Morgan Neville – 20 Feet from Stardom

20 Feet from StardomLes Rolling Stones sont en train d’apporter la dernière touche à leur album ″Let It Bleed et réalisent qu’ils ont besoin, pour les chœurs, d’une voix qui déménage. Quelqu’un dans le studio pense à appeler Merry Clayton. Après un coup de fil houleux, la dame débarque dans le studio à 2 heures du matin, enceinte, en pyjama de soie et bigoudis sur la tête. Elle chante  Rape, murder, it’s just a shot away  sur Gimme Shelter. Mick Jagger en reste sur le cul. Cette histoire et de nombreuses autres tissent la trame de ce film sur le parcours des background singers de la musique américaine des années 60 à 80. Au travers d’entretiens et d’images d’archives Darlene Love, Táta Vega, Lisa Fischer (aujourd’hui choriste officielle des Stones), ou encore Judith Hill, toutes racontent, souvent avec beaucoup d’humour, ce métier de l’ombre. Sous les caractères bien trempés de ces chanteuses exceptionnelles, on découvre des femmes fragiles, pudiques, souvent meurtries de n’avoir pas été reconnues pour leur véritable talent. Toutes évoquent rêves et désillusions, joies et peines,  mais surtout un amour immense pour la Musique. 20 Feet from Stardom donne également la parole à Mick Jagger, Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Bette Midler, Sting… Tous rendent un hommage visiblement sincère à ces indispensables ″background girls malheureusement appelées à disparaître d’un univers musical où le look supplante la voix et où les overdubs et autres bidouillages électroniques remplacent les chœurs à moindre frais. Ce documentaire reste une grande fresque musicale, certes;  mais il va plus loin encore en évoquant les soubresauts d’une société en pleine mutation et l’évolution de la condition féminine. Incontournable,Indispensable, Exceptionnel! Pour une fois ces termes, trop souvent galvaudés, prennent un sens.

PB, juin 2014

Iggy Pop s’affiche pour Amesty International!

Iggy Pop pour Amnesty International!

Icône du Rock , précurseur du mouvement Punk,  Chevalier des Arts et des Lettres, celui que l’on surnomme l’Iguane, s’affiche aujourd’hui en tant qu’ambassadeur d’une ONG. Lancée en mai 2014 , la campagne d’ Amnesty International contre la torture s’offre un nouveau souffle, notamment avec cette affiche choc, montrant Iggy Pop le visage tuméfié et déclarant que ″L’avenir du Rock’n’Roll, c’est Justin Bieber. Une manière, s’il en est, de démontrer l’inefficacité de la torture.

Iggy Pop et Amnesty International

 Patrick BETAILLE, juin 2014

The Jimi Hendrix Experience – Electric Ladyland

The Jimi Hendrix Experience censure Electric Ladyland

[Extrait]: S’il ne faut retenir qu’un seul album du Jimi Hendrix Experience c’est celui ci. Electric Ladyland est non seulement le chef d’œuvre d’ Hendrix mais c’est aussi un des albums majeurs sortis ces quarante dernières années. Le gaucher de Seattle y érige son propre style musical afin d’être enfin reconnu pour ses talents de composition et non plus seulement pour ses prestations scéniques. Au départ ce n’est pas l’alchimie entre Blues, Psychédélisme, folk et rock qui fait parler d’elle mais bien autre chose: la pochette… En ignorant les exigences de l’Artiste, la maison de disque choisit de publier l’image d’un groupe de femmes nues. Sur le cliché d’un certain David King certaines de ces femmes tiennent des photos d’Hendrix, d’autres des disques de l’Experience. l’Amérique puritaine ne l’entend pas de cette oreille et interdit la publication en l’état du double LP qui au final sort avec une jaquette arborant le visage stylisé du guitariste. Heureusement et comme souvent, la vieille Europe – et surtout l’Angleterre où tout se passe au niveau du rock – accepte l’édition de la pochette originale. Le disque arrive ainsi dans les bacs le 25 octobre 1968. L’on sait aussi que plusieurs disquaires refusent de vendre ce qu’ils qualifient alors de  » pure pornographie « ! D’autres, sûrement aussi frileux, mais préférant privilégier les bénéfices potentiels que représente cette bombe musicale, vendent l’œuvre emballée dans du papier kraft…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, juin 2014

 

The Beatles – Yesterday and Today

 

[Extrait]: C’est en Juin 1966 que Yesterday & today arrive dans les bacs outre Atlantique. Composé de singles, de faces B et de chansons d’albums précédents, l’album en tant que concept ne plait pas aux quatre garçons déjà dans le vent. A l’époque les Beatles n’ont contractuellement aucun pouvoir de décision mais,  bien que très occupés par l’ élaboration de Revolver, ils parviennent à convaincre le staff de Capitol Records pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la pochette du disque. Pour l’occasion, le photographe Robert Whitaker met en scène les Fab Four déguisés en bouchers et posant au milieu de pièces de viande et de baigneurs démembrés. Une façon humoristique d’exprimer un désaccord profond vis à vis de l’assemblage disparate des 11 titres. Cette photo, à l’origine du qualificatif de Butcher Cover, génère un tel scandale que les dirigeants de Capitol doivent retirer le disque de la vente pour le réinjecter avec une nouvelle jaquette.  Peine perdue! Yesterday & Today deviendra la première production financièrement déficitaire de Capitol et sera le dernier disque produit par le marché américain sans le consentement direct du groupe. Reste que les heureux possesseurs d’une des 750 000 mille copies de la première version de l’album ont en main un joli capital; un de ces exemplaires s’est récemment vendu aux enchères 15 300 Dollars!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Les guitares interdites dans les prisons anglaises!

 

Fausse note! La justice anglaise interdit les guitares dans ses prisons. Une circulaire stipule en ce sens que les cordes en acier sont susceptibles de fournir aux prisonniers un moyen efficace de mettre fin à leurs jours. Depuis il s’avère que le nombre de suicides connait une forte augmentation et certains musiciens prennent position. Des membres de Radiohead rejoins par David Gilmour et Johnny Marr ont fait parvenir au ministre de la justice un courrier dans lequel ils expriment leurs inquiétudes. ”… Il y a eu une très inquiétante augmentation du nombre de suicides depuis que cette règle a été introduite. En octobre 2013, une seule mort avait été recensée. Depuis il y a eu 50 suicides, plus du double si l’on compare à la même période l’année dernière. Nous aimerions savoir si les changements récents de traitement des prisonniers – ce qui inclut une limitation du nombre de livres disponibles et l’interdiction des guitares à cordes en acier – ne serait pas à l’origine de cette augmentation drastique du nombre de décès ”. Aucune réponse pour l’instant de la part de Chris Grayling (membre de la Chambre des Lords) qui n’a pas l’air pressé de trouver un Accord Majeur.

Patrick BETAILLE, mai 2014

Beth Hart & Joe Bonamassa – Live in Amsterdam

Dvd Beth Hart & Joe Bonamassa Live in AmsterdamPassons sur la pauvreté graphiquement nauséeuse du packaging et attardons nous sur ce que moi j’ose appeler un putain de bon moment musical. Ce double Dvd Live in Amsterdam n’est ni plus ni moins que la transcription exacte d’un concert que Joe Bonamassa et Beth Hart ont donné lors de la tournée promotionnelle de l’album Seesaw Pas d’overdubs, pas de bidouilles numériques. Ce que vous entendez est ce qui a été joué. La quasi totalité du dernier album et cinq titres de Don’t explain sont interprétés par ces deux artistes qui s’offrent même le luxe de quelques autres covers bien senties. Pour l’occasion Beth et Joe sont soutenus par une section de cuivres et une bande de tueurs patentés déjà vus aux côtés du guitariste surdoué. Que ce soit le batteur Anton Fig, le bassiste Carmine Rojas, le guitariste rythmique Blondie Chaplin ou le clavier Arlan Schierbaum, tous sont incroyablement inspirés et efficaces, visiblement heureux de participer à ce qui se passe sur scène. Nous n’assistons pas à  un concert de guitar héro pas plus qu’à une prestation de diva reconnue. Non! et pourtant il y aurait matière à, tant le talent de ces deux artistes est énorme. Point d’ego prédominant donc. Tout n’est que collaboration fusionnelle et capacité considérable à transmettre un large éventail d’émotions bienfaitrices. La lecture dévastatrice de I’d Rather Go Blind (Etta James) en est la meilleure preuve; dix minutes de pur bonheur, le feeling de Joe Bonamassa fait des merveilles et l’interprétation de Beth Hart est orgasmique. Croyez moi! Cette nana c’est Otis Redding moins les baloches! 21 titres (sans compter les bonus), plus de deux heures de musique, un film sobre et efficace, et un son tout ce qu’il y a de plus propre, que demander de plus? Un petit extrait? Bon d’accord et c’est bien parce que c’est vous: Live in Amsterdam! .

Patrick BETAILLE, avril 2014

Philippe Dubreuille – Magicien de la 6 cordes

© Philippe Dubreuille-Site Officiel

 

Bien que banale l’histoire de Philippe Dubreuille est somme toute bien belle. Comme beaucoup d’adolescents il écoute de la musique en rêvant de devenir une Rock Star et passe des heures à s’écorcher les doigts sur le manche d’une guitare. Un beau jour il égare l’instrument en question et profite du fait que son oncle possède un atelier de menuiserie en Haute Savoie pour se lancer dans la fabrication de son propre modèle.  Non seulement il y parvient mais il suscite également intérêt et admiration auprès quelques potes pour qui il se lance dans la réalisation de modèles personnalisés. Il n’en faut pas plus! De fil en aiguille (ou plutôt de cordes en micros. NDLR)  il bosse dans des magasins de musique en Suisse, puis en Angleterre et décide finalement de monter son propre atelier à partir duquel il se bâti une solide réputation. Rien d’étonnant quand on sait qu’ il lui arrive même de créer des instruments dotés de cordes harmoniques. Le talent de ce luthier autodidacte  séduit et attire musiciens et artistes qui, de plus en plus nombreux, font appel à lui  pour concevoir, customiser ou réparer leurs instruments, et ce, même quand l’opération relève du miracle comme lorsqu’il s’agit de redonner vie à la Telecaster en piteux état de Wilko Johnson. Depuis 2000, le Français désormais installé à Londres, est propriétaire  d’un atelier dans le West End. L’endroit est à la musique ce que Carnaby Street est à la mode. Surnommé Tin Pan Alley, ce sanctuaire de l’ instrument de musique à vu défiler en son temps Stones, Beatles et autres Kinks qui venaient s’y approvisionner. Autres temps, autres mœurs… Aujourd’hui c’est Prince, ZZ Top, Aerosmith, Ben Harper, Jim Jones Revue, Joe Bonamassa et bien d’autres qui fréquentent les lieux; plus particulièrement le 25 Denmark Street qui est l’antre de Philippe Dubreuille. Une visite s’impose et c’est Ici!

 

Mark Doyle and the Maniacs – Shake’ em on Down

Agrandir: Mark Doyle & the Maniacs - Shake 'en on down!Si vous avez fourgué ou égaré votre collection d’albums emblématiques du Blues Boom des années 60 ou si la production discographique actuelle vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée, ce compact est fait pour vous.  Ostensiblement dédié au Blues Rock Anglais d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, ″Shake ‘Em On Down″ revisite quelques standards qui en leur temps firent les très riches heures des Them, des Yardbirds, de Savoy Brown, de Peter Green, John Mayall ou encore de Robin Trower, tous s’étant au préalable copieusement  inspirés du répertoire du Blues traditionnel. Mark Doyle et sa bande de maniaques se sortent plutôt bien d’un exercice sur lequel pas mal se sont déjà cassé les dents. En effet, dès la première écoute ce disque vous met une bonne petite claque entre les oreilles et ce dès le premier titre, « Mystic Eyes« , qui ajoute un brin de frénésie à la version originale et déjà solide de Van Morrison. S’en suivent un ″Smokestack Ligtnin’″ à l’harmonica jouissif, un ″Shake ’em on Down″ et son déchaînement de basse/batterie, un ″Needle and Spoon″ aux riffs ravageurs et, pour clôturer ce petit brûlot, un ″Messin’ the Blues″ de 8’35 assez hypnotique. Tour de passe passe ou hommage, appelez ça comme vous voulez mais soyez convaincu que ces 10 titres représentent une approche contemporaine et excitante d’un genre musical qui, grâce à des musiciens talentueux et aussi vaillants que des mules de bât, n’a peut être pas dit son dernier mot. Et c’est tant mieux !

Patrick BETAILLE, Janvier 2014

Zapping Photo – 2013 en images.

© Photo: Fred Dufour – AFP

 

Le zapping est une institution et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable démarche que celle du magazine The Atlantic qui au travers de clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les événements significatifs de 2013. Un magnifique échantillon de 140 images qui nous incitent à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Atlantic: 2013, the year in photos.

Patrick BETAILLE, décembre 2013