés sur un fond jaune. Ce cliché est signé Jerry Schatzberg, le photographe qui a fait poser les Stones déguisés en femmes pour la pochette de leur 45 tours Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow? Ici pas de grimage pour l’hirsute combo, juste des accoutrements féminins improbablement kitsch. Zappa demande la permission de publier l’artwork en l’état à Paul McCartney mais ce dernier lui suggère de s’adresser à sa maison de disques. Refus catégorique de Capitol Records; on ne touche pas aux Beatles! Verve Records, la maison de disque de Zappa, prend donc la décision de faire figurer  l’image  controversée à l’intérieur et de la remplacer par la photo du groupe. La censure ne s’arrête pas là. Le label fait passer certaines phrases jugées malsaines à l’envers pour les rendre inintelligibles et d’autres sont carrément coupées sans que le Maître en soit informé. En 1984, We’re only in it sera réédité  avec les paroles d’origine et quand il est élu parmi les meilleurs albums de tous les temps, Zappa se contente de maugréer: ″Je préfère que la récompense aille à ceux qui ont censuré cet album, ils la méritent plus que moi″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, septembre 2019

Rival Sons – Feral Roots

Rival Sons nouvel album

 

Depuis le premier Before the Fire sorti en 2009, Rival Sons s’est peu à peu installé dans une notoriété hautement méritée que vient confirmer avec justesse la parution d’un nouvel album. Même si avec Feral Roots le revival du rock des 70’s semble toujours d’actualité, faire référence à Led Zeppelin ou Black Sabbath doit désormais rester l’apanage de Greta Van Fleet ou Blues Pills. Aujourd’hui Rival Sons évolue dans une autre dimension artistique et s’éloigne un tantinet d’un horizon Classic Rock pour s’ouvrir d’avantage à d’autres influences. Bien sûr le Heavy Rock vintage reste d’actualité avec  ″Do Your Worst″, ″Back In The Woods″ et ″Sugar On The Bone″ gavés de feeling, de riffs et de soli affûtés à la sauce Scott Holiday; on ne change pas une équipe qui gagne! Changement de cap avec ″Look Away″ et son intro folk  suivie d’un tempo lourd et plombé sur le quel s’appuie la voix chaudement éraillée d’un Jay Buchanan en pleine forme. Total dépaysement avec ″Feral Roots″ qui oscille entre folk et rock avec une classe rare. ″Too Bad″, ″Imperial Joy″et ″End Of Forever″ explorent des territoires à la fois moites et ravagés par de sauvages guitares. Surprenant, il y a de la soul teintée de gospel dans ″Stood By Me″ et ″Shooting Stars″ dans lesquels les chœurs féminins font des merveilles. ″All Directions″ démarre sous forme de ballade Pop Rock et va crescendo pour finir en explosion de décibels au cours de laquelle voix et guitares partouzent allègrement. Avec Feral Roots, l’album, la force de Rival Sons réside dans un subtil mélange des genres sur fond de Blues Rock que le groupe maîtrise à la perfection. 11 titres, 45 minutes d’intensité bienfaitrice et émotionnellement aussi puissant qu’un Led Zeppelin II ou III (merde je l’ai dit!). Ce sixième opus enregistré au Muscle Shoals Sound en Alabama et admirablement produit, marque un tournant dans une carrière pourtant déjà pavée de bonnes intentions pour ces californiens qui pour l’occasion signent chez Atlantic et confortent leur statut de probable meilleure formation de Heavy Rock de la décennie. j’ai dit!

 

Kenny Wayne Shepherd – The Traveler

Kenny Wayne Shepherd Band

 

En 1995, Kenny Wayne Shepherd débarque à l’âge de 18 ans sur la scène Rock  avec Ledbetter Heights, qui lui confère instantanément le statut de prodige de la 6 cordes. 25 ans plus tard revoilà celui que l’on compare, souvent à tort, à feu Stevie Ray Vaughan, avec un nouvel album de 10 titres: The traveller. Dans la droite ligne du précédent Lay it on Down sorti deux ans auparavant et dès les premières mesures de ″Woman Like You″ la couleur est annoncée. Guitare énergique, puissance avérée et feeling enjôleur sont au rendez vous pour un rock aux accents sudistes au sein duquel les cuivres ont la part belle. Avec ses 8 compos et ses 2 reprises (dont l’éblouissant Turn To Stone de Joe Walsh) ce nouvel opus ne se cantonne pourtant pas à un Blues Rock couillu. Comme à son habitude, le guitariste refuse de laisser enfermer dans un seul genre et explore donc le Blues dans lequel il excelle mais aussi la Soul, la Country, l’Américana et même la Pop classieuse. Kenny Wayne Shepherd, toujours très inspiré, nous offre un album bien produit dont la solidité doit beaucoup aux excellent musiciens qui l’accompagne (dont Chris Layton aux drums et Noah Hunt au chant). The Traveler reste un hymne à la guitare de la part de l’une des plus fine gâchettes du Blues moderne qui prend le risque d’amener sa Stratocaster là où d’autres refuseraient de s’aventurer.