[Catherine Rambert – Petite philosophie du soir]: ″ En cette dernière journée de l’année, se souvenir qu’il est toujours temps… Temps d’aimer et temps de recevoir. Temps de changer et temps d’accepter. Temps de recommencer et temps de partir. Temps de renaître et temps d’espérer. Temps de promettre et temps d’agir. Temps de vivre tout simplement ″
There’s a well known joke about an english tourist in Ireland who asks one of the locals for directions to Dublin. The Irishman replies: ″ Well sir, if I were you, I would not start from here ″.
Une blague bien connue raconte l’histoire d’un touriste anglais en Irlande qui demande à un habitant du coin son chemin pour de rendre à Dublin. L’Irlandais de répondre : ″ Eh bien monsieur, si j’étais vous, ce n’est pas d’ici que je partirai ″.
En avril 1950, dans le Paris de l’après-guerre, Robert Doisneau est en quête de sujets pour répondre à une commande de la part de Life Magazine. Dans un café, le photographe repère un jeune couple en train de s’embrasser. Il les aborde et leur propose la somme de 500 francs pour rejouer la scène à l’extérieur. Le 12 juin, le cliché mettant en scène Françoise Delbart et Jacques Carteaud – alors tous deux élèves du Cours Simon – figure sur une double page du magazine américain : ″ In paris, young lovers kiss wherever they want to and nobody seems to care ″ (À Paris, les jeunes amoureux s’embrassent où bon leur semble et personne ne semble s’en soucier). Aux côtés de cinq autres photos, celle de l’Hôtel de ville passe alors quasiment inaperçue. Fin de l’histoire?
À partir de 1986, soit 36 ans après sa sortie dans Life magazine, Le Baiser de l’Hôtel de Ville devient la photo iconique du Paris romantique. Déclinée en posters, imprimée à des millions d’exemplaires, elle reste la plus célèbre de Robert Doisneau et figure dans le top 10 des images les plus connues au monde. C’est tout?
En 1992, Denise et Jean-Louis Lavergne, un couple d’imprimeurs, affirment qu’ils sont les protagonistes du Baiser et réclament 500 000 francs au photographe pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée. À l’annonce du procès, Françoise Delbart réapparait avec en main le cliché original que Doisneau lui avait offert après la séance photo. En 1993, tout ce beau monde se retrouve devant le tribunal. Les Lavergne ne parviennent pas à démontrer qu’ils étaient les amants de l’Hôtel de ville et sont déboutés. Françoise également. Le tribunal estime que son visage n’est pas formellement identifiable et, à ce titre, considère qu’elle n’est qu’une figurante. Elle réclamait 100 000 francs ainsi qu’un pourcentage sur les bénéfices commerciaux et finalement elle en obtiendra 50 000 après avoir renoncé à ses droits passés et à venir. Jacques Carteaud, lui a toujours refusé d’être associé à une démarche qu’il considère comme ″ une vulgaire histoire de fric ″. Mais encore?
En 2015, lors d’une vente aux enchère, Françoise a obtenu 155 000€ de son exemplaire original du Baiser de l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui elle a 92 ans et vit à Evreux.
Un anniversaire, un de plus, celui de Led Zeppelin. L’occasion de voir réapparaitre dans les rayons Led Zeppelin by Led Zeppelin. Publié en version reliée et dans la langue de Shakespeare en octobre 2018, l’ouvrage qui se veut le premier et le seul livre illustré officiel du groupe revient en version française brochée pour célébrer les 50 ans de la création de la formation britannique. Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et feu John Bonham ouvrent leurs archives. Ils reviennent sur la genèse des chansons, leur travail en répétition et en studio, les instruments utilisés, les triomphes mais aussi les désastres de cette extraordinaire aventure. Annotations, interviews, commentaires des musiciens, énormément de photos (trop?) – certaines inédites – mais aussi: extraits de carnets, planches contacts, reproductions d’affiches, tickets de concert, pochettes d’albums, etc. Pour l’avoir eu dans les mains, je confirme: c’est du lourd, presque 3 kg! Tout y est, organisé chronologiquement sur 400 pages pour un plongeon au cœur même du mythe Led Zeppelin. Le pavé en question trouvera facilement sa place aux côtés de celui de Barney Hoskins: Gloire et décadence du plus grand groupe du monde (Édition RivagesRouge). Source, infos et détails: Led Zeppelin by Led Zeppelin, Editions : Glénat
Si à 50 ans tu n’as pas ton livre sur AC/DC c’est, soit que tu vis dans une grotte, soit que le rock tu t’en tapes comme de ta première tétine, soit enfin que tu connais le sujet sur le bout de tout ce que tu veux. Un putain d’anniversaire pour une putain de formation qui, depuis désormais un demi-siècle, occupe le top du décrassage de cages à miel dans l’histoire du rock. Dernier hommage en date, celui rendu par Philippe Margotin: AC/DC – Le Groupe, les Albums, la Musique. Romancier, chroniqueur, directeur de collections, l’auteur a écrit bon nombre de biographies dont celles de Johnny, Amy Winehouse, U2, Bashung, Radiohead, Polnareff, Police, Who, Rolling Stones et Muse. Il a également commis avec Jean-Michel Guesdon une série d’ouvrages intitulée La Totale (Editions EPA) dans laquelle des œuvres musicales sont décryptées et analysées. Les productions des Beatles, Bob Dylan, Pink Floyd, Led Zeppelin, Jimi Hendrix etc, y sont ainsi passées à la moulinette afin de comprendre comment leurs auteurs ont définitivement marqué l’histoire de la musique.
″Ce livre célèbre un demi-siècle de AC/DC. Il revient sur un formidable parcours qui a commencé en 1973 avec les premiers pas dans les clubs de Sydney avec le chanteur Dave Evans, la création du style AC/DC avec Bon Scott au chant, Angus et Malcolm Young aux guitares, Mark Evans puis Cliff Williams à la basse et Phil Rudd à la batterie, enfin, la consécration planétaire avec Brian Johnson et avec Back In Black, l’un des albums les plus vendus de toute l’histoire de l’industrie du disque″ [Source: Éditions Glénat]. Ouais bon, une bio de plus me direz vous. Ce à quoi je réponds to de go et sans sourciller: et pourquoi pas! Peut-être n’avez vous pas dans votre bibliothèque le AC/DC Tours de France 1976-2014 (Ed Point Barre 2014) de Philippe Lageat & Baptiste Brelet, un monument de 712 pages retraçant le parcours du groupe dans l’hexagone. Peut-être êtes vous passé à côté de l’indispensable AC/DC High Voltage Rock n Roll (Ed Chêne 2011) que Phil Sutcliffe a consacré à la bande à Angus. Alors c’est le moment! Vous les avez? Eh bien remettez en une couche avec ce dernier ouvrage! Cela prouvera que vous êtes un inconditionnel et qu’à ce titre, repartir en enfer avec la bande aux frères Young ne vous fait même pas peur. En outre, néanmoins, cependant et de toutes façons, une bio n’est jamais définitive, à fortiori quand les grands énervés du rock tournent encore. Pis, Nowel n’est pas si loin non? Pour en savoir plus: Éditions Glénat.
″ Approche-toi petit, écoute-moi gamin. Je vais te raconter l’histoire de l’être humain. Au début y avait rien, au début c’était bien. La nature avançait, y avait pas de chemin, puis l’homme a débarqué avec ses gros souliers. Des coups de pieds dans la gueule pour se faire respecter, des routes à sens unique il s’est mis à tracer… Tous les éléments se sont vus maîtrisés. En deux temps trois mouvements l’histoire était pliée. C’est pas demain la veille qu’on fera marche arrière, on a même commencé à polluer les déserts. D’ici quelques années tes petits-enfants te demanderont comment t’as pu laisser faire ça. T’auras beau te défendre, leur expliquer tout bas c’est pas ma faute à moi, c’est la faute aux anciens mais y aura plus personne pour te laver les mains. Tu leur raconteras l’époque où tu pouvais manger des fruits allongé dans les prés. Y’ avait des animaux partout dans la forêt et au début du printemps, les oiseaux revenaient. Le pire dans cette histoire c’est qu’on est des esclaves, quelque part assassins, ici bien incapables de regarder les arbres sans se sentir coupables. À moitié défroqués, cent pour cent misérables. Alors voilà petit, l’histoire de l’être humain. C’est pas joli joli, et j’connais pas la fin. T’es pas né dans un chou mais plutôt dans un trou qu’on remplit tous les jours comme une fosse à purin. Il faut que tu respires. C’est demain que tout empire, tu vas pas mourir de rire et c’est pas rien de le dire. Il faut que tu respires ″.
Le LZ 129 Hindenburg est le plus grand dirigeable commercial jamais construit. En établissant une liaison transatlantique Europe/Etats-Unis, la société Luftschiffbau Zeppelin a pour mission de promouvoir les prouesses technologiques de l’Allemagne nazie et du IIIème Reich d’Adolf Hitler. Le vol inaugural a lieu le 4 Mars 1936, suivi d’une activité de 14 mois consacrée à des vols promotionnels et surtout à des ajustements techniques. Le 6 Mai 1937, alors que l’aéronef s’apprêtait à boucler sa première traversée de l’année, l’irréparable se produit au dessus de Lakehurst dans le New Jersey. Après un vol sans encombre, l’atterrissage est retardé par un orage, puis un incendie se déclare à l’arrière du dirigeable. Le feu atteint alors les réserves de carburant et, au bout de quelques minutes, l’engin s’embrase et s’écrase au sol. 35 morts sur les 97 passagers au cours de ce moment médiatiquement couvert par plusieurs compagnies cinématographiques et de nombreux photographes, dont un certain Sam Shere, l’auteur d’une image immédiatement publiée dans la presse du monde entier, y compris à la Une du New York Times.
En 1969, le cliché refait parler de lui. C’est cette année là que voit le jour un nouveau groupe bâti sur les cendres des New Yarbirds: Led Zeppelin. Signée par le label Atlantic, la formation britannique entre en studio pour enregistrer son premier album. S’agissant du cover art, il est fait appel au collectif de designers Hipgnosis au sein duquel officie George Hardie qui commence par proposer plusieurs projets, non retenus par le staff. Finalement c’est Jimmy Page qui suggère l’utilisation de la photo du crash de l’ Hindenburg.
Très inspiré par le travail d’artistes tels qu’ Andy Warhol, George Hardie commence par saturer le tirage pour ensuite le retoucher selon la technique du stippling (pointillisme). l’illustrateur recrée à la main les ombres et les lumières grâce à une infinité de petits points. Ce faisant, l’approche permet également de contourner en toute légalité d’éventuels problèmes liés aux droits d’auteur. Adopté à l’unanimité, le cover art n’échappe pourtant pas à la controverse. En 1970, Frau Eva Von Zeppelin – descendante du comte Ferdinand du même nom – s’oppose à l’utilisation de l’image de l’aérostat et du patronyme de sa famille. L’héritière entame une procédure pour empêcher ceux qu’elle qualifie de ″singes hurlants″ d’effectuer une tournée au Danemark. Au final, les autorités coupent court à la polémique en jugeant qu’il n’y a légalement rien de répréhensible dans la démarche des musiciens.
Pour une pochette désormais considérée comme une œuvre d’art à part entière, son auteur a touché à l’époque la modique somme de 60 £. Prudent ou visionnaire, Hardie avait quand même pris soin de mettre l’original à l’abri en l’accompagnant d’une note pour le moins humoristique: ″George’s Pension Fund″ (caisse de retraite de George). Et il a bien fait! Ressortie du placard, la pochette a été mise aux enchères chez Christie’s le 18 juin 2020. Estimé entre 20 000£ et 30 000£, l’objet a très rapidement atteint la barre des 100 000$ pour être adjugé sous le marteau à 325 000$!
Royaume-Uni. Après 44 jours au pouvoir, Liz Truss démissionne de son poste de Première Ministre. Bon, on va pas en faire toute une salade non plus hein?!
Passionnée par le monde du rock, cette photographe britannique a réalisé de nombreux portraits de légendes et couvert bon nombre de concerts pendant lesquels elle a shooté les musiciens témoins actifs des moments forts de la scène musicale. Son premier cachet significatif elle l’obtient en couvrant une tournée de Led Zeppelin dans les années 1970, époque à partir de laquelle elle commence à travailler pour le New Musical Express. Au cours de sa collaboration avec le magazine, Pennie Smith a l’occasion de photographier beaucoup d’icônes et de légendes du Rock. Pink Fairies, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Who, Iggy Pop, The Jam, Debbie Harrie, et beaucoup d’autres se sont ainsi retrouvés au cœur de sa mémoire argentique. L’un de ses plus célèbres clichés est celui de Paul Simonon fracassant son instrument sur la scène du palladium de New York lors d’une tournée en 1979.
Bien avant cet événement mémorable, certains s’étaient déjà prêtés au jeu du ça casse et ça passe. Jerry Lee Lewis incendiant son piano en première partie de Chuck Berry, Pete Townsend éventrant son ampli à grands coups de manche de guitare ou encore Jimi Hendrix immolant sa Stratocaster sur la scène de Monterey. Mais là!.. Dans quelques millièmes de secondes et en gros plan, la Fender Précision Bass va s’écraser on stage et voler en éclats pour exprimer tout ce qui symbolise l’excitation, la puissance et l’urgence énergique du rock.
Quand il voit le tirage, Joe Strummer envisage de le garder pour le cover art de l’album en devenir. Pennie, elle, trouve la photo de mauvaise qualité et tente de convaincre le chanteur-guitariste de The Clash de changer d’avis. En vain. Il la veut et il l’aura, soutenu en ce sens par le staff du NME qui trouve que le flou incriminé donne encore plus de force au témoignage visuel.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
[Zazie: Allumer le Feu – Extrait]: ″ Revenir à l’état sauvage, forcer les portes, les barrages. Sortir le loup de sa cage, sentir le vent qui se déchaîne, battre le sang dans nos veines, monter le son des guitares et le bruit des motos qui démarrent ″.