Kyès – La Noblesse du Rock

© Kyès: Jimi Hendrix – Kurt Kobain – Mick Jagger

 

Peintre autodidacte et passionné de pop culture, l’artiste français Kyès exploite un créneau on ne peut plus original. Dans ses œuvres, il met en scène certaines des figures les plus célèbres de la musique populaire. Il y a bien sûr des portraits de superstars comme Madonna, Rihanna, Mick Jagger, Jimi Hendrix, etc, mais aussi des acteurs ou comédiens connus ou moins connus. Le résultat est techniquement vraiment étonnant. Aussi étonnant que l’idée de base qui consiste à représenter ces visages si familiers en les peignant dans des costumes et décors des temps jadis. Un belle occasion de rendre hommage aux rois et reines, aux princes et princesses du paysage musical, y compris français. Pour en voir plus, rendez-vous sur Instagram: Kyesone.

Patrick BETAILLE, juillet 2022

Ann Powers – Good Booty

 

Comment, au fil des époques, la musique populaire et la danse ont-elles influencé la sexualité, les rapports de genre et de race dans la culture américaine ?

Bonne question à laquelle Ann Powers répond dans ce passionnant pavé de 400 pages. ″ L’auteure retrace l’histoire de la musique populaire américaine. Gospel, jazz, blues, rock’n roll, disco, punk, rap et leurs innombrables ramifications sont détaillés par son regard engagé, iconoclaste et fécond. On assiste aux souffrances, aux voluptés et aux frustrations d’une nation pour qui le métissage a toujours été à la fois essentiel et problématique. Et pour qui la danse fut un des plus sûrs moyens que le corps exulte. Good Booty nous fait remuer le cerveau, les sens et les hanches ″ (4ème de couv).

Des exaltations religieuses du début du XXe siècle aux syncopes du R’n’B le plus aguicheur, Ann Powers traverse 150 années d’histoire de la musique américaine avec en toile de fond les dérives de l’évolution des mœurs d’une société en dérive. C’est dans ce contexte que la journaliste dresse les portraits des figures de proue de la scène musicale des années 50 à nos jours. Elvis, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Bowie, Alice Cooper et d’autres se présentent sous un nouveau jour ou du moins sous un angle qui nous permet de comprendre le pourquoi du comment de leurs influences, de leurs aspirations, de leurs attitudes et des conséquences de leurs choix, à la ville comme à la scène. Janis Joplin, Madona, Lady gaga, musiciennes, féministes, actrices mais aussi groupies et lolitas occupent également une place de choix en tant qu’influenceuses ou victimes des excès d’un microcosme dominé par une masculinité parfois amenée à assumer son homosexualité en s’accaparant les dérives de la communauté gay et du glam et du disco.  

Très bien écrit, rythmé et admirablement structuré, Good Booty (NDLR: Traduire par ″ beau cul ″) relève de la prouesse documentaire à connotation historique. L’on comprend désormais comment les danses et transes africaines ont posé les premiers pavés sur le chemin de la musique populaire et l’on découvre aussi l’influence que la sexualité peut avoir sur un courant musical et sur toute une génération. Et inversement.

Traduit par Rémi Boiteux, toujours disponible, Good Booty a été publié fin 2019 par Le Castor Astral.

 

Rock Anthology – 1972

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Des influences telles que Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin et d’autres se font parfois encore – et heureusement – sentir chez de nombreux groupes contemporains. Smoke on the Water fait toujours partie des morceaux sur lesquels la plupart des guitaristes débutants se font saigner les doigts, Alice Cooper libère encore les foules en faisant retentir la sonnerie de Shool’s Out et le Made in Japan de Deep Purple reste au panthéon des meilleurs albums live de tous les temps.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire.

1972: Janvier – Blue Öyster Cult: Blue Öyster Cult • Mars – Jethro Tull: Thick As a brick. Deep Purple: Machine head • Avril – Wishbone Ash: Argus • Mai – The Rolling Stones: Exile on main St. • Juin – David Bowie: Ziggy Stardust. The Roxy Music: Roxy Music. Alice Cooper: School’s Out • Septembre – Yes: Close to the Edge. Black Sabbath: Vol.4. • Novembre – Lou Reed: Transformer. • Décembre – Deep Purple: Made in Japan. 

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Neil Young, Dr. John, Tim Buckley, Pink Floyd, Genesis, Randy Newman, Status Quo, Scorpions ou Slade; mais tous sont dans la Playlist.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Éloquence et Désaveu du Cover Art: In Vinyle Veritas!

Mike Campbell & The Dirty Knobs – External Combustion

 

En 2001, l’intention première de Mike Campbell était d’écumer les clubs avec une bande de potes, histoire de s’en payer une tranche en marge des séances studio et des tournées avec son boss et ami Tom Petty. En 2017, la disparition soudaine de Tom change la donne et ce qui n’était qu’un side project se concrétise en 2020 sous la forme d’un premier essai de The Dirty Knobs: Wreckless Abandon. Autre temps, autre mœurs, Mike Campbell revient en 2022 avec la même équipe pour un album enregistré live en studio bourré d’esthétisme.  External Combustion c’est du rock, du shuffle, de la folk, du boogie et de la country, sincères et sans artifices, y compris quand quelques invités de marque (Margo Price et l’ancien Mott The Hopple Ian Hunter) viennent apporter leur contribution ou quand il s’agit de rendre hommage à Brigitte Bardot. Cet album est bien plus qu’une célébration du classic rock ou qu’un clin d’œil aux Heartbreakers. Il s’agit tout simplement d’un magnifique kaléidoscope admirablement joué et bougrement efficace. Quelle classe!

1.Wicked Mind –  2.Brigitte Bardot – 3.Cheap Talk – 4. External Combustion – 5.Dirty Job (feat. Ian Hunter) –  6. State Of Mind (feat. Margo Price) – 7.Lightning Boogie – 8.Rat City – 9.In This Lifetime – 10.It Is Written – 11. Electric Gypsy.

Patrick BETAILLE, mars 2022

 
 

La Fin du Bus Palladium

 

Depuis 1965, bon nombre d’artistes et de groupes ont animé l’un des hauts lieux de la nuit et du rock: Le Bus Palladium. Le projet d’implantation d’un hôtel de luxe au 6 Rue Pierre Fontaine à Pigalle avait déjà été évoqué en 2018 mais aujourd’hui c’est la Covid qui prend le Bus. Une situation financière délicate aggravée par la crise sanitaire ont eu raison de cet endroit mythique parisien qui fermera officiellement ses portes à la mi-mars 2022.  » L’immeuble va être rasé mais il n’est pas impossible que le club soit reconstitué ailleurs et à l’identique… mais il faudra compter 2 ans de travaux minimum  » [Cyril Bodin, directeur artistique].

Patrick BETAILLE, février 2022

We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Time Zero – New World

 

Par définition le ″Time Zero″ désigne le point de départ d’un événement. Le nom dira peut-être aussi quelque chose à ceux qui ont connu la belle aventure des concerts du feu Show Case car c’est sous ce nom que s’y est produit ce groupe palois qui existe depuis 2011. Le quatuor nous livre aujourd’hui 10 compositions personnelles musicalement estampillées Time Zero. Au chant et à la guitare, Dominique Berdery, également auteur des lyrics. Yannick Le Garrérès derrière ses fûts soutient la descendance, en l’occurrence ses fils Raphaël et Yann respectivement guitariste et bassiste. Somme toute une histoire de famille garante d’une osmose générationnelle. Nous avons l’habitude de croire que l’histoire est un éternel recommencement, y compris (surtout?) s’agissant de musique. Chaque époque a droit à sa mouvance musicale qui la questionne. Aujourd’hui, ceux qui remettent en question l’ordre établi finissent par s’y perdre. Pas Time Zero! Autant le dire tout de suite! New World, l’album dont il s’agit, est une excellente surprise qui tend à prouver qu’il est encore possible de révéler de nouvelles esthétiques et de prouver que des approches originales restent accessibles. Pendant près de 40 minutes le plaisir de l’écoute navigue entre pop lumineuse, ambiances rock progressif et envolées punchy. Time Zero franchit le cap difficile du premier album avec une facilité ma foi assez déconcertante. Outre un rôle de chanteur parfaitement maîtrisé, Dominique occupe l’espace de la plus belle des manières en distillant çà et là de brefs (trop?) solos au phrasé expressif mais sans pour autant laisser dans l’ombre les autres musiciens. La rythmique joue son rôle avec une efficacité – ni trop, ni trop peu – qui ne nuit jamais à ces moments au cours desquels les guitares virtuoses font preuve de feeling et d’ingéniosité. Enregistré au studio Les Cerisiers à Toulouse, New World bénéficie en outre d’une production aux petits oignons et des arrangements raffinés de Raphaël qui donnent à l’ensemble corps et cohésion. Le son est vraiment remarquable et sert parfaitement un quatuor à la technique aboutie. C’est Romain Barbot, un graphiste de Toulouse, qui, à partir d’une photo du palois Anthony Batista, a élaboré un artwork qui est loin de laisser indifférent. Bref! De quoi justifier, vous l’aurez compris, la qualité en tous points de cet opus – point de départ d’une nouvelle aventure – auquel il faut vraiment prêter une oreille attentive. Pour toutes infos et contact avec Time Zero c’est Ici et Là. Et pour écouter (Fort!) un extrait de New World: Flowing Down!

 

Spencer Elden – Nevermind?

Montage: © Photo: Elympic Photography

 

Rappel des faits! En 1991, peu avant la sortie du deuxième album de Nirvana, la maison de disque suggère à Kurt Cobain de masquer le zizi du bébé nageur qui illustre la pochette de Nevermind. Cynique et provocateur, Cobain accepte à une seule condition: Que soit apposée au bon endroit une vignette sur laquelle figure la mention ″Si vous êtes choqué, vous devez être un pédophile en puissance″. Évidemment, le staff de Geffen capitule, apportant ainsi un peu plus de crédit à la politique du rien-à-foutre du leader du groupe.

En 2016, Spencer Elden – le bébé en question – déclare lors de la célébration des 25 ans du disque ″Cet anniversaire est important pour moi. C’est à la fois étrange et cool de me dire que cette photo, prise alors que j’avais quatre mois, est devenue une image emblématique pour toute une génération″ [Il s’est même fait tatouer ″Nevermind″ sur la poitrine].

En août 2021, sans doute fort bien conseillé quant à possibilité d’obtenir une compensation juteuse au titre du droit à une image médiatiquement surexploitée, Elden porte plainte pour pornographie infantile et réclame la modique somme de 2 555 000 dollars! Le 3 janvier 2022, le Tribunal de district de Californie classe l’affaire au motif que les avocats n’ont pas répondu à temps aux arguments que lui opposaient les défenseurs des ayants droit de Nirvana. Néanmoins, le juge a donné au plaignant ″une dernière chance de pouvoir modifier sa plainte″. Le circoncis de circonstance a jusqu’au 13 janvier pour entamer une nouvelle démarche. Alors? Replongera, replongera pas? les paris sont ouverts mais… Nevermind!

La censure des vinyles et autres anecdotes dans  le livre:

In Vinyle Veritas – Éloquence et désaveu du Cover Art

Patrick BETAILLE, janvier 2022

la Discothèque Idéale 2021

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Cork – Rory Gallagher Music Festival

 

Rory Gallagher (1948-1995) est né à Ballyshannon, Co. Donegal le 2 mars 1948, et sa famille a déménagé à Cork au début des années 50. Il apprend sur sa première guitare à l’âge de 9 ans. Il joue avec son premier groupe (The Impact) alors qu’il n’a que 13 ans, forme Taste en 1965 et se produit en solo à partir de 1970. En 1972 il est élu Musicien de l’Année par le Melody Maker. Tournées incessantes, 30 millions d’albums vendus, Rory décède à Londres le 14 juin 1995 à l’âge de 47 ans des suites d’un cancer du foie.  Il est enterré au cimetière St Oliver à Carrigrohane, dans le comté de Cork.

À Cork même, une place porte déjà le nom du guitariste irlandais et une sculpture en bronze lui rend hommage. L’œuvre de l’artiste locale et amie de Rory – Geraldine Creedon – représente, d’un côté une guitare, de l’autre, les paroles entrelacées de Jinxed (album Jinx sorti en 1982). En octobre, Shane O’Callaghan, conseiller municipal des lieux, a proposé l’idée d’un Rory Gallagher Music Festival annuel. Un peu à l’instar du Rory Gallagher International Tribute Festival de Ballyshannon qui se déroule tous les ans depuis 2002, la manifestation de Cork aura pour thème principal la célébration sous diverses formes de l’énorme contribution de Rory Gallagher à la musique, mais aussi la promotion de nouveaux talents de la scène locale. Le projet a été approuvé à l’unanimité. Dates et modalités restent à définir pour pouvoir envisager un Irish Tour digne de ce nom!

Patrick BETAILLE, décembre 2021