Julie London – Calendar Girl

Julie London: Calendar Girl 1956

 

[Extrait]: Au cours des années 50 Julie London (1926 – 2000) jouit d’une popularité considérable. En tant qu’actrice, cette californienne physiquement très intelligente, a tourné la bagatelle de 22 films dont certains aux côtés Gregory Peck et Rock Hudson. Musicalement elle connaît un succès fulgurant avec Cry me a River qu’elle interprète dans le film The Girl Can’t Help It (La blonde et moi) sorti en 1956. Cette année là également parait Calendar Girl, le deuxième opus d’une discographie riche de 34 albums. La mode est aux Pin-Up. Qu’à cela ne tienne ! La belle se retrouve mise en scène dans 12 tableaux calendaires qui détrôneraient à coup sûr les chalets enneigés et les chevaux neurasthéniques grâce auxquels les Petits Travailleurs Tranquilles nous délestent  annuellement de quelques euros. 12 poses…12 mois… Calendrier… Le concept du contenant s’applique aussi au contenu. 12 chansons, une pour chaque mois de l’année. Même pas peur ! Chaque titre intègre le mois qui lui revient de droit: 1. June in January, 2. February Brings the Rain… 12. Warm in December. Y figure même un Thirteenth Month bien négocié puisque illustré par une photo dont la suggestivité contribuera grandement à l’image de sex symbol de la dame. © photos d’illustrations de Gene Lester.

Julie London: Calendar Girl Thirteenth Month

À l’époque délicieusement dans l’air du temps, Jazzy à souhait, Calendar Girl bénéficie d’une orchestration soignée et savamment adaptée  à la voix chaude et suave qui aujourd’hui encore résonne dans certains lounges où des businessmen stressés rêvent d’un futur sans Powerpoint statisticiens. Pour conclure il convient d’ajouter que Julie London a été mariée à un certain Bobby Troop, célèbre pour avoir composé l’un des plus grands standards du Rock’n’Roll:  Route 66!!!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, janvier 2013

The Jim Jones Revue: The Savage Heart

 

Un Garage Rock rugissant façon MC5 ou Stooges première époque que ne renierait pas un Jerry Lee Lewis sous amphétamines ou un Little Richard à qui l’on annonce l’annulation de la Gay Pride. C’est ça The Jim Jones Revue ! Un déchaînement hargneux et puissant qui ferait passer des hauts fourneaux pour de vulgaires cocottes minute. Pour le coup la perfide Albion met en oeuvre des armes de destruction massive via des émissaires londoniens qui usent et abusent de guitares furieuses, de tempos sidérurgiques et de claviers déjantés. C’est sale, brut, visqueux et hystérique. Après un album éponyme en 2008 et ″Burning your House down″ en 2010, Jim Jones et sa bande de loubards reviennent dans les bacs avec ″The Savage Heart″. L’album, comme ses prédécesseurs, brille par sa concision et son efficacité mais aussi par une production magnifique. Toujours aussi allumées et rock’n’roll, les compos explorent néanmoins de nouvelles directions ; ce qui laisse présager le meilleur pour ce groupe qui vous fera sortir les couilles par les oreilles pour peu que vous ayez la chance de les voir sur scène.

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

L.A Guns – Golden Bullets

L.A Guns Albums Cover Art

 

Un peu d’Histoire. Dans les années 80 Tracii Guns (guitares) forme L.A Guns, un groupe de Hair Metal avec lequel il occupe la scène du Sunset Strip d’Hollywood. En 1983 Michael Jagosz, le chanteur, part en taule voir le temps qu’il y fait. Il est remplacé par Axl Rose qui quitte rapidement la formation pour monter Hollywood Rose  avec son pote Izzy Stradlin. En 1985 Axl Rose et Tracii Guns s’ acoquinent pour lancer la première mouture de Guns N’ Roses. Bon! Ca c’est fait! A moins d’être un inconditionnel du genre, disons que musicalement L.A Guns est indispensable… pour appréhender ce qui ne l’est pas. Et sinon? Ben… Il faut jeter un coup d’œil sur les titres des albums du combo (Cocked & Loaded, Sex, Booze N’ Tattos , etc…) ou s’attarder sur les intitulés de morceaux (No mercy, Sex Action, Bitch is back, etc.) pour piger le comment du pourquoi du sujet dont à propos duquel il s’agit. Allez, sautez directement à la case fuckin’ Guns & fuckin’ Roses vous gagnerez du temps. Cela dit, et pour ceux qui auraient la comprenette anesthésiée, un examen rapide de certaines  jaquettes des albums de L.A Guns devrait à coup sûr les mettre sur une piste; celle des Pin-Up. De ce côté là au moins on est servi!

Patrick BETAILLE, décembre 2012


d’autres anecdotes dans le livre:

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Diana Krall – Glad Rag Doll

 

J’ose! J’aime bien cet album! Tout de go je précise que cette allégation chapeaute les considérations superfétatoires intello-jazzy du moment. Que Madame Costello soit trop ceci ou pas assez cela je m’en tape comme de ma première tétine. En outre, je dois avouer que je ne possède pas les compétences requises pour juger à l’aune de la créativité le bien fondé de certitudes masturbatoires que je respecte dans l’indifférence la plus totale. Point de créativité d’ailleurs; juste une collection de standards de Jazz des années 20-30 qui fait de Glad Rag Doll une machine à voyager dans le temps pilotée par T-Bone Burnett qui assure la production. Pour la circonstance le Doc  s’est contenté de dépoussiérer délicatement la vieille poupée de chiffon pour lui donner un petit air joyeux sans pour autant en dénaturer l’âme. Il découle de cette approche une ambiance singulière qui, paradoxalement, colle parfaitement à la voix et au jeu de Diana Krall (à moins que ce ne soit l’inverse…) qui visiblement prend du plaisir à s’exprimer dans ce contexte. Certes, la démarche et l’interprétation peuvent étonner, voire hérisser. Néanmoins, en outre et cependant, dès l’instant où l’on parvient à faire abstraction du reste de la production de la belle, l’ensemble s’avère cohérent, original et séduisant. Certains titres sont même assez surprenants ; à l’instar de I’m a Little Mixed Up (Betty James) et  son piano Rock’n’roll ou encore de Lonely Avenue (Doc Promus) dont la lecture bluesy assez radicale reste un des meilleurs moments. Chaleur, humour, sophistication et rigueur ; Diana se laisse aller et, quoique l’on en dise, sa performance vocale Rock’ n’ Blues est remarquable. Tout aussi remarquable la prestation des musiciens comme en témoigne, entre autres, le jeu du ″ Picasso de la six cordes ″ (dixit la patronne), Marc Ribot himself. Quant à la jaquette… Elle parle d’elle même! De toutes façons on s’en fout! Glad Rag Doll reste un putain de bon disque.

 

Beth Hart – Bang Bang Boom Boom

Beth Hart: CD Bang Bang Boom Boom!

En 2011 et avec ″D’ont explain″, fruit d’une collaboration judicieuse avec Joe Bonamassa, Beth Hart passe de la Variété haut de gamme au  Blues Rock électrique qui colle à merveille à  son tempérament d’écorchée vive. En 2012 l’influence bluesy reste évidente au sein de Bang Bang Boom Boom, nouvel et huitième opus studio de la Californienne. Guitares et piano occupent toujours une place prépondérante,  à l’instar de Baddest Blues, façon Billy Holiday, qui ouvre les festivités, ou encore Caught out in the rain qui dégueule d’émotion pendant plus de 7 minutes. La profusion de cuivres sur Swing My Thing Back Around et Spirit Of God amorce un changement de direction avec tonalité Swing ou Big Band que ne renierait pas Cab Calloway. Avec Better Man, Ugliest House ou encore le titre éponyme, l’ambiance devient plus légère et plus fun qu’à l’accoutumée. Au final ce qu’il faut retenir, c’est qu’avec ces  11 compostions originales, la force de cet album réside avant tout dans l’éclectisme des influences desservies par une voix à la foi chaude, puissante et émouvante. La production heureuse de Kevin Shirley (Led Zep, Aerosmith, Bonamassa) assure à l’ensemble une cohésion sans faille. Et que dire du packaging ? Visuel qui atteste du réchauffement de la planète, paroles lisibles sans loupe, Liner notes d’Henry Yates, commentaires de l’artiste sur les origines de chaque titre, quelques zoulies zimages… Une fois n’est pas coutume, on en a pour ses euros ! C’est donc l’occasion ou jamais de découvrir cette immense artiste. A moins de préférer se focaliser sur ses performances scéniques… Auquel cas il suffit : soit de se rabattre sur le sublime Dvd Live at Paradiso, sorti en 2005, soit d’assister à l’un des concerts de la tournée française qui passe par l’Olympia  le 28 Mars 2013. Quand Beth Hart chante le temps s’arrête, le cœur danse et les poils de la nuque se hérissent!″ Je confirme!

Patrick BETAILLE, octobre 2012

Rivals Sons – Pressure and Time.

 

Un mien ami, tout à fait artisan, presque retraité, adepte de fanfares et grand consommateur de super sans plomb, me disait récemment: ″ Dis donc y’a longtemps que tu nous as pas balancé un truc sympa?! ″. Est ce de ma faute si la production discographique du moment est aussi pauvre que le QI d’un animateur de Fun Radio? Non hein ?! Ceci admis, et sans atteindre les fulgurances de Henry’s Funeral Shoe ou Black Joe Lewis, en fouillant un peu, on parvient à exhumer des trucs qui font du bien par où ça passe. Formé en 2008, Rival Sons excelle dans un Classic Rock qui à n’en pas douter devrait ravir les nostalgiques d’Aerosmith, Led Zeppelin ou Black Crowes.  Avec Pressure and time Le quatuor de Los Angeles vous en donne pour votre argent même si l’ensemble des dix titres dépasse tout juste les 30 minutes. Rythmique plombée, guitares insolentes, vocalises perçantes, changements de rythme et une production sans faille s’avèrent aptes à dégourdir les enceintes les plus amorphes. Certes l’album ne vous fera pas sortir les couilles par les oreilles mais  il vous fera peut être découvrir un groupe qui s’est quand même vu attribuer les premières parties d’Alice Cooper et d’AC/DC. Ben ouais! Eh ben ouais! 

Patrick BETAILLE, septembre 2012

 

Hayseed Dixie – A Hot Piece of Grass

Hayseed Dixie: A Hot Piece of Grass - 2005Allez faites un effort et répétez le nom du groupe plusieurs fois… Ca y est ? Vous avez compris ? Bon j’explique pour les handicapés de la menteuse. En 2001 Hayseed Dixie sort une galette exclusivement composée de reprises de hits des Australiens d’AC/DC. Hayseed Dixie… AC/DC… Vous y êtes ce coup ci ? Ce premier album, ″A Hillbilly  tribute to AC/DC″, annonce la couleur et de  ″Highway to Hell″ à ″Back in Black″ en passant par ″TNT″ et ″Hells Bells″, tout y est ou presque. Les quatre furieux des Appalaches, habitués à jouer la musique traditionnelle de leurs ancêtres, ont obtenu cette année là un succès quasi immédiat et ont pris goût aux covers à la sauce Blue Grass et Hillbilly. Tout en donnant un éventail plus large à leurs cibles et sans pour autant délaisser les compositions personnelles ils sortent en gros une dizaine d’albums, tous aussi barrés les uns que les autres. En 2005 ″A Hot Piece of Grass″ ravage tout ce que le monde du Heavy Rock possède de plus lourd. Des reprises de Led Zeppelin, AC/DC, Motorhead, Van Halen, Green Day, Black Sabbath voisinent  avec quelques compos personnelles bien foutues et l’ensemble s’avère on ne peut plus jouissif. Même quand le banjo remplace la guitare de Jimmy Page cet album est exactement ce qu’il est censé être: divertissant, provocateur, kitsch et déjanté. Il n’en reste pas moins fidèle dans les adaptations et bougrement efficace quant à l’énergie déployée par des musiciens talentueux. Alors bien sûr, on peut se masturber l’intellect pour  remettre en cause la légitimité de la formation ou  le bien fondé de sa démarche mais le plaisir éprouvé à l’écoute des quinze titres devrait sans problème annihiler ce genre de digression. De toutes façons entre ça et un groupe de puceaux imberbes (vous voulez des noms ?) dont les voix ne feraient même pas bander un teckel à poil ras, moi j’ai choisi. Pas vous ?

Patrick BETAILLE, juillet 2012

 

38 Special – Special Forces

 

[Extrait]: Initialement, 38 Special est l’un des nombreux groupes de Southern Rock dans la veine des Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd. Donnie Van Zant le leader n’est ni plus ni moins que, le frère de Ronnie Van Zant, patron de Lynyrd Skynyrd. Formé en 1975 c’est après quelques errances Country et dans les années 80 que le groupe de Jacksonville parvient au sommet de sa popularité en alignant sur scène deux guitares et deux batteurs et en assurant des shows ravageurs au cours desquels preuve est faite que les membres n’ont pas pour habitude de mettre de l’eau dans le Bourbon qu’ils consomment sans modération…

Trois albums honnêtes marquent cette époque. Rockin’ into the night en 1980, Wild eyed Southern Boys l’année suivante, et, en 1982 Special Forces. Musicalement intéressantes les compositions bénéficient en outre d’un packaging accrocheur sur lequel  le peintre Larry Gerber met en scène les valeurs emblématiques – Je vous laisse deviner lesquelles – de rigueur à l’époque dans le milieu du Rock Confédéré. Plus tard hélas la bande à Van Zant s’enlise dans un rock FM convenu et sans grande personnalité qui aboutit à un oubli légitime  malgré un come back poussif en 1997.

Patrick BETAILLE, juillet 2012


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Henry’s Funeral Shoe – Donkey Jacket

Henry's Funeral Shoe: Donkey JacketIl y a  déjà pas mal de temps que les White Stripes avaient convaincu tout le monde que l’on peut faire un Power Trio avec seulement deux musiciens.  S’il subsistait encore quelques réfractaires à ce postulat fumeux il semble bien que ″Henry’s Funeral Shoe″ arrive à point nommé pour lever les derniers doutes. Les frères Clifford débarquent fin 2011 avec un deuxième album bourré jusqu’à la gueule  d’un Heavy Rock bluesy somme toute assez classique mais pas forcément aussi facile à catégoriser puisque grâce à une production plutôt Garage et un mix réalisé à Detroit, le duo Gallois vous propulse également dans un univers dominé par une concision énergique que John Spencer himself  ne renierait pas un instant. Mais qu’importe, ″Donkey Jacket″ reste finalement un album d’une grande cohésion d’où il est difficile de ressortir un morceau plutôt qu’un autre. On apprécie pleinement les dix pistes sur lesquelles le chant puissant et les guitares d’Aled sont des plus inspirés, y compris sur ″Bottom to top″, d’influence country ou sur la très Beatlesienne ballade ″Across the sky″. Là où le duo excelle c’est incontestablement quand il exprime  de manière frontale une énergie décomplexée et magistralement soutenue par la batterie du frangin Brenning qui à mon avis a beaucoup écouté Keith Moon. A ce stade, même s’il faut rendre hommage à l’harmonica de John Edwards sur ″Anvil & Chains″, on se fiche pas mal d’en savoir plus sur les ″additional musicians″ qui ont oeuvré en studio. ″Love is a fever″, « Be your own invention″, ″Dog scratched ear″, ″The walking crawl″ ou encore ″Gimme back my morphine″, sont des compos incendiaires qui font de ce disque et de ce groupe un truc à la fois surprenant et prometteur.

Patrick BETAILLE, juillet 2012

 

Black Joe Lewis and the Honeybears – Scandalous

Black Joe Lewis: ScandalousC’est un pote – dont l’addiction au canapé n’a d’égale que l’obsession du Duke pour son tapis – qui me fit découvrir ce brûlot qu’est Scandalous, deuxième disque de Black Joe Lewis & the Honeybears. Voici donc un quatuor rock balançant tout de go 11 titres imprégnés de Soul, de funk et de Rhythm & Blues qui ne sont pas sans rappeler le J. Geils Band , James Brown , Wilson Pickett , ou encore Otis Redding. Les guitares de Joe Lewis et Zach Ernst sont grasses et méchamment incisives, comme en témoigne le duel avec les cuivres sur ″Mustang Ranch et ″Booty City″. Sur ″Black Snake″ et ″She’s So Scandalous″ c’est la rythmique qui se taille la part belle ; en bons ours mal léchés Bill Stevenson assure des lignes de basse magnifiques et Matthew Strimska sort de ses fûts des grooves palpitants ou hypnotiques. ″Livin’ in the Jungle″ est tendu, brut et dynamitesque ; Lewis y hurle son meilleur James Brown sur un savant mélange de funk primitive et de Soul débridée. Plus loin surgissent d’autres influences. ″You been lying″ flirte allègrement avec une espèce de Rhythm & Blues teinté de Gospel. Avec ″Ballad of Jimmy Tanks″ et ″Jesus took my Hand″ c’est du Delta Blues  électrique version R.L Burnside dont on se délecte.  L’ensemble est énorme, terriblement efficace avec en fil rouge l’omni présence d’une section de cuivres digne de la grande époque Stax. Ce disque est une tuerie ! Plus chaud qu’un cataplasme à la moutarde, aussi moite qu’un dessous de bras d’estivant, il pulse autant qu’un émoi d’adolescent et claque comme des volets un jour de grand vent.  Pour peu que vous l’écoutiez fort vous réaliserez avec Scandalous que jamais la fusion du rock et de la Soul n’avaient atteint un tel niveau.

Patrick BETAILLE, juin 2012