The Beatles – Butcher Cover

Beatles: Butcher Cover

[Extrait]: Considérée comme outrageuse, la pochette de l’album Yesterday and Today des Beatles à été publiée à 60 000 exemplaires avant d’être censurée et retirée du marché. La photo de la désormais célèbre Butcher Cover, quasiment introuvable et souvent vendue plus de 10.000$, a bien sûr fait le bonheur financier des quelques heureux possesseurs de l’édition originale. Aujourd’hui c’est une version rarissime, le Graal pour certains collectionneurs, qui va être mise en vente aux Etats Unis le 11 novembre.  En 1972, John Lennon avait confié un exemplaire de l’album au collectionneur Dave Morrell. L’album en question est dédicacé : ″Pour Dave, de la part de John Lennon – 7 déc. 1971″. D’après les spécialistes, les enchères pourraient atteindre les 200 000$, un montant qui s’explique également par le caractère unique de l’objet. Il s’agit en effet d’un prototype stéréo qui aboutira finalement à l’album Yesterday and Today.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Jeff Beck – Loud Hailer!

Wired 1976: Album Cover Art

 

Après Clapton et avant Page, Beck fut le deuxième guitariste vedette des Yardbirds. Il excelle déjà en technique et rapidité et apporte au swing du groupe une touche de psychédélisme teinté de Rhythm & Blues (Shape of things, Over under sideways down). Caractériel, individualiste, éternel insatisfait et déjà avide d’effets et de sons nouveaux, il quitte la basse cour au bout de 18 mois et fonde le Jeff Beck Group avec au chant un Rod Stewart pas encore connu mais déjà dépeigné. Deux albums, Truth et Beck Ola, viennent poser les fondements d’un genre qui fera les riches heures d’un Jimmy Page aux commande du dirigeable. En 70, Rod Stewart et Ron Wood partent fonder The Faces. Beck s’investit alors dans ce qui aurait pu être le meilleur power trio de tous les temps en débauchant de Vanilla Fudge le duo rythmique absolu: Tim Boggert à la basse et Carmine Appice aux drums. Quelques dissensions émanant de fortes personnalités et surtout un grave accident de voiture mettent fin à l’aventure après un seul album studio de Beck Boggert Appice. Le milieu des 70’s marque le retour de Beck avec cette fois un Jazz Fusion et un funk enjoué on ne peut plus personnels, bourrés de mélodies cinglantes, de distorsions rugissantes, d’effets novateurs, le tout drivé par une technique phénoménale. Du grand Jeff, comme en témoignent les instrumentaux Blow by Blow en 75 et Wired en 76.  ″ Il y avait des centaines de guitaristes faisant hurler leurs Les Paul, il fallait bien que j’essaie autre chose ″ déclare t’il dans une interview à Rolling stone! Le reste de la carrière de ce surdoué de la 6 cordes se résume en collaborations diverses (Roger Waters, Brian Wilson), tributes (Gene Vincent & Cliff Gallup) hommages (Les Paul) et giggs avec des invités triés sur le volet (Imelda May, Joss Stone…). Quand il ne s’enferme pas dans son garage, le nez et les mains plongées sous le capot de ses voitures de collection, Jeff Beck tourne et enregistre aussi! Il a récemment célébré ses 50 ans de carrière à l’ Hollywood Bowl en compagnie de Billy Gibbons, Buddy Guy, Jimmy Hall, Jan Hammer, Beth Hart et Steven Tyler. Figurent au répertoire de l’événement des titres de l’époque Yardbirds et des extraits du dynamitesque  Loud Hailer, album de 2016 annonciateur d’un retour partiel à un Heavy Rock féroce et classieux pour lequel il convient de noter la performance exceptionnelle de Rosie Bones au chant. Non Jeff t’es pas tout seul! 

Patrick BEATILLE, octobre 2017

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 2016

 

7 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’était mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album Rattle that Lock. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un Great Gig in the Sky remanié, d’excellentes interprétations de Money et Wish You Were Here, 12 minutes enchantées de Shine on You Crazy Diamond et un magistral One of these days. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: Time, Run Like Hell bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux Comfortably Numb qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!) et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de Comfortably Numb!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

 

 

 

Billy Idol – Kentucky Rebel Yell!

Kentuky Whiskey, Rebel Yell

 

Au cours d’ une soirée, Billy Idol se retrouve avec Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood. Ça picole sévère et les lascars ont jeté leur dévolu sur un Bourbon du Kentucky qui coule à flots, le Rebel Yell.  Billy se dit que le nom du breuvage collerait bien pour une chanson. Reste plus qu’à l’écrire et c’est ce qu’il fait en collaboration avec son guitariste Steve Stevens. Le titre parait en 1983 sur l’album du même nom. Paradoxalement le texte ne fait pas référence à l’alcool: ″ With a rebel yell she cried more, more, more! ″. Pas d’allusion non plus à quelconque cri de ralliement rebelle. En fait, c’est bien de sexe débridé dont il s’agit dans Rebel Yell.

Patrick BETAILLE, octobre 2017

Annie Leibovitz – Born in the USA

Annie leibovitz: Born in the USA
Album cover Art – Photo Annie Leibovitz

 

[Extrait]: Elle est effectivement née aux Etats Unis Annie Leibovitz, dans le Connecticut. De 1970 à 1983, bien avant donc d’opérer derrière l’objectif pour la réalisation du calendrier Pirelli 2016, la photographe devient célèbre alors qu’elle travaille pour le magazine Rolling Stone. Au cours de cette période elle suit le Tour of Americas des Stones et en ramène plus de 400 clichés. Grâce à ses photos, Annie devient vite la mémoire argentique du rock et fixe pour la postérité de très nombreuses figures représentatives de l’époque… John Lennon, Beach Boys, Armstrong, Marley, Joan Baez, Leonard Cohen, Ray Charles, Chuck Berry, Elton John, Marvin Gaye, Miles Davis et tant d’autres, dont Bruce Springsteen. C’est d’ailleurs pour le patron du  E Street Band qu’en 83 Annie Leibovitz réalise les images qui seront utilisées pour la jaquette de l’emblématique Born in the USA. A la sortie de l’album, le Boss de dos, en jeans, debout devant le drapeau américain ne fait pas l’ unanimité. Le drapeau, que Springsteen souhaitait voir apparaître sur le disque, est évidemment en rapport avec le premier morceau de l’album Born in the USA, véritable hymne aux vétérans du Vietnam méprisés au retour dans leur patrie. Certains Républicains accusent le chanteur de laisser penser qu’il est en train d’uriner sur le Stars & Stripes. A contrario, d’autres y voient un hymne patriotique et nationaliste, à commencer par George Bush en 84 et Ronald Reagan en 88 qui utilisent la chanson à des fins électorales. Springsteen n’apprécie pas du tout, d’autant plus que le détournement a eu lieu sans son consentement.

Patrick BETAILLE, octobre 2017


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Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce disque édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: Thunder, Lightning & Rain.

Patrick BEAILLE, octobre 2017

George Thorogood – Party of One

Party of One, George Thorogood

 

S’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George. Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Love de Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations) et de Bob Dylan (Down by the highway). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer. Cheers!

Jethro Tull & Burton Silverman – Aqualung

Burton Silverman Aqualung

[Extrait]: Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre reconnu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins, c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art de Aqualung, œuvre majeure et incontestée de Jethro Tull. En 1971, le producteur Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe qui est train de finaliser son quatrième album. Le peintre assiste à une séance de répétition dans les studios Island, prend quelques clichés et fait des croquis. De retour chez lui, inspiré par ce qu’il a vu et entendu, il se met au travail et, quelques temps plus tard, livre trois aquarelles à la maison de disques. La première, représentant un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé, sera retenue pour le recto de la pochette. Au verso, une représentation, à la fois plus sereine et plus triste, du même personnage assis sur le trottoir en compagnie d’un chien famélique… Quant au gatefold, il représente le groupe qui s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes à l’intérieur d’une église. Après la sortie de l’album, la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson qui déclare ne pas particulièrement apprécier les peintures de l’artiste. Compte tenu de l’énorme succès du disque et donc de l’exploitation médiatique qui en découle, le peintre se plaint de n’être pas suffisamment rémunéré. Malheureusement pour l’artiste, aucun contrat relatif à d’éventuelles royalties générées par l’utilisation des images n’a été établi. Effectivement, à l’époque, Terry Ellis, également cofondateur de Chrysalis Records, lui a versé un montant forfaitaire de 1 500 dollars pour les trois tableaux qui illustrent Aqualung, sans autre formalité qu’une poignée de mains… Après avoir été dérobés dans les bureaux de Chrysalis, les trois tableaux, abandonnés dans un hôtel, refont surface. En 2012, un anonyme prend contact téléphoniquement avec Silverman. Il affirme posséder les toiles et tente d’en négocier la revente. Faute d’accord, la transaction n’aura pas lieu. Depuis personne ne sait ce que sont devenues les œuvres.

Patrick BETAILLE , août 2017

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Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

Patrick BETAILLE, août 2017

Sir Peter Blake – Sgt. Pepper’s

Peter Blake Beatles album cover art

[Extrait]: Publié en Angleterre le 1er juin 1967, considéré comme la plus grande œuvre des Beatles et comme l’un des albums les plus influents de la musique populaire, ″Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band″ est le huitième album des Fab Four. C’est le directeur artistique Robert Fraser qui suggère au groupe de confier la réalisation de la pochette à l’artiste pop-art Peter Blake. Celui ci accepte et conçoit une image représentant les quatre musiciens au milieu d’une assemblée de personnages auxquels ils souhaitent rendre hommage. Edgar Allan Poe, Bob Dylan, Lewis Caroll, Karl Marx, Marlon Brando, Albert Einstein, Oscar Wilde et d’autres se retrouvent ainsi à l’honneur au sein d’un diorama sur fond bleu ciel. Le plus étonnant reste que le concept ne relève pas d’un photomontage ou d’un collage. En effet, les portraits sont des silhouettes en carton ou des statues de cire grandeur nature et tous les accessoires de la scénographie, y compris un palmier artificiel, sont réels. La préparation du décor nécessite deux semaines de travail et la session de photos elle même dure plusieurs heures. Le coût final de l’opération s’élève à 3000 £, soit à l’époque cent fois le coût habituel d’une jaquette.  Le résultat se soldera par l’obtention d’un Grammy Award, contribuera à la légende de l’album et marquera définitivement un tournant dans l’approche graphique des maisons de disques. Quand à Peter Blake, il concevra d’autres pochettes, beaucoup moins célèbres, pour Brian Wilson, Clapton, les who et plus récemment Oasis.

Peter Blake: Who, Clapton, oasis, Wilson


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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 Patrick BETAILLE, août 2017