Boogie Beasts – Come and Get Me

Boogie Beasts: Come and Get MeBoogie Beasts, formé par Jan Jaspers et Mathias Dalle (guitare et chant) nous prouve qu’il n’est pas obligatoire d’ être né au fin fond d’un désert poussiéreux ou sur les bords du Mississippi pour exprimer un amour démesuré pour le Blues du Delta version rock à l’américaine. Avec ″Come and Get Me″, le quatuor Belge accouche d’un album homogène, conséquent et bourré d’énergie. Les rythmes sont hypnotiques, guitares et harmonica se provoquent pour mieux se rejoindre et les voix s’entremêlent pour alimenter de pesantes mélopées que ne renieraient pas R.L. Burnside ou John Spencer. Entre Boogie Rock et Punk Blues, ce premier essai est un aveu à peine déguisé d’ enthousiasme novateur de la part de musiciens qui ouvrent les portes du temps du temps avec une honnêteté absolue. A écouter absolument! Dig

Patrick BETAILLE, avril 2017

Roger Waters torpille Donald Trump

Roger Waters: Is This the Life We Really Want?

 

Roger Waters ne décolère pas contre Donald Trump, il se dit même ″ prêt à rejouer The Wall ″ en intégralité devant la frontière mexicano-américaine, pour dénoncer le projet de mur voulu par le nouveau pensionnaire de la Maison Blanche. Déjà en octobre dernier à au cours du ″ Desert Trip ″ Le co-fondateur de Pink-Floyd avait manifesté son dégoût vis à vis du président des USA. Durant la prestation de Pigs de l’album Animals, il s’est en effet payé le luxe projeter des images de Donald Trump associées à la mention ″ pendejo ″ (imbécile!)  et de décorer l’arrière scène d’un immense ″TRUMP IS A PIG″. Le bassiste n’a visiblement pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La tournée mondiale intitulée Us + Them qui débutera en mai 2017 et passera par la France en 2018 sera ″ une démonstration de résistance, pas seulement contre Trump, mais vis à vis de tous les despotes, dictateurs et bons à rien sur cette terre ″ (interview Rolling Stone magazine, extrait); à bon entendeur… Il sera donc question de dénoncer le dictat de l’argent, les ravages guerriers, les désastres écologiques et de porter un message humaniste sur fond de révolte; thèmes chers au compositeur et qui seront au cœur  de  Is this the life we really want? (Est ce vraiment la vie que nous voulons?) le nouvel album à paraitre en mai. Roger Waters a toujours quelque chose à dire et c’est autrement plus intéressant que la plastique de Kim Kardashian ou  les frasques de Justin Bieber. Du moins il me semble!

 

Le Méliès Pau – Rock this Town!

Gimme Danger & Jim Jones

Le 8 avril 2017, en partenariat avec les associations ACP et AMPLI, le cinéma Le Méliès à Pau, propose un événement musical high energy!

20h15:  Projection de Gimme Danger, le film de Jim Jarmusch qui retrace l’épopée de The Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps!

22h30: Concert de Jim Jones & the Righteous Mind. Après la fin de Jim Jones Revue, Jim revient en trio et livre un rock plus sombre mais toujours aussi vigoureux. Au répertoire, l’album ″Super Natural″ à paraitre le 12 mai 2017.

Tarif Unique film + concert: 15 euros. Billets en prévente au Méliès (6 Rue Bargoin 64000 Pau) ou via internet sur le site des ACP. Restauration food truck sur place assurée.

Laura Cox Band – Hard Blues Shot

Premier Cd Laura Cox Band

Depuis ses débuts sur Youtube en 2008, Laura Cox s’est peu à peu imposée comme l’une des valeurs sûre de la guitareconjuguée au féminin. Après s’être distinguée sur le Net avec des covers de Pat Benatar, Led Zeppelin, ACDC ou ZZ Top, la jeune parisienne décide de fonder son propre groupe avec lequel elle sillonne les routes de l’hexagone. Ainsi, depuis 2013 Laura Cox Band fréquente les festivals (Rock en Seine) arpente les scènes de l’hexagone (Trust), à la grande satisfaction d’un public avide de bons gros riffs et de musique énergiquement simple. Étape logique et indispensable, vient le temps de l’album. ″Hard Blues Shot″ vient de sortir et autant l’avouer tout de suite, ce premier essai semble prometteur. 10 compositions majoritairement teintées de heavy rock qui, même si elles ne réinventent pas le genre, s’avèrent très efficaces. Le mérite de cet album c’est avant tout d’être totalement à contre courant de la scène musicale française, surtout quand il explore le genre country (″Barefoot in the countryside″) ou folk (″13″). Actuellement en tournée le groupe se produira notamment le 8 Juillet au Motors’n’ Blues de Dax (40). Qu’on se le dise,  et en attendant: Hard Blues Shot!

Patrick BETAILLE, mars 2017

Baron Wolman – Groupies and Other Electric Ladies

Groupies and other Electric Ladies

En 1967 Jann S. Wenner,  qui est en train de fonder le magazine musical Rolling Stone,  rencontre Baron A. Wolman à qui il propose le poste de 1er photographe. Ce dernier accepte et durant trois années il photographie les têtes d’affiche de l’aristocratie du Rock. Les clichés mettent en scène les Stones, Hendrix, Joplin et bien d’autres qui, mêmes s’ils se prêtent à des séances studio, se retrouvent capturés dans leur quotidien, sur scène et bien sûr backstage où ils se laissent aller, notamment avec les filles qui ne manquent pas d’investir les lieux.  Ces filles, souvent très jeunes, Baron Wolman leur rend hommage à l’époque dans un numéro spécial de Rolling Stone qui connait d’emblée un énorme succès. En 2012, le photographe organise un exposition des meilleurs clichés afin de promouvoir la sortie de ″Groupies and Other Electric Ladies″. Le livre, réédité fin 2016, raconte l’époque vue par ces nymphettes en quête de célébrités et de célébrité, plus souvent ingénues et déjantées que réellement perverses. On y croise Pamela Des Barres qui compte parmi ses conquêtes Jagger, Page, Hendrix et Morrison. Présente également, Cynthia Plaster Caster, devenue célèbre grâce à ses moulages de pénis de rockstars dont – encore lui – Jimmy Hendrix. Quant à Miss James, l’une des plus belle, elle a fréquenté Dylan, côtoyé les Beatles,  eu un enfant avec un membre des Moody Blues et des aventures avec Page et Jagger. Encore eux! Avec plus de 150 photos, des interviews et des témoignages, ″Groupies″ est véritable un document social, culturel et historique sur l’une des décennies musicales les plus marquantes du vingtième siècle. Rock’n’Roll bordel!

Patrick BETAILLE, mars 2017

The Rolling Stones – Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

[Extrait]: Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27… La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de Beggars Banquet prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″ R.S.V.P. ″ (″ Réponse S’il Vous Plait ″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album… Qu’importe! Avec Let it Bleed, Sticky Fingers et Exile on main St, Beggars Banquet reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Patrick BETAILLE, mars 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Dr. Feelgood – All Through The City

Wilco Johnson, All through the City 1974-1977

 

C’est un fait! Wilko Johnson a gravé en compagnie de Lee Brilleaux, John B. Sparks et The Big Figure les plus belles pages du pub rock anglais. All Through The City passe en revue les remèdes prescrits par Dr. Feelgood entre 1974 et 1977. Trois Cd et 1 Dvd compilent les quatre premiers albums de la formation (Down by the jetty, Malpractice, Sneakin’ suspicion et Stupidity), des démos, des inédits dont 3 Live et quelques vingt-deux apparitions télés en 1975.  Véritable témoignage sur une musique ouvrière qui se foutait des modes, du mainstream et de ses conventions. Au total 93 titres portés par une énergie rare symbolisée par la superbe photo en noir et blanc qui illustre l’objet. Pour une fois on ne se fout pas de la gueule du client! Le coffret intègre un livret de 50 pages et surtout, les enregistrements sont remastérisés sans nuire à la fougue, à l’honnêteté et à la vitalité du groupe de Canvey Island. C’est  rare! Bref, un fois conquis, l’amateur pourra ranger ce petit bijou à côté ou pas loin de l’émouvant documentaire de Julien Temple: Oil City Confidential. D’ici là et en attendant, une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, pas vrai Roxette ?!

 

The Young Gods – Gasoline man

Cafe Racer riding

On ne peut pas dire que le rock texan fasse partie du fond de commerce de The Young Gods. Loin de là! Pourtant en 1992 le combo Suisse fait une entorse à ses habitudes en lorgnant du côté du marché US. Sky TV, quatrième album des helvètes, fait toujours appel aux expérimentations électro, aux ambiances noisy, aux bidouillages fuzzy mais pas que. Pour la première fois les textes sont en anglais et un titre se détache du lot de par sa conception et son ambiance. Riffs et structure bluesy font appel aux standards du rock américain et ressemblent à s’y méprendre à du bon vieux ZZ Top première époque. Une fois n’est pas coutume, les Jeunes Dieux amenés par Franz Treichler jouent comme un groupe de bar avec une signature sonore qui vibre et ronfle comme un bon gros twin qui déboule sur l’asphalte. Hommage à la route et célébration de la moto, c’est  Gasoline Man  et ça s’écoute Ici!

″ Je suis le gasoline man. J’avance, et même si je ne sais où je vais, je veux arriver à temps. Je vais rouler encore et encore pour trouver où tu te caches ″.

Patrick BETAILLE, février 2017

Lynyrd Skynyrd – Street Survivors

Lynyrd Skynyrd Street Survivors Cd Cover

[Extrait]: Le 17 Octobre 1977, Lynyrd Skynyrd, fer de lance du Southern Rock, sort son sixième album, Street Survivors. Trois jours plus tard, au cours d’une tournée, un avion privé transportant les musiciens entre la Caroline du Sud et la Louisiane, s’écrase. Ronnie Van Zant (chanteur, compositeur et fondateur de la formation) , Steve Gaines (Guitariste), et sa sœur Cassie, choriste du groupe, décèdent dans l’accident. A l’époque la jaquette de l’album représente les membres du groupe debout dans une rue et cernés par les flammes… À la demande de Teresa Gaines, la veuve de Steve Gaines, MCA Records modifie le concept d’origine en remplaçant le feu par fond noir. Suite au crash, Street Survivors devient l’un des plus grands succès commercial de Lynyrd Skynyrd qui malgré tout se sépare peu après… Trente ans plus tard et pour l’édition Deluxe du CD la version première est remise sur le marché. Ain’t no good life!

Patrick BETAILLE, février 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Gimme Danger – Les Stooges par Jim Jarmusch

Gimme Danger l'histoire de The Stooges

 

Un sacré bout de temps que la musique fait partie intégrante de la filmographie de  Jim Jarmusch. En 1986 déjà dans Down by  Law, Tom Waits apportait sa contribution à la bande son et jouait le rôle de Zack. Mystery Train en 1989 mettait en scène Screamin’ Jay Hawkins. En 1996 le cinéaste faisait appel à Neil Young pour le soundtrack de son western métaphysique Dead Man dans lequel Iggy Pop  tenait un rôle. Iggy Pop est aussi là en 2003 dans Coffee and Cigarettes, un film à sketches dans lequel il partage l’affiche avec entre autres Tom Waits, Meg et Jack White. En salle dès aujourd’hui, ″Gimme Danger″ est un rockumentaire consacré à l’histoire des Stooges, le groupe qui a indéniablement influencé le mouvement Punk en sonnant le glas de Sixties. ″Une lettre d’amour au groupe qui restera sans doute l’un des plus importants de l’histoire du rock, Gimme Danger est délirant, foutraque, émouvant, drôle, simple sophistiqué et brut″ [Jim Jarmusch]. Le film, désormais en salle pour les privilégiés, sera disponible en Dvd en juin 2017. D’ci là et en attendant…> Le Trailer!

Patrick BETAILLE, février 2017