Blues Pills – Lady in Gold

 Blues Pills Cd Lady in goldIl n’aura fallu à Blues Pills que deux ans pour s’installer aux premières loges de la scène rock tendance 70’s revival et en devenir l’un des fleurons. Après un premier essai remarquable et éponyme sorti en 2014,  le quatuor  revient avec un deuxième album qui tente le pari risqué de l’évolution en s’éloignant des standards bluesy. Désormais les synthés ont fait leur apparition et les arrangements vocaux deviennent quasi omniprésents, confirmant par là même les capacités exceptionnelles de Elin Larsson. Reste que les fans de la première heure risquent d’être déçu de ne pas retrouver l’influence de Big Brother & the holding company ou des Bell Rays; d’autant plus déçus que la guitare de l’excellent Dorian Sorriaux de retrouve reléguée au second plan dans ce nouvel opus. Le talentueux frenchie est pourtant bien là! Il s’exprime à merveille sur ″Lady in Gold″, ″Burned out″ ou ″Gone so long″ qu’il conclut par un superbe solo. Au final, mis à part un ″I felt a change″ dont même Adele ne voudrait pas, avec ce Lady in gold,  Blues Pills passe du Heavy Rock bluesy au Rythm & Blues psychédélique. Le changement de cap est plutôt bien assuré et la production ne sacrifie rien à la qualité et à la puissance brute du combo. Musique: Lady in Gold!

Patrick BETAILLE, octobre 2016

Kaleo – A/B

Kaleo A/B Atlantic Records

 

Attention grosse claque! Ce quatuor islandais vient de livrer A/B, leur premier album pour Atlantic Records. Alliant ballades folk, soul puissante et riffs rock, ces musiciens talentueux expriment leur fascination pour le blues et le rock qu’ils teintent souvent d’une ambiance garage rythmiquement plombée à souhait. Les 10 titres bénéficient d’une production et d’arrangements sans faille qui confèrent à l’ensemble l’une des choses les plus musicalement passionnantes entendues ces dernier temps. Avec ″ No Good ″ et ″ Broken Bones Kaleo maîtrise à merveille le Blues Rock à guitares acérées. ″ Way Down We Go ″ ralentit le tempo mais vise toujours au cœur du Blues incendiaire. Pour ″Glass House″l’artillerie lourde est de sortie et dans ce domaine le gang viking s’y connait. L’album s’achève sur ″ I can’t go on without you ″ qui vous fera passer 6 minutes les deux pieds dans un Blues sensible servi à merveille par la voix puissante et sensuelle de Jökull Júliússon. A/B est une promesse avec un cœur gros comme çà! La preuve!

Keith Moon – Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

[Extrait]: Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (Bell Boy), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: Two sides of the Moon. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la fête il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre Move over Ms. L, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. Two sides of the Moon est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

Patrick BETAILLE, août 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Tyler Bryant & the Shakedown – The Wayside

Tyler Bryant & the Shakedown EP The Wayside

 

Texan d’origine Tyler Bryant forme son premier groupe à l’âge de 15 ans. Très vite remarqué, le guitariste est sollicité par Eric Clapton pour une participation au festival Crossroads 2007 de Chicago. Dans la foulée d’autres artistes tels que B.B. King ou Johnny Winter l’invitent à partager la scène. Avec son groupe, The Shakedown, Tyler fait les premières parties de Jeff Beck, Lynnyrd Skynnyrd, Joe Bonamassa et Aerosmith (Graham Whitford, le fils du guitariste d’Aerosmith fait partie du combo). Après un premier album remarqué en 2013 intitulé  ″Wild Child″, Tyler Bryant and the Shakedown sort   ″Wayside″ un EP produit par Vance Powell (Jack White, Seasick Steve). Six morceaux, ça peut paraître court, mais ce mini album c’est du lourd!  De la balade blues ″The devil’s keep″ au gros titre hard ″Stitch it up″ en passant par le classique ″Mojo Working″, le champ du blues rock qui tâche est couvert et bien couvert. Par les temps qui courent ce serait une grosse lacune que de passer à côté de ce petit brulot qui n’est pas sans rappeler la grande époque des Black Crowes ou des White Stripes

Tracklist: 1 Criminal Imagination 03:28 – 2 Loaded Dice & Buried Money 03:41 – 3 Mojo Workin’ 03:14 – 4 Stitch It Up 03:23 – 5 The Devil’s Keep 04:27 – 6 The Wayside 03:45.

Patrick BETAILLE, août 2016

Janis Joplin – Little Girl Blue

 

Dans son dernier film,  ″Janis″, Amy Berg retrace la chute inexorable de Janis Joplin, rockstar des 60’s partie rejoindre il y a 45 ans le tristement célèbre Club 27. Le documentaire décortique la saga d’une femme entière, incapable de surmonter ses démons, et toujours en quête de l’amour des autres. Laura et Michael, frère et sœur de Janis, parlent d’elle. Témoignent également les membres de Big Brother (y compris Sam Andrew, décédé le 12 février 2015), Bob Weir du Grateful Dead ainsi que Country Joe McDonald. Quant au fil conducteur il est assuré par Chan Marshall, alias Cat Power, qui lit la correspondance échangée par Janis avec sa famille. Il est question aussi de David Niehaus. Tombé amoureux de la star, David lui proposait dans un télégramme de la rejoindre. Le pli est restée à la réception de l’hôtel; peut être que si Janis l’avait  lu ce soir là…. Et puis bien sûr des images rares, des extraits de concerts viennent étayer le récit d’un parcours hors du commun. Au-delà du personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, ″Little girl blue″ nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours. Déjà en rayon pour la version anglaise le Dvd sous titré en français sera disponible fin juin 2016.

 

Phono Museum – La grande aventure du son

Phono Museum Paris

A Paris au 53 Boulevard de Rochechouart dans le 9ème, avec environ 250 machines d’époque et en état de fonctionnement, le Musée du Son Enregistré évoque les différentes étapes de l’évolution technique, des premiers appareils à cylindres et à disques sous les formes les plus représentatives jusqu’aux dernières technologies. Une cinquantaine d’affiches d’époque et des photos illustrent et agrémentent le musée. Ce lieu, hélas méconnu risque de tomber aux oubliettes, plombé par une dette de 52 000 euros. Pour en savoir plus sur l’endroit et éventuellement répondre à la souscription lancée par Jalal Aro, le fondateur, une seule adresse: Phono Museum!

Cal Schenkel – Zappa’rt

Cal Schenkel, Zappa covers

[Extrait]: La carrière de Calvin Schenkel a essentiellement consisté à réaliser des pochettes d’albums pour Frank Zappa, avec ou sans les Mothers of Invention. Très tôt influencé par la bande dessinée ″Krazy Cat″ et par le magazine Mad, c’est en illustrant l’univers musical complexe du guitariste que Cal Schenkel a développé son propre style. Un savant mélange d’art naïf, de collages, de folklore et d’absurde a permis à l’artiste de, non seulement marquer de son empreinte l’Underground américain, mais surtout de réaliser d’inoubliables pochettes de disques. ″200 Motels″, ″We’re only in it for the money″, ″The best band you never heard in your life″, ″Cheap thrills″, ″Ruben & the jets″, ″Just another band from L.A″, autant d’œuvres qui témoignent du fait qu’au cours des années 60/70, création musicale et expression graphique étaient étroitement unies sous la bannière d’une intention artistique et culturelle unique…

Cal Schenkel, pochettes de disques de Frank Zappa

Patrick BETAILLE, mai 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Buddy Guy – Born to Play Guitar

Buddy Guy, Born to play guitar

 

Buddy Guy est toujours là et bien là. A 80 balais, le dernier des Blues Giants depuis la disparition de B.B. King vient de remporter le Grammy Award du meilleur album Blues 2016 avec son 28ème album studio: Born to play guitar. Celui dont le jeu a inspiré Hendrix et sur les solos duquel Clapton s’est fait saigner les doigts, livre 14 titres qui, une fois de plus attestent de l’incontestable talent du guitariste. Une fois mis de côté les accents Pop du dispensable Crazy World on ne boude pas son plaisir à l’écoute du reste des compositions. Fioritures inattendues, balayages de cordes subtils, ballades acoustiques ou chorus ravageurs tout y est, y compris quelques invités de marque. Sur Wear you out, Billy Gibbons prête sa voix rauque pour un bon gros blues rock à la ZZ Top. Kim Wilson (Fabulous Thunderbirds), en pleine forme, apporte son harmonica sur Too late, un blues West Coast des plus dynamiques. Joss Stone pour un duo sympa sur Baby you got what it takes. Van Morrison lui participe à Flesh & bone, un hommage à B.B. King sous la forme d’une superbe ballade aux accents country/folk. Et puis il y a ces moments privilégiés. Buddy n’a pas son pareil quand il fait hurler sa strat sur des envolées bien musclées telles que Thick like Mississippi mud ou Smarter than I was. Alors bien sûr d’aucuns diront qu’il n’y a dans tout ça pas de quoi défriser Nelson Momfort... Fuck! La basse de Billy Cox et le solo de Wah Wah que Jimmy himself aurait approuvé c’est du mou de veau peut être? Non! 

Patrick BETAILLE, avril 2016

Nirvana – Nevermind

Nevermind

[Extrait]: Initialement, le deuxième album des américains de Nirvana devait s’intituler Sheep. Kurt Cobain choisit finalement Nevermind (tant pis), expression qui, selon lui, dépeint à merveille son ressenti vis à vis de l’existence. La pochette du disque représente un bébé nageur, sous l’eau et nu, visiblement appâté par un billet de 1 Dollar accroché à un hameçon. Intellectuellement, la composition est sensée symboliser une génération piégée dès la naissance par l’attrait de gains illusoires. Cobain a cette idée en regardant une émission consacrée aux accouchements aquatiques. Il en parle alors à Robert Fisher, le directeur artistique de sa maison de disques. Après quelques recherches, la photographie d’un nourrisson est sélectionnée. Problème. Les détenteurs des droits à cette image exigent une rente annuelle de 7 500 dollars. Fisher contacte alors un couple d’amis. Après accord sur la somme de 200 dollars, il envoie un photographe prendre quelques clichés de Spencer Elden, leur fils alors âgé de trois mois. Parmi les cinq épreuves tirées par Kirk Weddle dans une piscine du Rose Bowl Aquatic Center de Pasadena, le groupe fait son choix. Bien qu’approuvant
le concept, la maison de disques affiche quelques réticences à l’égard du pénis du bébé. Trop visible ! Soucieux de ne pas choquer les esprits, les responsables de Geffen suggèrent de retoucher l’image. Kurt Cobain refuse catégoriquement. Il leur signifie que le seul compromis qu’il puisse accepter pour masquer l’appendice, c’est une vignette sur laquelle figure la mention: ″ Si vous êtes choqué, vous êtes probablement un pédophile en puissance ″. DGC Records capitule et commercialise l’album sans modification. Succès phénoménal du titre Smells Like Teen Spirit et une première place au Billboard pour l’album qui devient la référence rock des années 1990. En 1994, Cobain se suicide et rejoint le Club 27… Quant à l’image, elle fait partie de l’une des pochettes d’albums les plus identifiables de tous les temps, au même titre que celle de Dark Side of the Moon de Pink Floyd et Abbey Road des Beatles.

Patrick BETAILLE, mars 2016


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Jethro Tull – Too Old to Rock’n’Roll, Too Young to Die

Dave Gibbons et Jethro Tull Too Old to Rock'n'Roll, Too Young to Die

[Extrait]: Ce neuvième album de Jethro Tull, a été conçu au départ comme une comédie musicale pour, au final, être publié en 1976 sous forme de concept album. Adepte d’un genre déjà pratiqué avec notamment Thick as a Brick, ou Ministrel in the GalleryIan Anderson raconte ici l’histoire d’une Rock Star vieillissante en panne de succès. Afin d’en renforcer l’idée, il fait appel au dessinateur britannique Dave Gibbons, célèbre pour avoir remporté un succès commercial avec sa série Watchmen (Les Gardiens), qui résume le scénario sous forme de BD incluse à l’intérieur de la pochette du LP. Sur la jaquette elle même, le héro a indubitablement les traits d’un Ian Anderson faisant un bras d’honneur. A l’époque les critiques affirment que le disque est autobiographique et sont persuadés que le geste leur est destiné à cause d’un contentieux lié à la descente en flammes, en 1973, de ″Passion Play″ auquel le chanteur-flûtiste tenait tant. Malgré un vif démenti de la part de l’intéressé Too Old to Rock’n’Roll allait subir les foudres vengeresses et injustifiées du milieu musical.

Patrick BETAILLE, février 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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