
[Jean Ethier-Blais. Écrivain]: ″ Il y a des secrets qu’une femme ne peut confier qu’à une femme. Des secrets de sensibilité ″ .
Patrick BETAILLE, décembre 2020
Come Together. Tous ensemble, tous ensemble! 15 décembre – Levée du confinement. L’exécutif en a fait l’annonce par l’intermédiaire du Premier ministre et du ministre de la Santé. À la place, le gouvernement a décidé d’imposer un couvre-feu strict entre 20 h et 6 h du matin, à l’exception du 24 décembre au soir. Par contre, fin des attestations de déplacement en journée. Le port du masque et les mesures de distanciation sociale restent obligatoires.
Patrick BETAILLE, décembre 2020
Richard Corben est né en 1940 dans une ferme du Missouri. Il passe sa jeunesse à Kansas City où, en 1965, il obtient un diplôme des beaux-arts du Kansas City Art Institute. Il travaille d’abord dans l’animation puis se tourne vers la création de comics underground et se lance dans l’illustration d’histoires d’horreur et de science-fiction pour l’éditeur Warren Publishing. En 1975, l’artiste rejoint Mœbius, Philippe Druillet et Jean-Pierre Dionnet dans l’aventure Métal Hurlant. Edité par Les Humanoïdes associés, le magazine français publie Den, la saga érotico-fantastique du dessinateur. Prolixe, Richard Corben représente à lui seul quelques 5000 planches et plusieurs centaines d’illustrations. Son œuvre a été récompensée par le prix du dessinateur étranger au festival d’Angoulême en 1976 et par le Grand prix de la ville d’Angoulême en 2018. L’artiste, décédé le 2 décembre 2020, restera également reconnu pour son illustration du premier album de Meat Loaf paru en 1979: Bat Out Of Hell. ″ C’était un zombie de l’image, un dingue aux images puissantes, folles et d’une justesse non contestable. Il a inventé la bande dessinée en 3D ″ (Philippe Druillet).
Patrick BETAILLE, décembre 2020
Après avoir été débarqué de Pink Floyd en avril 68, Syd Barrett enregistre quelques chansons en vue d’un album solo. Dans un premier temps le projet tombe à l’eau. Le musicien est en train de payer la facture d’une consommation excessive de drogues et, suite à une rupture amoureuse, son état dépressif nécessite un internement dans un hôpital psychiatrique de Cambridge. Au printemps 1969, Barrett repart d’un bon pied et parvient à boucler 13 morceaux parmi lesquels certains bénéficient de la collaboration de ses anciens comparses David Gilmour et Roger Waters. The Madcap Laughs sort le 3 janvier 1970. Musicalement minimaliste, les mélodies sont parfois naïves mais elles prennent souvent une tournure plus sombre. L’album est à bien des égards une représentation de l’état d’esprit d’un individu tourmenté et décadent qui n’a plus la lumière à tous les étages. Même la pochette bénéficie d’une ambiance déconcertante au cœur de laquelle se côtoient dénuement, délire et surréalisme. Syd, pieds nus et hirsute, est accroupi au milieu de la pièce principale d’un appartement londonien qu’il occupe depuis décembre 1968 et où il se consacre à sa passion première, la peinture. Dans un décor dépouillé, posé à même le sol, un vase de jonquilles. La veille de la prise de vue, l’artiste avait badigeonné les lattes du parquet en orange et violet avec l’aide d’une amie rencontrée en mars 1969: Evelyn Rose. Née au Pakistan et surnommée ″Iggy the Eskimo″ à cause d’origines lointaines, elle pose nue au dos du disque. Mick Rock, l’auteur des clichés raconte: ″Quand je suis arrivé pour la séance photo de The Madcap Laughs, Syd était encore au lit, en caleçon, et Iggy était entièrement nue dans la cuisine″. À cause d’un grain exagéré dû à la faible luminosité, le photographe reconnaitra plus tard que les deux images n’étaient techniquement pas parfaites mais que néanmoins elles capturaient parfaitement l’atmosphère du moment et le glamour multicolore du Swinging London psychédélique de la fin des années 60. Comme dit le Chat du Cheshire d’Alice au pays des merveilles: ″We are all mad here″ (Chacun à sa manière, nous sommes tous fous).
Patrick BETAILLE, décembre 2020
Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!
[Mylène Farmer : L’Instant X]:″ Mais qu’est-ce-qui nous englue la planète et embrume ma comète? C’est la loi des séries, les ennuis s’amoncellent. C’est le cycle infernal. Fatal. Un rien devient l’Everest. C’est l’hécatombe. Vernis qui craque. Asphyxie. Pied dans la tombe. C’est l’ équation qui fait tilt. Mais c’est l’instant X qu’on attend comme l’instant magique. C’est l’heure de prendre la pose. Mais pour l’heure, Papa Noël quand tu descendras du ciel, du fun et des ailes, pour penser à autre chose! ″

Photographe anglais né en 1948, Michael David Rock est surtout connu et reconnu pour avoir braqué ses objectifs sur certaines figures emblématiques de la scène rock. Queen, T.Rex, Syd Barrett, Lou Reed, Iggy Pop, The Sex Pistols, The Ramones, Joan Jett, Talking Heads, Roxy Music, Thin Lizzy, Mötley Crüe, Johnny Winter, Rory Gallagher ou Blondie figurent au catalogue de Mick Rock. Certains d’entre eux ont même fait appel à lui pour illustrer leurs disques. L’artiste est à l’origine de clichés mémorables de David Bowie – époque Ziggy Stardust – en sa qualité de photographe officiel de la star. Il a également dirigé les séances photo du film The Rocky Horror Picture Show. Au contact d’un monde connu pour ses excès, alcool et cocaïne se sont immiscés de façon incontrôlable dans la vie de Mick qui, pour échapper à la mort, a dû subir un quadruple pontage cardiaque. Conscient d’être très chanceux, celui que l’on surnomme ″ The Man Who Shot the Seventies ″ est désormais sobre, vit à New-York, pratique le yoga et travaille énormément en se consacrant à de nombreux ouvrages et expositions à travers le monde. En 2006 il reçut le Music Legends Award pour sa contribution à la musique et en 2015 il animait sa propre série télévisuelle: On the Record with Mick Rock. En 2017 parait un documentaire retraçant la vie et la carrière du photographe: SHOT! The Psycho-Spiritual Mantra of Rock. Biographie, portfolios, etc. disponibles Ici!

Patrick BETAILLE, décembre 2020
Quelques mois après la disparition de Lemmy Killmister, le guitariste Phil Campbell reprenait du service. Quand on a passé sa vie sur les planches avec l’une des plus importantes formations de heavy metal du monde, difficile de faire autrement! Dans la foulée, retour donc du grand pourvoyeur de riffs au sein de Motörhead avec une nouvelle formation high energy. Sachant que les chats ne font pas des chiens, pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a chez soi? Poétiquement présenté sous le nom de Phil Campbell and the Bastards Sons, le combo mis à contribution devenait une histoire de famille. Les trois fils sont désormais de la partie. Todd à la guitare et à l’harmonica, Dane à la batterie et Tyla à la basse et c’est Neil Starr, un pote et ex-Attack Attack, qui assure le chant. En 2016, les débuts consistent essentiellement en premières parties de Hawkwind, Guns & Roses, Saxon ou Airbourne et l’année s’achève sur la parution d’un EP éponyme de cinq titres. Le premier long play The Age Of Absurdity sort en janvier 2018 et connait d’emblée un beau succès, grâce notamment à la patte Motörhead que le gratteux gallois n’a bien sûr pas perdue. Nous sommes les bâtards! c’est ce que clame le groupe en septembre 2020 pour annoncer sur les réseaux sociaux qu’un nouvel album arrive. Et le voici! Produit par Todd Campbell et enregistré au Pays de galles, We’re the Bastards ne change en rien la formule éprouvée d’un hard old school. Gros son, rythmiques bétonnées, chant efficace, grattes en avant et solos inspirés. Bref, la grosse cavalerie qui vous en met plein la tronche. On en redemande, même quand le tempo descend d’un cran (Desert Song, Born to Roam et son intro bluesy ou un Waves sous forme de ballade heavy qui va cescendo). C’est une évidence, la tribu Campbell assure la continuité de l’héritage Motörhead qui squatte leur ADN tout en consolidant leur propre identité avec des compos fort bien tricotées. C’est du vrai rock’n’roll! Un truc hargneux et puissant qui prend à peine le temps de souffler entre deux titres mais avec juste ce qu’il faut d’originalité pour ne pas lasser. D’entrée, Son of a Gun vous en colle une et vous savez déjà qu’on va vous ramasser à la petite cuillère. 13 rafales généreuses qui à elles seules en disent plus que toute la discographie de certains groupes.
Certains connaissent peut être déjà le lascar. Soit parce qu’ils ont en main le premier volume de Rebel Motorcycles Ltd paru en 2009 et préfacé par jake Cavaliere des Lords of Altamont. Soit parce que, de près ou de loin, ils ont participé aux aventures PowerGlide, Cast Iron ou Carlingue. Soit enfin, parce qu’ils sont tombés sur son carnet de voyages en images: Mexican Street Art. Pour les autres, disons que Laurent Bagnard est à la fois un narrateur diligent, un photographe accompli, mais aussi et surtout un passionné de bécanes, mais pas n’importe lesquelles. Surtout pas. Ici les notions de vintage et autre steam punk sont définitivement reléguées au fin fond des oubliettes de la bobologie hispster. Pourtant, du Norton, du Harley Davidson, Triumph, MV Agusta et même du Brough Superior il y en a. Mais pas de celles que l’on aurait l’occasion de mater depuis la terrasse du Café de la Gare par beau temps. Et pour cause. Dans ce livre, c’est de mode de vie dont il s’agit. Laurent Bagnard met en lumière des préparations qui sont à l’image de leurs proprios. De ceux qui, comme lui, se foutent de la technologie et de la norme euro comme de leur première tétine. Rebel Motorcycles Ltd II c’est 144 pages et pas moins de 200 photos. 23 bécanes et leurs créateurs respectifs sont là pour témoigner de l’existence d’une contre-culture motorisée qui sent bon l’huile et d’un mode de vie à contre courant des modes et des tendances. Comme dit l’ami Vince sur son blog: ″ Il faut penser à mettre quelque chose d’intelligent au pied du sapin et 30 balles c’est pas la ruine ″. C’est par ici: Laurent Bagnard!
Patrick BETAILLE, novembre 2020