Le Pire Noël est passé!

Il se passe une chose incroyable dont les médias ne parlent pas. Muselés par l’industrie du disque, ils cachent l’information. Trop énorme! Tous les gamins ont la rage contre le Père Noël. Ils ont tous eu des disques nases en guise de cadeaux et digèrent mal l’affront. Hors de question que leur Noël soit toc et pas rock. Ils se dirigent donc en masse vers les magasins. Tous avec les mêmes intentions.

Patchwork et onomatopées Rock

• Peter 13 ans: ″Je voudrais échanger ce Cd de Springsteen c’est d’la daube! J’veux Nevermind!″.
• Lisa 12 ans: ″Rien à foutre de Christine & the Queens, filez moi Led Zeppelin, çui où y’a Black Dog!″.
• ″ Maître Gims! C’te honte! ″. C’est Paul, qui du haut de 11 ans, exige qu’on lui commande Down by the Jetty du Doctor. Pour lui c’est mal barré; le vendeur ahuri lui demande: ″quel docteur? ″.

Patrick BETAILLE, décembre 2016

 

Vinyls – Mike Evans

Livre de Mike Evans: Vinyles

Mike Evans connait la Musique. Passé par le Cavern Club, avec deux singles à son actif, il a côtoyé la scène de Liverpool et, en 1969, joué aux côtés de Led Zeppelin et de Bob Dylan. Par la suite il se tourne vers la radio et le journalisme pour Sounds, le Melody Maker et le Guardian. Depuis la fin des années 1980, il a écrit ou édité de nombreux ouvrages. Parmi ceux là certains, généralistes, ont consacrés au Blues, au Rock’n’roll ou aux affiches et billets de concerts. D’autres, plus ciblés, traitent d’Elvis, de Woosdtock, de Bowie, des Beatles, de Ray Charles ou de Fleetwood Mac. Avec ″Vinyles″  publié aux éditions Gründ, Evans propose de remonter le temps. De l’encombrant 78 tours à l’universel 45T, du confidentiel EP au légendaire LP, des Limited Editions aux Picture Discs, l’auteur a exhumé des bacs tout ce qui illustre l’histoire et l’évolution de la mythique et désormais  vintage galette noire. On y apprend ainsi que l’un des premiers 45T fut édité par RCA Victor le 31 mars 1949; on y entend Eddy Arnold qui interprète  Texarkana Baby . Ouvrage intéressant et instructif à ranger pas loin de Vinyles, l’art du disque.

Patrick BETAILLE, décembre 2016

Manu Lanvin – Blues, Booze & Rock’n’Roll

Manu Lanvin, Blues Booze & Rock'n'Roll

Manu Lanvin et son power trio ″the Devil Blues″ clôturent joliment l’année 2016. ″Blues, Booze & Rock’n’Roll″ succède à l’excellent ″ Sons of the Blues ″ paru en 2015. Classiques, acoustiques, heavy ou traditionnelles, les compositions de l’album confirment définitivement que Manu  est fait pour le Blues. Le résultat est une musique qui électrise l’atmosphère en se réservant le droit d’y apporter une teinte rhythm & blues via un piano déjanté, des cuivres incisifs ou des chœurs entêtants. A noter au passage 3 titres coécrits avec Neal Black et un hommage au regretté J.J. Cale. Une véritable invitation à s’offrir pour les fêtes 12 morceaux de Lanvin bien emballés. Vous voulez goûter? Soul Revolution!

Patrick BETAILLE, décembre 2016

Jean Vern – House of the Blues

Jean Vern, House of the Blues artwork
© Jean Vern

 

Extrait]: Né au Havre en 1940, décédé en 1998, musicien et dessinateur de bande dessinée (″La Maison du temps qui passe″, ″Mort sous la Tamise″…) Jean Vern est parvenu à mettre en commun ses deux passions en réalisant de superbes pochettes de disques de Blues et de Jazz. Il a notamment œuvré pour une série initialement éditée par Barclay: House of the Blues. Ses dessins sont remarquables. La finesse du trait et l’expression traduisent admirablement l’ambiance d’une période au cours de laquelle le Blues offrait  une place de choix à des artistes tels que John Lee Hooker, Freddie King, Lousiana Red ou Buddy Guy.

 

Jean Vern, House of the Blues artwork
© Jean Vern

Patrick BETAILLE, décembre 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Actualité musicale – Cuvée 2016

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Tyler Bryant & the Shakedown EP The Wayside   Blues Pills Cd Lady in gold   Buddy Guy, Born to play guitar

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que l’année écoulée soit particulièrement pauvre dans le domaine de la musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix est bien évidemment partial, subjectif, et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ”La musique c’est comme la vie, ça se respire” (Francis Zegut).

Black Pistol Fire: Don't Wake the Riot   kaleo A/B   Rolling Stones Blue & Lonesome

Patrick BETAILLE, décembre 2016

Rolling Stones – Blue & Lonesome

Rolling Stones Blue & Lonesome

 

Flashback: Il y a plus de 50 ans Jagger et Richard, tous deux copains d’école passionnés de Blues, se croisent par hasard sur un quai de gare. Ils ont sous le bras quelques enregistrements dont un disque de Robert Johnson qu’ils écoutent ensemble un peu plus tard. Keith: ″ Qui c’est le second guitariste? ″ – Mick: ″ Ben il est tout seul! ″.  Retour au présent, avec en toile de fond cette époque au cours de laquelle Jagger, Richards et Charlie Watts étaient juste un groupe de reprises de blues. Pas de compositions originales parmi les douze titres qui composent Blue & Lonesome, vingt-troisième  album studio des pierres qui roulent. Juste des reprises de Little Walter, Howlin Wolf, Magic Sam, Eddie Taylor, Otis Rush et Willie Dixon. L’ensemble est cohérent,  joué juste, bien produit et l’on sent que les septuagénaires sont à l’aise dans cette ambiance du Chicago Blues des années 50 et 60. Back to the roots donc, et, pour lever le doute il suffit de réaliser que l’harmonica est présent sur la quasi totalité du disque. Jagger excelle dans ce domaine et dixit Keith ″ Il n’est jamais aussi sincère que  quand il souffle dans cet instrument ″. Même quand ils invitent Eric Clapton sur deux titres les musiciens jouent ensemble, comme un groupe qui a remisé ses égos pour privilégier instinct et sincérité. Et ça fonctionne! Même Mick n’en fait pas trop au chant pour une fois. Blue & Lonesome ne révolutionnera pas la Musique et ne changera pas le cours de l’histoire des Rolling Stones, mais il nous offre un joli coup de blues et ce serait dommage de ne pas en profiter. Seul bémol, le packaging lippu d’un bleu canard WC absolument hideux!  Ecouter  Everybody knows about my good thing.

Patrick BETAILLE, décembre 2016

 

 

Jane’s Addiction – Ritual de Lo Habitual

Censure Jane's Addiction

[Extrait]: En 1990 sort le troisième album des Angelinos de Jane’s Addiction. Dès sa parution la nudité affichée sur la jaquette du disque pose problème au sein du parti conservateur US et les membres du groupe se retrouvent poursuivis par la justice au motif de diffusion d’images pornographiques. L’affaire est vite classée sans suite mais le mal est fait et de nombreux revendeurs refusent de mettre l’objet du soi-disant délit dans les bacs. Sollicité par son label Warner, Le chanteur du groupe, Perry Farrel, propose un version alternative du packaging pour remplacer le diorama qu’il avait lui même mis en œuvre pour la première édition. Désormais c’est le Premier Amendement de la Constitution Américaine qui tient lieu de cover art..

Mais Farrel ne s’arrête pas là. Au verso de la pochette de Ritual De Lo Habitual il y va de sa plume et se paye le luxe d’un joli pied de nez aux institutions:  ″ Hitler’s syphilis-ridden dreams almost came true. How could it happen? By taking control of the media. And entire country was led by a lunatic? We must protect our First Amendment, before sick dreams become law.Nobody made fun of Hitler??! ″ (Traduction: Les rêves d’Hitler, infestés de syphilis, ont failli se réaliser. Comment est ce possible? En prenant le contrôle des médias. Et le pays tout entier se retrouve dirigé par un fou? Nous devons protéger notre premier amendement avant que de répugnants rêves ne deviennent réalité. Personne ne se moquait d’Hitler??!

Patrick BETAILLE, décembre 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Black Pistol Fire – Don’t Wake the Riot

Black Pistol Fire: Don't Wake the Riot

 

Question influences, le combo canadien Black Pistol Fire se réclame entre autres de Led Zeppelin, Nirvana ou Muddy waters. Rien que ça! Peu de temps après avoir décidé de se lancer dans l’aventure de l’ Indie Blues Rock, Eric Owen (batterie) et Kevin McKeown (Guitare & chant) déménagent de Toronto à Austin dans le Texas. Très vite un premier album éponyme voit le jour, suivi en 2011 par ″Big Beat’ 59″ qui connait un succès immédiat. En 2014 arrive dans les bacs ″Chut or Howl″ qui confirme la valeur du duo qui supporte désormais la comparaison avec Les Black Keys, les White Stripes ou Band of Skulls et qui fait dire à la presse spécialisée que Black Pistol Fire est ″the next big thing″. La dernière production des canadiens vient confirmer cette analyse. ″Don’t wake the riot″ grouille de riffs, de matraquages rythmiques et de fuzz, le tout garantissant l’ ambiance  moite et poussiéreuse d’un Texas Blues porté par la voix chaude et puissante de McKeown. La recette fonctionne à merveille et le troisième titre de l’album résume à lui seul l’excellent potentiel de Black Pistol Fire:  Bad Blood!

Patrick BETAILLE, décembre 2016

Deep Purple – La Saga du Plagiat

Deep Purple, Child in time plagiarism

 

Certes dans une mesure moindre comparé à Led Zeppelin mais l’on est en droit de se poser quelques questions quant aux plagiats révélés par l’écoute attentive de certains morceaux de Deep Purple.

  • Lazy. Un des temps forts de l’album Machine Head (1972) semble venir tout droit de chez John Mayall & the Bluebreakers. Clapton adapte un titre déjà emprunté à Memphis Slim, Steppin’ Out.
  • Smoke on the water. Également sur la track list de Machine Head. Reconnaissable entre tous, le riff désormais légendaire avait en 1966 des accents de Bossa Nova sur un titre d’Astrud Gilberto: Maria Quiet.
  • Fireball. Tiré de l’album du même nom publié en 1971. Quasiment un copié/collé du cinquième titre de l’unique album des canadiens de Warpig: Rock Star
  • Black Night. Le titre sort en single en juin 1970 pour promouvoir l’album In Rock. Visiblement le riff a été emprunté à la version Ricky Nelson de Summertime .
  • Child in time. It’s a Beautiful Day est une formation qui gravite dans la sphère hippie du Grateful Dead et Jefferson Airplane. Deep Purple a l’occasion de les entendre et John Lord est totalement fasciné par le potentiel de l’un des morceaux de l’album éponyme sorti en 1969.  La bande à Ritchie Blackmore se livre alors à une refonte du titre au départ purement instrumental. Des textes forts dénonçant par métaphores l’absurdité et les ravages des guerres sont ajoutés et portés par la voix d’un Ian Gillan surpuissant au sommet de sa forme.  Dès sa publication, Child in time goûte au succès énorme que ne connaitra jamais la version  de Bombay Calling.

 

Led Zeppelin – Houses of the holy

Led Zeppelin House of the holy censored

[Extrait]: Le 28 mars 1973, deux ans après Led Zeppelin IV, l’équipage du dirigeable sort Houses of the Holy. Ce cinquième album est aussi le premier à posséder un titre, visible seulement sur la partie interne de la pochette pour laquelle Page et sa bande font appel à Storm Thorgerson. Après un premier projet rejeté, Hipgnosis met en œuvre un concept basé sur un roman de Science Fiction d’Arthur C. Clarke: Childhood’s End (Les Enfants d’Icare)… Aubrey Powell, photographe de l’agence, se rend en Irlande sur la célèbre  Giant’s Causeway (la Chaussée des Géants) et réalise plusieurs clichés d’enfants préalablement sélectionnés sur casting. Les photos de Stephan et Samantha Gates sont réalisées en noir et blanc pour être imprimées et faire l’objet de collages. Un problème de teinte au moment de la post production se traduit par un résultat inattendu et saisissant qui, artistiquement parlant, fait l’unanimité chez Led Zeppelin.  A contrario et dès les premiers jours le design s’attire les foudres de la bien-pensance, plus particulièrement dans certains états du sud des États Unis. Histoire de calmer les ardeurs des réfractaires, la maison de disques Atlantic édite le disque doté d’un sticker masquant les fesses des gosses qui figurent au premier plan. En 2003 le packaging de l’album sera classé à la 6ème  place des 50 plus belles pochettes.

Patrick BETAILLE, octobre 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈