Annie Leibovitz – Born in the USA

Annie leibovitz: Born in the USA
Album cover Art – Photo Annie Leibovitz

 

[Extrait]: Elle est effectivement née aux Etats Unis Annie Leibovitz, dans le Connecticut. De 1970 à 1983, bien avant donc d’opérer derrière l’objectif pour la réalisation du calendrier Pirelli 2016, la photographe devient célèbre alors qu’elle travaille pour le magazine Rolling Stone. Au cours de cette période elle suit le Tour of Americas des Stones et en ramène plus de 400 clichés. Grâce à ses photos, Annie devient vite la mémoire argentique du rock et fixe pour la postérité de très nombreuses figures représentatives de l’époque… John Lennon, Beach Boys, Armstrong, Marley, Joan Baez, Leonard Cohen, Ray Charles, Chuck Berry, Elton John, Marvin Gaye, Miles Davis et tant d’autres, dont Bruce Springsteen. C’est d’ailleurs pour le patron du  E Street Band qu’en 83 Annie Leibovitz réalise les images qui seront utilisées pour la jaquette de l’emblématique Born in the USA. A la sortie de l’album, le Boss de dos, en jeans, debout devant le drapeau américain ne fait pas l’ unanimité. Le drapeau, que Springsteen souhaitait voir apparaître sur le disque, est évidemment en rapport avec le premier morceau de l’album Born in the USA, véritable hymne aux vétérans du Vietnam méprisés au retour dans leur patrie. Certains Républicains accusent le chanteur de laisser penser qu’il est en train d’uriner sur le Stars & Stripes. A contrario, d’autres y voient un hymne patriotique et nationaliste, à commencer par George Bush en 84 et Ronald Reagan en 88 qui utilisent la chanson à des fins électorales. Springsteen n’apprécie pas du tout, d’autant plus que le détournement a eu lieu sans son consentement.

Patrick BETAILLE, octobre 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Jethro Tull & Burton Silverman – Aqualung

Burton Silverman Aqualung

[Extrait]: Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre reconnu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins, c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art de Aqualung, œuvre majeure et incontestée de Jethro Tull. En 1971, le producteur Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe qui est train de finaliser son quatrième album. Le peintre assiste à une séance de répétition dans les studios Island, prend quelques clichés et fait des croquis. De retour chez lui, inspiré par ce qu’il a vu et entendu, il se met au travail et, quelques temps plus tard, livre trois aquarelles à la maison de disques. La première, représentant un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé, sera retenue pour le recto de la pochette. Au verso, une représentation, à la fois plus sereine et plus triste, du même personnage assis sur le trottoir en compagnie d’un chien famélique… Quant au gatefold, il représente le groupe qui s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes à l’intérieur d’une église. Après la sortie de l’album, la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson qui déclare ne pas particulièrement apprécier les peintures de l’artiste. Compte tenu de l’énorme succès du disque et donc de l’exploitation médiatique qui en découle, le peintre se plaint de n’être pas suffisamment rémunéré. Malheureusement pour l’artiste, aucun contrat relatif à d’éventuelles royalties générées par l’utilisation des images n’a été établi. Effectivement, à l’époque, Terry Ellis, également cofondateur de Chrysalis Records, lui a versé un montant forfaitaire de 1 500 dollars pour les trois tableaux qui illustrent Aqualung, sans autre formalité qu’une poignée de mains… Après avoir été dérobés dans les bureaux de Chrysalis, les trois tableaux, abandonnés dans un hôtel, refont surface. En 2012, un anonyme prend contact téléphoniquement avec Silverman. Il affirme posséder les toiles et tente d’en négocier la revente. Faute d’accord, la transaction n’aura pas lieu. Depuis personne ne sait ce que sont devenues les œuvres.

Patrick BETAILLE , août 2017

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Sir Peter Blake – Sgt. Pepper’s

Peter Blake Beatles album cover art

[Extrait]: Publié en Angleterre le 1er juin 1967, considéré comme la plus grande œuvre des Beatles et comme l’un des albums les plus influents de la musique populaire, ″Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band″ est le huitième album des Fab Four. C’est le directeur artistique Robert Fraser qui suggère au groupe de confier la réalisation de la pochette à l’artiste pop-art Peter Blake. Celui ci accepte et conçoit une image représentant les quatre musiciens au milieu d’une assemblée de personnages auxquels ils souhaitent rendre hommage. Edgar Allan Poe, Bob Dylan, Lewis Caroll, Karl Marx, Marlon Brando, Albert Einstein, Oscar Wilde et d’autres se retrouvent ainsi à l’honneur au sein d’un diorama sur fond bleu ciel. Le plus étonnant reste que le concept ne relève pas d’un photomontage ou d’un collage. En effet, les portraits sont des silhouettes en carton ou des statues de cire grandeur nature et tous les accessoires de la scénographie, y compris un palmier artificiel, sont réels. La préparation du décor nécessite deux semaines de travail et la session de photos elle même dure plusieurs heures. Le coût final de l’opération s’élève à 3000 £, soit à l’époque cent fois le coût habituel d’une jaquette.  Le résultat se soldera par l’obtention d’un Grammy Award, contribuera à la légende de l’album et marquera définitivement un tournant dans l’approche graphique des maisons de disques. Quand à Peter Blake, il concevra d’autres pochettes, beaucoup moins célèbres, pour Brian Wilson, Clapton, les who et plus récemment Oasis.

Peter Blake: Who, Clapton, oasis, Wilson


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 Patrick BETAILLE, août 2017

Scorpions – Love at First Sting

censure Scorpions Love at first sting

[Extrait]: Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ (qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées)  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.


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Patrick BETAILLE, mai 2017

Nick de Ville – Albums

Albums, création graphique & musique

Albums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol, Hipgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

Patrick BETAILLE, mai 2017

Emerson Lake & Palmer – Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

(Extrait]: Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang  » Fellatio « ). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée… La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson de cryogénie. L’ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. Brain Salad Surgery reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine... H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Patrick BETAILLE, Mai 2017


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Steppenwolf – La Dickmobile de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

[Extrait]: Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la saisissante ″ Dickmobile ″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

Patrick BETAILLE, avril 2017


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The Rolling Stones – Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

[Extrait]: Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27… La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de Beggars Banquet prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″ R.S.V.P. ″ (″ Réponse S’il Vous Plait ″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album… Qu’importe! Avec Let it Bleed, Sticky Fingers et Exile on main St, Beggars Banquet reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Patrick BETAILLE, mars 2017


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Lynyrd Skynyrd – Street Survivors

Lynyrd Skynyrd Street Survivors Cd Cover

[Extrait]: Le 17 Octobre 1977, Lynyrd Skynyrd, fer de lance du Southern Rock, sort son sixième album, Street Survivors. Trois jours plus tard, au cours d’une tournée, un avion privé transportant les musiciens entre la Caroline du Sud et la Louisiane, s’écrase. Ronnie Van Zant (chanteur, compositeur et fondateur de la formation) , Steve Gaines (Guitariste), et sa sœur Cassie, choriste du groupe, décèdent dans l’accident. A l’époque la jaquette de l’album représente les membres du groupe debout dans une rue et cernés par les flammes… À la demande de Teresa Gaines, la veuve de Steve Gaines, MCA Records modifie le concept d’origine en remplaçant le feu par fond noir. Suite au crash, Street Survivors devient l’un des plus grands succès commercial de Lynyrd Skynyrd qui malgré tout se sépare peu après… Trente ans plus tard et pour l’édition Deluxe du CD la version première est remise sur le marché. Ain’t no good life!

Patrick BETAILLE, février 2017


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Vinyls – Mike Evans

Livre de Mike Evans: Vinyles

Mike Evans connait la Musique. Passé par le Cavern Club, avec deux singles à son actif, il a côtoyé la scène de Liverpool et, en 1969, joué aux côtés de Led Zeppelin et de Bob Dylan. Par la suite il se tourne vers la radio et le journalisme pour Sounds, le Melody Maker et le Guardian. Depuis la fin des années 1980, il a écrit ou édité de nombreux ouvrages. Parmi ceux là certains, généralistes, ont consacrés au Blues, au Rock’n’roll ou aux affiches et billets de concerts. D’autres, plus ciblés, traitent d’Elvis, de Woosdtock, de Bowie, des Beatles, de Ray Charles ou de Fleetwood Mac. Avec ″Vinyles″  publié aux éditions Gründ, Evans propose de remonter le temps. De l’encombrant 78 tours à l’universel 45T, du confidentiel EP au légendaire LP, des Limited Editions aux Picture Discs, l’auteur a exhumé des bacs tout ce qui illustre l’histoire et l’évolution de la mythique et désormais  vintage galette noire. On y apprend ainsi que l’un des premiers 45T fut édité par RCA Victor le 31 mars 1949; on y entend Eddy Arnold qui interprète  Texarkana Baby . Ouvrage intéressant et instructif à ranger pas loin de Vinyles, l’art du disque.

Patrick BETAILLE, décembre 2016