Pink Floyd – Back Catalogue

© Phyllis Cohen/Tony May

 

[Extrait]: La pratique commerciale est courante: remettre sur le marché les œuvres déjà produites par un artiste. C’est ce que l’on appelle le ″ Back Catalogue ″. En 1997, EMI, la maison de disque de Pink Floyd passe commande d’ un poster destiné à promouvoir la réédition des disques du groupe. L’équipe sollicitée en ce sens, opte non sans humour, pour un concept consistant à peindre les six jaquettes originales de Storm Thorgerson sur le dos de filles nues. ″ Back ″… ″ Dos ″… Vous suivez? L’artiste Phyllis Cohen réalise ce body painting classieux qui sera mis en image par Tony May. J’offre une tringle à rideaux à quiconque me fournira le recto de ce cliché pris au bord d’une piscine privée de la banlieue sud de Londres. À bon entendeur!

 

Jaquettes Back Catalogue Pink Floyd

Patrick BETAILLE, Juillet 2014


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The Jimi Hendrix Experience – Electric Ladyland

The Jimi Hendrix Experience censure Electric Ladyland

[Extrait]: S’il ne faut retenir qu’un seul album du Jimi Hendrix Experience c’est celui ci. Electric Ladyland est non seulement le chef d’œuvre d’ Hendrix mais c’est aussi un des albums majeurs sortis ces quarante dernières années. Le gaucher de Seattle y érige son propre style musical afin d’être enfin reconnu pour ses talents de composition et non plus seulement pour ses prestations scéniques. Au départ ce n’est pas l’alchimie entre Blues, Psychédélisme, folk et rock qui fait parler d’elle mais bien autre chose: la pochette… En ignorant les exigences de l’Artiste, la maison de disque choisit de publier l’image d’un groupe de femmes nues. Sur le cliché d’un certain David King certaines de ces femmes tiennent des photos d’Hendrix, d’autres des disques de l’Experience. l’Amérique puritaine ne l’entend pas de cette oreille et interdit la publication en l’état du double LP qui au final sort avec une jaquette arborant le visage stylisé du guitariste. Heureusement et comme souvent, la vieille Europe – et surtout l’Angleterre où tout se passe au niveau du rock – accepte l’édition de la pochette originale. Le disque arrive ainsi dans les bacs le 25 octobre 1968. L’on sait aussi que plusieurs disquaires refusent de vendre ce qu’ils qualifient alors de  » pure pornographie « ! D’autres, sûrement aussi frileux, mais préférant privilégier les bénéfices potentiels que représente cette bombe musicale, vendent l’œuvre emballée dans du papier kraft…


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Patrick BETAILLE, juin 2014

 

The Beatles – Yesterday and Today

 

[Extrait]: C’est en Juin 1966 que Yesterday & today arrive dans les bacs outre Atlantique. Composé de singles, de faces B et de chansons d’albums précédents, l’album en tant que concept ne plait pas aux quatre garçons déjà dans le vent. A l’époque les Beatles n’ont contractuellement aucun pouvoir de décision mais,  bien que très occupés par l’ élaboration de Revolver, ils parviennent à convaincre le staff de Capitol Records pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la pochette du disque. Pour l’occasion, le photographe Robert Whitaker met en scène les Fab Four déguisés en bouchers et posant au milieu de pièces de viande et de baigneurs démembrés. Une façon humoristique d’exprimer un désaccord profond vis à vis de l’assemblage disparate des 11 titres. Cette photo, à l’origine du qualificatif de Butcher Cover, génère un tel scandale que les dirigeants de Capitol doivent retirer le disque de la vente pour le réinjecter avec une nouvelle jaquette.  Peine perdue! Yesterday & Today deviendra la première production financièrement déficitaire de Capitol et sera le dernier disque produit par le marché américain sans le consentement direct du groupe. Reste que les heureux possesseurs d’une des 750 000 mille copies de la première version de l’album ont en main un joli capital; un de ces exemplaires s’est récemment vendu aux enchères 15 300 Dollars!


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Black Crowes – Amorica

The Black Crowes: Censure Amorica

[Extrait]: Pari réussi pour les frères Robinson qui passent haut la main le difficile cap du troisième album. Sorti en 1994, le très stonien Amorica se distingue des deux précédents opus (Shake Your Money Maker et The Southern Harmony & Musical Companion) par un côté plus expérimental et une production beaucoup plus brute. En résulte un calibrage beaucoup moins Radio qui entraîne un accueil plutôt mitigé de la part des milieux spécialisés. La jaquette volontairement provoc’ n’arrange pas les choses… Tirée de la couverture d’un numéro du magazine pornographique Hustler de Juillet 1976, l’illustration représente l’entrejambe d’une femme portant un string duquel dépassent des poils pubiens. Le persil qui dépasse du cabas on aime pas ça outre Atlantique; surtout quand le cabas en question n’est ni plus ni moins que le Stars and Stripes…  Le disque est carrément absent des bacs de certains distributeurs et finalement la censure est appliquée via un fond noir sensé gommer toute ambiguïté. Le public quant à lui apprécie le contenant, le contenu et surtout la nouvelle orientation que prend The Black Crowes. Pour preuve, Amorica se vendra à plus de 500 000 exemplaires.

Patrick BETAILLE, décembre 2013


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Roger Waters – The Pros and Cons of Hitch Hicking

Roger Waters: The Pros and Cons of Hitch Hicking version cendurée

[Extrait]: 1979. Roger Waters propose aux autres membres de son groupe  deux projets: The Pros and Cons of Hitch Hiking et The Wall. C’est ce dernier qui est finalement  retenu, consacré par un énorme succès, et, pour partie, à l’origine de dissensions qui conduisent Pink Floyd à l’éclatement après la sortie de The Final Cut en 1983. L’année suivante Waters, désormais en solo, publie donc ce Pros and Cons. Le disque post Floyd  aborde les thèmes chers à son auteur. L’amour, la trahison, la folie ou encore la propension humaine à l’autodestruction y sont omniprésents. Au-delà des similitudes conceptuelles et musicales avec The Wall, il est intéressant de noter que l’album devient rapidement source de controverses. La pochette signée Gerald Scarfe, représente l’actrice porno anglaise Linzi Drew, nue et de dos, pratiquant l’auto-stop (hitch-hiking en anglais). Il n’en fallait pas plus pour la censure soit appliquée aux Etats-Unis via un rectangle noir judicieusement placé à un endroit que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser davantage. Bien plus grave: à ma connaissance personne n’a de nouvelles du sac à dos. Quel dommage!

Patrick BETAILLE, octobre 2013


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The Strokes – Is this it

Strokes: Censure Is This it

[Extrait]: Début des années 2000. Un vent de fraîcheur Rock’n’roll caresse l’industrie musicale. Le géant Show Bizz se réveille, soudain rappelé à l’ordre par des petits galopins bruyants et motivés qui se produisent au sein de groupes décomplexés. Jet, The Datsuns, The Hives, The Veils, The Libertines, The Vines, etc… C’est l’époque des groupes en ″The″, comme dans les sixties, et The Strokes sont parmi les plus prometteurs de ce Revival de la scène  Rock Garage. Is this it le premier album des New Yorkais sort en Europe en août 2001 et  ce n’est que deux mois plus tard qu’il est diffusé aux Etats Unis. Le retard est causé par la pochette qui représente une main gantée de cuir posée sur un beau galbe de cul, pardon, de postérieur féminin.  Considérée comme obscène et provocatrice la jaquette est censurée et remplacée par un entrelas coloré sensé représenter une collision de particules. Un malheur arrivant rarement seul, le titre New York City Cops est supprimé car il est dit dans le refrain: New York City Cops, they ain’t too smart (Les flics de New York, ils ne sont pas très futés). On vit une époque formidable! Les propos en question sont qualifiés d’indécents par rapport aux événements du 11 septembre et le titre est remplacé par When it started qui en 2002 fera partie de la BO de Spider-Man.  L’interdit donne de la saveur parait il!

Patrick BETAILLE, avril 2013


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Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Roxy Music – For your Pleasure!

Roxy Music: 1972: Roxy Music - 1973: For your pleasure - 1974: Country Life - 1975: Siren

[Extrait]: Au début des années 70 un courant avant-gardiste propulse sur le devant de la scène une musique privilégiant recherche de textures sonores et Pop élégante. Roxy Music s’impose en tant que l’un des fers de lance de cette tendance Art Rock. Brian Ferry et Brian Eno sont à l’époque les moteurs du groupe. Ils mettent en avant leur fascination pour la mode, le glamour, le cinéma et l’Art; musicalement bien sûr mais aussi au travers des pochettes d’albums pour lesquels ils font appel à des modèles qui en font la popularité. Sur l’album éponyme sorti en 1972, Kari-Ann Muller pose dans la plus pure tradition des calendar girls. 1973, ambiance nocturne pour Amanda Lear qui s’affiche en cuir moulant sur For your Pleasure. L’année suivante aux Etats-Unis Country Life sera emballé dans un film opaque car Constanze Karoli & Eveline Grunwald s’exhibent dans de la lingerie transparente. Et enfin Siren en 1975 met en scène celle qui sera l’espace d’un temps la compagne de Brian Ferry avant de le quitter pour Mick Jagger. Jerry Hall, c’est bien d’elle dont il s’agit.

Patrick BETAILLE, janvier 2013


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Julie London – Calendar Girl

Julie London: Calendar Girl 1956

 

[Extrait]: Au cours des années 50 Julie London (1926 – 2000) jouit d’une popularité considérable. En tant qu’actrice, cette californienne physiquement très intelligente, a tourné la bagatelle de 22 films dont certains aux côtés Gregory Peck et Rock Hudson. Musicalement elle connaît un succès fulgurant avec Cry me a River qu’elle interprète dans le film The Girl Can’t Help It (La blonde et moi) sorti en 1956. Cette année là également parait Calendar Girl, le deuxième opus d’une discographie riche de 34 albums. La mode est aux Pin-Up. Qu’à cela ne tienne ! La belle se retrouve mise en scène dans 12 tableaux calendaires qui détrôneraient à coup sûr les chalets enneigés et les chevaux neurasthéniques grâce auxquels les Petits Travailleurs Tranquilles nous délestent  annuellement de quelques euros. 12 poses…12 mois… Calendrier… Le concept du contenant s’applique aussi au contenu. 12 chansons, une pour chaque mois de l’année. Même pas peur ! Chaque titre intègre le mois qui lui revient de droit: 1. June in January, 2. February Brings the Rain… 12. Warm in December. Y figure même un Thirteenth Month bien négocié puisque illustré par une photo dont la suggestivité contribuera grandement à l’image de sex symbol de la dame. © photos d’illustrations de Gene Lester.

Julie London: Calendar Girl Thirteenth Month

À l’époque délicieusement dans l’air du temps, Jazzy à souhait, Calendar Girl bénéficie d’une orchestration soignée et savamment adaptée  à la voix chaude et suave qui aujourd’hui encore résonne dans certains lounges où des businessmen stressés rêvent d’un futur sans Powerpoint statisticiens. Pour conclure il convient d’ajouter que Julie London a été mariée à un certain Bobby Troop, célèbre pour avoir composé l’un des plus grands standards du Rock’n’Roll:  Route 66!!!


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Patrick BETAILLE, janvier 2013

L.A Guns – Golden Bullets

L.A Guns Albums Cover Art

 

Un peu d’Histoire. Dans les années 80 Tracii Guns (guitares) forme L.A Guns, un groupe de Hair Metal avec lequel il occupe la scène du Sunset Strip d’Hollywood. En 1983 Michael Jagosz, le chanteur, part en taule voir le temps qu’il y fait. Il est remplacé par Axl Rose qui quitte rapidement la formation pour monter Hollywood Rose  avec son pote Izzy Stradlin. En 1985 Axl Rose et Tracii Guns s’ acoquinent pour lancer la première mouture de Guns N’ Roses. Bon! Ca c’est fait! A moins d’être un inconditionnel du genre, disons que musicalement L.A Guns est indispensable… pour appréhender ce qui ne l’est pas. Et sinon? Ben… Il faut jeter un coup d’œil sur les titres des albums du combo (Cocked & Loaded, Sex, Booze N’ Tattos , etc…) ou s’attarder sur les intitulés de morceaux (No mercy, Sex Action, Bitch is back, etc.) pour piger le comment du pourquoi du sujet dont à propos duquel il s’agit. Allez, sautez directement à la case fuckin’ Guns & fuckin’ Roses vous gagnerez du temps. Cela dit, et pour ceux qui auraient la comprenette anesthésiée, un examen rapide de certaines  jaquettes des albums de L.A Guns devrait à coup sûr les mettre sur une piste; celle des Pin-Up. De ce côté là au moins on est servi!

Patrick BETAILLE, décembre 2012


d’autres anecdotes dans le livre:

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