[Extrait]: Parmi les titres de Shades of Deep Purple, le premier album du groupe de hard rock britannique, figurent trois reprises dont Hush, une composition de Joe South (Cf Billy Joe Royal – Hush). Publié en même temps que LP en juillet 1968, le single connaît un succès foudroyant aux Etats-Unis, grâce notamment à l’ambiance musicale à la fois pop et heavy élaborée à l’orgue par John Lord. Ce dernier qui était alors fasciné par le style et du son de Vanilla Fudge déclarait : » J’ai commencé à faire ces trucs déjantés à l’orgue avec The Artwood et St. Valentine’s Day Massacre, mes groupes précédents. J’ai joué cette partition comme avec des congas. Le rythme de Hush ressemble plutôt à une samba. » La chanson est l’une des préférées des fans, mais Ian Gillan venu remplacer Rod Evans en 1969 ne voulait l’interpréter durant les concerts avec le Mark II de Deep Purple. Il a fallu attendre l’arrivée du guitariste Steve Morse en 1994 pour qu’elle soit intégrée dans les setlists…
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Quel passionné de vinyles n’a pas un jour rêvé de pouvoir écouter ses précieuses galettes n’importe où et n’importe quand, sans pour autant avoir sous la main amplificateur, enceintes et surtout, une platine. La solution existe! Quand les premiers symptômes du manque se font ressentir et que vous désirez lire un 33 tours hors de chez vous voici l’astuce ultime.
Il vous faut une feuille A4, de préférence un papier fort genre feuille de dessin, un crayon, une épingle et un peu de papier collant.
Roulez la feuille de sorte qu’elle forme un cône. Maintenez le tout dans sa forme définitive à l’aide d’un morceau de ruban adhésif, puis, transpercez le cône dans sa partie pointue en y logeant l’épingle avec un angle d’environ 45 degrés. Ceci fait, sortez votre vinyle préféré car il va falloir le faire tourner. Pour ce, insérez le crayon dans l’orifice central de la galette. Vous voilà prêt. Posez délicatement le cône et son aiguille sur le disque. De l’autre main, saisissez le crayon et faites-le tourner entre vos doigts (le disque suivra le mouvement) tout en approchant votre oreille de la partie évasé du cornet. Et voilà! À vous le plaisir d’entendre votre morceau préféré, comme par magie!
Je tiens à rassurer les allergiques au bricolage enfantin, les tourmentés du système D, ceux qui sont dotés de deux mains gauches et surtout les puristes, une autre astuce les comblera de bonheur derechef: Écouter la musique avec les yeux. Si, si! Là aussi, rien de plus facile!
Il vous suffit de vous procurez IN VINYLE VERITAS, le livre ″ étonnant et indispensable ″ de 320 pages consacré à la censure des pochettes de disques et qui évoque également les dessous des pochettes de disques les plus emblématiques de l’histoire du rock.
[Extrait]: S’il est une artiste qui mérite bien le surnom de ″ Queen of Soul ″, c’est bien Aretha Franklin. Originaire de Detroit, cette chanteuse à la technique et à la tessiture de voix surprenantes fera à jamais partie des figures emblématiques de la musique populaire à consonance soul, rythme and blues et gospel qu’elle pratiqua depuis l’âge de 12 ans. A 19 ans, elle épouse l’auteur-compositeur-producteur-manager Ted White qui prend en charge sa carrière en 1961 et lui obtient un contrat avec Columbia, label sur lequel paraît un premier album de jazz et quelques singles grâce auxquels Aretha commence à se faire un nom…
En novembre 1966, son contrat pour Columbia expire. Aretha signe alors avec Atlantic Records et, en janvier 1967, elle se retrouve dans les studios Fame de Muscle Shoals en Alabama pour enregistrer l’album I Never Loved a Man the Way I Love You. Le 10 avril 1967, Atlantic commercialise un deuxième extrait de l’album, une reprise d’une chanson d’Otis Redding : Respect. Ce second 45-tours se hisse à la première place des charts R&B pendant 8 semaines. C’est le début d’une célébrité qui se solde par une vingtaine de disques d’or et classe 8 albums en tête des charts. En 1968, la Reine sort les albums Lady Soul et Aretha Now, portés par les tubes Chain of Fools, I Say a Little Prayer et surtout Think qui paraît en single le 2 mai 1968. Les paroles de cette chanson d’amour féministe trouve un écho immédiat…
Respect et Think deviennent rapidement la signature de l’interprète. Avec ces symboles de la lutte pour l’égalité et la liberté, cris de ralliement du mouvement pour les droits civiques et hymnes féministe, le phénomène Aretha Franklin est lancé…
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Originaire de Nottingham au Royaume-Uni, ce groupe de blues rock est issu de la rencontre en 1964 du guitariste Alvin Lee et du multi-instrumentiste Leo Lyons. Rejoints trois ans plus tard par le batteur Ric Lee (sans lien de parenté avec Alvin) et le claviériste Chick Churchill, le quatuor adopte le nom de Ten Years After. En jouant des classiques de blues et de rock, la formation devient vite populaire, au point d’être considérée comme l’une des meilleures du blues boom de la fin de la décennie et d’obtenir en 1967 un contrat avec Deram, filiale de DECCA Records. S’en suit un premier album éponyme sans grand retentissement. Par contre, les prestations scéniques de TYA drainent de plus en plus de public. La maison de disques décide donc que le prochain LP serait un live. Enregistré sur la scène d’un petit club de jazz du sud-ouest de Londres, Undead paraît le 10 août 1968. Il ne reprend aucun des titres du premier opus studio mais offre des jams jazzy à rallonge mettant en valeur la vitesse et la technique incroyables d’ Alvin Lee, avec en point d’orgue une version de I’m Going Home, publiée en 45 tours fin novembre. Composées par le guitariste, les paroles sans intérêt [elles racontent l’histoire d’un gars très content de rentrer chez lui pour retrouver sa femme – NDLR] ne sont que le prétexte à un long et éblouissant solo. Lee rend hommage à quelques-uns de ceux qui depuis ses 13 ans nourrissent son inspiration et ponctue son set d’extraits de Blue Suede Shoes (Carl Perkins), Baby, Please Don’t Go (Big Joe Williams) et Whole Lotta Shakin’ Goin’ On (popularisée par Jerry Lee Lewis). Soutenu par une section rythmique brillante, il se livre, avec sa Gibson 335, à une démonstration de swing, de fluidité et de virtuosité étonnants qui malheureusement ne suffiront pas à garantir le succès du single auprès d’un public alors friand du heavy rock de Cream et Led Zeppelin. Tout change l’année suivante, le 17 août 1969. Au cours de son passage au festival de Woodstock, Ten years After interprète une version de 10 minutes de I’m Going Home. C’est la seule chanson issue de la performance du groupe qui peut être vue dans le film de 1970 car l’équipe technique rencontre des difficultés pour pouvoir enregistrer la totalité du show. Loué pour l’énergie et la rapidité de son solo de guitare, celui que l’on surnomme désormais ″ Captain Speedfingers ″ est élevé au rang de guitar hero. I’m Going Home – Woodstock Performance paraît en 45 tours en France en octobre 1970 et fera partie de la bande originale du film de Cédric Klapisch sorti en 1994 : Le Péril Jeune.
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Quatrième de couv: Londres 1964. Les Mods et les Rockers se battent sur les plages du sud de l’Angleterre mais Stevie Nice a mieux à faire. Les petites pilules qui permettent aux jeunes de danser toute la nuit, il en fait son commerce. Les affaires marchent pour Mr. Nice, le dealer le plus en vue du Swinging London. Mais que les Beatles ou les Who fassent partie de ses meilleurs clients ne va pas le protéger de la crise de croissance. Son succès fait des jaloux et quand les rois de la pègre londonienne – les frères Gray – décident de s’intéresser à son cas, Stevie découvre qu’il ne fait pas forcément bon être métis et homosexuel dans l’Angleterre des sixties. Le roi de la nuit va bientôt comprendre que les vrais durs ne dansent pas, ou seulement avec les cadavres…
Avec le roman de François Thomazeau, retour vers les sixties via le thème cher et déjà exploité par Pete Townsend dans Quadrophenia, son opéra rock paru en 1973: le désespoir et les errances d’une jeunesse en quête d’identité et de reconnaissance de la part d’une société alors en pleine mutation. L’ histoire débute sur fond de rivalités et de bastons entre Mods et Rockers mais cède rapidement la place aux aventures de Stevie qui, comme tout Mod* qui se respecte, roule en Vespa et apporte un soin tout particulier à sa tenue vestimentaire. Au début du moins. Rapidement, Mr. Nice se lance dans un trafic juteux de substances illicites qui devient le prétexte à une épopée bourrée d’intrigues, de méchants, de rebondissements mais aussi d’humour. Sous forme de fiction, l’intrigue se nourrit de faits réels et met en scène des personnages ayant existé à une époque rythmée par l’émergence de la Soul et du rock’n’roll. Les Who, les Kinks, Vince Taylor, les Small Faces, Stevie Wonder, James Brown, Roberta Flack Peggy Lee et les Equals sont cités. La musique est donc omniprésente, créant une ambiance qui donne incontestablement l’envie de se replonger dans l’ambiance de l’époque. Le style est agréable et l’écriture originale. ″ Je suis désolé si mon récit est un peu décousu, mais si je ne prends pas de cachets, j’ai du mal à écrire, et si j’en prends trop, ça part dans tous les sens ″. Ce sont les mots du jeune Mod* qui définissent parfaitement les errances de Stevie, le héro de ce polar musical original et very… Nice.
*Mod: Raccourci de jeune, beau et stupide (Pete Townsend).
Chanteur de The Pogues, Shane MacGowan (1957 – 2023) s’est également rendu célèbre en affichant la dentition la plus chaotique de l’hémisphère nord mais aussi grâce à quelques citations pour le moins alambiquées:
″ Ce qu’il faut retenir à propos des ivrognes c’est qu’ils sont beaucoup plus intelligents que les abstinents. Ils passent en effet beaucoup de temps à discuter dans les pubs; à la différence de ces bourreaux de travail ambitieux qui ne pensent qu’à leur carrière sans jamais développer de vraies valeurs spirituelles ni analyser ce qu’ils ont dans la tête comme le font les alcoolos – De toutes façons on aurait beau s’esquinter à boire Autant qu’un Irlandais qu’on ne parviendrait Jamais à boire Comme un Irlandais – Je bois parce que j’ai soif ″.
[Extrait]: Pour l’illustrer le 22ème album de Tri Yann sorti le 15 avril 2016 , le graphiste Tanguy Jossic choisit un dessin du peintre sculpteur français Georges Lacombe. Un couple allongé, enlacé et nu, illustre la pochette. Madame est de dos. Une croupe féminine au su et au vu de tous ? Inconcevable ! La représentation de seins, de fesses et de sexes est un motif de blocage sur les sites de streaming. C’est ainsi que se justifie la société française Believe, l’un des leaders mondiaux de la distribution digitale. Contraint de revoir sa copie, Tri Yann doit rhabiller La Belle Enchantée qui » étreint Yann et l’enlace « , mais désormais en costume de bain des années 1900! » Nous n’en voulons pas à Believe – confie l’un des chanteurs, Jean Chocun – elle ne fait que se plier aux normes en vigueur sur le Net, imposées par des firmes comme Apple. L’on peut quand même s’interroger sur l’américanisation de l’Europe et du monde. Quelle pudibonderie stupide ! « . La version physique de l’album reste commercialisée avec sa pochette d’origine sur le label du groupe : Marzelle.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Entre le premier Love me Do publié le 5 octobre 1962 et Let it Be, le dernier sorti le 6 mars 1970, The Lady Madonna se situe en dix-septième position des 22 singles britanniques du catalogue de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Star : The Beatles. La chanson est écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney comme toutes les chansons du groupe composées par John ou Paul. Pour les paroles, le bassiste des ″ Fab Four ″ s’est inspiré d’une image parue dans l’édition de janvier 1965 du magazine National Geographic. Intitulé ″ Mountain Madonna ″. le cliché de Howard Sochurek mettait en scène une femme et ses trois petits enfants, dont un en train d’être allaité. Touché par la photo incluse dans un reportage sur les forces spéciales américaines en opération au Viêt Nam, ″ Macca ″ a gardé en mémoire ce témoignage poignant sur l’humanité qui se cache derrière la guerre et sur le courage des femmes qui luttent pour pouvoir assurer le quotidien de la famille.
″ Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts. Qui trouve l’argent pour payer le loyer? Lady Madonna, avec un bébé en train de téter, je me demande comment tu fais pour nourrir les autres. Comment trouver l’argent du loyer? Ça ne tombe pas du ciel! Rien le vendredi. Dimanche matin, elle se traine. Lundi le gosse sait lacer ses chaussures, regardez-le courir. Lady Madonna, allongée sur le lit, tu écoutes la musique que tu as dans la tête. Le mardi après-midi n’en finit pas. Pas de journaux le mercredi. Jeudi soir tes bas ont besoin d’être reprisés. Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts ″.
Le titre est enregistré dans l’urgence aux studios EMI d’Abbey Road entre le 3 et le 6 février 1968, juste avant que le groupe ne parte pour un séjour en Inde à la rencontre du maître Maharishi Mahesh Yogi. Pour s’échauffer, Paul s’installe au piano et entame un boogie-woogie à la Fats Domino tout en essayant d’y associer son hommage aux femmes. Une fois posées les bases rythmiques, les musiciens reviennent pour les overdubs sur les voix et ajouter quelques parties de piano supplémentaires. Après quoi, pour donner du corps à l’ensemble il est décidé d’ajouter des cuivres en faisant appel à quatre musiciens de jazz, tous saxophonistes ; parmi eux, Ronnie Scott et Harry Klein, des vétérans de la scène des big bands britanniques. Magique !
[Extrait]: Ce groupe qui initialement voulait jouer une sorte de jazz décontracté fut constitué en 1964 autour de John Sebastian, chanteur guitariste de la scène folk de Greenwich Village. Avec son mélange subtil de folk et de pop, The Lovin’ Spoonful va rapidement à la rencontre du succès. Les sept premiers singles du quatuor se classent tous dans les dix premières places du Billboard Hot 100. Forts de cette notoriété et fidèles à leurs convictions les musiciens se permettent même décliner une offre de production de la part de Phil Spector et de refuser un contrat juteux avec Elektra pour rester fidèles à leur label Kama Soutra. En février 1966 Daydream se classe n°2 aux USA et au Royaume-Uni. Paul McCartney lui-même reconnaît avoir été influencé par cette chanson quand il écrivit Good Day Sunshine. The Lovin’ Spoonful joue désormais dans la cour des grands et le prouve avec un single devenu immortel : Summer in the City. La chanson est née d’une collaboration entre John Sebastian et son frère Mark qui ne faisait pourtant pas partie du groupe. Mark avait 15 ans lorsqu’il a écrit ce poème que John a utilisé comme trame et mis en musique. Le texte met en opposition ce que représente vivre en ville le jour et la nuit…
Summer in the City a été enregistré en deux jours avec la première séance dédiée aux instruments et la deuxième consacrée au chant et aux effets sonores. On remarque en effet au milieu de la chanson des bruits de klaxons de voitures et de marteau-piqueur; bruits destinés à renforcer l’idée de stress généré par l’agitation urbaine… Le single sort le 4 juillet 1966, le jour de la célébration de l’Indépendance aux USA, et se classera en tête du Billboard pendant trois semaines…
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[Extrait]: Ce quatuor a probablement été durant les années 60 et au-delà, le groupe de rock le plus intéressant de l’histoire du rock. Originaires de Californie, John et Tom Fogerty, Doug Clifford et Stu Cook ont élaboré avec un mélange de blues, de country et de soul, un style musical très en marge du psychédélisme ambiant et des poètes introspectifs. Pendant 8 années, sous les noms de Blue Velvets, puis des Golliwogs, les musiciens vont acquérir expérience et savoir-faire qui vont peaufiner un swamp rock [ou bayou rock – NDLR] énergique immédiatement reconnaissable grâce à la voix rocailleuse de John et aux trémolos de la guitare de son frère Tom. À partir de 1964, The Golliwogs enchaînent les singles sans succès et pour ne rien arranger John Fogerty et Doug Clifford sont appelés sous les drapeaux en 1966. Une fois dégagé de ses obligations militaires, John relance la formation sous le nom de Creedence Clearwater Revival. ″ Creedence ″ en hommage à un ami, ″ Clearwater ″ en référence à une marque de bière et ″ Revival ″ pour signifier un nouveau départ. CCR entre alors en studio pour enregistrer son premier LP éponyme duquel sont extraits trois simples : I Put a Spell on You de Screamin’ Jay Hawkins, Porterville (une compostion originale) et une version fleuve de Susie Q de Dale Hawkins qui sera le premier tube du groupe. L’année suivante, en janvier 69, sort le deuxième opus, Bayou Country, qui à part une reprise de Good Golly Miss Molly dekivousavé contient des compositions éblouissantes dont Born on the Bayou et surtout Proud Mary. Les deux titres sortent sur un seul single en même temps que l’album. Composée le jour où John Fogerty a obtenu ses papiers de démobilisation de l’armée américaine, la chanson était censée raconter l’histoire d’une femme qui travaille comme bonne chez des gens riches. C’est Stu Cook qui a suggéré l’idée d’évoquer un steamboat qui navigue sur le Mississippi. Séduit par le concept, John a modifié le texte qu’il avait en tête et a fait en sorte que les premiers accords évoquent les roues à aubes du bateau… … Bod Dylan déclare que c’est sa chanson préféré de l’année et le public ne s’y trompe pas. Proud Mary devient un énorme tube des deux côtés de l’Atlantique. Peu après, Bad Moon Rising et Lodi connaîtront le même sort, mettant CCR sur les rails d’une postérité phénoménale. Reprise avec bonheur en 1971 par Ike et Tina Turner, Proud Mary deviendra hélas risible avec la version française de Claude François qui lui préfère le train: ″ … et je roule, roule, vers mon arc-en-ciel. Roule, roule, pour m’éloigner d’elle…″
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