Abilene – Take no Prisoners

Nouvel Album Abilene

Le moins que l’on puisse dire c’est que Didier Céré n’est pas en peine lorsqu’il s’agit de partager sa passion pour le rock high energy. Auteur-compositeur, adaptateur avisé, en solo ou au cœur de formations qui écument les scènes de France, de Navarre et d’ailleurs, il contribue sans conteste à ce qui ce fait de mieux dans l’hexagone en terme de country music et southern rock. De shows en festivals, après 40 ans passés sur les routes, le chanteur guitariste est de retour avec un nouveau skud pour lequel il a fait appel aux fines gâchettes qui sévissaient dans le Sud-Ouest des années 80: Abilène! Ils sont là; Jean Pierre Medou et Jean Michel Calleja aux guitares – Daniel Quenard aux Drums avec en renfort Pascal Davant à la basse. Ils sont là; comme au bon vieux temps, quand ils ouvraient pour Dr Feelgood, Inmates, Ozark Moutnain Daredevils ou Little Bob et ils n’ont rien perdu de leur énergie. Dix titres qui déboulent comme un gros twin sur la route 66. C’est du brut de décoffrage, bougrement efficace et Didier Céré n’a pas son pareil quand il s’agit d’offrir toute la puissance de sa voix au rock’n’roll survitaminé qu’il affectionne et auquel la formation paloise rend ici hommage. Attention! Take no Prisonners Rock’n’Roll est un paquet de dynamite qui va vous péter à la gueule et vous propulser au sein d’un revival où Cochran, Setzer, Slade, Motorhead et Georgia Satelittes régnaient en maîtres pendant que The Gun faisait la course avec le Diable. Sortie officielle de cet excellent album en janvier. Pour écouter des extraits c’est Ici! Toutes infos et commande c’est ! Allez y sinon c’est la privation de Jack Daniels et le goudron et les plumes qui vous attendent!

Tracklist: Le rade des zombies 3:31- Summertime blues 3:10 – Malaise à Nogales 3:52 – Cum on feel the noize 3:52 – Race with the Devil 3:01 – Bomber 3:57 – Sergio my hero 4:07 – Red hot 3:31 – Gudby T’Jane 3:47 – Keep your hands to yourself 3:21.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

The Who – Who

The Who: Nouvel album 2019

Treize années se sont écoulées depuis Endless Wire, la dernière production studio de ce qu’il reste des Who. Treize années durant lesquelles Roger Daltrey et Pete Townsend se sont consacrés à l’écriture de bouquins, à la réalisation de disques solos et bien sûr à quelques tournées communes en mode best-of nostalgique. La parution de cette douzième production studio semble attester du fait que, même conscients d’être dans la dernière ligne droite, les frères ennemis veulent prouver qu’ils ont envie de renouer avec un genre qu’ils ont pour ainsi dire inventé. Onze nouvelles compositions qui bien évidemment lorgnent du côté du passé sans se démarquer d’un classicisme sur lequel les Who ont au fil des ans consolidé leur réputation. Même si à l’écoute les ambiances rappellent incontestablement la période Who’s Next et Quadrophenia (qui s’en plaindrait?) Who ne consiste pourtant pas en une resucée de vielles recettes éculées. Le chant de Daltrey a gagné en émotion ce qu’il a perdu en aigus et l’écriture de Townsend, toujours aussi aigri et engagé, s’appuie sur des compositions musicales qui n’ont rien perdu de leur finesse. ″ Who gives a fuck? ″, ″Qu’est-ce qu’on en a à battre?″ C’est ce que déclare le guitariste en ajoutant: ″Quand on a soixante-quatorze ans, franchement, qu’est-ce que ça peut bien vous foutre que le rock soit mort ? Être en vie, ça, oui, ça compte, et préserver la flamme avec son public, c’est quelque chose de délicat″. Quoiqu’il en soit il y a dans ce nouvel album de quoi rameuter les vieux fans et probablement en fédérer de nouveaux.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Bill Owens – Altamont 1969

Livre Altamont 1969, Bill Owens
© Photo Bill Owens

 

Le 6 décembre 1969, les Rolling Stones montent sur scène pour clôturer le festival rock gratuit d’Altamont dans le nord de la Californie. Largement improvisé, le rassemblement qui devait être une réponse à Woodstock de la part de l’ouest des USA,  s’est révélé catastrophique du début à la fin car sous-dimensionné pour pouvoir répondre correctement à l’affluence des 300 000 spectateurs. Tout au long de la journée et pour de banales questions de logistique la tension monte, notamment à cause de la présence des Hell Angels chargés d’assurer la sécurité, mais aussi du fait de la consommation d’alcool et de drogues. Ce qui devait arriver arriva. Alors que les Stones jouent Under My Thumb un jeune tente de monter sur scène. Refoulé par le service d’ordre il refait une tentative, cette fois armé d’un pistolet. Le Hells Angel Alan Passaro poignarde Meredtith Hunter sur lequel vont s’acharner plusieurs membres du gang. Avec la mort de ce black de 18 ans l’incident marquera la fin d’une époque, celle du Peace & Love, et, cinquante ans après, reste gravé dans les mémoires comme l’événement le plus tragique de toute l’histoire du Rock. Hunter ne figure pas sur les photos de Bill Owens qui couvrait l’événement mais le photographe a pris de très nombreux clichés au cours du festival. Sur l’un d’eux un des Hells Angels s’en prend à un spectateur à grand coups de queue de billard durant la prestation de Jefferson Airplane. Ces témoignages fascinants sur la frénésie, le chaos, les tensions et la violence de cette journée noire sont regroupés dans un recueil d’une centaine de pages intitulé: Bill Owens: Altamont 1969. Un témoignage visuel fort qui trouve sa place aux côté de Altamont 69 – les Rolling Stones, les Hells Angels et la fin d’un rêve, le livre de  Joel Selvin.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Guy Peellaert – Rock Dreams

Livre Rock Dreams. G. Peelaert

Connu pour avoir réalisé les jaquettes de It’s only Rock’n’roll des Stones,  Diamond Dogs de Bowie, Horse of a Different Color de Wily DeVille ou Pour nos Vies Martiennes d’Etienne Daho, Guy Peellaert a aussi conçu des affiches de films et pas des moindres: Short Cuts de David Altman, Taxi Driver de Martin Scorcese ou encore Les Ailes du Désir de Wim Wenders. Au milieu des années 70 les dessins de Guy Peellaert et la plume de Nick Cohn s’unissaient pour donner naissance à ce qui allait devenir un livre culte dans l’histoire du rock: Rock Dreams. Pas moins de 125 tableaux, principalement constitués de portraits des personnalités marquantes de l’histoire de la musique rock. Techniquement parlant l’œuvre relève d’un délicat mélange de photomontages et de peintures hyperréalistes réalisées à l’aérographe. Comme dans un album de famille, toutes les icônes américaines sont saisies dans leur intimité ou mises en situation dans des scénettes issues de l’imaginaire collectif ou des fantasmes de l’artiste. Bill Haley, Rolling Stones, Tina Turner, Elvis Presley, Sinatra, Bob Dylan et tant d’autres géants qui ont écrit les plus belles pages du rock sont là. Aujourd’hui encore considéré comme une oeuvre majeure, Rock Dreams est une invite pour un voyage dans le temps dans une magnifique machine à rêver qui part à la rencontre des mythes de l’Amérique et de la Pop Culture.

Guy Peellaert: Stones, Bowie, Willy DeVille


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, octobre 2019

Miles Davis – Rubberband

Miles davis album posthume

28 ans après la disparition de Miles Davis, le label Rhino fait les fonds de tiroirs et sort un album posthume du génial et visionnaire trompettiste. A n’en pas douter ce Rubberland doit être aux amateurs de jazz ce que le monstre du Loch Ness est aux écossais: une apparition toujours espérée mais jamais constatée. Les onze titres Rubberband nous arrivent finalement d’outre-tombe grâce à l’initiative de Vince Wilburn neveu de l’artiste et producteur des derniers enregistrements du tonton. Les sessions se situent entre octobre 1985 et janvier 1986, donc entre You’re under Arrest et Tutu. A n’en pas douter, les adeptes de Kind of blue, In a silent way, ou de Sketches of Spain ne vont pas y trouver leur compte tant l’ensemble de ces inédits sonne très années 80 avec à la clef une forte présence des claviers. Rubberband est funk, électrique, plus vocal que d’ordinaire et les effets électroniques sont très présents. En 1982 l’artiste avait été victime d’une attaque paralysant partiellement sa main droite et entraînant donc des difficultés à jouer. Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit,  un inédit du grand Miles, même posthume, ça ne se refuse pas. Au fait Davis est il vraiment mort?

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Peter Rowen – Le Boy de U2

Boy U2. Photo Hugo McGuiness

[Extrait]: En février 1980, managés par Paul McGuiness les membres de U2 entrent en studio. Pendant sept mois et  sous la houlette de Steve Lilywhite, ils mettent au point les 11 titres de leur premier LP, Boy. Sur la pochette de l’album, la photo en noir et blanc du visage d’un jeune enfant aux yeux emplis d’un mélange de tristesse et de crainte. L’enfant s’appelle Peter Rowen, frère cadet de Derek Rowen, un ami de longue date de The Edge et de Bono qui déclarait à l’époque: ″J’ai l’image de la pochette en tête depuis deux ans. Elle exprime beaucoup de choses pour moi. Écouter l’album en tenant la pochette, c’est merveilleux!″… Publié sur Island Records, le disque sort en octobre 1980 au Royaume-Uni et en Irlande. Cinq mois supplémentaires seront nécessaire pour que Boy arrive sur le marché U.S. En effets, les Etats Unis et le Canada craignent que la photo soit perçue en tant qu’incitation à la pédophilie (ça ne s’invente pas!). La photo prise par Hugo McGuiness se voit donc censurée et remplacée par un patchwork – soit disant artistique – de clichés des quatre musiciens irlandais. Trois plus tard l’enfant a grandi. Yeux cernés, lèvre tuméfiée et expression colérique illustrent War, le troisième album de la bande à Bono incluant le fameux Sunday Bloody Sunday. Après avoir abandonné l’école à 15 ans et fait de la figuration dans le film d’Alan Parker The Commitments, Peter Rowen deviendra… photographe.

Patrick BETAILLE, septembre 2019


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Andy Summers – Monochrome Strat

Andy Summers Stratocaster Leica M

 

Bien qu’étant surtout connu en tant que musicien, Andy Summers est aussi écrivain et photographe. Quand l’énorme notoriété de Police lui en laissait le temps et chaque fois qu’il le pouvait, le guitariste jouait de son appareil photo. A ce titre, il a sorti en 2007 I’ll Be Watching You, un recueil photographique consacré aux années passées aux côtés de Sting et Stewart Copeland. Connaisseur et technicien avisé, le virtuose Andy travaille essentiellement en noir et blanc avec la Rolls du matériel photographique: Le Leica M.
Si le fabriquant allemand témoigne d’un savoir-faire incontestable, Fender et son Custom Shop construisent, eux, des guitares Signature, rendant ainsi hommage à certains grands talents. Le 17 septembre, Fender a lancé le modèle Andy Summers Monochrome Strat. En édition limitée à 50 exemplaires, la Stratocaster conçue par Dennis Galuszka fait appel à un collage de photos prises par Andy et est construite selon ses spécifications. Manche et touche en érable, corps 2 pièces en aune et  micros bobinés à la main. La signature du guitariste est apposée sur la tête de manche mais aussi sur la plaque de jonction manche/caisse. S’agissant d’un réel partenariat entre Fender et Leica, on retrouve aussi sur cette Fender Andy Summers Monochrome Strat le point rouge symbole de Leica sur la 15ème case. Présents également, des boutons de contrôle cylindriques de couleur argent similaires à ceux de l’appareil Photo. Il faut débourser 12 500$ pour ce morceau d’histoire instantané à 6 cordes et sensiblement la même chose pour le Leica M Signature qui lui aussi a droit à son édition spéciale. Vous avez demandé la  Police? Ne quittez pas!

Le lundi c’est permis – Le Cri

Edvard Munch: Skrik
Source Image: Twitter

 

Le Cri est une œuvre expressionniste du norvégien Edvard Munch. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. ″ Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait… Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture… Mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété″ [Edvard Munch]. Quand soudain… Oooh mon dieu!!!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

Cal Schenkel – Frank Zappa: We’re Only in It for the Money

Cal Schenkel: Zappa We're In It for the Money

[Extrait]: En 1968, le mouvement hippie et ses élucubrations fleuries laissent Frank Zappa de marbre et les appels du pied des tendances Rock Psyché du moment lui en touche une sans faire bouger l’autre. Même l’unanimement plébiscité Sgt. Pepper’s des Beatles paru un an plus tôt ne trouve pas grâce auprès de ce Dali des sixties qui trouve l’album ″ pas mal mais sans plus ″ allant même jusqu’à déclarer: ″ Ils ne m’ont jamais fait fantasmer. J’avais le sentiment qu’ils n’étaient motivés que par l’argent ″. Fidèle à sa réputation de génie cynique et rebelle, le guitariste californien accompagné de ses Mothers of Invention sort en octobre 68 We’re only in it for the money, En plus du titre provocateur (″On est là que pour le fric!″) ce quatrième album du Zap est bourré de propos acerbes sur les policiers, les réactionnaires, les racistes ou les hippies. Musicalement parlant les 19 morceaux, dont certains d’à peine une minute et même 26 secondes pour Hot Poop (Caca Chaud!) font souvent l’objet de divagations déjantées à base d’assemblages sonores, d’effets spéciaux, de distorsions et de bruitages. Mais le plus saisissant réside dans le visuel qui parodie clairement le Sgt pepper’s lonely hearts club band des 4 de Liverpool. Cal Schenkel réalise pour le recto un collage de personnages (dont Jimi hendrix) avec au premier plan les Mothers au complet et une grosse caisse sur laquelle figure le titre de l’album. Au verso, paroles imprimées sur fond rouge et en guise d’encart la photo des 7 membres du groupe alignés sur un fond jaune. Ce cliché est signé Jerry Schatzberg, le photographe qui a fait poser les Stones déguisés en femmes pour la pochette de leur 45 tours Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow? Ici pas de grimage pour l’hirsute combo, juste des accoutrements féminins improbablement kitsch. Zappa demande la permission de publier l’artwork en l’état à Paul McCartney mais ce dernier lui suggère de s’adresser à sa maison de disques. Refus catégorique de Capitol Records; on ne touche pas aux Beatles! Verve Records, la maison de disque de Zappa, prend donc la décision de faire figurer  l’image  controversée à l’intérieur et de la remplacer par la photo du groupe. La censure ne s’arrête pas là. Le label fait passer certaines phrases jugées malsaines à l’envers pour les rendre inintelligibles et d’autres sont carrément coupées sans que le Maître en soit informé. En 1984, We’re only in it sera réédité  avec les paroles d’origine et quand il est élu parmi les meilleurs albums de tous les temps, Zappa se contente de maugréer: ″Je préfère que la récompense aille à ceux qui ont censuré cet album, ils la méritent plus que moi″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, septembre 2019