[Extrait]: Avant de s’imposer en tant que membre fondateur de Ten CC, Graham Gouldman a joué sans grand succès avec quelques groupes de la région de Manchester. Chanteur, musicien et parolier anglais, il est également l’auteur de For Your Love (le morceau qui permit aux Yardbirds d’atteindre les sommets des hit-parades) de Bus Stop pour les Hollies ainsi que de plusieurs titres pour Herman’s Hermits, dont l’imparable No Milk Today dont les paroles, inspirées par son père, évoquent un amour perdu…
Ce premier single d’Herman’s Hermits est le premier à faire appel à une orchestration ponctuée de tambourins et carillons sur un nappage de cordes et des arrangements crédités au compte du futur zeppelinesque John Paul Jones.La voix de Peter Noone donne le ton adéquat à cette tranche de pop fraîche, candide et mélancolique. Sa petite amie l’a largué, personne ne peut comprendre ce qui lui arrive, mais au fond ce n’est pas si grave. No Milk Today sort en single au Royaume-Uni en septembre 1966, atteignant la 7ème place des charts en novembre et offrant à cette chanson parfaite de Graham Gouldman un beau succès international.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Surtout ne pas se poser la question du pourquoi Joe Bonamassa vient d’intégrer Jimmy Hall au catalogue de son récent label. D’une, question talents, Joe en connaît un rayon. De deux, le Jimmy en question n’est pas un perdreau de la veille avec à son actif une bonne dizaines d’alboumes de haute tenue avec Wet Wiilie, célèbre groupe de Southern Rock d’Alabama. Avant d’entamer en 1980 une carrière solo à la production discographique recommandable, le chanteur, saxophoniste et harmoniciste américain a également collaboré étroitement avec Hank Williams, Jr et surtout Jeff Beck. Si ça c’est pas une preuve! Depuis son dernier album – Build Your Own Fire – paru en 2007, Jimmy Hall n’avait rien produit et une signature récente chez KTBA Records est donc une bonne nouvelle. Pour Ready Now le chanteur est accompagné de quelques pointures de la six cordes. On y retrouve Josh Smith incisif (Girl’s Got Sugar), Warren Hayes redoutable à la slide (Ready Now), Jared James Nichols inspiré (Without Your Love) et Joe Bonamassa qui co-signe 5 titres en livrant quelques solos au feeling incontestable (Risin’ Up). Brillant tant vocalement qu’avec son harmonica, Jimmy Hall est aussi à l’aise aise sur du blues classique, du boogie que du southern rock. Ce disque est un vrai régal et son contenu classieux fera vite oublier un contenant qui pique bien les yeux.
Généralement classée en tant que formation pop américaine, Ohio Express est en fait un groupe sans en être un. Le nom a été choisi par Jerry Kasenetz et Jeffrey Katz, des producteurs associés qui travaillaient en studio pour leur compte. Sous le pseudo de SuperK, ils sont à l’origine de quelques singles et albums enregistrés avec divers musiciens professionnels.
À la fin de l’été 1968, auto-tamponneuses et autres manèges à sensations tournent au rythme des tubes du moment. Parmi ceux là, Yummy Yummy Yummy, c’est le carton du moment pour ce titre paru quelques mois auparavant…
Politiquement et culturellement la période est quelque peu turbulente et la musique engagée domine souvent les ondes. D’un autre côté, une partie de la jeunesse ne s’intéresse pas forcément aux protest songs et recherche une musique sur laquelle ils peuvent danser sans pour autant se perdre dans le décodage de messages intellectuels. Impossible donc d’échapper à ce hit composé et chanté par Joey Levine alors accompagné par les requins du studio SuperK…
Musique entrainante, paroles simplistes – limite lénifiantes – les fans de pop bubblegum sont ravis et comblés par ce modèle du genre! Sorti en mai 68 sur Buddah Records, le single connaît immédiatement un gros succès et se classe dans le Top 10 de nombreux pays: N°1 au Canada, N°4 aux États-Unis et N°5 au Royaume-Uni…
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House of Rising Sun. Immortalisée en 1964 par Eric Burdon et ses Animals, cette réinterprétation d’un air traditionnel de folk-blues américain est devenue un énorme succès international. N°1 au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Canada, elle a été reprise un nombre impressionnant de fois. La chanson raconte l’histoire d’une vie qui a mal tourné du côté de La Nouvelle-Orléans. Selon les versions et la façon dont les paroles sont perçues, la maison en question est tantôt un lupanar, tantôt une maison de jeux et parfois même une prison…
Detroit 1969. Un groupe local évolue depuis deux ans sur la scène locale qu’il partage avec The Stooges, Amboy Dukes de Ted Nugent et MC5. les Frijid Pink jouissent même là bas d’un joli brin de popularité. Lors d’un concert au mythique Grande Ballroom ils se payent même le luxe d’avoir en première partie des petits nouveaux venus de la Perfide Albion: Led Zeppelin! Cette année là, la formation menée par le guitariste Gary Ray Thompson et le chanteur Tom Beaudry entre en studio pour enregistrer son premier album éponyme. Au moment du bouclage, la production réalise qu’il reste du temps sur le créneau alloué aux musiciens. Quasi improvisée, House of the Rising Sun est alors enregistrée pour combler le manque et choisie pour le single à paraître en décembre. Gros son, ambiance garage, voix puissantes, distorsion, fuzz, wah-wah, le titre fait mouche et est certifié disque d’or en mai 1970 avec plus d’un million d’exemplaires vendus, offrant à Frijid Pink son plus large et unique succès. Quant à l’album, replacé dans le contexte, c’est un petit joyau de hard rock psychédélique qui malheureusement cessera de briller par la suite. Dommage!
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Rare Bird voit le jour en octobre 1969 lorsque l’organiste Graham Field, le claviériste Dave Kaffinetti, le batteur Mark Ashton et le chanteur Steve Gould imaginent un rock progressif à deux claviers et sans guitares. Le premier album éponyme de ce combo britannique sort à la fin de l’année et c’est début 1970 qu’est extrait et publié le single intitulé Sympathy. Une fois n’est pas coutume les paroles sur fond de badinage romantique laissent la place à un texte engagé…
Passablement boudé dans son pays d’origine, le titre fait un carton presque partout ailleurs… C’est l’époque des boums, des premiers vrais flirts, des premières galoches avec la langue et des mains aventureuses… Même si 2’45 c’est un peu court pour pécho, ce slow chaud-patate c’est le carton assuré et il trône systématiquement en haut de la pile des immanquables à poser sur le chargeur du crin-crin…
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Deux anglais, deux hollandais et un écossais, tous musiciens, se retrouvent à Sidney au milieu des années 60 et forment The Easybeats. Inventif, talentueux et imprégné de rythm and blues, le groupe surfe sur la vague Mod et jouit rapidement sur sa terre d’accueil d’une solide réputation qui, en 1966, lui ouvre la voie d’une distribution discographique internationale. C’est avec leur deuxième single, Friday on my Mind, que les australiens d’adoption vont connaître la gloire, ou presque. Enregistrée à Londres avec le producteur Shel Talmy – alors connu pour avoir bossé avec les Who et les Kinks – la chanson est véritable hymne à la fin de semaine, thème cher à la jeunesse de l’époque qui aspire plus à prendre du bon temps qu’à travailler…
Musique et paroles sont de Harry Vanda (lead guitariste) et George Young (guitariste rythmique), duo* grâce auquel le titre qui parait le 17 novembre 1966 connaît un succès mondial fulgurant qui restera N°1 en Australie pendant 8 semaines. Malheureusement, les Easybeats n’ont pas été en mesure de capitaliser ce succès. Drogues et conflits internes auront raison des musiciens. Malgré une proposition de contrat de la part de Brian Epstein (rien que ça!), le groupe décide d’arrêter et de retourner au pays. Là bas, après une dernière tournée, Harry Vanda et George Young deviennent producteurs à plein temps…
*Après la dissolution des Easybeats en 1969, Vanda & Young composeront quelques hits tels que My old Man’s a Groovy old Man pour The Valentines, un groupe de pop bubble-gum ayant pour chanteur un certain… Bon Scott. Engagés par Albert Productions en tant que dénicheurs de talents, George et Harry vont commencer à se pencher sur le cas d’une petite formation locale qu’ils trouvent prometteuse et à laquelle ils vont apporter soutien et expérience. Produisant leurs cinq premiers albums, le duo contribuera indéniablement à lancer ce groupe au sein duquel officient Angus et Malcolm, les frères cadets de… George Young. AC/DC partait à la conquête du monde. Mais ça c’est une autre histoire.
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Il est de ces formations que l’on ne connaît que grâce à un tube. C’est le cas de ce groupe de pop rock belge dont certains membres – Raymond Vincent et Jacques Namotte – sont issus de l’Orchestre National de Belgique. One-hit wonder par excellence, Daydream a été élaboré autour de thèmes classiques composés par Tchaïkovski, notamment celui du Lac des Cygnes. Installé à Londres, le groupe tire son nom du ″Wallace Collection″, un musée situé près des studios Abbey Road dans lesquels est enregistré un premier LP: Laughing Cavalier. En dernière position sur l’album, Daydream parait en tant que single promotionnel en 1969. La chanson bucolique à souhait évoque le souvenir d’une relation amoureuse passée…
La mélancolie du texte est accentuée par une ligne de basse obsédante et des ″ La la la ″ répétés ad libitum durant les deux dernières minutes du morceau qui en fait quatre [NDLR – on pourrait en rire si musicalement ce n’était pas aussi bien foutu!]. N°1 en Belgique, le titre est devenu un énorme hit dans 21 autres pays et, fort de sa soudaine notoriété, le groupe effectue des tournées en Europe, aux Etats-Unis, au Mexique et en Amérique du Sud. Les singles suivants (Love et Serenade), connaitront un certain engouement, sans pour autant atteindre le niveau de celui de Daydream, repris en français par Claude François.
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35 années se sont écoulées entre Rescue You paru en 1985 et cette nouvelle production tout droit récemment sortie des ténèbres. Pour autant, Joe Lynn Turner n’est pas resté inactif durant ce laps de temps. Non seulement le chanteur a aujourd’hui à son actif une dizaine d’albums solos – dont le dernier en date Second Hand Life publié en 2007 – mais il affiche également un palmarès étonnant quant au nombre de participations à différents projets. Deep Purple, Rainbow, Yngwie Malmsteen, Glen Huges et consort en font partie. Retour en studio en tant que patron cette fois, pour l’auteur interprète à la voix immédiatement reconnaissable qui a fait de la rock star américaine une valeur sûre grandement plébiscitée au sein de la communauté hard rock. Demandez donc à Ritchie Blackmore! Belly of the Beast est un témoignage assez inattendu sur ce qui visiblement en 2022 tient à cœur au chanteur. Il ouvre le ventre de la bête et en extirpe les maux de l’époque actuelle. ″Nous sommes dans une véritable guerre spirituelle en ce moment. C’est le Bien contre le Mal. Nous avons tous un Ange sur une épaule et un Diable sur l’autre. Nous sommes dans le ventre de la bête, piégés dans le système, et il n’y a aucun moyen d’en sortir″ déclare t-il à propos de cet album à la tracklist évocatrice: Le ventre de la bête – Soleil noir – Âme Tourmentée – Le côté obscur de l’âme – Larmes de sang – N’ayez pas peur de l’obscurité – Monde déchu ou encore Requiem. Joe Lynn Turner passe du côté obscur et dévoile une facette de sa personnalité assez inattendue lorsqu’il s’en prend aux dérives de la société et invective l’establishment. La voix juste et puissante relève d’une très belle performance qui colle parfaitement à l’ensemble des titres. Guitares frénétiques, riffs stratosphériques, basse et batterie imparables, solos aériens et nappages de claviers remarquables. On est immédiatement saisi par un gros son, un groove et une grandiloquence qui ne sont pas sans rappeler les très riches heures d’un arc-en-ciel tenu à bout de bras par un certain Ronnie James Dio. Non seulement Belly of the Beast est une belle surprise mais c’est aussi la preuve qu’à 71 ans Joe Lynn Turner en a encore sous les cordes vocales et qu’il est capable de tenir le rôle d’un captain’ hard rock inspiré.
Le LZ 129 Hindenburg est le plus grand dirigeable commercial jamais construit. En établissant une liaison transatlantique Europe/Etats-Unis, la société Luftschiffbau Zeppelin a pour mission de promouvoir les prouesses technologiques de l’Allemagne nazie et du IIIème Reich d’Adolf Hitler. Le vol inaugural a lieu le 4 Mars 1936, suivi d’une activité de 14 mois consacrée à des vols promotionnels et surtout à des ajustements techniques. Le 6 Mai 1937, alors que l’aéronef s’apprêtait à boucler sa première traversée de l’année, l’irréparable se produit au dessus de Lakehurst dans le New Jersey. Après un vol sans encombre, l’atterrissage est retardé par un orage, puis un incendie se déclare à l’arrière du dirigeable. Le feu atteint alors les réserves de carburant et, au bout de quelques minutes, l’engin s’embrase et s’écrase au sol. 35 morts sur les 97 passagers au cours de ce moment médiatiquement couvert par plusieurs compagnies cinématographiques et de nombreux photographes, dont un certain Sam Shere, l’auteur d’une image immédiatement publiée dans la presse du monde entier, y compris à la Une du New York Times.
En 1969, le cliché refait parler de lui. C’est cette année là que voit le jour un nouveau groupe bâti sur les cendres des New Yarbirds: Led Zeppelin. Signée par le label Atlantic, la formation britannique entre en studio pour enregistrer son premier album. S’agissant du cover art, il est fait appel au collectif de designers Hipgnosis au sein duquel officie George Hardie qui commence par proposer plusieurs projets, non retenus par le staff. Finalement c’est Jimmy Page qui suggère l’utilisation de la photo du crash de l’ Hindenburg.
Très inspiré par le travail d’artistes tels qu’ Andy Warhol, George Hardie commence par saturer le tirage pour ensuite le retoucher selon la technique du stippling (pointillisme). l’illustrateur recrée à la main les ombres et les lumières grâce à une infinité de petits points. Ce faisant, l’approche permet également de contourner en toute légalité d’éventuels problèmes liés aux droits d’auteur. Adopté à l’unanimité, le cover art n’échappe pourtant pas à la controverse. En 1970, Frau Eva Von Zeppelin – descendante du comte Ferdinand du même nom – s’oppose à l’utilisation de l’image de l’aérostat et du patronyme de sa famille. L’héritière entame une procédure pour empêcher ceux qu’elle qualifie de ″singes hurlants″ d’effectuer une tournée au Danemark. Au final, les autorités coupent court à la polémique en jugeant qu’il n’y a légalement rien de répréhensible dans la démarche des musiciens.
Pour une pochette désormais considérée comme une œuvre d’art à part entière, son auteur a touché à l’époque la modique somme de 60 £. Prudent ou visionnaire, Hardie avait quand même pris soin de mettre l’original à l’abri en l’accompagnant d’une note pour le moins humoristique: ″George’s Pension Fund″ (caisse de retraite de George). Et il a bien fait! Ressortie du placard, la pochette a été mise aux enchères chez Christie’s le 18 juin 2020. Estimé entre 20 000£ et 30 000£, l’objet a très rapidement atteint la barre des 100 000$ pour être adjugé sous le marteau à 325 000$!
″Je roule sur l’autoroute vers l’enfer. Pas de signaux STOP, pas de limitation de vitesse. Rien pour me ralentir. J’y vais. C’est l’heure de la fête, mes amis seront là aussi. Hé satan?! Je paye mes dettes en jouant dans un groupe de rock. Maman?! Regarde moi! Je suis en route pour la terre promise″.
L’on prétend souvent que ce texte évoque le ressenti d’Angus à l’égard des tournées de AC/DC: ″C’est un enfer quand des heures durant t’es enfermé dans un car où règnent les odeurs de sueur et de chaussettes sales″. En 2009 Brian Johnson prétendait dans la presse que le texte avait été écrit dans le bus, celui avec lequel il fallait une éternité pour se rendre de Melbourne ou de Sydney à Perth. ″Quand vous roulez très longtemps et que le soleil couchant ressemble à une boule de feu, Il n’y a rien d’autre à faire que se palucher ou jouer aux cartes. C’est au cours de l’un de ces périples que Bon a pondu les paroles″. L’idée est là, certes, et ça se tient. Mais que nenni! La véritable origine de l’histoire de cet autoroute vers l’Enfer je vais vous la conter céans. Je la tiens d’un mien ami qui – quand il parvenait à rester à jeun plus de 24 heures et entre deux missions d’intérim en tant que chien policier – exerçait les professions enviées d’inséminateur de kangourous et d’organisateur de courses de koalas. C’est ainsi qu’au fin fond de la ″ Down Under Land ″ il eut l’occasion de rencontrer feu Ronald Belford Scott – chanteur de son état – qui lui dévoila la vérité. De source sûre donc, il s’agit en réalité d’une voie nationale australienne, la Canning Highway, celle qui relie la banlieue de Perth et le port de Fremantle. À mi-chemin, un hôtel et son pub – The Raffles – réputé à l’époque pour son ambiance rock aussi chaude que les nanas du coin. Un endroit que fréquentait assidument Bon Scott. Il logeait pas loin et s’y rendait régulièrement en pèlerinage pour se taper bon nombre de… tartines de houblon et rasades de jus de malt avec ses potes. Si vous voulez du sang, en voilà! À l’approche du lieu, au sommet d’une côte et avant un plongeon dans une descente abrupte, une intersection au niveau de laquelle, alcool et vitesse aidant, beaucoup de fêtards ont été envoyé ad patres. De triste réputation, la route fut donc surnommée la Highway to Hell.
Paroles simplistes, chant en mode chat écorché, guitares assassines, rythmique métronomique et chœurs à l’unisson sur le refrain. La recette est imparable. Avec If You Want Blood (You Got it) en face B, le single est publié le 27 juillet 1979 en Australie, en même temps que l’album du même nom qui sortira le 3 août dans le reste du monde sur le label Atlantic, avec à la clef des ventes à hauteur de 7 millions d’exemplaires. En janvier 1980, un concert de la tournée Highway to Hell a lieu à Southampton en Angleterre. Ce sera la dernière apparition sur scène de Bon Scott qui mourra le 19 février.