Davy Knowles – Live at the Gaiety Theatre

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″ J’ai su que je serai musicien le jour où alors que j’étais en voiture avec mon père j’ai entendu Sultans of Swing de Dire Straits ; ce titre a changé ma vie . Davy avait onze ans à l’époque. Au départ il a  pioché dans la discothèque du paternel pour dévorer du John Mayall, Clapton, Peter Green et Rory Gallagher. Il a d’ailleurs avec ce dernier le point commun qui consiste en l’intégration des influences celtiques dans sa musique; rien d’ étonnant, il est originaire de l’ île de Man !  Quelques cours de guitare plus tard le trio Back Door Slam voit le jour, nous sommes en 2005 et c’est en 2006 que sort le premier album Roll Away qui atteindra rapidement la 7ème place au Bilboard. Succès d’autant plus intéressant que c’est Davy qui assure toutes les compositions à l’exception de Outside Woman Blues (Blind Joe Reynolds). On y retrouve bien sûr toutes les influences évoquées plus haut, mais aussi l’expression d’une sensibilité portée par une voix chaude et pleine d’émotion. 2009, sortie de Coming up for air sous le nom de Davy Knowles and Back Door Slam! Entre temps il y a eu le split du trio, les tournées mondiales, les premières parties de George Thorogood, Buddy Guy, Lynyrd Skynyrd, Chickenfoot et, excusez du peu,  Gov’t Mule ou  encore Jeff Beck. Ce deuxième album, produit par Peter Frampton, est brillant ; même les morceaux mid-tempo s’articulent autour de chorus à la fois fins et puissants.  11 titres dans lesquels les fans de Blues Rock, toutes générations confondues, trouveront leur compte ; en particulier à l’écoute de Tear down the walls et Hear me Lord (George Harrison) où Davy fait preuve d’un feeling et d’un doigté exceptionnels pour triturer sa guitare PRS. 2009 c’est aussi l’année de la sortie du Dvd  Live at the Gaiety Theatre. L’artiste  joue chez lui, sur l’Ile de Man. Il clôture ainsi une tournée de 400 dates aux USA et un passage à Londres pour un concert à guichet fermé. Rien à redire, l’énergie est là, la prestation est superbe, le show est sobre, assez intimiste mais d’une intensité redoutable ; il s’achève par un titre acoustique sur lequel les chœurs sont assurés par les enfants de l’école du coin. Emotion garantie ! Vous savez quoi ? La soi disant authenticité musicale, le côté basique du genre, l’approche intellectuelle du Rock… Ben tout ça je m’assoie dessus avec allégresse et impertinence! Davy Knowles c’est du bon, du talentueux, de l’authentique et même s’il ne remplace pas Rory Gallagher ou Gary Moore, il parvient quand même à combler une bonne partie du vide qu’hélas ils ont laissé derrière eux. Pas mal à 25 ans non? Pour preuve : Joe Satriani himself  a dit de lui : ″ parmi les bluesmen modernes c’est mon préféré !

PB, mars 2012

 

Rory Gallagher – Ghost Blues

 

Ghost Blues! Un très beau moment que ce double Dvd consacré à un des – n’ayons pas peur des mots – plus grands guitaristes de tous les temps et incontestablement – ne nous dispensons pas d’être partial – le plus grand musicien tout droit issu de la tourbeuse Erin: Rory Gallagher.

La première galette The Story of Rory Gallagher raconte évidemment l’histoire de Rory. Original? Non, élémentaire ! De sa naissance à Ballyshannon jusqu’à sa mort à Londres en 1995 à l’âge de 47 ans. Pour faire court on y découvre pendant quasiment 1h30 sa jeunesse à Cork et plus particulièrement ses débuts musicaux laborieux dans un groupe de balloche, ses premières productions discographiques avec Taste  et bien sûr le gros morceau, sa carrière solo, y compris l’épisode Rolling Stones. Tout simplement passionnant ! La réalisation de cette biographie s’appuie, un peu à la manière des Classic Albums, sur les témoignages de figures qui ont de près ou de loin côtoyé ou accompagné l’Irlandais. Son frère (et manager), The Edge, Bob Geldof, Slash et d’autres ; ou encore Gerry Mac Avoy et Ted McKenna, respectivement bassiste et batteur de la formation. Tous nous livrent de riches anecdotes indispensables à la compréhension de la démarche musicale du personnage. Certaines révélations étonnent : Son frère qui a envie de lui casser la tête en constatant qu’à la veille d’une promo Rory a détruit l’enregistrement de son album ; le saviez vous ? il jouait aussi du saxo !  D’autres font rire : Ce fan qui pendant un cours de menuiserie essaie de brûler sa gratte au chalumeau pour qu’elle ressemble à la Strat  de son guitariste préféré. Celle enfin qui révèle avec beaucoup d’émotion qu’au sortir d’un concert Monsieur Gallagher traverse la rue pour aller filer quelques biftons à un musicien ambulant. Et quoi d’autre? Vous le saurez en faisant l’acquisition de ce petit bijou que tout Gallagherophile qui se respecte se doit de posséder, ne serait ce que pour apprendre que … Non rien ! Enfin si ! rapport à la première place dans un sondage sur les guitaristes de l’époque ; devant Clapton, Page et Hendrix siouplait. Tant pis c’est dit !

Le second Dvd Beat Club Sessions  regroupe quant à lui les extraits d’émissions de télévision allemande de 1971 et 1972. 16 titres, que je sache jusqu’à présent jamais diffusés, dont  les classieux Laundromat et Messin  with the Kid dont l’interprétation inspirée vous fait vite oublier le montage kitscho-psychélique très tendance à l’époque.

Avec ces deux skuds pas un seul instant on ne s’ennuie, c’est évident, mais surtout on découvre un artiste extrêmement doué, passionné, sensible, intègre et profondément humain.

Zoom! Parce que c’est vous (et puis je suis chez moi ici non ?) je vais partager une anecdote  malheureuse concernant  ma rencontre avec Rory. C’était en 1985, en Août je crois. Concert aux arènes de Mont de Marsan (40). Le Rock festival de Mont-de-Marsan qu’ils appelaient çà. A l’époque j’avais ma propre émission dans une radio locale. Tapage nocturne consistait en deux heures hebdomadaires bien évidemment consacrées au Rock dans tous ses états. Me voilà donc parti dans les Landes avec pass, casse croûte, canettes et magnéto pour couvrir l’événement. Mont de Marsan donc. Ca démarre mal, Rory est en retard, plus d’une heure, et il se murmure même que sa prestation est annulée. J’en discute d’ailleurs au hasard d’une rencontre avec un mec Sympa, Jean Pierre Sabouret, journaliste dans un mensuel Rock. Soudain une clameur monte et Rory déboule sur scène. Tout le monde se branche et à l’arrache démarre un show qui dure deux heures trente. De la  folie furieuse, un set fabuleux au cours duquel ont été joués pas mal de titres de Calling Card et Top Priority  mes albums studio préférés je l’avoue. Rappel, rappel, fin du concert et course vers l’interview. Rory me reçoit avec une franche poignée de main, de celles que normalement l’on réserve aux bons potes et me tend une canette. Il est lessivé, en nage, et visiblement heureux. ″ It was really fantastic ! ″ dis je en attaquant ma canette; lui en est déjà à la troisième. S’en suivent une vingtaine de minutes de conversation plutôt que d’interview formelle. Je lui demande des nouvelles de la Tatoo’d Lady, il s’excuse du retard, je lui parle de son harmoniciste (Je sais pas encore que c’est celui de Nine Below Zero) et de sa prestation fabuleuse, il me demande si je veux une autre bière. Je lui confirme que j’adore Shadow Play, il me remercie. Je suis aux anges, le temps qui m’est imparti est consommé, enregistreur sur Stop, il sourit, me raccompagne en me remerciant avec une main sur l’épaule. Je quitte les lieux, exit les arènes alors qu’Eric Burdon a commencé son set mais, encore sous le choc, je m’en tape. Je ne pige pas ce qui m’arrive et je suis déjà en train de gamberger sur la super émission que je vais monter pour la semaine d’après. C’est là que ça se complique. Retour à Pau, passage au local pour restituer le matériel. Je dépose le bobineau sur un coin de console. Erreur ! Le lendemain je repasse au studio pour faire le montage en cabine. Plus de bobineau. Panique. Ouf ! je le retrouve, pas là où je l’ai laissé mais je le retrouve. Play !… Catastrophe ! en lieu et place de mon reportage je tombe sur les commentaires d’un consanguin local sur le déroulement de je ne sais plus quelle manifestation agricole de la plus haute importance. Je trouve le coupable qui à ma gueule et à mes yeux injectés de sang comprend qu’il vaut mieux qu’il s’écrase.

Extrait : Moi: T’as bien vu qu’il y avait marqué ″ Rory Mont de Marsan ″ sur la bobine non ? – Lui: Ouais ! c’était quoi ? – Moi: Laisse tomber et vas te perdre crétin !

Tout ça pour dire qu’une fois l’incident  digéré, ce que j’ai gardé de cette rencontre je l’ai retrouvé dans cette biographie. À tel point qu’à la fin de Ghost Blues la gentillesse, la simplicité et la disponibilité de cet immense artiste m’ont foutu un peu d’eau au bord des yeux.

 

Dr. Feelgood – Oil City Confidential

 

Après The Filth and the Fury sur les Sex Pistols en 2000 et The Future is Unwritten sur Joe Strummer en 2007 Julien Temple revient derrière la caméra en 2009 pour s’attaquer au cas Doctor Feelgood. Avec Oil City Confidential le réalisateur utilise la musique du groupe de Canvey Island pour dépeindre l’environnement social et culturel de l’époque au sein de laquelle évoluent Lee Brilleaux et sa bande de fous furieux. Le film a été diffusé pour la première fois en Angleterre et en Irlande en Octobre 2009. La première a été l’occasion d’une prestation scénique de Wilko Johnson en présence de la mère du Docteur, de sa veuve, de ses enfants et des membres survivants de la formation d’origine. Devant le succès – Dixit The Guardian: ″ I don’t think (Julien Temple has) ever made a film as good, and as purely insightful as this one ″ – remporté par ce Rockumentaire et à la demande générale de nouvelles projections ont eu lieu, dont une en France, à titre d’avant première, le 04 Mai 2010 à la Cigale. Il va falloir prendre notre mal en patience car malheureusement il semblerait qu’il n’y en ait pas d’autres de prévues et espérer la sortie prochaine de la version Dvd. A surveiller donc et pourquoi pas en écoutant la Bande Originale d’ores et déjà disponible en Cd. Le plus grand groupe local du monde vaut bien ça ! Doctor Feelgood!