Louise Limb, Classic Pin-Up

© Louise Limb

 

Sofia Loren sur une  Guzzi, Bette Davis en Sunbeam, ou encore Liz Taylor et sa BSA. Que demander de plus? Françoise Hardy en Velocette? C’est fait! Louise Limb, illustratrice d’origine irlandaise passionnée de vielles bécanes, aime mettre en scène les célébrités sur de mythiques machines. C’est au travers de son travail dans le domaine des Pin-Up que l’artiste diplômée des Beaux Arts et titulaire d’un Master of Arts en gravure côtoie de près la célébrité. Cette passion ne représente pourtant pas la totalité de son activité. Louise trouve aussi le temps de mettre en œuvre des calendriers, d’ apporter sa contribution à différents magazines, d’œuvrer pour Land Rover  et  de coucher sur papier de superbes dessins de moteurs Harley Davidson.

Patrick BETAILLE, juillet 2015

 

 

Sex Slaves – Thank God for Jack Daniel’s

 

We’re going out tonight, Me and my friends, All night long, Contagious, One more night,  Search & Destroy,  See you naked et Kiss me. La track list annonce la couleur de l’album sorti en 2005 avec un titre tout aussi révélateur: Bite your Tongue. Quand on sait que les auteurs enregistrent sous le nom de Sex Slaves on s’attend à trouver en bonne place ce bon vieux sticker Parental Advisory. Mêm’ pas! Comme quoi… Quoiqu’il en soit le trio Glam Punk de New York City ne fait pas dans la dentelle, c’est indéniable. Sur scène, leur terrain de jeu favori, ils s’attirent les grâces d’un public en attente de gros son et de high energy, parvenant même à capter l’attention de C.C. Deville (Poison), Gene Simmons (Kiss) et Lemmy Killmister de Mötorhead. Rien d’ étonnant quand on écoute Thank God for Jack Daniel’s. C’est primaire, puissant, carré, et de plus les paroles sont une ode au Tennessee Whiskey!

″ Un truc que j’ai appris sur la route: dans chaque ville se trouve un ami que je me dois de rencontrer. A Tuscan, Arizona, il m’attendait. Merci mon Dieu pour le Jack Daniel’s. Merci de m’avoir sauvé car la seule chose qui puisse me protéger du Diable c’est un verre de ce bon vieux breuvage du Tennessee. Barman sers m’en un bien tassé car avec les potes on a rien d’autre à faire que de mater les nanas et on va se mettre minables. Arrête moi si je me trompe. Tu penses que j’ai trop bu mais tu te goures. En fait ce sont les verres qui se vident trop vite. Y’a longtemps que j’avais pas vu la tronche de Jésus mais ce soir il est là, à côté de moi. Merci mon Dieu pour ce Jack Daniel’s. La seule chose qui puisse le surpasser c’est un autre verre de ce bon vieux breuvage du Tennessee, à l’oeil! ″.

Patrick BETAILLE, Juillet 2015

 

 

Left Lane Cruiser – Dirty Spiff Blues

Left Lane Cruiser Dirty Spiff Blues

Les gars de Left Lane Cruiser aime le blues, le boogie, les gros amplis et les pédales de distorsion. Voilà pour la musique. Question mode de vie, l’alcool, les femmes, les potes et la marijuana occupent chez eux une place prépondérante. Depuis leur premier album en 2007 ils ont établi leur fond de commerce sur ces fondamentaux et la recette fonctionne plutôt bien pour  Frederick Joe Evans qui tient la Slide et le batteur Brenn Beck. À vrai dire ce qui à l’origine était un duo devient aujourd’hui un trio. Beck ayant quitté la formation il a été remplacé aux drums par Pete Dio et un certain Joe Bent s’est vu confier le rôle de bassiste. Et ce qui devait arriver, arrive. Le groupe de l’Indiana reste fidèle au bon gros Blues du Mississipi dans sa version Garage la plus brute mais il se met à explorer de nouveaux horizons. Comparé au remarquable ”Bring Yo’ ass to the table” sorti en 2008 ”Dirty Spiff Blues”, septième album de la formation, affiche plus de structure, des compositions plus fournies et surtout un son énorme. Plus grand, plus fort, et plus sale voici donc un très bon opus qui ferait penser à du R.L Burnside sous amphétamines. Un vrai régal que ce Voodoo hillbilly punk-blues qui l’instar d’un Tres Borrachos a de quoi tenir vos voisins éveillés une bonne partie de la nuit.

Patrick BETAILLE, juin 2015

 

Hipsters – Contre Culture et Marketting

 

Que sait-on du phénomène actuellement en vogue, y compris (surtout?) dans le milieu motard où, question look, chemise à carreaux, barbe de quatre jours minimum et boots en cuir sont de rigueur chez les Hipsters. À l’origine, le terme de Hipster trouve son sens dans le milieu du Jazz des années 40. Il s’applique surtout à une jeunesse avant-gardiste  blanche qui s’oppose à la culture dominante et qui transgresse les frontières raciales en fréquentant les musiciens noirs auxquels elle emprunte la Cool Attitude. Dans les années 2000, le terme reprend du service pour qualifier une frange de la population qui revendique une variante de cette contre-culture; celle qui a donné naissance au mouvement Beatnik des Sixties avec qui, soit disant, elle partage l’ esprit pionnier et l’aversion du Mainstream. Quête de l’alternatif, attitude intello, look rétro décalé, tendance bohème, sont les stigmates les plus visibles  d’un mode de vie qui, loin de l’ émanciper de la masse qu’il rejette, font malheureusement du Hipster un adepte du paraître et un consommateur frénétique de tout ce qui de près ou de loin porte le label auquel il voue une passion immodérée: le Vintage. Vous l’aurez compris, être hype c’est tout sauf une sinécure. Le Hipster dépense des fortunes en frusques désuètes, se casse la tête pour trouver de vrais faux accessoires rétros et s’épuise à dénicher du Underground qui très vite ne le sera plus. Finalement il devient un mouton résigné, parfait symbole du capitalisme occidental qui en a fait une cible de choix. Alors to be or not to be… a Hipster? Gageons que sous peu, être Hipster consistera à revendiquer qu’on ne l’est pas.

Patrick BETAILLE, juin 2015

 

 

Tattooed Lady – Jesse Lee Denning

© Hassan Kinley

 

Jesse Lee Denning est sans doute l’une des modèles tatoués les plus photographiése. La trentaine, d’origine à la fois russe et allemande, la inked lady est née et a grandi dans le West Village de New York. C’est d’ailleurs là que pour la première fois elle fit connaissance avec les aiguilles, à une époque où le tatouage était interdit aux mineurs.
Depuis, pas mal d’encre a coulé. Jesse fait régulièrement la Une de la presse spécialisée, participe à de nombreux shows, apporte sa contribution à des campagnes Harley Davidson et figure en bonne place sur des calendriers dédiés aux tatouages. En 2013, elle s’offre à l’objectif de Hassan Kinley  pour une cause qui lui est chère: son propre calendrier. Douze mois rien que pour elle, en édition limitée et bien sûr épuisée dès le lancement des précommandes.

Blind Faith – Blind Faith

Clapton, Winwood censure Blind Faith

[Extrait]: Fin 1968, Cream et Traffic viennent de se dissoudre. Eric Clapton et Steve Winwood décident de travailler ensemble sur de nouvelles idées musicales. Ils font appel à Ginger Baker, lui aussi en congé de Cream et sont rejoins par Ric Grech qui vient de plaquer Family en pleine tournée. Ce beau monde se réunit chez Clapton dans le Surrey pour établir les bases de ce qui sera l’unique album du groupe Blind Faith. Six titres, 42 minutes de Rock teinté de Blues avec quelques joyaux dont Presence of the Lord et  Can’t find my way home

L’album sort en août 1969 et reçoit un accueil mitigé de la part d’un public probablement déçu par la brièveté de l’œuvre et un Do what you like masturbatoire de 15 minutes qui occupe les 2/3 de la face B. Le disque est de plus attaqué par la censure car la jaquette réalisée par le photographe Bob Seidemann représente une jeune fille pubère, à demi-nue, tenant une maquette d’avion qui à l’époque est perçue en tant que symbole phallique. Anéanti par ces déconvenues, Clapton plonge dans la déprime et la drogue, laissant sans suite une des œuvres majeures de l’histoire du Rock.

Patrick BETAILLE, juin 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Gisèle Bündchen – Plus belle sera la chute!

© Photo: Henrique Gendre

 

Visiblement le top model brésilien n’a pas assimilé le contenu des Campagnes de Sécurité sensées inciter les motards à rouler bien équipés. Tant pis pour elle. Le résultat est là, le mal est fait, et même si apparemment Gisèle Bündchen s’en tire plutôt bien, il convient de prendre la bonne décision:

Option 1. Vous venez immédiatement en aide à la victime. Vous la rassurez et avec les précautions d’usage vous vérifiez que d’éventuelles blessures ne soient pas masquées par les vêtements.

Option 2. Vous ne vous souciez pas de la victime et préférez sécuriser la zone de l’accident en relevant la moto pour éviter qu’essence et huile ne se répandent sur la chaussée. Pas évident hein?!

 

Henri Lœvenbruck – Nous rêvions juste de liberté

Henri Loevenbruck, Nous rêvions juste de liberté″Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, pour son bien. J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins″. Hugo, Freddy, Alex et Oscar, vite rejoins par d’autres, enfourchent leurs bécanes pour  fuir l’ennui et la misère du quotidien morose qui est le leur. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et la solidarité règnent. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher. Ce road movie aux relents de Fureur de Vivre et de Easy Rider, raconte les aventures de gamins à la fois paumés et idéalistes qui d’excès en dérives découvrent désillusion et descente aux enfers. En ce sens Henri Lœvenbruck maîtrise parfaitement le scénario et le décor. Rock, violence, alcool, bécanes, sexe, rien ne manque. Même si parfois les ficelles sont un peu grosses tout est prétexte à sublimer la loyauté et l’amitié. Même l’écriture. Le style très parlé donne aux personnages une dimension réaliste et attachante. Les pages tournent vite. On rit parfois, on sourit souvent, mais au final c’est l’émotion qui domine dans ce roman prenant et sincère.

Patrick BETAILLE, juin 2015

La Femme – Le Podium

 

[Extrait]: Le groupe electro-punk La Femme est né en 2010 de la rencontre de deux copains originaires de Biarritz : Marlon Magnée et Sacha Got. Sans manager, ni producteur, la formation gère seule la promotion d’un EP qui paraît en 2011. Intitulé Le Podium, ce premier essai renferme Sur la Planche, le titre un temps captur(é) par Renault pour sa publicité. Le visuel du disque fait appel au célèbre tableau de Gustave Courbet : L’Origine du monde. Comme la toile du maître en son temps, la jaquette suscite de nombreuses réactions et finit par être censurée, notamment outre-Atlantique où le combo s’est bâti une solide réputation sur la scène électropop…

Les jambes écartées et le sexe impudique de l’œuvre se retrouvent cachés par un encart noir sur lequel on peut lire: ″ THIS IS NOT LA FEMME ACTUAL COVER BECAUSE IT GOT CENSURED ″. Le texte en anglais est écrit en blanc et comporte une belle faute lexicale : ″ CENSURED ″ au lieu de ″ CENSORED ″.

Patrick BETAILLE, mai 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


The Pretty Reckless – Going to Hell

 

Attention! The Pretty Reckless: groupe rock US à chanteuse physiquement intelligente. Going to hell est leur deuxième album, réussi en tant que parfaite illustration de l’évolution musicale parfois radicale que peut connaître un groupe lorsqu’il arrive à maturité. On en arrive assez vite à oublier l’ex-actrice de la série Gossip Girl pour se concentrer sur la musique. Dans le genre gros rock alternatif, le groupe new-yorkais propose donc quelque chose d’ intéressant et bien léché. Miss Momsen et ses killers évoluent dans un univers à la fois musclé et sensuel, à la musicalité parfaitement millimétrée, comme en témoigne en ouverture le titre éponyme à la rythmique survitaminée. Provocateur et rugissant Going To Hell  lorgne allègrement du coté heavy metal et annonce la couleur de l’ensemble de l’album. The Pretty Reckless semble également avoir assimilé le fait que le vrai rock peut aussi s’illustrer par des titres plus soft. Waiting for a Friend, par exemple, apporte une teinte country alors que Blame me flirte avec le Folk Rock. House on a Hill par contre vient confirmer l’adage selon lequel tout disque qui envoie du lourd doit héberger sa ballade stillovingyounesque. C’est chose faite. Cela permet au passage d’apprécier des qualités vocales qui permettent à Taylor Momsen de se faire remarquer autrement que par la courbe de ses lombaires. Going to Hell ne restera probablement pas dans les annales mais dans l’immédiat il mérite une oreille quelque peu attentive.

Patrick BETAILLE, mai 2015