Ce prototype de Fender Telecaster Rosewood fait partie d’un lot de 6 exemplaires fabriqués en 1968 par le luthier Phil Kubicki pour être offerts aux artistes populaires de l’époque. Parmi eux Jimmy Hendrix et George Harrison qui s’en servit lors des sessions d’Abbey Road et du fameux Rooftop Concert de 1969. Le tout premier exemplaire de cette série fût remis à Elvis Presley qui l’utilisa quelques mois puis, la trouvant trop lourde, la renvoya à Fender. Après être passée entre les mains du compositeur Scott Turner, la guitare aujourd’hui estimée entre $90 000 et $100 000, a récemment été mise aux enchères chez Julien’s Auctions, sans toutefois trouver preneur. Pour le moment…
La désignation ″ Hollow Body ″ s’applique à des guitares à corps creux. Les premiers modèles sont fabriqués dès 1930 afin de répondre aux exigences des musiciens de jazz qui ont besoin d’un volume sonore important. Au cours des 70’s, après maintes évolutions techniques, c’est la la Gibson ES-335 qui marque à jamais les esprits, grâce notamment à Chuck Berry ou Alvin Lee. D’autres marques ont occupé, avec plus ou moins de succès et de bonheur, le créneau de la ″Hollow Body″. Parmi elles, Epiphone et Gretsch bien sûr, mais aussi Hofner ou Ibanez et bien d’autres. Depuis 2001 la société canadienne Eastwood Guitars a investi le marché en proposant des fac-similés de guitares électriques ″Vintage″. Ces guitares, fabriquées en Corée du Sud, sont vendues sous les marques Eastwood et Airline. Aujourd’hui et via un financement participatif, Eastwood a décidé de rendre hommage à Jack White en sortant la ″Crestwood Astral II″, une copie de l’instrument que l’on peut entendre sur les premiers enregistrements des White Stripes, bien avant que Jack ne tombe amoureux de sa Airline fabriquée à l’époque aux USA par Valco et aujourd’hui également répliquée par Eastwood qui en a acquis les droits. Plus d’infos: Eastwood Custom Shop.
Prince! Instruments, tenue et objets ayant appartenu à l’artiste décédé en avril 2016, ont été mis aux enchères le 18 mai. Une des guitare du ″ Love Symbol ″ à fait exploser une estimation à hauteur de 60 000$. En 1989, cet instrument au design conçu par l’artiste, a été fabriquée sur mesure à Minneapolis par Barry Haugen & David Rusan pour le compte de Knut-Koupee Enterprises. La Yellow Cloud Guitar a été adjugée pour la modique somme de 225 000 dollars.
Le fabricant des légendaires guitares électriques Gibson vient de déposer le bilan. L’entreprise était en difficulté financière depuis quelques temps déjà et faisait depuis peu face à une échéance de dette de 375 millions de dollars d’obligations à rembourser ou à refinancer. Il apparaît que c’est principalement la tentative de diversification de la firme US dans les systèmes audio grand public (Philips) qui soit à l’origine de cette débâcle financière. Le groupe a finalement décidé de fermer se département pour se concentrer sur les instruments de musique et les systèmes de sonorisation professionnels. Gibson Brands, maison mère de l’activité guitares, est parvenue à un accord de restructuration avec la majorité des détenteurs des obligations en obtenant de la part de ses créanciers une nouvelle ligne de crédit de 135 millions de dollars. Le début de la fin? Henry Juszkiewicz, le patron de la marque se veut rassurant: ″ce processus sera pratiquement invisible pour les clients, qui pourront continuer à bénéficier de produits et d’un service client sans égal″. Source: Les Echos.
″La musique est partout, y compris dans la rue. Quand ombre et lumière s’expriment en un jeu inattendu, seul un œil exercé et attentif peut détecter la présence évocatrice et silencieuse d’un accord parfait et éphémère″. [Marcel Destroy, musicologue alambiqué].
Après Clapton et avant Page, Beck fut le deuxième guitariste vedette des Yardbirds. Il excelle déjà en technique et rapidité et apporte au swing du groupe une touche de psychédélisme teinté de Rhythm & Blues (Shape of things, Over under sideways down). Caractériel, individualiste, éternel insatisfait et déjà avide d’effets et de sons nouveaux, il quitte la basse cour au bout de 18 mois et fonde le Jeff Beck Group avec au chant un Rod Stewart pas encore connu mais déjà dépeigné. Deux albums, Truth et Beck Ola, viennent poser les fondements d’un genre qui fera les riches heures d’un Jimmy Page aux commande du dirigeable. En 70, Rod Stewart et Ron Wood partent fonder The Faces. Beck s’investit alors dans ce qui aurait pu être le meilleur power trio de tous les temps en débauchant de Vanilla Fudge le duo rythmique absolu: Tim Boggert à la basse et Carmine Appice aux drums. Quelques dissensions émanant de fortes personnalités et surtout un grave accident de voiture mettent fin à l’aventure après un seul album studio de Beck Boggert Appice. Le milieu des 70’s marque le retour de Beck avec cette fois un Jazz Fusion et un funk enjoué on ne peut plus personnels, bourrés de mélodies cinglantes, de distorsions rugissantes, d’effets novateurs, le tout drivé par une technique phénoménale. Du grand Jeff, comme en témoignent les instrumentaux Blow by Blow en 75 et Wired en 76. ″ Il y avait des centaines de guitaristes faisant hurler leurs Les Paul, il fallait bien que j’essaie autre chose ″ déclare t’il dans une interview à Rolling stone! Le reste de la carrière de ce surdoué de la 6 cordes se résume en collaborations diverses (Roger Waters, Brian Wilson), tributes (Gene Vincent & Cliff Gallup) hommages (Les Paul) et giggs avec des invités triés sur le volet (Imelda May, Joss Stone…). Quand il ne s’enferme pas dans son garage, le nez et les mains plongées sous le capot de ses voitures de collection, Jeff Beck tourne et enregistre aussi! Il a récemment célébré ses 50 ans de carrière à l’ Hollywood Bowl en compagnie de Billy Gibbons, Buddy Guy, Jimmy Hall, Jan Hammer, Beth Hart et Steven Tyler. Figurent au répertoire de l’événement des titres de l’époque Yardbirds et des extraits du dynamitesque Loud Hailer, album de 2016 annonciateur d’un retour partiel à un Heavy Rock féroce et classieux pour lequel il convient de noter la performance exceptionnelle de Rosie Bones au chant. Non Jeff t’es pas tout seul!
Physiquement ravagé par des excès divers et variés, le guitariste des Stones n’a même pas eu besoin de passer par la cage maquillage pour tenir le rôle de Teague Sparrow, le père du Pirate des Caraïbes. Tellement marqué par les saccages du temps, le créateur de Satisfaction est désormais incapable de prendre un solo. Keith Richards est atteint d’une telle arthrose des doigts qu’il passe la plupart de ses concerts à prendre les vieilles poses de flibustier psychopathe en triturant le moins possible ses guitares. ″ Keef Riff ″ laisse le boulot à Ron Wood, pièce rapportée depuis 1976 et qui ressemble désormais à un pivert empaillé fignolé à la chevrotine. La légende, elle, reste inaltérable et pour l’heure la notoriété de la star la plus élégamment délabrée du rock’n’roll est intacte. Comme par miracle il devient impossible d’oublier que de ces doigts aujourd’hui difformes sont nés un nombre inépuisable de riffs monstres : Jumpin’ Jack Flash, Honky Tonk Women, Gimme Shelter, Bitch ouBrown Sugar.
La guitare a allumé le feu du Rock dans les années cinquante et s’est rapidement imposée en tant qu’arme absolue de la révolution musicale qui allait bouleverser le paysage sonore des 60’s et des 70’s. Aujourd’hui les chiffres sont sans appel. En 10 ans, le nombre de guitares électriques vendues aux États Unis est passé de 1,5 millions à moins d’un million d’instruments par an. Il n’y a jamais eu autant de fabricants dans l’histoire de la 6 cordes mais paradoxalement la demande est en baisse constante. Les fabricants sont aux abois, les leaders Fender et Gibson croulent sous les dettes et pour tenir le coup PRS est en train de licencier. Au delà des aspects purement financiers liés aux stratégies commerciales des uns et des autres, force est de constater que le phénomène est assujetti à une mutation profonde quant aux données sociétales et culturelles. A l’évidence c’est tout un pan de la musique américaine qui est en train de s’effondrer. La faute à qui, à cause de quoi? Les virtuoses d’ hier sont morts et les Clapton, Page, Townsend et consorts trop âgés pour inspirer une jeune génération qui consomme ou fait de la musique électronique. ″What we need is guitar heroes″ dit George Gruhn, vendeur d’instruments, auteur et surtout, expert mondial incontesté de la guitare. Sources et info: Washington Post > The death of the electric guitar.
Nick Pourfard voue une passion profonde pour la musique en général, la guitare en particulier et le skateboard. A 24 ans, cet étudiant en design industriel et menuisier autodidacte a trouvé le moyen de réunir en un seul projet tout ce qui donne du sens à sa vie. A la tête d’une entreprise basée à San Francisco il passe désormais une bonne partie de son temps à réaliser des guitares à partir de skates endommagés qu’il récupère çà et là. Tous les instruments qui sortent de Prisma Guitars sont entièrement fabriqués à la main à partir de planches collées, compressées, découpées et usinées. Le résultat est étonnant. Les traces d’usure et les couleurs multiples font que chaque guitare est unique. Même si Nick compte déjà Steve Harris (le bassiste de Iron Maiden) parmi ses clients, sa production reste abordable. Selon les modèles il faut débourser entre 1000 et 3000 dollars pour jouer du board.
Tout concourt à le prouver! De son genre grammatical jusqu’à ses courbes harmonieuses et ses hanches charnues, la guitare fait partie de l’espèce féminine; n’en déplaise à certains besogneux du manche qui la considèrent en tant que prolongement de leur entrejambe. Comme toutes les femmes – enfin non, la plupart -, la guitare ne se laisse pas apprivoiser facilement. Pour l’avoir en main Hendrix faisait gémir la sienne, Pete Townshend lui, la tabassait. D’autres lui donnaient des petits noms. Lucille pour B.B. King, Billie pour Joe Perry.
Mi la ré sol si mi, c’est la règle. Un accord tacite qu’il faut respecter sous peine de dissonance. Et comme disait Bobby Lapointe dans son cours de guitare sommaire, ″ Le Sol c’est cette corde là et le La cette corde ci ″. En tout cas Mesdames méfiez vous quand votre copain, compagnon ou conjoint vous dit : Demain je me mets à la guitare! C’est une redoutable maîtresse!