Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

 

[Extrait]: Mort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″ Qui est-ce? ″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″ Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? ″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″ Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux ! ″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. IIen 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Dante Orpilla – She only loves you when she’s drunk!

© Dante Orpila

 

 

Ses amis l’appelaient ″ Youngluck ″ (chanceux). Fils de père philippin et de mère métisse, Orpilla a grandi dans les mauvais quartiers d’Oakland. A l’âge de 17 ans, lors d’une fusillade il est blessé à la nuque et à 21 ans il prend une balle dans le bras au cours d’une bagarre. En 2006, sa petite amie rompt et disparaît avec son fils de 3 ans, Orion. Déprimé, ″Lucky″ sombre dans la paranoïa et la drogue.Plus tard, se fait piéger et arrêter en possession de 110.000 dollars destinés à l’achat de 7 Kg de cocaïne. Incarcéré dans un pénitencier fédéral, il purge une peine de trois ans assortie d’une détention à domicile sous contrôle judiciaire. De tout temps Dante été doué pour le dessin mais c’est lors de son séjour en prison qu’ il développe son art, un peu par hasardUn jour en effet, il renverse du café sur une feuille de papier et réalise que la teinte brunâtre donne naissance à des taches qu’il trouve éloquentes. Sa boisson du matin se transforme bientôt en aquarelles. De fil en aiguille, d’échanges de courriers en publications de blog, il acquiert une notoriété et son statut d’artiste reconnu se confirme. Aujourd’hui l’artiste, toujours en liberté conditionnelle, gère son Project Stane pour venir en aide aux enfants en difficulté et persiste dans l’expression de son talent. Comme en témoigne cette peinture intitulée ″She only loves you when she’s drunk″Dante Orpilla  produit des œuvres à l’image de son parcours: sombres, tourmentées, d’une fulgurance et d’une expressivité étonnantes. A voir sur OneUglyBastard

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Jean Paul Pagnon – Blues & Jazz entoilés

J.P Pagnon Muddy Waters
© Jean Paul Pagnon

 

Du Delta du Mississippi à Chicago,  des ruelles de la Nouvelle-Orléans aux quartiers de New-York, l’univers de ce peintre français héberge chanteuses et musiciens, micros, guitares et cuivres dans des univers qui ont la chaleur d’une tasse de café qui fume, la rondeur d’une volute de cigare de La Havane et la moiteur d’un été en Louisiane. Jean-Paul Pagnon donne des couleurs à ce rêve américain, et met en images l’éternelle bande-son du Jazz et du Blues. Infos et galeries: Art Paintings J.P Pagnon.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Jean Claude Legros – Blues Attic

Jean Claude Legros Blues Attic
© Jean-Claude Legros

 

J’avais 16 ans. Un copain de lycée m’avait revendu deux 45 tours: Democrat Man de J.L Hookeret Louise Blues de B.B Broonzy sur lesquels la majorité des titres était jouée sans autre accompagnement que la guitare du chanteur. La même année, les Kingsmen sortaient un ″ Louie Louie ″ autrement plus bruyant et là j’ai craqué sur les guitares électriques. Puis les Beatles et les Stones ont scellé l’affaire et le Rock l’a emporté haut la main… Puis vinrent mes années jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Count Basie, Coltrane … J’ai tout dévoré. Avec une attirance pour les notes bleues….C’est à la fin des années 80 que le Blues est revenu. D’abord par la musique elle-même, puis par son histoire. Et là j’ai compris d’où venait quoi et comment tout s’était passé. Depuis j’essaie de payer ma dette à cette musique en l’exprimant à ma manière avec des pinceaux ou avec une plume.

C’est en ses termes que Jean Claude Legros raconte son parcours  et nous ouvre la porte de son grenier que la musique du diable occupe depuis 1995.  Les peintures, pastels et fusains sont entièrement consacrés à l’univers des musiques afro américaines et donc au Blues pour l’essentiel. Outre ses toiles éblouissantes, l’artiste offre ça et là des biographies documentées, de très pertinentes chroniques de disques et de beaux montages vidéo illustrant quelques incontournables quant à la compréhension d’un genre musical majeur. Bienvenue dans le Blues Attic!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Kathrin Longhurst – Women of the Revolution

Kathrin Longhurst: Women of the Revolution
© Kathrin Longhurst

 

Kathrin Longhurst est née et a grandi en Allemagne de l’Est, à l’ombre du Mur de Berlin. Elle a 15 ans quand sa famille réussit à franchir le Rideau de Fer et part se réfugier en Suède. L’imprégnation de la transition brutale d’un régime totalitaire vers une démocratie a suscité plus tard chez l’artiste le besoin d’explorer le concept de la liberté de parole et d’expression. Fortement influencées par le réalisme pictural socialiste, les œuvres de l’artiste jouent avec les contrastes en mettant en scène des femmes casquées dans des ambiances de propagande communiste. Aujourd’hui Kathrin vit à Sydney avec son mari australien et son travail  le plus récent fait aussi référence à la puissance de la publicité au sein du monde capitaliste et à la place prépondérante des femmes et de leurs charmes dans les médias. Pour en savoir plus: Kathrin Longhurst.

Philippe Moine – Caricatures au Sommet

Philippe Moine: Caricatures!
© Philippe Moine

 

Donald Trump et Kim Jong-Un qui adorent s’insulter à distance et se menacer, en affirmant qu’ils ont la plus grosse, envisagent aujourd’hui de se faire face. En attendant ce jour, voici côte à côte les deux chefs d’état, magnifiquement croqués par Philippe Moine. L’artiste excelle dans l’art de grossir le trait d’amis, de musiciens ou de célébrités et il maitrise à la perfection le sens du détail. Le sang et les impacts sur le drapeau US, les pin’s au revers des protagonistes et les boutons en forme de rockets du coréen, de quoi sourire sans pour autant oublier que les deux plus grands maboules égocentriques du moment sont bien capables de foutre le feu à la planète.

Patrick BETAILLE, avril 2018

 

Dominique Valla – Noir Mat hyperréaliste

Noir Mat, peintre surréaliste
© Dominique Valla

 

Un père artiste peintre, une Harley Davidson acquise dans les années 90, une passion dévorante pour la Kustom Kulture, voilà ce qui anime cet artiste autodidacte quand il plonge dans l’univers de la mécanique et des chromes. Armé d’un pinceau ou d’un aérographe, Dominique Valla a fait sienne une culture américaine imprégnée de motos, de voitures, de trucks et de pin-up. L’artiste signe ses œuvres ″ Noir Mat ″ et pourtant rien n’est noir et rien n’est mat. Ses acryliques irradient de couleurs, s’animent d’ambiances chaudes et pétillent de détails précis qui s’inscrivent dans un mouvance hyperréaliste très convaincante. Talentueux peintre multi-facettes, Dominique excelle également dans l’art urbain ou animalier et à l’occasion il s’adonne aussi avec bonheur au Pop Art. Si vous appréciez ce mode d’expression, n’hésitez pas à faire appel à lui pour une mise en peinture, sur toile originale, de la photo de votre bolide préféré, avec ou sans vous. 

Patrick BETAILLE, février 2018

Marie Meier – Les Enfers du Rock

Illustrations Marie Meier
© Marie Meier

 

Alsacienne d’origine, Marie Meier est une artiste qui se définit elle même en tant qu’illustratrice Goth’n’Roll. Son domaine de prédilection c’est essentiellement le rock et le Burlesque qu’elle met en scène dans un univers où la mort et l’ésotérisme occupent une place prépondérante. Entre tattoos et comics, son style inimitable torturé et très encré, exprime toute sa puissance dans une série consacrée au Club 27, mais se retrouve aussi à l’honneur dans Rock & Folk, Power Glide magazine et sur des jaquettes de bouquins (Virginie Despentes) ou des affiches de festivals. Citée en tant que référence dans des ouvrages tels que Be Burlesque, Marie Meier a aussi œuvré pour la télévision (Tracks), le cinéma (Bye bye Blondie) et en 2009 elle a même collaboré à l’écriture du livre Les Enfers du Rock. Quand les nombreuses expos en France et en Europe lui en laisse le temps il lui arrive aussi de se consacrer, comme ici, aux tarots ou de peindre des guitares sur lesquelles les effigies d’Hendrix et de Robert Johnson sont à l’honneur.

Marie Meier Les Enfers du Rock
© Marie Meier

Patrick BETAILLE, février 2018

Fabien Novarino – Artiste Pop & Co

© Fabien Novarino

 

Depuis 2010, cet artiste peintre savoyard intègre la photographie dans son art  afin de donner à ses peintures une connotation contemporaine et urbaine. À partir de clichés, Fabien Novarino conçoit des œuvres graphiques originales qui relèvent d’un style aux accent Néo Pop et Vintage. Réalisées à partir d’un subtil mélange de collages, dessins et pochoirs, ses toiles s’inspirent des icônes du cinéma, de street art et de l’univers des comics. Fermement actuel, son art est un bel hommage à la société du divertissement où moto et rock occupent une place non négligeable. A découvrir Ici!

Patrick BETAILLE, novembre 2017

Sarah Brand – I Want to Ride Now!

© Sarah Brand

 

C’est évident! Sarah Brand aime les bagnoles; les Porsches en particulier mais, de manière générale, les racées, celles qui ont de la gueule, du chien et, sous le capot, le mordant qui va avec. Harley, Triumph, Ducati ou Norton font aussi partie des domaines de prédilection de l’artiste. Les bécanes font souvent l’objet de mises en scène dans lesquelles de belles amazones sont à l’honneur. Sans être des Pin Up au sens propre du terme, les filles peintes par Sarah restent résolument campées dans l’élégance d’un charme éloquent. Quel que soit le sujet, la technique du pinceau et le traitement de l’ambiance donnent à l’expression de l’ensemble des œuvres un style urbain des plus attrayants. Et lorsqu’il s’agit de capter l’atmosphère bariolée de New York où les taxis jaunes règnent en maîtres,  les couleurs éclatantes prennent réellement toute leur dimension. Pour en savoir plus, le travail de Sara Brand est visible Ici et !

Patrick BETAILLE, octobre 2017