Black Crowes – Happiness Bastards

 

15 ans! Certains n’y croyaient plus, d’autres les attendaient avec impatience. Si l’on fait abstraction de Croweology (une espèce de best of revisité) en 2010 et de Wiser for the Time (un double live de la tournée 2010), The Black Crowes n’avaient rien produit depuis l’excellent Before the Frost/Until the Freeze paru en 2009. Tout ceci à cause de difficultés relationnelles suivies d’un clash entre les frères Robinson. 15 ans d’attente pour pouvoir savourer ce Happiness Bastards, premier véritable album annonciateur d’un nouveau départ pour Chris et Rich Robinson. Pour ce neuvième opus studio, les américains jouent la carte de l’efficacité avec dix titres totalisant une quarantaine de minutes de classic rock qu’ils maitrisent parfaitement. Démarrage en trombe avec Bedside Manners et Wanting and Waiting, puissance au groove imparable et aux guitares entêtantes qui deviennent sublimes sur Rats and Clowns. Des cuivres et des chœurs pour un Dirty Cold Sun aux accents soul. De la slide et de l’harmonica pour un Bleed It Dry qui s’impose en tant que joyaux heavy blues. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Flesh Wound énergique, simpliste mais tellement mélodieux et efficace. Seule exception à la règle, Wilted Rose, une ballade sur laquelle la chanteuse country Lainey Wilson vient poser sa voix. Happiness Bastards est un album couillu qui mérite que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour accompagner la fratrie Robinson dans leur processus de réconciliation créative.

Patrick BETAILLE, mars 2024

Rock Anthology – 1974

 

Putain 50 ans! Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Pink Floyd, Led Zeppelin,  Aerosmith, Alice Cooper et d’autres inspirent parfois encore – et heureusement – de nombreux groupes contemporains. En 1974 Supertramp commettait le Crime du siècle, Rory Gallagher nous embarquait dans son Tour d’ Irlande, Deep Purple Brûlait et pour les Stones c’était Only Rock’n’roll.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore une Aya Nakamura autotunée et bistourisée de la tête aux pieds.

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup dans ce millésime, et des bons en plus: Aerosmith: Get Your Wings – Bad Company: Bad Company – David Bowie: Diamond Dogs – Eric Clapton: 461 Ocean Boulevard – Genesis: The Lamb Lies Down On Broadway – Lynyrd Skynyrd – Second Helping, Humble Pie, Judas Priest, Kiss, Queen, Roxy Music, Thin Lizzy, Yes, Tom Waits, etc. Le bon temps quoi!

Patrick BETAILLE, février 2024

 

La Discothèque Idéale 2023

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, Janvier 2024

The Struts – Pretty Vicious

 

Depuis sa formation en 2012, ce groupe britannique a su se tailler une solide réputation, nourrie de 2014 à 2020 par  trois albums aux influences sérieusement seventies et entretenue en 2017 et 2018 par de nombreux concerts. The Struts ont d’ailleurs eu l’occasion de faire les premières parties des Who, de Guns N’ Roses, de Mötley Crüe et des Foo Fighters dont le leader Dave Grohl a eu l’occasion de déclarer:  ″ The Struts sont le meilleur groupe qui a ouvert pour nous ″. Pas trop étonnant. Heavy rock parfois teinté de glam ou de pop. Gros son, riffs calibrés, concision, sens de la mélodie et spontanéité flamboyante donnent au quatuor l’occasion d’offrir à son auditoire quelques instants jubilatoires jusqu’alors chasse gardée de Slade et Aerosmith. The Struts ont du style et ils le prouvent avec ce Pretty Vicious énergique, efficace et accrocheur. À l’écoute des onze titres, les plaisirs varient sans jamais tomber dans la caricature et le mauvais goût. Tout pour le rock et rien que pour le plaisir. 

Patrick BETAILLE, novembre 2023

Julien’s Auctions – Rock aux Enchères

Source Image: juliensauctions.com

 

La maison Julien’s Auctions organise une vente aux enchères exceptionnelle autour des légendes du rock : le bus à impériale de la tournée 1972 de Paul McCartney, la Chevrolet Corvette des Guns’ N’ Roses, une robe de Dolly Patton un manuscrit des Sex Pistols, un JukeBox et plusieurs guitares. Celles ayant appartenu à Franck Zappa, Eddie Van Halen, Kirk Hammett, Kurt Cobain et même ″ The Fool ″, la célèbre Gibson SG customisée qu’ Eric Clapton utilisait pendant la période Cream. Les enchères se dérouleront au Hard Rock Café de Nashville du 16 au 18 novembre. Une partie des recettes de la vente des guitares iront à l’association Kicking the Sitgma, qui lutte contre les problèmes de santé mentale. Source et Infos: Le Figaro Culture.

Patrick BETAILLE, octobre 2023

Alice Cooper – Road

 

La route Vincent Damon Furnier connaît. Depuis plus de 50 ans il bouffe du kilomètre aux commande de son grand rock’n’roll barnum. Pas étonnant donc qu’ Alice Cooper veuille évoquer un mode de vie consacré pour une grande part à ses errances internationales. Pour ce, le 29 ème album studio du roi des constrictors a été enregistré dans des conditions live et sans overdubs; c’est lui qui le dit et la production du fidèle Bob Ezrin semble le confirmer. Histoire de pimenter la sauce, Cooper a fait appel aux guitaristes Nita Strauss, Ryan Roxie, Tommy Henriksen et Tom Morello, au bassiste Chuck Garric et au batteur Glen Sobel. Une belle façon de rendre hommage, en les impliquant, aux compagnons de route qui partagent la scène avec lui. ″ Pour Road, je voulais que le groupe soit impliqué dans l’élaboration de toutes les chansons. Je ne vois ces gars que lorsque nous sommes sur scène. Donc, je voulais qu’ils soient aussi impliqués qu’ils le sont en concert. Quand vous avez un groupe aussi bon, je crois qu’il faut le montrer ″. Le résultat est là. Road envoie du lourd, de la virtuosité et témoigne d’une passion et d’un enthousiasme débridé qui tendent à prouver que l’éminence du classic rock n’a pas encore l’intention de prendre sa retraite. L’album tient admirablement la route et s’achève sur une reprise réussie du Magic Bus des Who au cours duquel, le temps d’un solo, Glen Sobel essaie de se faire passer pour Keith Moon. Seule ombre au tableau, Baby Please Don’t Go, une ballade sirupeuse qui vient casser le rythme et l’ambiance de ces 48 minutes d’énergie brute au cours desquelles les guitares virevoltent. Mais bon, on pardonne, c’est pas la première fois que l’on nous fait le coup. Pour oublier cet écart il suffit de s’attarder sur un White Line Frankenstein dans lequel Tom Morello se montre sous son meilleur jour.

Tracklist: 1. I’m Alice – 2. Welcome To The Show – 3. All Over The World – 4. Dead Don’t Dance – 5. Go Away – 6. White Line Frankenstein – 7. Big Boots – 8. Rules Of The Road – 9. The Big Goodbye – 10. Road Rats Forever. 11. Baby Please Don’t Go – 12. 100 More Miles – 13. Magic Bus.

Patrick BETAILLE, août 2023

The Hives – The Death of Randy Fitzsimmons

 

Une petite explication nécessaire quant au titre du dernier albums de The Hives. Depuis bien longtemps tous les membres du groupe suédois prétendent auprès de qui veut l’entendre que toutes leurs compositions sont le fait d’un seul et même individu, un certain Randy Fitzsimmons. Le visuel et le titre du sixième opus du gang aquavité semble donc annoncer la mise en bière de ce mystérieux personnage. Énième coup de com? Je vous laisse mener l’enquête, moi j’ai pas le temps, je suis encore très occupé par l’hypothétique mort de McCartney.

Ceci étant, ce nouvel opus dont les 12 titres sont signés The Hives, est une excellente surprise. Après10 ans d’absence discographique, quel bonheur de constater que le quintet est lui bien vivant et que la magie opère toujours. Mode On/Off, pied au plancher, pas de temps à perdre et, pour le prouver, une grande claque avec guère plus de 30 minutes de délires soniques. Seuls Bogus Operandi et What Did I Ever Do to You? dépassent les 3 minutes, les autres salves oscillant autour des 120 secondes, sauf pour Trapdoor Solution et Step Out of the Way qui plafonnent à peine au dessus de la minute.

Musicalement, The Death of Randy Fitzsimmons sonne remarquablement pour un groupe qui a (déjà?) 30 ans de carrière derrière lui et qui nous offre un mélange frénétique de savoir-faire, de spontanéité, d’expérience, d’énergie et surtout d’excitation qui tend à prouver que ″ rock’ n’ roll is still alive and well ″ et que ″ punk is not dead ″. Punks ou rockers The Hives? Je vous laisse réfléchir. moi j’ai pas le temps, je suis très occupé par la maîtrise d’une soudaine turgescence.

Patrick BETAILLE, août 2023

Daddy Long Legs – Street Sermons

 

Trois mecs de la Big Apple pratiquant une espèce de punk-blues déjanté. Originaire du Missouri, Brian Hurd prêche et exhorte ses deux enfants de chœur qui assurent rythmiquement l’essentiel avec efficacité. Le trio Daddy Long Legs s’approprie le rock, le blues, le stomp et la country, secoue le tout pour se livrer à joyeux un chahut old school à l’énergie jouissive. Avec ses 12 homélies ce Street Sermons est étonnant, c’est le moins que l’on puisse dire. Ça sent la bière tiède et la sueur, c’est tendu comme un string et les inflexions du prédicateur harmoniciste font la part belle à la puissance et au feeling. Pour des sermons comme Be a Fool Once, Harmonica Razor ou Rockin’ my Boogie, je suis prêt à aller à la messe tous les jours. De fortes chances d’ailleurs que j’y croise Dr. Feelgood, Nine Below Zero et même le Reverend Horton Heat… 

Patrick BETAILLE, mars 2023

 

 

Forbes – Le Rock à l’heure des Comptes

 

Selon le classement annuel publié par le magazine américain Forbes, 1,3 milliard de dollars c’est la somme générée l’an dernier par les 10 créateurs et musiciens les mieux rémunérés en 2022, . Un top 10 dans lequel se côtoient groupes de rock, acteurs, réalisateurs ou scénaristes et dont la première place revient à Peter Jackson, réalisateur du Seigneur des Anneaux et de Get Back, le documentaire consacré au Beatles.

Honneur cette année aux musiciens et notamment à quelques légendes du rock, puisque le podium accueille sur ses deux premières marches Genesis et Sting. Les Rolling Stones, quant à eux, ont atteint la septième place.

Genesis: 230 M$. Le groupe de Phil Collins a bouclé l’an dernier sa tournée d’adieu, The Last Domino Tour, riche d’une cinquantaine de dates en Amérique du Nord et en Europe. Mais la fortune amassée en 2022 est principalement liée à la vente, en septembre dernier, de son catalogue pour la somme de 300 millions de dollars.

Sting: 210 M$. Même tabac pour l’ex policeman qui poursuit sa tournée mondiale Sting My Song Tour. Il également récolté 300 millions de dollars pour la vente de son catalogue à Universal Music.

The Rolling Stones: 98 M$. Septième et honorable place de ce classement pour les increvables Stones. Sans avoir fourgué leur répertoire ils peuvent s’enorgueillir d’avoir engranger près de 100 millions de dollars l’an dernier, à l’ancienne. La  tournée Sixty Tour marquant les 60 ans du groupe, a rapporté en moyenne 8,5 millions de dollars par concert.

Money! You get a good job with more pay and you’re okay. Du fric ! Tu as un bon boulot avec un salaire énorme et tout va bien″ [Roger Waters – Money: extrait]

Patrick BETAILLE, février 2023

Rock Anthology – 1973

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Pink Floyd, Led Zeppelin,  Aerosmith, Alice Cooper et d’autres inspirent parfois encore – et heureusement – de nombreux groupes contemporains. Dark Side of the Moon reste l’un des albums les plus vendus au monde, Alice Cooper brasse des billions et veut être élu et un dirigeable se pose sur la Chaussée des Géants.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore une Aya Nakamura autotunée jusqu’au cul et aux nibards.

1973: Janvier – Deep Purple: Who Do We Think We Are • Février – Iggy Pop & The Stooges: Raw Power. • Mars – Byrds: Byrds. Beck Bogert Appice: BBA • Avril – David Bowie: Aladin Sane. Eagles: Desperado • Mai – Mike Oldfield: Tubular bells • Juillet – Mott The Hopple: Mott – New York Dolls: new York Dolls • Octobre – Lou Reed: Berlin • Novembre – Roxy Music: Stranded. Ringo Starr: Ringo • Décembre – Wings: Band on the Run

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Caravan, John Cale, Tom Waits, Cat Stevens, Elliott Murphy, Procol Harum, Graham Nash, John Lennon, Billy Joel, Stevie Wonder, Genesis, Black Sabbath, Lynyrd Skynyrd, Wailers, Queen, Who, King Crimson, Bruce Springsteen, Stones, etc..!

Patrick BETAILLE, février 2023