Brimstone Coven, l’album

Brimstone CovenIl n’est pas dit que l’année 2014 s’achève sans un bon petit brûlot de Heavy Rock.  La jaquette de l’album éponyme de Brimstone Coven annonce une couleur que Richard Clayderman n’oserait entrevoir, même dans ses rêves les plus avinés. Crânes, grimoire, bougies, sorcières aux yeux vides… tout y est et pour sûr on imagine aisément les membres hirsutes de ce groupe de Virginie se balader avec le premier opus de Black Sabbath sous le bras. Dès la première écoute ça se confirme; les gus ne sont pas là pour enfiler des perles. Les riffs sont rugueux à souhait, la rythmique plombée et à n’en pas douter le chanteur « Big John William » à fignolé ses cordes vocales à la râpe à bois. Plus surprenant par contre,  c’est que ça et là viennent s’immiscer des ambiances plus bluesy, et parfois même des harmonies plus psychédéliques. De toute évidence Brimstone Coven a passé du temps à écouter les Maîtres du genre mais sans tomber dans le piège de l’imitation mercantile. Nous sommes bien au sein de ce que l’on pourrait appeler du Neo-Metal Retro (Sic!) et on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ces 17 titres qui ne sont ni plus ni moins que la compilation remastérisée des deux premiers albums que ce combo prometteur a auto-produit entre 2012 et 2013.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Shirley – Un voyage dans la peinture d’ Edward Hopper

© Edward Hopper

 

Le réalisateur Gustav Deutsch donne vie à 13 toiles d’Edward Hopper dans un film qui raconte les errances d’une femme, Shirley, dont les pensées et les émotions nous amènent au cœur de l’histoire américaine.  Chaque tableau correspond à une date précise calée sur l’année de création par Edward Hopper. Gustav Deutsch a respecté cet ordre chronologique et en a fait de courts chapitres de six ou sept minutes, donnant à voir ce qui se passe avant et après l’instant figé par l’œuvre initiale. Au final, 34 ans de vie ont été peints puis portés à l’écran. Techniquement, le passage de l’univers en 2D des toiles à l’animation 3D des plateaux n’a pas été une mince affaire. Pour résoudre les problèmes liés à la perspective ou à la profondeur il a fallu construire des décors en grandeur nature. Quant aux lumières, il fallait décider de la manière dont on pouvait les placer et les gérer sans qu’elles ne compromettent l’aspect pictural original. A la fois impressionnante reconstitution historique et mariage de raison entre Cinéma et Peinture, Shirley, Visions of Reality est une œuvre originale, novatrice et unique sur laquelle il ne faut absolument pas faire l’impasse.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

 

Flash – In the Can

Flash In the Can

[Extrait]: 1970, évincé et remplacé par Steve Howe au sein de Yes, Peter Banks forme Flash dès 1971. Un premier album, In the Can, sort au printemps 1972. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, et ce,  malgré un design accrocheur de John Hoernle. Ce premier essai est suivi à l’automne, d’un l’album éponyme tout aussi accrocheur au niveau packaging mais sans effet quant à la notoriété du groupe. Pourtant, le style musical de ces deux disques est fortement marqué de l’empreinte de Yes. Il faut peut être rechercher la cause de ces flops du côté d’une orientation musicale plus pop. Le groupe se sépare en 1973 peu après la sortie du troisième et dernier enregistrement studio Out of our hands. Un témoignage live est publié en 1997 dans la plus totale indifférence.

Flash Flash

Patrick BETAILLE, août 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Rebelle Attitude!

Graffiti Rebelle Attitude

 


″ Malgré la révolution permanente des mœurs, des mentalités, des modes, des tendances culturelles, et malgré l’âge, une rebelle reste une rebelle…″ (Philippe Labro).


Jimi Hendrix – Experience illustrée

Hendrix Are you experienced Moebius

 

Milieu des années 70, l’âge d’or du rock. La bande dessinée entame alors sa révolution. Jusqu’alors plutôt destiné au jeune public cet art se tourne désormais vers le monde des adultes. Ainsi, l’on assiste en France à l’émergence de magazines tels que Métal Hurlant, l’ Echo des Savanes ou encore Fluide Glacial. Au sein de cette mouvance, les Editions Barclay qui entreprennent la réédition de la discographie de Jimmy Hendrix, ont alors une idée novatrice et intéressante: confier l’illustration des pochettes à des auteurs de bande dessinée.  Le premier double album qui réunit Are you Experienced et Axis: Bold as Love est confié à Moebius (alias Giraud, le dessinateur de Blueberry). Pour le second volume, Electric Ladyland, c’est Philippe Druillet et son univers incomparable qui met en scène le Guitar Hero. La pochette du volume 3 comprenant Band of Gypsys et The Cry of Love est dessinée par Solé. Un photographe publicitaire, Patrice Leroy, œuvre sur l’illustration du quatrième volet Hendrix in the West et War Heroes. Pour terminer, Patrick Lesueur, dessinateur à Pilote (Mâtin quel journal!) de son état, se charge du Greatest Hits de la série. Ces représentations sont magnifiques et elles prouvent que, même si l’un sollicite notre écoute pendant que l’autre est affaire de regard, Rock et BD entretiennent parfois une relation fusionnelle.

 

Hendrix Electric Ladyland Druillet

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juillet 2014

 

August Landmesser – Heil!

August Landmesser: l'homme qui refusa de faire le salut nazi!

 

Dans l’Allemagne d’Adolf Hitler, port de Hambourg, un jour de 1936. August Landmesser refuse de faire le salut nazi, restant les bras croisés au milieu d’une foule qui lève le bras à l’unisson lors du lancement d’un navire flambant neuf, le Horst Wessel. La scène a été immortalisée par un photographe et le cliché est exposé au centre de documentation ″ Topographie de la Terreur ″ situé dans l’ancien QG de la Gestapo, à Berlin. La famille Landmesser est arrêtée et emprisonnée en 1938. Libéré en 1941, August est envoyé sur le front duquel il ne reviendra pas.


Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre (Nelson Mandela).


 

Pink Floyd – Back Catalogue

© Phyllis Cohen/Tony May

 

[Extrait]: La pratique commerciale est courante: remettre sur le marché les œuvres déjà produites par un artiste. C’est ce que l’on appelle le ″ Back Catalogue ″. En 1997, EMI, la maison de disque de Pink Floyd passe commande d’ un poster destiné à promouvoir la réédition des disques du groupe. L’équipe sollicitée en ce sens, opte non sans humour, pour un concept consistant à peindre les six jaquettes originales de Storm Thorgerson sur le dos de filles nues. ″ Back ″… ″ Dos ″… Vous suivez? L’artiste Phyllis Cohen réalise ce body painting classieux qui sera mis en image par Tony May. J’offre une tringle à rideaux à quiconque me fournira le recto de ce cliché pris au bord d’une piscine privée de la banlieue sud de Londres. À bon entendeur!

 

Jaquettes Back Catalogue Pink Floyd

Patrick BETAILLE, Juillet 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Toots and the Maytals – Live!

Toots and the Maytals Live

Ni scandale ni censure, ni controverse à propos de cet album. Juste une performance originale. En 1980 le groupe envisage de rentrer dans le Guinness Book of World Records. De fait, un concert au London’s Hammersmith Palais est enregistré, mixé, packagé et distribué en moins de 24 heures. Malheureusement le record ne sera pas homologué car une telle démarche nécessite une information officielle et préalable à l’événement. Personne au sein de la maison de disque n’avait fait le nécessaire en ce sens. C’est ballot! L’ idée de départ et sa mise en œuvre restent néanmoins louables. Quant à l’énergie légendaire de la bande à Frederick Nathaniel Hibbert – dit ″Toots″ – elle est bel et bien là, comme en témoigne ce disque évidemment historique.

Patrick BETAILLE, juin 2014


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

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Morgan Neville – 20 Feet from Stardom

20 Feet from StardomLes Rolling Stones sont en train d’apporter la dernière touche à leur album ″Let It Bleed et réalisent qu’ils ont besoin, pour les chœurs, d’une voix qui déménage. Quelqu’un dans le studio pense à appeler Merry Clayton. Après un coup de fil houleux, la dame débarque dans le studio à 2 heures du matin, enceinte, en pyjama de soie et bigoudis sur la tête. Elle chante  Rape, murder, it’s just a shot away  sur Gimme Shelter. Mick Jagger en reste sur le cul. Cette histoire et de nombreuses autres tissent la trame de ce film sur le parcours des background singers de la musique américaine des années 60 à 80. Au travers d’entretiens et d’images d’archives Darlene Love, Táta Vega, Lisa Fischer (aujourd’hui choriste officielle des Stones), ou encore Judith Hill, toutes racontent, souvent avec beaucoup d’humour, ce métier de l’ombre. Sous les caractères bien trempés de ces chanteuses exceptionnelles, on découvre des femmes fragiles, pudiques, souvent meurtries de n’avoir pas été reconnues pour leur véritable talent. Toutes évoquent rêves et désillusions, joies et peines,  mais surtout un amour immense pour la Musique. 20 Feet from Stardom donne également la parole à Mick Jagger, Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Bette Midler, Sting… Tous rendent un hommage visiblement sincère à ces indispensables ″background girls malheureusement appelées à disparaître d’un univers musical où le look supplante la voix et où les overdubs et autres bidouillages électroniques remplacent les chœurs à moindre frais. Ce documentaire reste une grande fresque musicale, certes;  mais il va plus loin encore en évoquant les soubresauts d’une société en pleine mutation et l’évolution de la condition féminine. Incontournable,Indispensable, Exceptionnel! Pour une fois ces termes, trop souvent galvaudés, prennent un sens.

PB, juin 2014