Ana Kasparian – Ceci est mon Corps!

Screenshot Youtube

[Ana Kasparian: Co-animatrice et réalisatrice américaine] : Je me fiche que vous soyez chrétien. Je me fiche de ce que raconte la bible. Être assise ici à essayer de déchiffrer ce que votre livre à a dire sur cette question politique, j’ai l’impression que c’est un spectacle de clowns. Je me fiche que vous soyez chrétien. En fait, je pourrai même me battre pour votre liberté religieuse et la pratique de votre culte. Je n’adhère pas au christianisme et je n’accepte pas que vous me dictiez ma façon de vivre en fonction de votre religion. Je me fous de ce que raconte la bible. Toutes ces femmes adeptes de vos croyances ont le droit de ne pas se faire avorter, de ne pas utiliser de moyens de contraception, mais vous n’avez pas le droit de m’imposer un mode de vie et de décider ce que je dois faire de mon corps. Je me fous de votre putain de religion. J’en ai plus qu’assez de ces débats sans fin sur ce que prétend la bible. Vous vivez votre vie selon votre interprétation de la Bible. Ok, encore une fois je m’en tape, mais vous n’avez pas le droit de brandir la Bible en me disant: dans tel chapitre, dans tel verset la Bible dit ceci ou cela. Je n’y crois pas, et j’ai le droit, en accord avec notre Constitution, de ne pas y croire ″. À voir et écouter (en VO) Ici!

Patrick BETAILLE, juin 2022

The Knack – My Sharona

 

Il s’agit d’abord d’un tempo et d’un riff – reconnaissable entre tous – composé par un certain Berton Averre. My Sharona sort en juin 1979. Le single est extrait de l’album Get The Knack, un premier album fulgurant qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires en moins de deux mois, un record, et restera N°1 au Bilboard 200 pendant 5 semaines. Il s’agit également d’un texte composé par Doug Fieger (chanteur, guitariste et fondateur de The Knack) tombé follement amoureux d’une fille de 17 ans. ″ Dis moi ma belle, quand t’intéresseras tu à moi? Ce n’est qu’une question de temps Sharona! S’agit-il du destin ou est-ce que mon esprit me joue des tours? En tous cas, moi je n’abandonnerai jamais ″. Chaque fois qu’il pensait à Sharona Alperin, Doug avait en tête le riff de son guitariste avec qui il décide de travailler sur la structure et la mélodie de la chanson. Il s’agit donc d’une passion qui finalement débouchera sur une véritable histoire d’amour avec à la clef un hit mémorable. Mademoiselle ira même jusqu’à poser pour la pochette du single. Enfin et surtout, il s’agit d’un titre qui relève du génie. Y’a un truc (Get The Knack)! Simple, efficace, entêtant, ce I can’t get no du début des années 80 n’a pas son pareil pour vous titiller les esgourdes et vous filer des fourmis dans les guiboles. Et quand l’on s’attarde sur le chorus de Berton Averre, une fois acceptée la verticalité des poils de vos avant-bras, c’est le terme de fulgurant qui vous vient immédiatement à l’esprit. Dave Grohl himself a d’ailleurs déclaré que My Sharona était l’une de ses chansons préférées, toutes époques confondues. En son temps, Michael Youn s’est même fendu d’une reprise toute personnelle avec son Comme des Connards qu’il faut s’empresser de vite oublier. S’il vous plait! Merci.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Snake – Justice Wall Acte.2

© Snake

 

Snake est un street artiste toulousain. Né en 1974, ce plasticien urbain autodidacte débute dans le Street Art en 1990. Il est confirmé en tant que professionnel depuis les années 2000. D’abord touche à tout, il pratiqua toutes les disciplines et formes du graffiti. Désormais reconnu internationalement, il travaille sur divers projets, notamment au travers de collaborations institutionnelles. Récemment il a ainsi participé au Parcours de Graff de Bellefontaine – l’un des quartiers composant le Mirail à Toulouse – avec une œuvre intitulée Libre Arbitre. Particulièrement remarquable ce Justice Wall Act.2 que l’artiste à peint en 2020 à Lurcy-Lévis (une commune de l’Allier proche de Nevers), en un lieu baptisé Street-Art City. Cette réalisation met en scène la déesse de la justice Thémis les yeux bandés face à un monde au sein duquel l’argent pèse plus que la vie humaine. Retrouvez Snake Ici!  

Patrick BETAILLE, juin 2022

Ann Powers – Good Booty

 

Comment, au fil des époques, la musique populaire et la danse ont-elles influencé la sexualité, les rapports de genre et de race dans la culture américaine ?

Bonne question à laquelle Ann Powers répond dans ce passionnant pavé de 400 pages. ″L’auteure retrace l’histoire de la musique populaire américaine. Gospel, jazz, blues, rock’n roll, disco, punk, rap et leurs innombrables ramifications sont détaillés par son regard engagé, iconoclaste et fécond. On assiste aux souffrances, aux voluptés et aux frustrations d’une nation pour qui le métissage a toujours été à la fois essentiel et problématique. Et pour qui la danse fut un des plus sûrs moyens que le corps exulte. Good Booty nous fait remuer le cerveau, les sens et les hanches″ (4ème de couv).

Des exaltations religieuses du début du XXe siècle aux syncopes du R’n’B le plus aguicheur, Ann Powers traverse 150 années d’histoire de la musique américaine avec en toile de fond les dérives de l’évolution des mœurs d’une société en dérive. C’est dans ce contexte que la journaliste dresse les portraits des figures de proue de la scène musicale des années 50 à nos jours. Elvis, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Bowie, Alice Cooper et d’autres se présentent sous un nouveau jour ou du moins sous un angle qui nous permet de comprendre le pourquoi du comment de leurs influences, de leurs aspirations, de leurs attitudes et des conséquences de leurs choix, à la ville comme à la scène. Janis Joplin, Madona, Lady gaga, musiciennes, féministes, actrices mais aussi groupies et lolitas occupent également une place de choix en tant qu’influenceuses ou victimes des excès d’un microcosme dominé par une masculinité parfois amenée à assumer son homosexualité en s’accaparant les dérives de la communauté gay et du glam et du disco.  

Très bien écrit, rythmé et admirablement structuré, Good Booty (NDLR: Traduire par ″beau cul″) relève de la prouesse documentaire à connotation historique. L’on comprend désormais comment les danses et transes africaines ont posé les premiers pavés sur le chemin de la musique populaire et l’on découvre aussi l’influence que la sexualité peut avoir sur un courant musical et sur toute une génération. Et inversement.

Traduit par Rémi Boiteux, toujours disponible, Good Booty a été publié fin 2019 par Le Castor Astral.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Hellfest – Ligue des Champions

 
Cherchez l’erreur!

À gauche: Arriérés et violents, des fans de heavy metal manifestent leur amour de la musique au cours du Hellfest. – À droite: Sympathiques et enjoués, des fans de foot expriment leur amour du sport au cours de la Ligue des Champions.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Alton Kelley – Skull & Roses

 

[Extrait]: Au cours des années 60-70, Alton Kelley a conçu bon nombre d’affiches pour les concerts des groupes psychédéliques de San Francisco. Le graphisme aux teintes vives et aux motifs en volutes évoquant les hallucinations provoquées par les drogues révolutionneront l’imagerie musicale, témoignant d’un moment particulièrement créatif de la culture américaine. Son premier succès il le connaît avec Stanley Mouse grâce à une affiche pour une prestation de Big Brother & the Holding Company et Quicksilver Messenger Service. Il a aussi réalisé les pochettes des albums American Beauty pour Grateful Dead et Book of Dreams pour The Steve Miller Band. Sa création la plus connue reste le fameux Skull & Roses. L’idée lui est venue d’une illustration tirée d’un recueil de poésies du poète persan Omar Khayyam. Kelley a agrandi le sujet, modifié l’image et ajouté de la couleur. Le dessin est apparu pour la première fois en 1968 sur une affiche de concert à l’ Avalon Ballroom et, en 1971, utilisé en tant que cover art du 7ème album du Grateful Dead, un double live sans nom mais souvent identifié en tant que Skull & Roses.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, juin 2022

Hellfest – Lemmy par Caroline Brisset

© Photo: David Gallard-Hellfest

 

Abîmée par les intempéries et par les visiteurs, l’ancienne statue de Lemmy Kilmister, érigée en 2016 – près de la Warzone du Hellfest – a laissé place à une nouvelle œuvre en acier de 12 mètres de haut, pensée et façonnée par la sculptrice contemporaine Caroline Brisset. Avec cette nouvelle représentation, l’emblématique bassiste se retrouve délesté de sa 4 cordes mais il offre aux fans l’occasion d’un hommage à la hauteur de la déférence qu’ils lui témoignent. Peu après le décès du leader de Motorhead, son manager Todd Singerman avait fait parvenir à Ben Barbaud une partie des cendres de Lemmy. Cette urne était jusqu’à présent conservée sur une étagère dans le bureau du patron du Hellfest. Désormais, elle a sa place dans la nouvelle statue, derrière une vitre blindée.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Peanuts – Vivre ou Mourir?

 
 

charlie brown: ″ One day we will all die snoopy ″ – snoopy: ″ Yes, but all the other days we’ll live ″.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Charlie Hebdo – Spécial Voiture Électrique

 

Dans son numéro spécial du 1er juin, Charlie Hebdo évoque ″ La dernière arnaque avant l’apocalypse « : la voiture électrique.  Il y est dit, entre autre, que pour extraire 1 Kg de certaines de ces terres rares qui entrent dans la composition des accumulateurs il faut – après avoir déforesté quelques milliers d’hectares (de préférence dans l’hémisphère sud) – extraire 1200 tonnes de roches. Et ça n’est que la partie émergée de ce véritable Electric-Gate.

Viendra le temps où se poseront les problèmes énergivores de stockage, de recyclage et de retraitement des déchets, avec en toile de fond les contraintes liées à la santé précaire des centrales nucléaires. Soyons-en sûr, à ce moment là, de savants technocrates sponsorisés par des lobbyistes, eux même adoubés par nos chers politiques (ou l’inverse!), trouveront certainement les moyens de créer de nouvelles taxes branchées écologie d’opérette, censées – comme d’habitude – nous convaincre que c’est le prix à payer pour pouvoir nous sortir le cul des ronces.

Alors que les ZFE limitant la circulation des véhicules perfidement estampillés comme les plus polluants, alors que les députés européens viennent de valider la fin de la vente des véhicules essence et diesel à l’horizon 2035, on en pense ce que l’on veut mais à minima l’on se doit de jeter un œil sur ce dossier qui, pour une fois, prend le contrepied des sempiternels discours lénifiants qui prétendent nous convaincre que pour sauver la planète il suffit d’acheter des voitures électriques.


Un numéro à retrouver ici  👉  Charlie Hebdo!

 

Patrick BETAILLE, juin 2022

Gérard Rancinan – Le Radeau des Illusions

© Gérard Rancinan

 

Gérard Rancinan commence sa carrière de photographe en 1969 au journal Sud Ouest à Bordeaux. À dix-huit ans il devient le plus jeune photojournaliste de France, couvrant l’actualité locale. À vingt-et-un ans il est muté à l’agence du journal de Pau. Sollicité par la toute nouvelle agence de Presse Sygma, il rejoint l’équipe des photographes à Paris et il couvre l’actualité du monde entier. Il réalise aussi des portraits des stars de la mode, de la musique [NDLR – ses photos ont illustré des albums de Daniel Balavoine, Jacques Higelin, Charlélie Couture, Pascal Obispo] du cinéma, du sport, de personnalités diverses et d’artistes d’art contemporain de renommés mondiale. Il quittera Sygma en 1986 pour créer sa propre agence de presse, puis redevient indépendant en 1989 (source Wikipedia).

Photographe engagé mondialement connu pour ses fresques dépeignant les vérités cachées et sordides de ce monde, il met en œuvre des compositions inspirées des grands maitres classiques tels que Géricault ou Velasquez. Ses paraboles photographiques plutôt décalées, véritables métaphores de l’Humanité, théâtralisent à outrance la réalité du monde contemporain et relatent les métamorphoses du siècle en cours, un monde schizophrène, ambigu et contradictoire en proie au chaos et à la décadence. Ses fresques photographiques sont des grosses productions. Chaque image est l’objet de plusieurs mois de travail avec des équipes de stylistes, de maquilleurs, de techniciens, de figurants et de décorateurs. En 2008, s’inspirant du Radeau de la Méduse, l’artiste a mis en scène le rêve impossible des millions de migrants et de réfugiés contemporains à la poursuite des mirages de l’Occident. Ainsi, son Radeau des Illusions nous plongeait déjà dans le drame et la souffrance de ces déracinés partis à la poursuite des mirages de l’Occident symbolisés ici par Hollywood et la Tour Eiffel. Les récents drames des réfugiés fuyant la misère et la guerre rendent le message de Gérard Rancinan ô combien actuel, et sa puissance artistique encore plus poignante.

Patrick BETAILLE, juin 2022