Wilko Johnson – I Keep it for Myself!

Le cancer du pancréas a été diagnostiqué chez Wilko Johnson en 2012. Refusant la chimiothérapie, le guitariste s’exprimait sur le sujet en 2013, lors d’une interview menée par Alex Kapranos:

[Wilko Johnson]: ″We’re all going to die, but generally it’s something in the indefinite future. You don’t consider it. We feel immortal and death is something far, far away. Then suddenly, boom, it’s in front of you. Terminal cancer has made me feel alive and It’s a bloody good feeling being alive. It lifted so much off me!

Nous allons tous mourir, mais généralement c’est quelque chose qui relève d’un futur indéterminé. On n’y pense pas. On se sent immortel et la mort est quelque chose de tellement abstrait. Et puis soudain, boum, elle est là, devant vous. À cause du cancer en phase terminale je me suis senti vivant et c’est tellement bon! Ça m’a soulagé d’un énorme poids!

Patrick BETAILLE, août 2022

 

Patrick Higgins – Wilko Johnson: L’ homme en Noir

Patrick Higgins, l’auteur de″A Shot of Rhythm and Blues: A pictorial essay of Dr. Feelgood & Wilko Johnson″ (disponible) et de Lee Brilleaux, La Légende″ (épuisé) nous propose aujourd’hui un beau témoignage en français consacré à Wilko Johnson, l’emblématique pourvoyeur de riffs de la grande époque du Pub Rock. L’histoire commence en 1983 à Paris au Gibus avec une prestation du stacanoviste de la Telecaster, non pas avec l’équipe du Doctor, mais ce soir là avec son nouveau groupe: Wilko Johnson and the Lew Lewis Band. S’en suivent une cinquantaine de pages consacrées au parcours mouvementé et atypique de Wilko, depuis son enfance jusqu’aux ennuis de santé et une semi-retraite vouée à son autre passion: l’astronomie. Sans tout dévoiler, il est bien sûr question de Dr. Feelgood ou des Solid Senders mais c’est aussi l’occasion de s’attarder sur les collaborations du guitariste – avec notamment et entre autres Ian Dury, Lew Lewis ou encore Roger Daltrey – et de passer en revue les concerts et la discographie complète du compositeur britannique. Témoignages personnels, anecdotes, extraits d’interviews et des photos – pour la plupart celles de l’auteur –  animent ces 48 pages au format 15 x 21 riches d’informations que les fans sauront apprécier. 28€ port compris, c’est le prix de cette belle rencontre avec L’homme en Noir. Les ouvrages sont disponibles en contactant Patrick Higgins à cette adresse: phiggins21091963@gmail.com

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko Johnson

Il y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

Patrick BETAILLE, juillet 2018

Dr. Feelgood – All Through The City (With Wilko 1974-1977)

Wilco Johnson, All through the City 1974-1977C’est un fait! Wilko Johnson a gravé en compagnie de Lee Brilleaux, John B. Sparks et The Big Figure les plus belles pages du pub rock anglais. ″All Through The City″ passe en revue les remèdes prescrits par Dr. Feelgood entre 1974 et 1977. Trois Cd et 1 Dvd compilent les quatre premiers albums de la formation (″Down by the jetty″, ″Malpractice″, ″Sneakin’ suspicion″ et ″Stupidity″), des démos, des inédits dont 3 Live et quelques vingt-deux apparitions télés en 1975.  Véritable témoignage sur une musique ouvrière qui se foutait des modes, du mainstream et de ses conventions. Au total 93 titres portés par une énergie rare symbolisée par la superbe photo en noir et blanc qui illustre l’objet. Pour une fois on ne se fout pas de la gueule du client! Le coffret intègre un livret de 50 pages et surtout, les enregistrements sont remastérisés sans nuire à la fougue, à l’honnêteté et à la vitalité du groupe de Canvey Island. C’est  rare! Bref, un fois conquis, l’amateur pourra ranger ce petit bijou à côté ou pas loin de l’émouvant documentaire de Julien Temple: Oil City Confidential. D’ici là et en attendant, une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, pas vrai Roxette ?!

Patrick BETAILLE, février 2017

Wilko Johnson – Roxette!

Wilko Johnson: Roxette!Cet étrange individu aux allures de clergyman sous amphétamines frappa bien des imaginations quand il déboula avec le Boogie encanaillé de Dr. Feelgood. A l’époque sa grande originalité de jeu consiste essentiellement en une rythmique robotique et des chorus teigneux qui font de lui une sorte de Keith Richard d’un Pub Rock ouvrier qui, de pub en pub et de pinte en pinte parvient à séduire un public de plus en plus conséquent. Sur scène Wilko est omniprésent; gestuelle épileptique, guitare mitraillette, regard halluciné, tout chez lui suinte d’énergie pure. Très inspirée de Mick Green (Johnny Kidd and the Pirates), sa technique faussement simpliste est imparable et sans défaut ; il maîtrise sa Télécaster au point d’assurer rythmique et solos en un jeu unique bougrement efficace qui contribuera à la renommée de Doctor Feelgood jusqu’en 1977. C’est à cette époque, pendant l’enregistrement du 4ème album ″Sneakin’ Suspicion″, qu’il décide de changer de toubib et de se lancer dans l’auto médication avec des résultats hélas plus ou moins probants mais jamais à la hauteur de ce qu’il a composé pour Lee Brilleaux et sa bande. ″Roxette″, ″She does it Right″, ″Back in the night″, ″Goin’ back Home″ et bien d’autres potions sont toujours prescrites aujourd’hui et témoignent, si besoin en était, du talent  incontestable de Wilko Johnson.

Ecouter: Dr Feelgood – ″Down by the jetty″, la première ordonnance du Docteur en 1975. Indispensable! Pas vrai Bubu?!

Voir: ″Oil city confidential″, Dvd documentaire réussi, subtil et émouvant de Julien Temple sur Dr Feelgood 1ère époque.

Patrick BETAILLE, avril 2012