Romain Hugault – Angel Wings

© Romain Hugault

 

Très tôt attiré par tout ce qui touche à l’aviation au point d’obtenir son brevet de pilote à l’âge de 17 ans, Romain Hugault – fils d’un colonel de l’armée de l’air – est également un passionné du neuvième art pour lequel il affiche de réels talents. Après ses études à l’École Estienne, Il fait le choix de se consacrer professionnellement à la bande dessinée et de faire du pilotage son loisir prioritaire. Le Dernier Envol, Le Grand Duc, Au Delà des Nuages, l’essentiel de son œuvre consiste en bandes dessinées consacrées à l’aviation, notamment durant les deux Guerres mondiales. Également très inspiré par les pin-up de la grande époque, l’artiste est également l’auteur des trois tomes de Pin-Up Wings au sein desquels d’emblématiques objets volants  côtoient d’admirables modèles en bas nylon mais pas que. Un autre série rend hommage aux femmes pilotes qui ont activement participé à l’effort de guerre de 1944: Angel Wings. Sur des scénarios de Yann, Romain Hugault illustre des scènes aéronautiques saisissantes de réalisme au cours desquelles les héroïnes sont élégamment mises à l’honneur. C’est beau, c’est chaud, ça sent le kérosène, la poudre et les charmes d’Angela sont un régal pour les yeux.  ″Angel Wings n’est pas une série machiste″, déclare le dessinateur. ″Bien au contraire, le personnage principal est une femme forte qui évolue dans un milieu d’hommes, mais qui en même temps se montre fragile, avec ses sentiments et ses peines. Une bimbo à gros nichons aurait été machiste alors que là, au contraire, l’héroïne, même si elle possède des formes – grand bien lui fasse -, est une fille avec du caractère et elle le montre″. Très récemment, l’artiste vient de réaliser les illustrations d’un magnifique ouvrage de Bernard Chabbert consacré à Antoine de Saint-Exupéry: St Ex, un prince dans sa citadelle. Ça et le reste, tout est ici: Romain Hugault, site officiel. Allez-y, y’a même moyen de décapsuler une binouze!

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Agence Looma – L’art des gestes barrières

©Ministry of Culture and Information Policy of Ukraine (Vues partielles)

 

Afin de limiter la propagation de la Covid-19, tout est bon pour parvenir à faire respecter les gestes barrières indispensables. Les reportages choc montent en puissance. De plus en plus il est fait appel à des sommités diverses et variées pour témoigner de la gravité de la situation et les campagnes de pub tentent de sensibiliser les populations quant au respect des comportements à adopter face au fléau. En Ukraine, c’est le Ministère de la Culture qui s’y colle. La noble institution est à l’origine d’une campagne d’affichage ayant pour cadre des œuvres picturales de renom. Pour ce, les graphistes de l’Agence Looma se sont livrés à une réinterprétation de certaines toiles de Maîtres afin de pouvoir y incorporer les messages de circonstance.

De gauche à droite et de bas en haut: Avec son Christ seul à table, La Cène de Léonard de Vinci promeut la distanciation sociale. Pour Gustave Courbet, le contact lors de La Création du Monde ne se fait pas sans gel hydro-alcoolique. Avec le Portrait du jeune Pietro Bembo, Raphaël vante les bienfaits du lavage des mains. Léonard de Vinci encore avec La Dame à l’hermine qui incite à faire des provisions afin de limiter les déplacements. Même au moment de la prière La Madone de Giovanni Battista porte des gants chirurgicaux. Pour Frederic Leighton, Orpheus et Eurydice doivent impérativement garder leurs distances. Pas de cash, paiements par carte! C’est le message de la Miss Worrell as Hebe de Benjamin West. Le Fils de l’homme de René Magritte n’échappe pas à la règle du port du masque: Il doit couvrir la bouche et le nez et une fois en place ne doit pas être manipulé.

Pour voir ces œuvres dans leur intégralité et voir le Bonaparte de David franchissant le Grand-Saint-Bernard au service du click & collect il faut aller à la source: Galerie Sakura

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Lim Heng Swee – For Art & Cat Lovers

Lim Heng Swee for art & cat lovers

Lim Heng Swee est un illustrateur et graphiste basé à Kuala Lumpur, en Malaisie. Ses œuvres, très souvent humoristiques, font l’objet de publications sur le Net mais aussi dans de nombreux magazines et journaux comme The Readers Digest ou Le Monde. Récemment l’artiste a réalisé 20 tableaux, à la fois minimalistes et surréalistes, consacrés aux chats. Étonnantes, les attitudes emblématiques du comportement de ces animaux qui viennent épouser diverses formes de paysages > Cat Minimal Landscape Art Series.

Lim Heng Swee: for art & cat lovers

Patrick BETAILLE, février 2020

Wes Wilson à l’Affiche

Décès de Wes Wilson
© Wes Wilson

 

Au cœur de la contre culture des Sixties, fleurissaient des affiches tourbillonnantes et criardes dont le lettrage aérien et tourmenté était parfois vraiment difficile à décoder. C’était la marque de fabrique de Wes Wilson. Véritable précurseur du genre, l’artiste s’attachait à remplir tout l’espace disponible de l’encart en lui donnant un aspect liquide. Sa façon à lui de promouvoir les concerts rock (Grateful Dead, Jefferson Airplane, Van Morrison, les Byrds, Janis Joplin, Jimi Hendrix etc…) de la côte ouest, en particulier au Winterland Ballroom, au Fillmore et à l‘Avalon Ballroom de San Francisco. Le roi de l’affichage psychédélique est décédé le 24 janvier 2020 à l’âge de 82 ans.

Patrick BETAILLE, février 2020

 

Le lundi c’est permis – Le Cri

Edvard Munch: Skrik
Source Image: Twitter

 

Le Cri est une œuvre expressionniste du norvégien Edvard Munch. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. ″ Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait… Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture… Mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété″ [Edvard Munch]. Quand soudain… Oooh mon dieu!!!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

La Cène – The Last Rock Supper

 

De gauche à droite: Bob Marley, Freddie Mercury, James Brown, Johnny Cash, Sid Vicious,  Janis Joplin, Elvis Presley, John Lennon, Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Jerry Garcia et Frank Zappa.

De par leur notoriété, certaines œuvres de la culture occidentale font régulièrement l’objet de reprises constantes dans la culture contemporaine, notamment au travers de copies, parodies, mises en scène et autres détournements. C’est le cas de La Cène peinte par Léonard de Vinci en 1495-1497. Dans cette interprétation pour le moins inattendue on retrouve le gotha de célébrités aujourd’hui disparues après avoir écrit quelques unes des plus belles pages de l’histoire du Rock. Personnage principal, c’est bien sûr le King Elvis qui préside ici The Last Rock Supper. L’on peut noter aussi que le rôle de Judas est tenu par Johnny Cash et que l’apôtre Pierre se retrouve dans la peau de Sid Vicious. Marie Madeleine, elle, devient hilare sous les traits d’une Janis Joplin probablement bourrée. En bout de table siège Simon, le comique de circonstance qui se retrouve sublimé en Frank Zappa à poil sur une cuvette de WC. A noter également les murs tapissés d’affiches de concerts de Muddy Waters, Jefferson Airplane et Grateful Dead. ″ Mais alors nom de Dieu de bordel de merde!! Y’a donc rien de sacré pour vous!?! ″ (Hamster Jovial).

Patrick BETAILLE, août 2019

Jeremy Worst – Pin-Up & Jack Daniel’s

Jeremy Worst paintings
© Jeremy Worst

 

Le Tennessee Whiskey et sa bouteille carrée estampillée de l’emblématique étiquette noire semble définitivement associé à l’histoire du rock et de ses excès. Les Stones, Led Zep, Motörhead, Van Halen, Guns N’ Roses, entre autres, ont été parmi les plus efficaces promoteurs bénévoles du Jack Daniel’s, synonyme pour eux d’authenticité et de désinhibition; la preuve en images: When the Old No.7 rocks! Le monde de l’Art trouve parfois lui aussi son inspiration dans le bourbon de Lynchburg. Certains artistes affichent clairement leur appétence dans leurs compositions picturales, allant même jusqu’à associer les charmes de la dive bouteille à ceux, évidents, de pulpeuses créatures. C’est le cas de Jeremy Worst

Patrick BETAILLE, juillet 2019

Ken Kelly – Rainbow Rising

Rainbow Rising

 

[Extrait]: Au printemps 1975, Ritchie Blackmore, ténébreux pourvoyeur de riffs plombés devant l’éternel, quitte Deep Purple pour former son propre groupe. Depuis quelques mois déjà, il s’est acoquiné avec les musiciens du groupe Elf qui assure les premières parties des concerts du Pourpre. A l’exception de Ronnie James Dio, lutin hirsute aux cordes vocales surdimensionnées, les musiciens quittent la formation peu après la parution d’un premier essai quelque peu pompeux: Ritchie Blackmore’s Rainbow. Arrivent alors Tony Carey aux claviers, Jimmy Bain à la basse et Cozy Powell à la batterie. Tout ce beau monde entre en studio et, sous la houlette de Martin Birch, enregistre en 1976 et avec la contribution de l’Orchestre Philharmonique de Munich ce qui deviendra LA référence du Hard Rock mélodique: Rising. Tarot Woman, une longue intro aux synthés, suivie par une guitare galopante vite rejointe par une section rythmique dominée par la frappe lourde de Powell. Le décor est planté. Avec son timbre à la fois puissant et lyrique, et surtout cette aisance pour atteindre les notes hautes, la voix prend alors une ampleur inégalable. D’emblée on pénètre dans un monde féerique, celui qu’affectionne le regretté Ronnie James Dio, auteur de tous les textes et cosignataire de toutes les musiques. L’album culmine avec en face B deux titres très énervés de plus de 8 minutes chacun, modèles du genre. Stargazer tout d’abordun véritable joyau dans lequel Dio donne toute la mesure de son talent et Blackmore assure une prestation immense avec un solo mémorable. A Light In The Black enfin, morceau d’anthologie, encore un, le summum étant atteint avec un duel guitare/synthé éblouissant au cours duquel Powell martyrise sa double batterie comme il a rarement eu l’occasion de le faire, avant ou après. Imparable! Mais le premier contact avec ce monument a lieu via la pochette signée Ken Kelly, connu pour ses illustrations de Conan le Barbare, Tarzan, Vampirella mais aussi au travers de son travail pour Manowar, Kiss et Ace Frehley. Dans le plus pur style de l’Heroïc Fantasy, l’artiste marque les esprits avec cette main gigantesque émergeant des profondeurs d’un océan tempétueux pour saisir un arc-en-ciel (Rainbow). ″J’ai rencontré Ritchie et, à l’issue du rendez-vous, je savais très exactement comment traduire ce qu’il voulait. C’est ce que j’ai fait ″ (Ken Kelly). En 1981 Rising a été élu par le magazine Kerrang meilleur album de Heavy Metal de tous les temps.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Gennadiy Koufay – Canicule

Gennadiy Koufay Pin-Up
© Gennadiy Koufay

 

Né en 1961, d’origine russe, Gennadiy Koufay est très tôt encouragé par son père, ingénieur, à réaliser des dessins à connotation technique. Très vite le jeune homme va laisser de côté le dessin industriel pour s’orienter par goût vers une toute autre expression, beaucoup plus artistique. En 1973, il entre à l’Ecole des Arts de Sébastopol où il va développer de réels talents dans le domaine de la décoration. Après un début réussi dans la production théâtrale, Gennadiy est nommé décorateur en chef du théâtre de Sébastopol et parallèlement il parvient à acquérir une solide réputation dans l’univers de la mode et de la publicité. En décembre 1995, il s’installe à New York, puis un peu plus tarden Floride. Là, il travaille en tant qu’artiste indépendant et réalise plusieurs projets remarquables, notamment des œuvres décoratives pour le festival Fantasy Fest de Key West où glamour, Fantasy Art et Pin-Up sont à l’honneur. Dès lors, le peintre se consacre à ce qu’il a toujours voulu faire: célébrer la féminité. Bien que son travail, souvent assez suggestif, s’adresse à un public averti, Kouflay ne tombe jamais dans la vulgarité. Élégance et sensualité sont l’apanage de bon nombre d’acryliques, de dessins ou d’aquarelles qui traduisent un amour immodéré pour les courbes féminines. De Marylin, son idole, à Vampirella, l’ambiance torride générée par chaque toile est palpable; ce qui explique certainement pourquoi le premier volume consacré son travail est sous-titré Heatwave . C’est moi ou il fait chaud là tout d’un coup?…

Patrick BETAILLE, mai 2019

Philippe Moine – Têtes de l’Art

Caricatures de Philippe Mone
© Philippe Moine

 

Philippe Moine le dit lui même en introduction: ″ C’est dans le journal Pilote, dans les années 70, que je découvre les caricatures des Grandes Gueule de Ricord, Mulatier, Morchoisme puis de Jean Michel Renault…″ Aujourd’hui, cet autodidacte palois qui au fil du temps est passé du crayon à l’acrylique, nous livre ce qui se fait de mieux dans le domaine de la portraiture hyperréaliste et exagérée. Les Têtes de l’Art sont là! Deux magnifiques ouvrages en format 24 x 32. Plats et dos cartonnés, 72 pages pour le volume 1 consacré à la musique, la peinture et aux humanistes; 80 pages pour le volume 2 dédié au cinéma, au théâtre et à la littérature. De Miles Davis à Didier Wampas, de Tim Burton à Bruce Willis les rencontres sont éblouissantes et l’on a la chance de pouvoir croiser Keith Richard, Freddie Mercury, Gainbourg, Zappa, Quentin Tarentino, Maïwenn et bien d’autres, tous sublimés par la justesse du détail et la précision du trait. La déformation des visages et le particularisme des attitudes tirent parti d’un beau travail sur les lumières. Les couleurs sont parfaitement maîtrisées et la brillance du papier sans grain vient transcender l’illustration flanquée d’annotations de la main de  l’artiste. Pas de verbiage, juste l’essentiel, avec çà et là quelques clichés et anecdotes venant étayer, souvent avec humour, des relations parfois privilégiées entre croqueur et croqué. Un vrai régal! Philippe Moine est vraiment une Tête de l’Art. Indispensables à tout adepte du genre ou amateur de beaux livres, ces classieux Têtes de l’Art préfacés par Sebastian Krüger et édités à compte d’auteur sont disponibles au prix de 20€ par volume ou 35€ pour les deux (frais de port 7€ pour 1 ou 2 livres). À la demande, dédicace personnalisée de la part de l’auteur.

Patrick BETAILLE, mars 2019