Bob Gruen – Right Place, Right Moment

© Photos: Bob Gruen

De gauche à droite et de bas en haut:  Rolling Stones, Madison Square Garden, juillet 72 – Led Zeppelin, MSG New York, juin 77 – Aerosmith, Hammersmith Odeon, octobre 76 – The Clash, Boston, février 79.

Bob Gruen est l’un des photographes les plus connus et respectés du rock. De AC/DC à ZZ Top il a capturé la scène musicale pendant plus de quarante ans et produit un nombre incalculable de clichés dont certains ont acquis une renommée mondiale. Photographe personnel de John Lennon et il s’est également spécialisé dans les reportages backstage et a fait de nombreuses tournées avec les groupes punk et new wave émergents, notamment New York Dolls, Sex Pistols, Ramones, Patti Smith Group et Blondie. Il a même joué la charge de cavalerie au clairon en ouverture des concerts de The Clash à l’Hammersmith Odeon. Bob a bien sûr aussi travaillé avec de grands groupes rock tels que Led Zeppelin, The Who, David Bowie, Tina Turner, Elton John, Aerosmith, Kiss et Alice Cooper. Pour Gruen, ″ Le rock and roll, c’est la liberté de s’exprimer bruyamment. Il y a un sentiment d’anarchie lorsque vous vous trouvez au milieu d’une foule de fans enthousiastes, toute l’énergie étant concentrée sur ce qui se passe sur scène. Il est important pour moi de pouvoir capter ça avec mes clichés. Je dois souvent photographier rapidement pour saisir le bon moment, et je n’ai pas forcément le temps de me préoccuper de la mise au point ou d’autres détails techniques. Mais j’aime à penser que même si le sujet n’est pas forcément net, l’émotion, elle, est bien présente ″. Qu’on se le dise, le livre de l’auteur – Right Place, Right Time: The Life of a Rock & Roll Photographer – est actuellement disponible en librairie et ailleurs. Tout est dit et surtout, tout est là: Bob Gruen, Photo Files.

Patrick BETAILLE, novembre 2021

Terry O’Neill’s – Rock’ N’ Roll Album

 

David Bowie, Elton John, Led Zeppelin, Amy Winehouse, The Who, Janis Joplin, AC/DC, Eric Clapton, The Rolling Stones, Bruce Springsteen, The Beatles – pour n’en citer que quelques-uns – font partie des rock stars que le photographe Terry O’Neill (1938 – 2019) a suivies pendant près de quarante ans, sur scène, en studio ou en coulisses. ″ Dans les années 60, avec son appareil il était partout! Il a mis les Rolling Stones à la Une ″ (Keith Richards). 300 pages en 33 x 29 cm de témoignages visuels dont certains ont largement contribué à construire le mythe du rock. Entre 40 et 50 euros, où vous voulez!

Scorpions – Pure Instinct

 

[Extrait]: Kolossal! In Trance en 75, Virgin Killer en 76, Taken by Force en 78, Lovedrive en 79, Animal Magnetism en 80 et Love at First Sting en 84. Scorpions reste sans conteste le groupe pop rock dont les pochettes d’albums ont été les plus controversées et censurées.

Dixit Klaus Meine, le treizième album des hardos teutons était sensé être un paquet de dynamite à mèche courte. En réalité, paru en 1996 et destiné à séduire le plus grand nombre, Pure Instinct n’est qu’un album conçu, formaté et produit en mode MTV à des fins de diffusion radiophonique. Ach! Mauvaise pioche! Globalement l’album est mal reçu par le public qui n’apprécie guère, ni l’orientation musicale, ni la production clinquante des onze titres. Pour ne rien arranger, la censure jette une fois de plus son dévolu sur l’allégorie imaginée par Jo Mirowski. Sur le cliché de Gered Mankowitz, des animaux sauvages contemplent une famille en cage. C’est un rejet catégorique au pays de l’Uncle Sam. À plus forte raison si, derrière les barreaux, les homo sapiens sont exhibés dans leur plus simple appareil. Pour palier à l’incongruité et au cynisme de la situation, le cover art de Pure Instinct sera banni aux USA, remplacé par un montage photo de 4 des 5 membres du groupe (NDLR: il manque le batteur) affichant une fougue hélas absente des compositions.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, septembre 2021

Censure Rock – Back in USSR

 

[Extrait]: Cette liste – qui visait à interdire la diffusion de certains artistes dans les clubs, les discothèques et la radio – a été distribuée aux responsables politique de l’Union Soviétique en janvier 1985, deux mois avant que Mikhaïl Gorbatchev ne soit à la tête du pays. Elle a été établie en 1985 par le Komsomol, l’Union des jeunesses léninistes communistes: ″Liste non-exhaustive des groupes et artistes musicaux étrangers dont les répertoires contiennent des compositions idéologiquement nuisibles″. 38 groupes ou interprètes y sont référencés. En pleine guerre froide et compte tenu du contexte politique et culturel de l’époque, l’on peut à la rigueur faire l’effort d’éventuellement admettre de façon hypothétique la mention d’obscurantisme religieux attribuée à Black Sabbath ou Iron Maiden. De là à croire que Ten CC ou Julio Iglesias (si, si!) sont des suppôts du néofascisme ou que les Village People prônent la violence et Canned Heat l’homosexualité, y’a tout de même un monde! Entre ça et les ricains qui prévenaient des dangers de propos explicites contenus dans des disques totalement instrumentaux (Frank Zappa), je me demande où se situe le pire. En tous cas, les censeurs ne doutent de rien et sont capables de tout, même de nous faire rire. Ou pas! Pour le document original c’est Ici! 

Patrick BETAILLE, juillet 2021


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Rock Anthology – 1971

 

Trois mois se sont écoulés depuis que Janis Joplin, victime d’une overdose en pleine gloire, est partie rejoindre le Club 27. Pourtant, un beau jour, l’exceptionnelle voix de la chanteuse résonne à nouveau. La puissance viscérale de Pearl comble les sillons d’un disque posthume qui, d’emblée, squatte le top des vente. C’est ainsi que, voilà 50 ans, débute l’année 1971 qui s’achèvera par la pendaison de Vincent Damon Furnier et restera l’un des plus riches millésimes de l’histoire de la musique rock.

1971, Janvier – Janis Joplin: Pearl. Mountain: Nantucket Sleighride • Mars – Jethro Tull: Aqualung. Serge Gainsbourg: L’histoire de Melody Nelson • Avril – The Rolling Stones: Sticky Fingers. The Doors : L.A. Woman • Juin – Emerson, Lake And Palmer: Tarkus • Juillet – The Allman Brothers Band: At Fillmore East. Black Sabbath: Master Of Reality • Août – The Who: Who’s Next. Deep Purple: Fireball. Ten Years After: A Space in Time • Septembre – T. Rex: Electric Warrior • Octobre – Pink Floyd: Meddle • Novembre – Led Zeppelin: IV. Alice Cooper: Killer.

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: David Bowie, Leonard Cohen, Funkadelic, J.J. Cale, Kinks, Caravan, Lennon, McCartney, Harrison, Genesis, Yes, Neil Young, Traffic, Moody Blues, Flamin’ Groovies, Jefferson Airplane, James Taylor et tant d’autres… Pas la peine de gueuler, de toutes façons, ici, c’est moi le chef et la playlist je l’assume.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Little Bob Blues Bastards – We Need Hope

 

Oh que oui on a besoin d’espoir! Et Little Bob arrive à point pour nous prouver que tout n’est pas perdu. Il avait juré à sa Mimie, sa femme, sa partenaire, son inspiratrice, qu’il continuerait et il a tenu parole. Après 45 ans de carrière, une flopée de disque et des milliers de concerts, Ti’ Bob le havrais revient pour jeter à la face de l’hexagone son amour de la vie et surtout, celui du rock’n’roll. Si lui a pris quelques rides, ce n’est pas le cas de son enthousiasme et encore moins de sa voix toujours intacte. Il chante le blues et le rock comme jamais et nous replonge au cœur de la grande époque; celle au cours de laquelle il partageait sans compter le déballage de tripes avec les Inmates, les Damned, Bijou, Dr Feelgood et j’en passe. À 76 ans Roberto Piazza n’a toujours pas dit son dernier mot. La passion est toujours là et ses Blues Bastards assurent comme si leur existence en dépendait. Ça bastonne, ça pulse, ça décape et, en ces temps de morosité, ça fait un bien énorme. We Need Hope nous sommes servis. Bien servis avec ces treize titres pleins de générosité énergique!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Vinyls – Le Rock en 1000 morceaux

 

En ces temps difficiles, voici peut être un moyen de se recentrer sur soi ou de s’occuper en tuant quelques heures: Le Puzzle! Mais pas n’importe lequel. Là il s’agit de casse-tête fragmenté aux formes bizarroïdes ayant pour thème le rock en général et les pochettes de disques en particulier. Parmi les nombreux thèmes vous pourrez choisir les albums les plus célèbres, le Classic Rock, les 60’s, les logos des groupes ou encore des thèmes spécifiques comme celui consacré à Deep Purple. En fonction des thèmes, plusieurs formats sont disponibles : 252 pièces, 500 pièces et 1000 pièces pour les plus motivés. Les éléments sont en carton de qualité supérieure imprimés par sublimation pour des couleurs plus vives. N’étant maqué avec aucun site marchand je vous laisse vous débrouiller pour trouver votre bonheur. Il vous suffit de taper ″Rock Albums Puzzle″ sur votre moteur de recherche préféré et le tour est loué. En gros, comptez en entre 27 et 35 euros, selon l’option choisie. Par contre si l’épopée du vinyle au travers du Cover Art vous interpelle, c’est ici que ça se passe: In Vinyle Veritas, le Livre!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Alice Cooper – Detroit Stories

 

Soyons clairs! La première chose à faire en abordant le vingt-septième album de Vincent Damon Furnier c’est de passer outre cette pochette qui n’a de cover art que le nom. Bref! À 73 ans et 52 ans après Pretties for You, son premier album, Alice Cooper revient avec ce Detroit Stories annonciateur d’un retour aux sources sincère et efficace. Aux oubliettes le métal clinquant et les errances granguignolesques! Il y a déjà longtemps que Mr Nice Guy n’a plus 18 ans mais il revient en force avec un rock sans fioritures, comme au bon vieux temps de Love it to Death et de Killer. Pour remonter aux origines, la sorcière androgyne a convoqué le gratin d’une génération qui a écrit les plus belle pages de l’histoire d’une ville industrielle aujourd’hui au bord de l’anéantissement: Detroit-Michigan-USA. Sur cet album on retrouve ainsi les survivants du Alice Cooper Group original – Neal Smith, Michael Bruce, Dennis Dunaway – mais aussi des invités tels que Wayne Kramer de MC5, Mark Farner de Grand Funk Railroad, Steve Hunter et Johnny Badanjek, les musiciens des Detroit Wheels, le groupe formé en son temps par Mitch Rider. Joe Bonamassa fait aussi une apparition sur Rock & Roll, une reprise du classique du The Velvet Underground en ouverture des hostilités! Tout ce beau monde est supervisé et produit par Bob Ezrin qui réalise un mariage parfait entre voix éraillées, rythmiques efficaces, cuivres funky et guitares incisives sur les 15 pépites auxquelles le patron des Hollywood Vampire ne nous avait pas habitué depuis longtemps. Si avec Detroit Stories Alice Cooper joue sa dernière carte c’est tant mieux car là, il (elle?) vient d’abattre un putain d’atout. Vous avez bien l’bonjour de ma sœur Anne!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Cynthia Albritton – L’ empreinte du Rock!

© Cynthia Plaster Caster

 

En 1967, Cynthia Albritton a 20 ans et poursuit ses études à Chicago. Au collège, son professeur d’art demande à la classe de réaliser des moulages en plâtre à partir d’un objet quelconque. La jeune fille a une idée: appliquer la consigne sur des sexes masculins en érection. Avec l’une de ses amies, elle se rend à un concert de Paul Revere and the Raiders et parvient à se faufiler en coulisses. Elle y rencontre Mark Lindsay, le chanteur du groupe, et lui propose d’effectuer un plâtre de son pénis. Celui-ci refuse mais qu’à cela ne tienne! Le projet fait son chemin, Cynthia peaufine sa technique et opte pour une matière utilisée par les dentistes pour réaliser des empreintes dentaires: l’ Alginate. En 1968, elle fait la rencontre de Frank Zappa qui, séduit par l’originalité du concept, parvient à la convaincre de le suivre à Los Angeles, alors paradis de la libération sexuelle, du rock et des groupies qu’elle se met à fréquenter assidument. Jusqu’en 1971, celle que l’on surnomme Plaster Caster et qui ne se déplace jamais sans son kit logé dans un valise, parvient à convaincre de nombreuses figures du milieu musical de se faire mouler le pivot de la joie en bonne et due forme. Parmi ses premiers clients, Jimi Hendrix et Noël Redding. Viendront ensuite Clapton, Eric Burdon, Richard Cole, Wayne Kramer, le manager de MC5, Richard Cole, le tour manager de Led Zeppelin, etc. Au total, une bonne cinquantaine de braquemards congestionnés passeront entre ses mains expertes; du moins jusqu’à ce que le cambriolage de son appartement mette temporairement fin à son activité. Suite à l’incident, Zappa et Albritton décident de mettre les empreintes péniennes en lieu sûr en prévision d’une exposition future. Ils confient donc les œuvres à la garde de Herb Cohen, l’associé de Frank, qui plus tard refusera de restituer les chibres emplâtrés. Plus aucune reproduction ne verra le jour jusqu’en 1981, année au cours de laquelle, après une longue bataille juridique, l’artiste parvient à récupérer la quasi totalité de son capital érectile. Finalement l’exposition a lieu en 2000 et, par la même occasion, sont proposés au public des moulages de poitrines de femmes destinés à soutenir et promouvoir le mouvement en faveur de l’égalité des sexes. En 2005 l’artiste apparait dans un documentaire de la BBC, My Penis and I puis, en 2010, Cynthia ″ Plaster Caster ″ Albritton brigue la mairie de Chicago sous l’étiquette The Hard Party mais perd les érections élections. Dur, dur!