Delphine Leverrier – Au Fil du Rock

 

Delphine Leverrier – styliste de formation et diplômée de l’ École supérieure des arts et techniques de la mode – à effectué de nombreuses missions au sein de prestigieuses maisons de couture parisiennes (Cartier, Yves Saint Laurent, etc.), principalement en tant que brodeuse. Parallèlement, pour donner libre cours à ses envies, cette artiste se laisse aller à pratiquer son art dans d’autres domaines. Elle s’est ainsi amusée à réaliser une série de poupées faites à la main ou encore à magnifier de vieilles photos trouvées dans ses greniers en leur apportant des touches de couleurs. Passionnée de musique et collectionneuse de vinyles, l’idée lui est venue d’exprimer sa dextérité en customisant des pochettes d’albums afin de leur offrir un nouvel éclat.
À l’aide de strass, de paillettes et de fils métalliques multicolores, or ou argent, Delphine sublime des cover art et leur offre une nouvelle grille de lecture toute en harmonies. Plus d’une centaine d’albums ont ainsi déjà subi les assauts des aiguilles expertes de la brodeuse. Au travers de cette approche visuelle novatrice s’exprime un ressenti très personnel à l’égard de la musique ou de thèmes abordés par certains interprètes français ou internationaux. Il s’agit pour l’artiste de réactiver la magie des affects enfouis dans sa mémoire et pour nous de pouvoir porter un nouveau regard sur des œuvres au demeurant déjà mythiques. Pour en savoir plus sur la Brodeuse Rockeuse: Delphine Leverrier.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Trashmen – Surfin’ Bird

 

En 1963, le premier album de The Trashmen à suffit pour renvoyer dans leurs 22 mètres les groupes de surf rock basés en Californie du Sud. Plus habitué à pratiquer un rockabilly de qualité,  très populaire chez les ados, qu’un garage rock approximatif, le groupe va connaître cette année là un succès aussi soudain qu’incroyable avec un titre complètement déjanté: Surfin’ Bird. C’est le batteur Steve Wahrer qui a eu l’idée de combiner The Bird’s the Word et Pa Pa Ooh Mow Mow, deux titres d’un groupe de Doo Wop de l’époque: The Revingtons. Une fois en studio, rythmique hypnotique et effets spéciaux sur les voix ont été combinés avec des onomatopées répétées à l’envie et des paroles sans queue ni tête. ″Tout le monde a entendu parler de l’oiseau. Eh bien, oiseau est le mot! Pa pa ooh mow mow, pa pa ooh mow mow! ″. Le tour est joué! Contre toute attente, début 1964, les Éboueurs sont dans le top 10 de leur pays avec ce truc décomplexé illustrant le rock & roll dans sa version la plus basique et la plus sauvage. Ce Surfin’ Bird d’anthologie a piaillé dans les bandes son de plusieurs films (notamment Full Metal Jacket de Stanley Kubrick en1987 et Le Vilain, d’Albert Dupontel en 2009) et mis en cage par plusieurs groupes dont les Ramones, The Cramps, Sha Na Na et Silverchair. En 1988, la chanson est adaptée en français sous le titre J’aime Le Beurre par Au Bonheur des dames sur leur album Jour de fête.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, août 2022

Jef Aerosol – Anomalie

© Jef Aerosol – Jean-François Perroy

 

Jean-François Perroy, plus connu sous le pseudonyme Jef Aérosol, est né à Nantes en 1957. Il fait partie de la première génération de street-artistes français des années 80 et c’est vers la fin des années 1990 qu’il s’internationalise et s’affirme de plus en plus.  À la fois peintre et musicien, il s’exprime principalement en utilisant la technique du pochoir grâce à laquelle il investit les murs et devient une figure incontournable du street-art. Si une grande partie de son travail consiste en portraits de personnalités comme Elvis Presley, Gandhi, John Lennon, Jimi Hendrix, Basquiat, Bob Dylan, Serge Gainsbourg, etc, l’artiste s’attarde aussi parfois sur les anonymes de la rue, qu’ils soient musiciens, passants ou enfants. Il lui arrive même de concevoir des pochettes de disques, comme en témoigne notamment celle du disque de Louise Attaque paru en 2016: Anomalie. Pour tout savoir sur l’artiste et son œuvre > Jef Aerosol.  

Avis aux fans de street-art et notamment de Jef Aérosol. Pour célébrer le 40ème anniversaire de son premier pochoir dans la capitale une exposition de grande envergure est prévue du 24 septembre au 5 novembre 2022. Ce sera à Paris dans le 13e arrondissement, face à la Bibliothèque François Mitterrand et dans un espace brut de béton de 600 m².

Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

Faites demi tour dès que possible!

 

Un décret publié au Journal officiel début août va imposer aux applications de guidage de sensibiliser les utilisateurs sur l’impact environnemental de leurs trajets et à proposer des alternatives en terme de mobilité douce écoresponsable. Concrètement, lorsqu’un usager souhaitera planifier un trajet, le résultat devra afficher une estimation de la pollution engendrée par les différents modes de transports proposés. Les applications comme entre autres Google Maps, Waze et Mappy, devront mettre en avant des propositions d’itinéraires dont l’impact est plus faible en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Exemple: Si le trajet comprend un passage en voiture sur une portion où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 110 km/h, les applications devront offrir des alternatives permettant une baisse de la vitesse de 20 km/h engendrant moins de pollution. Ces applications devront aussi s’employer à proposer des itinéraires de délestage pour éviter l’usage massif de voies secondaires non prévues pour du trafic intensif. À partir de décembre 2022 les sites et applications devront aussi diffuser des messages de sensibilisation du genre: ″Pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo″ – ″ Passer de 130 à 110 km/h sur autoroute réduit votre consommation de 20% ″ – ″ Pensez à covoiturer ″ – ″Adoptez une conduite écoresponsable ″ – ″ Au quotidien, prenez les transports en commun ″.

Z’allez voir que bientôt il va nous être conseillé de ne pas rouler dans le salon, suggéré de ne pas stationner dans la rade de Brest et demandé de ne pas flatuler dans un parking souterrain. Comme s’il n’y avait rien de mieux à faire! ″ Ça commence vraiment à me faire chier l’écologie! ″ [Robert Bidochon].

Patrick BETAILLE, août 2022

Procol Harum – A Whiter Shade of Pale

 

Quand la lumière baisse et que résonnent les premiers accords à l’orgue du slow le plus célèbre de tous les temps, tout devient possible. Nous sommes en 1967, et tandis qu’à San Francisco les hippies rêvent rêvent d’un nouveau monde en écoutant The Mamas and the Papas, un groupe anglais alors totalement inconnu envahit les ondes avec A Whiter Shade of Pale. Ce titre, on le doit à Gary Brooker, celui qui fit ses premières armes au sein d’un groupe éphémère: The Paramounts. En regardant la télé alors qu’il vivait chez sa mère, le pianiste-auteur-compositeur-chanteur tombe par hasard sur une publicité pour Hamlet Cigars dont la bande son fait clairement appel à une suite pour orchestre composée en son temps par Jean Sébastien Bach. Sur son piano, il retrouve la mélodie et a l’idée de la faire coïncider avec un texte de l’un de ses ami, le poète surréaliste Keith Reid…

Le single que John Lennon passait en boucle sur la sono de sa Rolls, ne figure pas sur le pressage anglais du premier LP de Procol Harum alors qu’il occupe la première place sur la version US. Mais qu’importe, c’est cette nuance de blanc plus pâle qui squattera le sommet des charts britanniques pendant 6 semaines et installera la formation londonienne au panthéon d’un rock artistique aux mélodies complexes, aux textes alambiqués et aux orchestrations à grande échelle, parfois même symphoniques. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, août 2022

Vinyl en Procès – Pretenders

 

En tant  que collectionneur – compulsif ou occasionnel – de disques vinyles, un jour ou l’autre, vous vous êtes probablement interrogé sur la restitution sonore sensée ravir vos esgourdes. Depuis le retour en grâce de la galette noire, et à moins d’être sourd, il n’est pas rare de constater que, qualitativement, il y a peu de différences entre la réédition LP d’un enregistrement prétendument 100% analogique et celle d’un Compact Disc né du miracle de la conversion numérique grâce à laquelle, dans les années 80, l’industrie musicale s’est empressé de jeter le bébé avec l’eau du bain du vinyle pour promouvoir le juteux marché de la prometteuse technologie digitale.

Sauf que. Dans la précipitation, par méconnaissance et surtout à cause d’un irrépressible besoin d’engranger un maximum de bénéfices en un minimum de temps, la transition de l’analogique vers le numérique a souvent donné un résultat décevant, parfois même catastrophique. Notamment quand il s’agissait d’adhérer aux standards audio de l’époque: gonflement des basses et brillance des aigus au détriment du spectre médium dans lequel – excusez du peu – règnent entre autres les voix. Alors oui! Hosanna, Dieu du ciel béni, gloria, alléluia! Louée soit la belle initiative sensée redonner vie aux enregistrements d’antan produits par nos artistes et groupes préférés.

Sauf que. À cette même époque. Dans  la  précipitation, par euphorie et surtout pour de basses raisons de facilité, les bandes archives ont été – dans les meilleurs des cas – déplacées pour être  stockées dans des conditions désastreusement dégradées, perdues et parfois même détruites. Alors savez-vous ce qui se cache au fond des sillons de votre coûteuse collection de vinyles flambant neuve? Tout simplement du son issu d’un archivage numérique lui même créé à partir de maters analogiques. Faut-il pour autant crier haro sur le baudet? Pas forcément! Le procédé utilisé pour exploiter ce nouveau filon s’appelle le Direct Stream Digital et il a été développé en tant que format d’archivage pour l’audio avec un taux d’échantillonnage 256 fois plus élevé qu’un CD ordinaire. Un processus de bien meilleure qualité que la moyenne.

Sauf que. L’industrie musicale, encore elle, se garde bien d’informer son panel de consommateurs que pour pouvoir pleinement jouir des bienfaits de ces alléchantes gravures, il faudra se débarrasser de son Teppaz et investir dans des équipements dignes de ce nom: ce que communément l’on appelle du matériel Audiophile (du latin audire: entendre et du grec philein: aimer), source de satisfaction auditive parfois masturbatoire.

Audiophiles, le terme est lâché. Une association de ces individus qui, contre vents et marées, n’ont jamais été en voie de disparition, vient de déposer un recours collectif contre une société de réédition de disques en affirmant que le terme de ″Original Master Recording″ vanté et promu par le label est frauduleux. À l’origine de la requête, une resucée en tirage limité du premier album des Pretenders paru en 1979. Après avoir acheté ce qu’il considère comme le Saint Graal, un résident de Caroline du Nord s’est rendu compte en comparant assidument son édition originale analogique avec sa nouvelle acquisition, qu’il y avait anguille sous roche ou plutôt crapaud dans le diamant. Plainte a donc été déposée sous couvert du fait que le DSD évoqué plus haut n’est en aucun cas un processus analogique de bout en bout, contrairement à ce que prétend MOFI (Mobile Fidelity Sound Lab) pour appâter les collectionneurs inconditionnels prêts à payer généreusement les vinyles qui leur sont… Chers!

Moralité. À quelques exceptions près et à condition de faire l’impasse sur des bruits de surface, de passer du temps à éliminer la poussière, de fermer les yeux sur des pochettes écornées et de privilégier les souvenirs, peut être vaut t’il mieux se contenter de dénicher des enregistrements datant de l’ère de l’audio pré-numérique à un prix raisonnable plutôt que de succomber aux sirènes du vintage à tout prix et aux argumentaires mensongers. Même remastérisée, même en 180 grammes, 50 euros la réédition du Deep Purple in Rock, ça fait quant même mal au fondement. Mais comme dirait l’autre: c’est vous qui voyez!

Patrick BETAILLE, août 2022

Willy Ronis – Photographe Humaniste

© Photo Willy Ronis

 

Rien n’échappait au regard de Willy Ronis (1910 – 2009). Né à Paris, ce photographe (ukrainien du côté de son père et lituanien de celui de sa mère) commence la photo à 18 ans et devient professionnel indépendant à partir de 1936. L’époque tumultueuse riche en mouvements sociaux est propice aux commandes. Il photographie les grèves chez Citroën, les défilés communistes, les manifestations ouvrières et les habitants des quartiers populaires. Mobilisé en 1939, il revient à Paris mais, étant juif, il ne peut demander l’autorisation de travailler et part se réfugier à Marseille. À la Libération, la presse a besoin de témoignages visuels. Ronis revient donc à Paris. Là, il shoote les amoureux, leurs retrouvailles, le retour des prisonniers de guerre, les ouvriers et la vie des quartiers pauvres. Rien n’échappe à son regard engagé sur les prolétaires, les politiques, les artistes et surtout les petites gens qu’il aime profondément. Comme son copain et collègue d’agence (Rapho) Robert Doisneau, il immortalise également les bistrots d’après-guerre où règnent le ballon de rouge et le demi, parfois seules échappatoires à la misère ambiante. Ces rescapés des ravages de la guerre parviennent encore à trouver la force de sourire – de rire parfois – et deviennent sans le savoir les acteurs d’une réalité émotionnelle qui donne de la force et de la tendresse à cet humanisme qui caractérise l’œuvre du Photographe. Willy Ronis sur Artnet.

Patrick BETAILLE, août 2022

Jimi Hendrix – Hey Joe

 

Hey Joe?! Où vas-tu avec ce flingue à la main? Je vais descendre ma nana, je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec… Hey Joe?! J’ai entendu dire que tu l’avais flinguée! C’est vrai?… Ouais, je l’ai descendue car je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec. Où vas-tu maintenant? Je ma casse vers le sud, direction le Mexique . Sous forme de dialogue, une tranche de vie écrite et mise en musique dans les années 60 par un folqueux de New-York répondant au nom de Billy Roberts. Plusieurs artistes ont par la suite repris la chanson, dont The Leaves, un groupe de Los Angeles, Love – la formation d’Arthur Lee – The Byrds avec David Crosby et Tim Rose qui en a fait une version plus lente sur un single paru en 1966. 

C’est cette version qui est venue titiller les esgourdes d’un certain James Marshall Hendrix qui à l’époque joue avec Jimmy James and the Blue Flames et propose d’ajouter Hey Joe à la setlist du groupe. Lors d’un concert au Greenwich Village, Chass Chandler est dans la salle. Subjugué par la prestation du guitariste, l’ex bassiste des Animals propose à Jimi de le rejoindre en Angleterre et de devenir son producteur et manager. Une fois à Londres, Chandler fait entrer Hendrix en studio – avec Noel Redding et Mitch Mitchell – et enregistre la chanson par le trio qui devient The Jimi Hendrix Experience. Le single sort en décembre 1966. Avec en face B Stone Free, le disque connaît un succès immédiat, grâce notamment au jeu innovant du magicien de la 6 cordes de Seattle…

En 1966, Johnny Hallyday était de passage à Londres. Lui aussi croisait le gaucher, lui aussi tombait sous le charme de cette saga et lui aussi décidait de se l’approprier. Il confia à Gilles Thibaut le soin d’adapter les paroles avec comme consigne de faire abstraction de meurtre et de cavale. De cocu énervé il était toujours question, mais dans cette version française, le dépit amoureux, l’amertume et le mépris donnaient le ton. « Tu vois Joe, hier je rêvais d’avoir ta peau mais je préfère te voir souffrir et de cette fille, je t’en fais cadeau. Hey Joe! Allez bonne chance Joe!« . 20 ans plus tard, dans une magnifique interprétation, Alain Baschung reprendra à sa façon ce standard planétaire du rock et de ses environs: Hey Joe.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, août 2022

Iron Maiden – Sanctuary

 

[Extrait]: Dès sa sortie le 23 mai 1980, le second single d’Iron Maiden provoque des remous et génère la première controverse à laquelle le combo de heavy metal doit faire face. En cause, l’illustration de Derek Riggs qui représente Eddie, la mascotte du groupe, en train d’assassiner Margaret Thatcher. Gisant au sol, elle tient dans ses mains les restes d’une affiche arrachée ; l’une de celles qui fait la promotion d’un concert de la formation britannique. Le journal Daily Mirror publie l’image et titre :  » Maggie se fait agresser. C’est un meurtre ! « . Les parlementaires montent au créneau et dans de nombreux pays la pochette est censurée. Un bandeau noir est appliqué sur les yeux de la victime ; il est soit disant destiné à masquer l’identité de la Première Ministre du Royaume-Uni… La polémique enfle et ne fait qu’accroître la popularité d’Iron Maiden auprès du jeune public. Sur Women in Uniform, le single suivant, la Dame de fer prend sa revanche. En tenue kaki et armée d’un pistolet mitrailleur, elle attend Eddie au coin d’une ruelle pour lui régler son compte.

Patrick BETAILLE, août 2022


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Lambretta – Enjoy the Ride!

D’après Photo de Jean-François Jonvelle

 


Pas de ECU – Pas d’ABS – Pas de Traction Control – Pas de Ride By Wire – Pas de Suspensions Pilotées – Pas de Régulateur de Vitesse – Pas de Poignées Chauffantes – Pas d’Affichage Digital… Pas de GPS. Pas de… Problème. Le Bonheur?