Fondé en 1994 par Thomas Ruf alors producteur de Luther Allison, Ruf Records est un label indépendant basé à Lindewerra en Allemagne. De grands talents parmi lesquels Jeff Healey, Candye Kane, Coco Montoya, Walter Trout ou Ana Popović, ont ou ont été au catalogue de cette noble institution exclusivement consacrée au Blues. A ce titre et depuis 2005 Ruf Records a mis en place les moyens de promouvoir les jeunes espoirs du label en leur donnant l’occasion de se produire sur les scènes européennes et américaines. Cette Blues Caravan est une véritable vitrine pour les fans et amateurs du genre avides de découvrir de nouveaux talents. Les éditions passées ont ainsi pu lancer les carrières de valeurs désormais sûres que sont par exemple Joanne Shaw Taylor ou Samantha Fish. Plus récemment, quelques privilégiés ont pu apprécier les Blues Sisters, un trio composé de Layla Zoe, Ina Forsman et Tasha Taylor, toutes trois s’exprimant dans un Blues Rock à la Soul envoûtante comme en témoigne cette reprise de Don Covay interprétée en son temps par Aretha Franklin: Chain of Fools!
Certaines photographies ont marqué le XXe siècle. Celle de Charlie Cole, a illustré la terrible répression orchestrée par le régime chinois. Lors du sanglant printemps de 1989, il avait immortalisé pour Newsweek un anonyme faisant face à une colonne de blindés sur la place Tian’anmen, à Pékin. Le monde entier fut frappé par cette image qui est encore aujourd’hui couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée. Pour ce cliché intitulé le Tank Man (L’homme au Char) le photo-reporter avait alors reçu le prestigieux prix World Press de la Photo. Originaire du Texas, Charlie Cole avait élu domicile sur l’île de Bali depuis de nombreuses années et c’est là bas en Indonésie qu’il est décédé le 14 septembre 2019 à l’âge de 64 ans.
[Extrait]: La première tentative du groupe Boxer, Below the Belt, sort en janvier 1976 chez Virgin. Malgré la présence de Mike Patto (ex Spooky Tooth) au chant et aux claviers, ce premier opus se distingue plus par son Cover Art que par des compostions somme toute assez poussives. A partir d’une photo d’ Alex Henderson, Nigel Thomas élabore le packaging de l’album. Au recto, Stephanie Marrian, une habituée de la page 3 du tabloïd The Sun, pose nue, jambes écartées, avec pour seul accessoire un paire de talons aiguille… rouges… Dans le prolongement d’un bras, un gant de boxe vient opportunément cacher l’entrejambe du top model. Au verso par contre le bras tendu du boxer disparaît, dévoilant sur la même photo la pilosité généreuse de la belle brune qui à l’occasion se voit affublée d’une paire de gants… rouges. Pas moyen de se concentrer sur le tracklisting qui pourtant figure en bonne place! Pour le marché américain, la toison pubienne sera recouverte dans un premier temps par une ceinture de boxeur à l’effigie du groupe, puis, pour les éditions suivantes par une réduction de la photo illustrant l’intérieur du LP. Malgré tout, ne suscitant que peu d’intérêt et de succès, Boxer splittera deux albums plus tard en 1979….
Patrick BETAILLE, septembre 2019
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Cinq expressions dangereuses employées par les femmes.
BIEN!Quand elles sont persuadées d’avoir raison, terme employé pour clore la discussion et vous faire comprendre que tu vous devez vous taire – RIEN!Signifie quelque chose et vous invite à la plus grande prudence – CONTINUE: C’est un défi, certainement pas une autorisation. Surtout ne rien faire et se taire, danger! – QU’IMPORTE!Une manière comme une autre de vous inviter à aller vous faire voir – C’EST BON!: Madame a besoin de réfléchir avant de décider quand et comment elle va vous faire payer votre erreur – GENIAL! Ce n’est pas un compliment. Elle est stupéfaite que l’on puisse être aussi stupide.
Depuis le premier Before the Fire sorti en 2009, Rival Sons s’est peu à peu installé dans une notoriété hautement méritée que vient confirmer avec justesse la parution d’un nouvel album. Même si avec Feral Roots le revival du rock des 70’s semble toujours d’actualité, faire référence à Led Zeppelin ou Black Sabbath doit désormais rester l’apanage de Greta Van Fleet ou Blues Pills. Aujourd’hui Rival Sons évolue dans une autre dimension artistique et s’éloigne un tantinet d’un horizon Classic Rock pour s’ouvrir d’avantage à d’autres influences. Bien sûr le Heavy Rock vintage reste d’actualité avec ″Do Your Worst″, ″Back In The Woods″ et ″Sugar On The Bone″ gavés de feeling, de riffs et de soli affûtés à la sauce Scott Holiday; on ne change pas une équipe qui gagne! Changement de cap avec ″Look Away″ et son intro folk suivie d’un tempo lourd et plombé sur le quel s’appuie la voix chaudement éraillée d’un Jay Buchanan en pleine forme. Total dépaysement avec ″Feral Roots″ qui oscille entre folk et rock avec une classe rare. ″Too Bad″, ″Imperial Joy″et ″End Of Forever″ explorent des territoires à la fois moites et ravagés par de sauvages guitares. Surprenant, il y a de la soul teintée de gospel dans ″Stood By Me″ et ″Shooting Stars″ dans lesquels les chœurs féminins font des merveilles. ″All Directions″ démarre sous forme de ballade Pop Rock et va crescendo pour finir en explosion de décibels au cours de laquelle voix et guitares partouzent allègrement. Avec Feral Roots, l’album, la force de Rival Sons réside dans un subtil mélange des genres sur fond de Blues Rock que le groupe maîtrise à la perfection. 11 titres, 45 minutes d’intensité bienfaitrice et émotionnellement aussi puissant qu’un Led Zeppelin II ou III (merde je l’ai dit!). Ce sixième opus enregistré au Muscle Shoals Sound en Alabama et admirablement produit, marque un tournant dans une carrière pourtant déjà pavée de bonnes intentions pour ces californiens qui pour l’occasion signent chez Atlantic et confortent leur statut de probable meilleure formation de Heavy Rock de la décennie. j’ai dit!
[Extrait]: Alors qu’il se promène avec sa femme dans les rues de Los Angeles, Ray Manzarek, clavier et bassiste de son état, tombe au 1246 South Hope Street sur un hôtel du nom de Morrison Hotel. Belle occasion! Le musicien en parle aux autres et dans la foulée le groupe se rend sur place avec le photographe Henry Diltz, un de leurs amis. Le propriétaire de lieux refuse que son établissement soit photographié. Un peu plus tard, Diltz, remarquant qu’il n’y a plus personne à la réception, demande aux gars d’entrer et de se mettre derrière la devanture. La photo est faite et c’est celle qui figure au recto de l’album qui du coup s’intitule Morrison Hotel. Le même jour, quelques rues plus loin au 300 East 5th Street, The Lizard King remarque un bar dont le nom l’inspire et toute la troupe entre pour y écluser quelques bières. Nouvelle série de photos dont une avec le groupe accoudé au comptoir qui est retenue pour l’intérieur de la pochette de ce cinquième opus des Doors; quant à la façade du troquet, elle en illustre le verso. Un an plus tard, le patron du café reçoit un appel. Un certain Peter Morton lui demande l’autorisation d’utiliser le nom du lieu car il a en tête la création d’une nouvelle chaîne de restauration. Le Hard Rock Cafe était né!
Dès sa sortie en février 70 Morrison Hotel connait un gros succès, mettant ainsi fin à une période difficile pour The Doors. Période marquée par l’échec commercial du précédent The Soft Parade et les démêlés judiciaires de Jim Morrison. Quant à Henry Diltz il a à son actif quelques 200 pochettes d’albums pour des artistes tels que Buffalo Springfield, The Lovin’ Spoonful, James Taylor ou encore les Eagles. Certains clichés du photographe font les couvertures de Billboard, Newsweek, Rolling Stone et The Los Angeles Times.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
″ Guitars are like women. You’ll never get them totally right – Les guitares sont comme les femmes. Vous ne les maîtrisez jamais complètement ″ [Slash]
″ To me a guitar is kind of like a woman. You don’t know why you like them but you do – Pour moi une guitare c’est un peu comme une femme. Tu ne sais pas pourquoi tu les aimes mais tu les aimes ″. [Waylon Jennings]
″ Guitar is like a woman in love. She sings when beeing carressed –La guitare c’est comme une femme amoureuse. Elle chante quand on la caresse ″. [Henri Salvador]
″ A guitar it’s okay but a woman it’s better – Une guitare c’est bien mais une femme c’est mieux ″. [Roch Voisine]
C’est Claude Deguidt, bassiste de son état, qui en ouverture de cette rétrospective évoque les groupes de Blues et de Rock qui ont animé la scène paloise au cours des années 60 à 90. Du fond de son canapé le musicien passe en revue son parcours au sein de formations telles que The Snakes, Les Chouchous, Les chenapans, Les Drifters et Caterpillar. Avec Jean Delteil, Claude évoque également The Shake’s avec Michel Chevalier qui partira plus tard rejoindre Les Variations, et… Daniel Balavoine qui partira… ailleurs. Jean-Claude Bourseau, lui revient sur Asshole Blues Band (Faut il traduire?)! qui en son temps a assuré les première parties de Vince Taylor! et Teenage head qui a joué en ouverture de Little Bob Story, Bijou, Backstage (avec Paul Personne) et Dr Feelgood. Arrive Srege Zéni (n’ayons pas peur des mots: le Rory Gallagher de l’étape!) qui retrace l’émergence de sa formation Empty Bed. Puis c’est le Rock Sudiste qui est à l’honneur avec Didier Céré et le tonitruant Abilène, le groupe qui à ″mauvaise haleine″. Un peu plus loin c’est la maman de pierre Récarborde qui raconte avec émotion les nobles errances musicales de son fils Pierre qui, après la période punk des Scumms et un séjour de 5 ans chez son frère dans l’Illinois revient pour créer, avec Franck Chandavoine, Bob Cat, un excellent duo imprégné bien sûr de Chicago Blues. Voilà pour la partie visible de l’iceberg mais c’est sans compter sur tous ces noms qui tout au long du reportage établissent un lien étroit entre les tenants et les aboutissants de la passion musicale. Des musiciens d’abord, y compris ceux qui à un moment ont partagé la même scène: Valérie Bru, Joël Lapeyre, Thierry Lasserre, Eric Bordis, Thierry Olmos, Jean Luc Poueyto, Christophe Aubin, Jean Delteil, Philippe Dumas, Christophe Gautier, Joël Tamet, Jean Pierre Médou et Jean-Michel Calléja. Des groupes évidemment: Cheese, Hot Slugs, Southern Comfort et Johnny Staccato. Des intervenants aussi: Jacques Morgantini, fondateur du Hot Club de Pau, et promoteur local du Chicago Blues Festival, Eric Delamare (producteur indépendant), Didier Marquestaut (sonorisateur), Jacques Lemaire (preneur de son) et Jean Arbus (studio d’enregistrement à Pontacq). Des lieux enfin, ceux qui parleront aux amateurs nostalgiques: Chez Régis à Gan, Le Knack à Baudreix et le Show Case à Pau. La liste est loin d’être exhaustive. Le mot de la fin revient à Nico Wayne Toussaint, cet incontournable bluesman harmonisciste chanteur qui déclare en substance: ″… Il appartient aux vivants de perpétuer la mémoire de ce qui n’existe plus.″. Voilà qui est fait et bien fait! merci à Jacques Gasser & Daniel Jeannot pour la réalisation, JackDaniel pour la production et L’écran du Son pour la promotion.
Marre du démarchage à domicile? Cliquez sur l’image pour l’agrandir. Enregistrez la sur votre disque dur. Ouvrez l’image pour accéder au menu ″Impression″. Sélectionnez une taille d’impression adaptée au support sur lequel sera apposé le message (Boite aux lettres, porte d’entrée, hall d’immeuble etc…). Imprimez, de préférence en couleur, et découpez selon les pointillés. Assurez vous de pouvoir mettre l’affichette à l’abri des intempéries ou, si possible, faites la plastifier au préalable. Collez, scotchez, agrafez, clouez ou punaisez l’avis à la bonne hauteur, visible de tous. Si malgré le côté explicite du propos il vous arrive encore d’être importuné par un agaçant trublion, faites lui bouffer le fruit de votre travail. En général ça marche!
[Extrait]: Comme beaucoup d’autres, les pochettes des albums des Doors n’ont généralement rien de transcendant. A une exception près, celle de Strange Days. Ce Cover Art est l’œuvre de Joel Brodsky, photographe américain auteur de plus de 400 pochettes d’albums devenu célèbre pour sa photo de Jim Morrison torse nu, les bras en croix… Le visuel du deuxième album de la bande au poète maudit ne tombe pas dans la facilité et pour cause. En effet, au cours d’une des crises dont il était coutumier, Morrison refuse de se prêter à la séance photo sensée servir de base à l’édition de l’album à paraître fin 1967. Qu’à cela ne tienne! Au retour d’un repérage, Brosky, s’inspirant du film La Strada de Federico Fellini, propose de faire un cliché d’un groupe de saltimbanques dans les rues de New York City. Pour ce faire, deux acteurs sont embauchés: les nains jumeaux que l’on voit au recto et au verso. Le jongleur lui est l’un des assistants du photographe, le géant un portier de club et le trompettiste un taxi driver recruté sur place. Une fois réunie, la petite troupe est amenée sur les lieux du shooting dans l’Est de Manhattan: une ruelle du nom de: Sniffen Court… Mise en scène impeccable, on y croit! Les deux photos qui auraient mérité n’en faire qu’une au montage donnent vraiment l’impression d’avoir été prises sur le vif. L’ambiance mélodramatique associée à une incongrue étrangeté des lieux et des personnages colle parfaitement à la musique du groupe. Pour parfaire le décor et afin d’identifier clairement l’album, des posters des musiciens ont été collé sur les murs de l’impasse: il s’agit d’un tirage qui figurait au verso du premier opus éponyme des Doors.
Patrick BETAILLE, août 2019
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre: