Rock Anthology – 1973

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Pink Floyd, Led Zeppelin,  Aerosmith, Alice Cooper et d’autres inspirent parfois encore – et heureusement – de nombreux groupes contemporains. Dark Side of the Moon reste l’un des albums les plus vendus au monde, Alice Cooper brasse des billions et veut être élu et un dirigeable se pose sur la Chaussée des Géants.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore une Aya Nakamura autotunée jusqu’au cul et aux nibards.

1973: Janvier – Deep Purple: Who Do We Think We Are • Février – Iggy Pop & The Stooges: Raw Power. • Mars – Byrds: Byrds. Beck Bogert Appice: BBA • Avril – David Bowie: Aladin Sane. Eagles: Desperado • Mai – Mike Oldfield: Tubular bells • Juillet – Mott The Hopple: Mott – New York Dolls: new York Dolls • Octobre – Lou Reed: Berlin • Novembre – Roxy Music: Stranded. Ringo Starr: Ringo • Décembre – Wings: Band on the Run

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Caravan, John Cale, Tom Waits, Cat Stevens, Elliott Murphy, Procol Harum, Graham Nash, John Lennon, Billy Joel, Stevie Wonder, Genesis, Black Sabbath, Lynyrd Skynyrd, Wailers, Queen, Who, King Crimson, Bruce Springsteen, Stones, etc..!

Patrick BETAILLE, février 2023

 

La Discothèque Idéale 2022

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″La musique c’est comme la vie, ça se respire″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, Janvier 2023

Jimmy Hall – Ready Now

 

Surtout ne pas se poser la question du pourquoi Joe Bonamassa vient d’intégrer Jimmy Hall au catalogue de son récent label. D’une, question talents, Joe en connaît un rayon. De deux, le Jimmy en question n’est pas un perdreau de la veille avec à son actif une bonne dizaines d’alboumes de haute tenue avec Wet Wiilie, célèbre groupe de Southern Rock d’Alabama. Avant d’entamer en 1980 une carrière solo à la production discographique recommandable, le chanteur, saxophoniste et harmoniciste américain a également collaboré étroitement avec Hank Williams, Jr et surtout Jeff Beck. Si ça c’est pas une preuve! Depuis son dernier album – Build Your Own Fire – paru en 2007, Jimmy Hall n’avait rien produit et une signature récente chez KTBA Records est donc une bonne nouvelle. Pour Ready Now le chanteur est accompagné de quelques pointures de la six cordes. On y retrouve Josh Smith incisif (Girl’s Got Sugar), Warren Hayes redoutable à la slide (Ready Now), Jared James Nichols inspiré (Without Your Love) et Joe Bonamassa qui co-signe 5 titres en livrant quelques solos au feeling incontestable (Risin’ Up). Brillant tant vocalement qu’avec son harmonica, Jimmy Hall est aussi à l’aise aise sur du blues classique, du boogie que du southern rock. Ce disque est un vrai régal et son contenu classieux fera vite oublier un contenant qui pique bien les yeux.

 

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Shaka Ponk – Final Fucked Up Tour!

Après vingt ans d’existence, Shaka Ponk annonce mettre fin à son parcours musical. Il ne s’agit pas d’une rupture pour cause de mésententes diverses nuisant traditionnellement à la longévité des groupes, mais plutôt d’une prise de conscience. Les membres de la formation ne vont pas réellement se séparer mais se consacrer à d’autres activités. Frah et Samaha, les deux piliers, vont continuer à œuvrer pour la cause écologique. ″Grâce au public, Shaka Ponk est devenu notre vie, et cette vie nous a nourris″, écrivent-ils. ″Nous voulons maintenant la nourrir en retour et nous investir pleinement dans le développement de projets tels que The Freaks (NDLR – collectif d’artistes et de personnalités qu’ils ont fondé pour lutter contre la surconsommation, la pollution, le réchauffement climatique et protéger la biodiversité) dans lequel nous nous sentons à notre place, utiles et en phase avec les enjeux de notre époque : vivre et agir pour le vivant″.

La fin de l’aventure sera marquée par la parution en 2023 d’un septième et dernier album studio et par The Final Fucked Up Tour, une quarantaine de dates prévues d’octobre 2023 à mars 2024. les places sont déjà disponibles ICI!

Patrick BETAILLE, octobre 2022

Nine Eleven – Les Interdits du Rock

 

Le 11 septembre 2001. Les attentats ayant entrainé la destruction du World Trade Center, ont été l’un des jours les plus tragiques de l’histoire de l’humanité.
Même si images, débats, polémiques diverses et variées sur fond de théories parfois complotistes ont peu à peu cédé la place à une routine quotidienne salvatrice, personne n’a oublié ce qui s’est passé ce jour-là.

Trois jours après la catastrophe, la société Clear Channel Communications fait parvenir à plus de 1100 radios nationales une liste de chansons dont la diffusion est jugée inappropriée compte tenu du contexte. Ainsi, ce listing comprenait des titres qui, de près ou de loin, faisaient référence à la violence, la guerre, les armes, la mort mais aussi aux avions, aux collisions et au… ciel.
Plus de 160 chansons se retrouvent bannies du jour au lendemain, souvent de manière absurde et sous couvert de prétextes aberrants, farfelus ou illogiques. Ainsi, d’après Clear Channel, What a Wonderful World de Louis Armstrong se retrouve censurée car trop joyeuse par rapport au désastre (Si, si!). Walk like an Egyptian des Bangles, interdite car son titre fait référence à un pays du  Moyen-Orient.
Bien évidemment, certains groupes à la réputation déjà sulfureuse n’échappent pas à la vindicte moraliste. AC/DC et ses  Shot Down in Flames, Shoot to Thrill, Highway to Hell, TNT et Hell’s Bells. Knockin’ on Heaven’s Door par Bob Dylan et Guns’ N’ Roses, Rock the Casbah des Clash, Stairway to Heaven de Led Zeppelin ou encore Jump de Van Halen. Quant à Rage Against the Machine, c’est tout le répertoire du groupe qui est condamné car globalement trop critique vis à vis de la société américaine. 

Prémonition? Live Scenes from New-York,  le triple album live de Dream Theater, sort le jour même des attentats. Sur la pochette, une pomme en feu ceinte de barbelés. En arrière plan, Manhattan,  ses Twin Towers et sa statue de la Liberté. Le disque est aussitôt retiré de la vente pour être réédité. Le logo du groupe viendra remplacer la Big Apple embrasée.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

 

Kyès – La Noblesse du Rock

© Kyès: Jimi Hendrix – Kurt Kobain – Mick Jagger

 

Peintre autodidacte et passionné de pop culture, l’artiste français Kyès exploite un créneau on ne peut plus original. Dans ses œuvres, il met en scène certaines des figures les plus célèbres de la musique populaire. Il y a bien sûr des portraits de superstars comme Madonna, Rihanna, Mick Jagger, Jimi Hendrix, etc, mais aussi des acteurs ou comédiens connus ou moins connus. Le résultat est techniquement vraiment étonnant. Aussi étonnant que l’idée de base qui consiste à représenter ces visages si familiers en les peignant dans des costumes et décors des temps jadis. Un belle occasion de rendre hommage aux rois et reines, aux princes et princesses du paysage musical, y compris français. Pour en voir plus, rendez-vous sur Instagram: Kyesone.

Patrick BETAILLE, juillet 2022

Ann Powers – Good Booty

 

Comment, au fil des époques, la musique populaire et la danse ont-elles influencé la sexualité, les rapports de genre et de race dans la culture américaine ?

Bonne question à laquelle Ann Powers répond dans ce passionnant pavé de 400 pages. ″L’auteure retrace l’histoire de la musique populaire américaine. Gospel, jazz, blues, rock’n roll, disco, punk, rap et leurs innombrables ramifications sont détaillés par son regard engagé, iconoclaste et fécond. On assiste aux souffrances, aux voluptés et aux frustrations d’une nation pour qui le métissage a toujours été à la fois essentiel et problématique. Et pour qui la danse fut un des plus sûrs moyens que le corps exulte. Good Booty nous fait remuer le cerveau, les sens et les hanches″ (4ème de couv).

Des exaltations religieuses du début du XXe siècle aux syncopes du R’n’B le plus aguicheur, Ann Powers traverse 150 années d’histoire de la musique américaine avec en toile de fond les dérives de l’évolution des mœurs d’une société en dérive. C’est dans ce contexte que la journaliste dresse les portraits des figures de proue de la scène musicale des années 50 à nos jours. Elvis, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Bowie, Alice Cooper et d’autres se présentent sous un nouveau jour ou du moins sous un angle qui nous permet de comprendre le pourquoi du comment de leurs influences, de leurs aspirations, de leurs attitudes et des conséquences de leurs choix, à la ville comme à la scène. Janis Joplin, Madona, Lady gaga, musiciennes, féministes, actrices mais aussi groupies et lolitas occupent également une place de choix en tant qu’influenceuses ou victimes des excès d’un microcosme dominé par une masculinité parfois amenée à assumer son homosexualité en s’accaparant les dérives de la communauté gay et du glam et du disco.  

Très bien écrit, rythmé et admirablement structuré, Good Booty (NDLR: Traduire par ″beau cul″) relève de la prouesse documentaire à connotation historique. L’on comprend désormais comment les danses et transes africaines ont posé les premiers pavés sur le chemin de la musique populaire et l’on découvre aussi l’influence que la sexualité peut avoir sur un courant musical et sur toute une génération. Et inversement.

Traduit par Rémi Boiteux, toujours disponible, Good Booty a été publié fin 2019 par Le Castor Astral.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Rock Anthology – 1972

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Des influences telles que Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin et d’autres se font parfois encore – et heureusement – sentir chez de nombreux groupes contemporains. Smoke on the Water fait toujours partie des morceaux sur lesquels la plupart des guitaristes débutants se font saigner les doigts, Alice Cooper libère encore les foules en faisant retentir la sonnerie de Shool’s Out et le Made in Japan de Deep Purple reste au panthéon des meilleurs albums live de tous les temps.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire.

1972: Janvier – Blue Öyster Cult: Blue Öyster Cult • Mars – Jethro Tull: Thick As a brick. Deep Purple: Machine head • Avril – Wishbone Ash: Argus • Mai – The Rolling Stones: Exile on main St. • Juin – David Bowie: Ziggy Stardust. The Roxy Music: Roxy Music. Alice Cooper: School’s Out • Septembre – Yes: Close to the Edge. Black Sabbath: Vol.4. • Novembre – Lou Reed: Transformer. • Décembre – Deep Purple: Made in Japan

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Neil Young, Dr. John, Tim Buckley, Pink Floyd, Genesis, Randy Newman, Status Quo, Scorpions ou Slade; mais tous sont dans la Playlist.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Éloquence et Désaveu du Cover Art: In Vinyle Veritas!

Mike Campbell & The Dirty Knobs – External Combustion

 

En 2001, l’intention première de Mike Campbell était d’écumer les clubs avec une bande de potes, histoire de s’en payer une tranche en marge des séances studio et des tournées avec son boss et ami Tom Petty. En 2017, la disparition soudaine de Tom change la donne et ce qui n’était qu’un side project se concrétise en 2020 sous la forme d’un premier essai de The Dirty Knobs: Wreckless Abandon. Autre temps, autre mœurs, Mike Campbell revient en 2022 avec la même équipe pour un album enregistré live en studio bourré d’esthétisme.  External Combustion c’est du rock, du shuffle, de la folk, du boogie et de la country, sincères et sans artifices, y compris quand quelques invités de marque (Margo Price et l’ancien Mott The Hopple Ian Hunter) viennent apporter leur contribution ou quand il s’agit de rendre hommage à Brigitte Bardot. Cet album est bien plus qu’une célébration du classic rock ou qu’un clin d’œil aux Heartbreakers. Il s’agit tout simplement d’un magnifique kaléidoscope admirablement joué et bougrement efficace. Quelle classe!

1.Wicked Mind –  2.Brigitte Bardot – 3.Cheap Talk – 4. External Combustion – 5.Dirty Job (feat. Ian Hunter) –  6. State Of Mind (feat. Margo Price) – 7.Lightning Boogie – 8.Rat City – 9.In This Lifetime – 10.It Is Written – 11. Electric Gypsy.

Patrick BETAILLE, mars 2022

 
 

La Fin du Bus Palladium

 

Depuis 1965, bon nombre d’artistes et de groupes ont animé l’un des hauts lieux de la nuit et du rock: Le Bus Palladium. Le projet d’implantation d’un hôtel de luxe au 6 Rue Pierre Fontaine à Pigalle avait déjà été évoqué en 2018 mais aujourd’hui c’est la Covid qui prend le Bus. Une situation financière délicate aggravée par la crise sanitaire ont eu raison de cet endroit mythique parisien qui fermera officiellement ses portes à la mi-mars 2022.  » L’immeuble va être rasé mais il n’est pas impossible que le club soit reconstitué ailleurs et à l’identique… mais il faudra compter 2 ans de travaux minimum  » [Cyril Bodin, directeur artistique].

Patrick BETAILLE, février 2022