Kinghorn – The Glory Hole Church Center

Le Fife (officiellement Kingdom of Fife) est une région de l’est de l’Écosse. C’est là, sur l’estuaire du fleuve Forth et au nord d’Édimbourg, que se situe la petite ville côtière de Kinghorn. Depuis plus de 30 ans, au cœur de la cité portuaire de 3000 âmes, une association de chrétiens occupe un local destiné à accueillir et aider les membres les plus pauvres de la communauté. Alleluia! Bénis soient ces bénévoles et leurs intentions d’apporter assistance à leurs semblables démunis. Louable, la démarche souffre néanmoins d’une ambiguïté liée au nom de l’établissement en question: THE GLORY HOLE. Et là, c’est la douche! Écossaise évidemment! La dénomination a pour origine une vieille expression désignant un petit placard sous des escaliers. Elle jouit également d’une autre signification plus récente et bien moins céleste qui fait référence à des pratiques sexuelles déviantes à l’aide d’orifices qui, à l’inverse des voies du Seigneur, sont pénétrables. Enfer et damnation! Moyennant deux Notre Père et un Je vous salue Marie, je laisse aux non-initiés le plaisir de titiller leur souris et de cajoler leur moteur de recherche préféré pour combler ce trou et faire jaillir la définition païenne du Glory Hole. Allez en paix!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Damien Saez – Solitude

© Alejandro Sanchez

 


[Damien Saez]: ″ La solitude c’est cette pute qui vous croise le matin, vous baise toute la nuit, puis vous fait payer par un retour à la case départ: le néant! – Loneliness is that slut of life who meets you in the morning, fucks you all night long, then makes you pay for the trip by going back to square one, nothingness! ″


 

L’ OBS – Nos Légendes du Rock

Avec ce hors-série, l’Obs propose d’aller à la rencontre des artistes qui, depuis 60 ans, composent la bande son de nos existences. Des Beatles à Led Zep ou de Joan Baez à Bruce Springsteen, ces légendes contemporaines sont abordées au travers de portraits, enquêtes, témoignages, photos et entretiens. C’est Jason Raish, un illustrateur basé à Brooklyn, qui s’est chargé de la couv en revisitant l’emblématique jaquette du Sgt pepper’s Lonely Hearts Club Band de Daft Punk qui vous savez. Laurent Joffrin, Antoine de Caunes, Michka Assayas, Bayon, Yves Bigot, Hugo Cassavetti et d’autres jouent le rôle de guides lors de la visite de cet Olympe; visite au cours de laquelle ils vous remettent le Graal:  la playlist ultime. Bon, ok, avec un magazine intitulé ″Nos légendes du Rock″ et illustré avec Rihanna, Madona et Britney Spears, certains vont avoir les poils de la guitare qui se hérissent. La bonne nouvelle c’est qu’à aucun moment il n’est fait appel à Philippe Manœuvre. Rien qu’à cause de ça, pour 7.90€, le mag de 100 pages mérite le détour. C’est actuellement en kiosque ou par ici: Nos Légendes du Rock.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Le lundi c’est permis – Chuchoter

© Stanislas-plutenko
 

[George Duhamel]: ″ Toutes deux parlent très bas. Leur vie est un perpétuel chuchotement, un murmure étouffé dont on ne surprend presque rien – They both speak very low. Their life is a endless whisper, a subdued murmur of which we hardly notice anything ″.


Patrick BETAILLE, janvier 2021

 

Covid – Le Vaccin Arrive!

 

D’après un dessin de Maëster: Apparemment, pour Sœur Marie-Thérèse des Batignolles et Carmen Cru, c’est pas gagné! 

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Bonnes Résolutions 2021 – Lelong

Carmen Cru, personnage de Jean-Mar LELONG

 

Resolutions? Me? What are you just implying? That I need to Change? Well, guys, as far as I’m concerned, I’m perfect the way I am! Got it?!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Zapping Photo – 2020 en images

Minneapolis, 28 mai 2020. Troisième nuit de manifestations contre l’assassinat par la police de George Floyd.

© Photo: Julio Cortez/Associated Press

 

Louable démarche que celle du New York Times qui au travers d’une sélection de clichés propose de parcourir les événements significatifs de 2020. Actualité oblige, il y est beaucoup question de la pandémie, de l’assassinat de George Floyd, des élections américaines mais pas seulement. Un zapping essentiel pout se focaliser sur l’essentiel en passant outre l’orgie d’images insipides et de vidéos inconsistantes consommées quotidiennement. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: 2020 – The Year in Pictures.

Patrick BETAILLE, décembre 2020

 

Le lundi c’est permis – Blues Note

© Photo: Bill Steber

 


[Érik Orsena]: ″ L’homme noir voguait sur sa peine et la guitare était son navire. Leur voyage commun devint le Blues – The black man was sailing on his pain et guitar was his ship. Their common journey became the Blues. ″


 

La Discothèque Idéale 2020

 

Dany Brillant chantant Aznavour vous en touche une sans faire bouger l’autre? Gad Elmaleh massacrant Nougaro vous donne des envies de suicide? 2020 n’a pas fait preuve de générosité du côté de ce qui s’écoute avec les oreilles, les pieds mais aussi avec le cœur. Pourtant le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Christone Ingram – Kingfish

 

Voilà ce qu’il se passe quand un père montre un documentaire sur Muddy Waters à son rejeton et le trimbale au Delta Blues Museum de Clarksdale – Mississippi. Christone Ingram joue de la guitare depuis l’âge de 10 ans et la première fois qu’il est monté sur scène il en avait 11.  Toute sa jeunesse il l’a passée sur les routes du Delta et dans les environs de de Chicago pour s’approprier le blues de ses pairs en y apportant des teintes et une énergie que la soul et le heavy-rock des seventies ne renieraient pas. Nominé aux Grammy Awwards, le guitariste a également obtenu plusieurs Blues Music Awards: Nouveau Talent, Meilleur Guitariste et Meilleur Album pour le bien nommé Kingfish, son premier opus. N’ayons pas peur des mots, ce disque est un petit bijou. La guitare du jeune prodige s’exprime comme celle des King, B.B et Freddie, et ses chorus sont incendiaires. Que ce soit en électrique ou en acoustique, sur tempo lent ou rapide, Christone Ingram a le don de vous mettre les poils de la nuque et des avant-bras à la verticale via un blues qu’il distille avec une fraicheur et une facilité déconcertantes. L’artiste ne se contente pas d’aligner des notes. Il est à l’origine de 8 de 12 titres et, par les temps qui courent, son écriture fait preuve d’un feeling unique et d’une voix à la beauté quasi surnaturelle. Cherry on the cake, l’album publié sur le label Alligator Records, bénéficie de la présence de Keb Mo’ d’Eric Gale et de Buddy Guy. Fort prometteuse, cette entrée en matière semble confirmer qu’Ingram soit en capacité de garder les deux pieds dans le présent du blues et d’en entretenir la légende en apportant du sang neuf à ses propres influences. Pour l’heure et sans préjuger des conséquences d’une notoriété aussi soudaine, je n’hésite pas à affirmer que, dans son genre, Kingfish est sans conteste le meilleur album blues de l’année et probablement de la décennie. C’est pas une putain de bonne nouvelle ça?