Steppenwolf – La Dickmobile de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

[Extrait]: Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la saisissante ″ Dickmobile ″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

Patrick BETAILLE, avril 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


The Rolling Stones – Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

[Extrait]: Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27… La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de Beggars Banquet prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″ R.S.V.P. ″ (″ Réponse S’il Vous Plait ″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album… Qu’importe! Avec Let it Bleed, Sticky Fingers et Exile on main St, Beggars Banquet reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Patrick BETAILLE, mars 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Lynyrd Skynyrd – Street Survivors

Lynyrd Skynyrd Street Survivors Cd Cover

[Extrait]: Le 17 Octobre 1977, Lynyrd Skynyrd, fer de lance du Southern Rock, sort son sixième album, Street Survivors. Trois jours plus tard, au cours d’une tournée, un avion privé transportant les musiciens entre la Caroline du Sud et la Louisiane, s’écrase. Ronnie Van Zant (chanteur, compositeur et fondateur de la formation) , Steve Gaines (Guitariste), et sa sœur Cassie, choriste du groupe, décèdent dans l’accident. A l’époque la jaquette de l’album représente les membres du groupe debout dans une rue et cernés par les flammes… À la demande de Teresa Gaines, la veuve de Steve Gaines, MCA Records modifie le concept d’origine en remplaçant le feu par fond noir. Suite au crash, Street Survivors devient l’un des plus grands succès commercial de Lynyrd Skynyrd qui malgré tout se sépare peu après… Trente ans plus tard et pour l’édition Deluxe du CD la version première est remise sur le marché. Ain’t no good life!

Patrick BETAILLE, février 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Vinyls – Mike Evans

Livre de Mike Evans: Vinyles

Mike Evans connait la Musique. Passé par le Cavern Club, avec deux singles à son actif, il a côtoyé la scène de Liverpool et, en 1969, joué aux côtés de Led Zeppelin et de Bob Dylan. Par la suite il se tourne vers la radio et le journalisme pour Sounds, le Melody Maker et le Guardian. Depuis la fin des années 1980, il a écrit ou édité de nombreux ouvrages. Parmi ceux là certains, généralistes, ont consacrés au Blues, au Rock’n’roll ou aux affiches et billets de concerts. D’autres, plus ciblés, traitent d’Elvis, de Woosdtock, de Bowie, des Beatles, de Ray Charles ou de Fleetwood Mac. Avec ″Vinyles″  publié aux éditions Gründ, Evans propose de remonter le temps. De l’encombrant 78 tours à l’universel 45T, du confidentiel EP au légendaire LP, des Limited Editions aux Picture Discs, l’auteur a exhumé des bacs tout ce qui illustre l’histoire et l’évolution de la mythique et désormais  vintage galette noire. On y apprend ainsi que l’un des premiers 45T fut édité par RCA Victor le 31 mars 1949; on y entend Eddy Arnold qui interprète  Texarkana Baby . Ouvrage intéressant et instructif à ranger pas loin de Vinyles, l’art du disque.

Patrick BETAILLE, décembre 2016

Jean Vern – House of the Blues

Jean Vern, House of the Blues artwork
© Jean Vern

 

Extrait]: Né au Havre en 1940, décédé en 1998, musicien et dessinateur de bande dessinée (″La Maison du temps qui passe″, ″Mort sous la Tamise″…) Jean Vern est parvenu à mettre en commun ses deux passions en réalisant de superbes pochettes de disques de Blues et de Jazz. Il a notamment œuvré pour une série initialement éditée par Barclay: House of the Blues. Ses dessins sont remarquables. La finesse du trait et l’expression traduisent admirablement l’ambiance d’une période au cours de laquelle le Blues offrait  une place de choix à des artistes tels que John Lee Hooker, Freddie King, Lousiana Red ou Buddy Guy.

 

Jean Vern, House of the Blues artwork
© Jean Vern

Patrick BETAILLE, décembre 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Led Zeppelin – Houses of the holy

Led Zeppelin House of the holy censored

[Extrait]: Le 28 mars 1973, deux ans après Led Zeppelin IV, l’équipage du dirigeable sort Houses of the Holy. Ce cinquième album est aussi le premier à posséder un titre, visible seulement sur la partie interne de la pochette pour laquelle Page et sa bande font appel à Storm Thorgerson. Après un premier projet rejeté, Hipgnosis met en œuvre un concept basé sur un roman de Science Fiction d’Arthur C. Clarke: Childhood’s End (Les Enfants d’Icare)… Aubrey Powell, photographe de l’agence, se rend en Irlande sur la célèbre  Giant’s Causeway (la Chaussée des Géants) et réalise plusieurs clichés d’enfants préalablement sélectionnés sur casting. Les photos de Stephan et Samantha Gates sont réalisées en noir et blanc pour être imprimées et faire l’objet de collages. Un problème de teinte au moment de la post production se traduit par un résultat inattendu et saisissant qui, artistiquement parlant, fait l’unanimité chez Led Zeppelin.  A contrario et dès les premiers jours le design s’attire les foudres de la bien-pensance, plus particulièrement dans certains états du sud des États Unis. Histoire de calmer les ardeurs des réfractaires, la maison de disques Atlantic édite le disque doté d’un sticker masquant les fesses des gosses qui figurent au premier plan. En 2003 le packaging de l’album sera classé à la 6ème  place des 50 plus belles pochettes.

Patrick BETAILLE, octobre 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Keith Moon – Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

[Extrait]: Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (Bell Boy), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: Two sides of the Moon. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la fête il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre Move over Ms. L, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. Two sides of the Moon est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

Patrick BETAILLE, août 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Cal Schenkel – Zappa’rt

Cal Schenkel, Zappa covers

[Extrait]: La carrière de Calvin Schenkel a essentiellement consisté à réaliser des pochettes d’albums pour Frank Zappa, avec ou sans les Mothers of Invention. Très tôt influencé par la bande dessinée ″Krazy Cat″ et par le magazine Mad, c’est en illustrant l’univers musical complexe du guitariste que Cal Schenkel a développé son propre style. Un savant mélange d’art naïf, de collages, de folklore et d’absurde a permis à l’artiste de, non seulement marquer de son empreinte l’Underground américain, mais surtout de réaliser d’inoubliables pochettes de disques. ″200 Motels″, ″We’re only in it for the money″, ″The best band you never heard in your life″, ″Cheap thrills″, ″Ruben & the jets″, ″Just another band from L.A″, autant d’œuvres qui témoignent du fait qu’au cours des années 60/70, création musicale et expression graphique étaient étroitement unies sous la bannière d’une intention artistique et culturelle unique…

Cal Schenkel, pochettes de disques de Frank Zappa

Patrick BETAILLE, mai 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Nirvana – Nevermind

Nevermind

[Extrait]: Initialement, le deuxième album des américains de Nirvana devait s’intituler Sheep. Kurt Cobain choisit finalement Nevermind (tant pis), expression qui, selon lui, dépeint à merveille son ressenti vis à vis de l’existence. La pochette du disque représente un bébé nageur, sous l’eau et nu, visiblement appâté par un billet de 1 Dollar accroché à un hameçon. Intellectuellement, la composition est sensée symboliser une génération piégée dès la naissance par l’attrait de gains illusoires. Cobain a cette idée en regardant une émission consacrée aux accouchements aquatiques. Il en parle alors à Robert Fisher, le directeur artistique de sa maison de disques. Après quelques recherches, la photographie d’un nourrisson est sélectionnée. Problème. Les détenteurs des droits à cette image exigent une rente annuelle de 7 500 dollars. Fisher contacte alors un couple d’amis. Après accord sur la somme de 200 dollars, il envoie un photographe prendre quelques clichés de Spencer Elden, leur fils alors âgé de trois mois. Parmi les cinq épreuves tirées par Kirk Weddle dans une piscine du Rose Bowl Aquatic Center de Pasadena, le groupe fait son choix. Bien qu’approuvant
le concept, la maison de disques affiche quelques réticences à l’égard du pénis du bébé. Trop visible ! Soucieux de ne pas choquer les esprits, les responsables de Geffen suggèrent de retoucher l’image. Kurt Cobain refuse catégoriquement. Il leur signifie que le seul compromis qu’il puisse accepter pour masquer l’appendice, c’est une vignette sur laquelle figure la mention: ″ Si vous êtes choqué, vous êtes probablement un pédophile en puissance ″. DGC Records capitule et commercialise l’album sans modification. Succès phénoménal du titre Smells Like Teen Spirit et une première place au Billboard pour l’album qui devient la référence rock des années 1990. En 1994, Cobain se suicide et rejoint le Club 27… Quant à l’image, elle fait partie de l’une des pochettes d’albums les plus identifiables de tous les temps, au même titre que celle de Dark Side of the Moon de Pink Floyd et Abbey Road des Beatles.

Patrick BETAILLE, mars 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Jethro Tull – Too Old to Rock’n’Roll, Too Young to Die

Dave Gibbons et Jethro Tull Too Old to Rock'n'Roll, Too Young to Die

[Extrait]: Ce neuvième album de Jethro Tull, a été conçu au départ comme une comédie musicale pour, au final, être publié en 1976 sous forme de concept album. Adepte d’un genre déjà pratiqué avec notamment Thick as a Brick, ou Ministrel in the GalleryIan Anderson raconte ici l’histoire d’une Rock Star vieillissante en panne de succès. Afin d’en renforcer l’idée, il fait appel au dessinateur britannique Dave Gibbons, célèbre pour avoir remporté un succès commercial avec sa série Watchmen (Les Gardiens), qui résume le scénario sous forme de BD incluse à l’intérieur de la pochette du LP. Sur la jaquette elle même, le héro a indubitablement les traits d’un Ian Anderson faisant un bras d’honneur. A l’époque les critiques affirment que le disque est autobiographique et sont persuadés que le geste leur est destiné à cause d’un contentieux lié à la descente en flammes, en 1973, de ″Passion Play″ auquel le chanteur-flûtiste tenait tant. Malgré un vif démenti de la part de l’intéressé Too Old to Rock’n’Roll allait subir les foudres vengeresses et injustifiées du milieu musical.

Patrick BETAILLE, février 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈