Un bien beau cadeau de Noël que cette découverte au travers de laquelle je serai certainement passé sans les conseils avisés de Veetess Speereet. A n’en pas douter King Pug devrait vite se faire un nom dans le monde hélas trop confidentiel de l’Indie Rock. A l’origine du projet, un musicien anglais, auteur, compositeur et producteur: Dave Wilkinson. En 2013 histoire de mettre entre parenthèses son activité de musicien de studio, le guitariste/harmoniciste fait appel à un ami et partenaire de longue date, Caspar Saint-Charles, pour étayer l’expression d’un besoin de revenir aux fondamentaux du Blues Rock. Le duo met rapidement sur pied ”Borneo Mint Shave”, un premier EP de 7 titres enregistrés ”à la maison” et bourrés jusqu’à la gueule de guitares râpeuses et de rythmes syncopés. Satisfaits du résultat les deux compères reviennent cette année un nouvel album. Bien qu’un peu plus travaillé, Grocery et ses 12 titres reste dans la même veine que le précédent. C’est Roots à souhait, rafraîchissant, bien rythmé, et d’évidentes influences funky foutent des fourmis dans les pieds et donnent à l’ensemble un goût de revenez-y. ″Noël en toc ou Rock en stock″, il faut se décider, mais quand on sait que King Pug est recommandé par Zegut en personne le choix n’est pas trop difficile. Pour s’en convaincre et savourer du Blues qui ne vous le donnera pas… le Blues… il suffit de se rendre à l’ épicerie: Grocery!
[Extrait]: À sa sortie en 1968 cet album du duo par John Lennon/Yoko Ono fait scandale avec une jaquette représentant le couple nu de face sur le recto et de fesses sur le verso. Le visuel, pas du tout du goût des distributeurs, se voit censuré et habillé de papier kraft qui ne laisse apparaître que les visages des protagonistes… Pourtant, avant la sortie du disque, les autres Beatles et plusieurs proches de Lennon lui conseillent ne pas publier en l’état ce qui ressemble plus à une provocation vulgaire et sans intérêt qu’à autre chose. Le débat pourrait être clos s’il ne s’agissait que de nudité visuelle mais malheureusement question musique c’est aussi le dépouillement le plus total. Two Virgins ne contient que deux plages de quatorze minutes, constituées de bruitages, de bribes de conversations, de collages sonores et d’instants musicaux soit disant conceptuels. Pauvre John! Excès de dopes ou ascendant de l’allumée nippone en tout cas sur ce coup là tu t’es quand même bien foutu de notre gueule!
Patrick BETAILLE, décembre 2014
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Biffy Clyro est un trio de rock alternatif écossais formé en 1995. Si leurs mélodies sont assez douces, celles-ci se construisent autour d’un son typiquement rock, avec une section rythmique bien présente et un Simon Neil à la voix puissante. En 2004, après leur troisième album, le groupe élargit son public Pop Rock de manière significative et obtient de nombreuses distinctions comme en témoigne la sortie de ”Opposites” en 2013 qui atteint la tête du classement des ventes d’albums britanniques dès la première semaine et devient disque d’or après seulement dix jours. Le groupe se distingue également au travers du soin particulier qu’il apporte au choix des jaquettes de leurs différents opus. Pour The Vertigo of Bliss en 2003 ils ont Le Déclic et décident de faire appel à Milo Manara qui fournit le visuel de l’album et aussi celui des singles. Classe!
[Extrait]: Joaquin Alberto Vargas y Chávez devient célèbre dans les années 40 grâce à la publication dans Esquire Magazine de dessins de femmes peu, mais élégamment, vêtues et dotées de proportions idéales. Celles que l’on appelle déjà les ″Vargas Girls″ deviennent pendant la Seconde guerre mondiale une source d’inspiration dans le domaine du Nose Art. Dans les années 60 Playboy Magazine commence a publier le travail de l’artiste qui connaît dès lors un succès sans précédent, l’amenant à devenir le maître incontesté de l’aquarelle et de l’aérographe appliqués aux Pin-Up. Vargas cesse de peindre à la mort de sa femme en 1974. Les seules œuvres qu’il réalise avant de mourir en 1982 sont des illustrations pour des disques de The Cars (Candy-O en 1979) et de Bernadette Peters (Now Playing en 1981).
[Extrait]: A l’origine la jaquette du premier LP des F*** Guns and F*** Roses représente une œuvre du peintre californien Robert Williams. Cet artiste Underground prospère dans le Zap Comix, mouvement au sein duquel il collabore notamment avec Robert Crumb. Non-conformiste et anti-establishment il développe un genre nouveau d’imagerie psychédélique urbaine imprégnée du culte de la technologie, de celui de l’anti Héro et de cinéma apocalyptique. C’est de ce mouvement qu’est extrait ce ″Appetite for Destruction″ qui illustre le disque marquant définitivement le monde du Hard Rock à la fin des années 80. La peinture en question qui date de 1978 représente un robot violeur sur le point d’être châtié par un Metal Avenger. A sa sortie en 1987 l’album suscite la polémique. Devant la frilosité de certaines enseignes pour distribuer le disque aux USA Geffen décide de revoir sa copie et remplace la jaquette en question par une image caricaturale des membres du groupe. Sur fond noir on y voit sur une croix les crânes d’Izzy Stradlin ,Steven Adler,Axl Rose, Duff McKagan et Slash, le tout orné de bannières affichant nom du groupe et titre de l’album. Le concept mis en œuvre par Billy White Jr est tiré d’un tatouage qu’ Axl Rose arbore sur l’avant bras droit. Quant au disque lui même c’est un baril de poudre! Les thèmes abordés sont bien plus violents et malsains que la pochette incriminée. En sus des classiques ″Sex, Drugs et Rock’n’roll″ il est question tout au long des pistes de peurs, de violence, de destruction et de colères…
La suite on la connaît. Première place des ventes aux US, 18 fois disque de platine et meilleur score des ventes pour un premier album avec 18 millions d’exemplaires… So! Let’s go to Paradise City!
Patrick BETAILLE, novembre 2014
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
[Extrait:] Acte absolu et définitif du groupe anglais King Crimson, In the Court of the Crimson King (sous-titré An Observation by King Crimson) est publié en octobre 1969. C’est l’un des albums de rock progressif les plus audacieux et les plus influents jamais enregistrés par quiconque. Cette œuvre fait littéralement voler en éclats les courants musicaux du moment. À l’époque, Robert Fripp, Michael Giles, Greg Lake, Ian McDonald et Peter Sinfield mettent fin à une rivalité puérile entre certaines formations comme les Moody Blues et The Nice. Considéré comme le code fondateur de la musique progressive, ce premier album repousse les limites du rock en teintant de fusion un subtil mélange de jazz et de musique classique. Pete Townsend parle alors de ″ chef d’œuvre de l’étrange ″. Puissantes et concises, féroces et sombres mais aussi irrésistibles ou dérangeantes, les compositions sont à l’image du packaging. L’artwork résulte du travail d’un jeune informaticien anglais qui consacre une partie de ses loisirs à la peinture et réalise ce portrait tourmenté de l’homme schizoïde du vingtième siècle. Étonnante et remarquable, la pochette a eu une influence primordiale sur les ventes. Le public, intrigué et conquis par l’originalité puissante et attractive de l’image, achète le disque parfois même sans se préoccuper de savoir ce qu’il contient. Son auteur, Barry Godber n’aura malheureusement pas l’occasion de réitérer ce magistral coup de maître car il meurt à l’âge de 24 ans. Un an après le lancement de In the Court of the Crimson King.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
On ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!
Johnny Winter a publié pas moins d’une trentaine d’albums de Blues et de Blues Rock avant l’été 2014. Sa mort, à l’âge de 70 ans a laissé un vide difficile à combler pour la communauté du Blues. ″Step Back″ est son dernier album studio et il fait suite à ″Roots″ sorti en 2011 dans lequel un hommage était rendu aux artistes qui ont inspiré ou influencé l’albinos. Comme ″Roots″ , ″Step Back″ consiste essentiellement en une série de duos avec quelques grands noms du moment. Jugez plutôt! Eric Clapton , Ben Harper , Billy Gibbons , Joe Perry , Dr. John , Leslie West , Brian Setzer et Joe Bonnamassa sont de la partie pour un album bourré jusqu’à la gueule de guitares rugissantes au service d’un Blues Rock des plus efficaces. Au travers de ces collaborations motivées, il reste évident que Johnny Winter affiche encore joie, excitation et plaisir; honnêtement il n’a peut être jamais aussi bien joué! Alors bien sûr Step Back ne propose rien de particulièrement innovant ou surprenant mais il est réconfortant de découvrir que le guitariste texan nous a quitté en laissant derrière lui un témoignage sur lequel les amateurs du genre ne manqueront pas de se précipiter tant il est indispensable.
Né à Philadelphie en 1943 Robert Crumb est dans les années soixante l’une des figures de proue du Comix Underground. A cette époque il acquiert une renommée confortable en publiant les aventures d’un chat paillard et obsédé, Fritz The Cat et celles d’un gourou cynique, Mr Natural. Ces aventures feront d’ailleurs l’objet de publications en France dans Actuel, l’ Echo des Savanes et Fluide Glacial. Dans ces magazines il est également question de témoignages humoristiques et déjantés sur le psychédélisme, les drogues (il connaît bien le sujet…), la libération sexuelle et les femmes. Les Femmes! Il les aime et les dépeint résolument avec des formes généreuses, maternelles et dotées d’ un caractère bien trempé. Crumb, qui se décrit lui même comme ″un obsédé pervers et névrosé″, met en scène la gent féminine sur fond de relation ambivalente tantôt animée par la haine et la crainte, tantôt empreinte de fascination et de fantasmes sexuels. Le dessinateur a une autre passion: La musique. Même si a une époque il refuse de travailler pour les Rolling Stones (il n’aime pas leur musique!) il commet quelques pochettes de disques dont la plus célèbre reste incontestablement celle de Cheap Thrills pour le Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Malgré tout et musicalement, c’est en tant que collectionneur de disques 78 tours que Robert Crumb se distingue. Il se passionne particulièrement pour la Country Music, le Jazz et le Blues Vintage, sachant que tout ce qui est postérieur à 1935 ne représente pour lui que très peu d’intérêt. Sorti fin 2013, Chimpin’ the Blues est le fruit d’une collaboration avec un ami, lui aussi collectionneur, Jerry Zolten. Ce dernier, historien en musique et professeur d’université invite Crumb en 2003 dans son émission de radio au cours de laquelle tous deux passent en revue quelques uns de leurs favoris parmi les 78 tours des années 20 & 30. Sur les 21 titres de ce disque 10 sont la transcription de commentaires éclairés de la part des deux spécialistes mais c’est la musique qui reste à l’honneur avec 11 titres rares qui à eux seul représentent un véritable trésor. Les amateurs de Blues Old Style et les fans de Crumb devraient être séduits par le contenu et le contenant de Chimpin’ the Blues.
L’écoute des versions originales dont il est question ici même conduit à admettre que parfois les termes de reprise, inspiration, influence ou plagiat peuvent cohabiter de manière sournoise. Même quand il s’agit de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps!: Led Zeppelin!
Led Zeppelin I
Babe I’m gonna leave you: Ecrit par Anne Bredon dans les années 50, chanté en 1964 par Barbara Müller. Crédité ″ Words and Music: Jimmy Page ″. L’auteure intente une action en justice dans les années 80. Depuis le tire est estampillé ″ Brenon/Page-Plant ″.
Black Waterside: Chanson tirée du folklore Irlandais, arrangée et publiée par Bert Jansch en 1965. ″Music by Jimmy Page″ même s’il n’a fait que supprimer les paroles.
Dazed and Confused: A été écrit par Jake Holmes en 1967. Le titre est repris en son temps par les Yardbirds, groupe dans lequel Jimmy Page tient le manche de la 6 cordes. La version du Zep sera créditée : ″ Jimmy Page: Words and Music ″.
How Many More Times: Publié en 1961 par Howlin’ Wolf sous le titre de How Many More Years. Bien que les paroles soient différentes, la musique, elle, est identique. Figurent également dans la version du dirigeable des plans piqués d’une part à The Hunter de Albert King et d’autre part au Beck’s Bolero de Jeff Beck. Pourtant le songwriting est clair: ″ Jimmy Page, John Bonham & John Paul Jones ″.
Malgré tout deux titres de l’album sont bien attribués à leur auteur Willie Dixon: You Shook Me et Dazed and Confused . Au final seuls deux morceaux subsistent en tant que compositions originales: Good Times, Bad Times & Your Time is Gonna Come.
Led Zeppelin II
Whole Lotta Love: Au bénéfice de ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″, Créé par Willie Dixon et enregistré par Muddy Waters en 1962 sous le titre ″You Need Love″. Dixon intente un procès et le gagne.
The Lemon Song: Riff et paroles pompés sur Killing Floor de Howlin’ Wolf en 1966 mais ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″ toujours crédités.
Moby Dick: En écoutant Watch Your Step que Bobby Parker enregistré en 1961, on se demande vraiment comment ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″ osent en revendiquer la paternité du morceau.
Bring it on Home: Sonny Boy Williamson l’enregistre en 1963 mais le porte au crédit de Willie Dixon qui en est l’auteur. Ce dernier intente un procès au cours des 70’s mais le titre restera attribué à ″ Page/Plant ″.
Led Zeppelin III
Since I’ve Been Lovin’ You: Signé ″ Jones/Page/Plant ″ et pourtant les paroles sont clairement copiées sur le Never de Moby Grape et la musique y est par moments très similaire.
Led Zeppelin IV
Stairway to Heaven: Hit planétaire attribué à ″ Plant & Page ″. L’intro et quelques plans seraient tirés de ″Taurus″, un morceau composé en 1968 par Randy California, le guitariste du groupe Spirit. Les membres de Led Zeppelin ont eu de nombreuses fois eu l’occasion d’entendre le titre, notamment lorsqu’ils faisaient la première partie du groupe Californien à Denver aux États-Unis. Plainte a été déposée par l’avocat de Randy California. A suivre donc. Les enjeux sont énormes. Droits d’auteur (et donc royalties), éventuelle interdiction de mise sur le marché (prévue à partir d’ octobre) de la version remastérisée de la discographie de Led Zeppelin… Même si généralement par le passé ce genre de conflit s’est presque toujours réglé à l’amiable, ce coup ci, les avocats vont devoir jouer une sacrée partition. Rock’ n’ Roll bordel!