Finie l’époque au cours de laquelle Playboy effeuillait sans compter, se lisait en loucedé, ou servait de prétexte à un onanisme libératoire. A 89 ans, Hugh Hefner, le fondateur, vient de donner son accord pour une nouvelle formule de son magazine. A partir de mars 2016, l’ édition américaine fera une croix sur ce qui est son cœur de métier, la nudité. Subsisteront bien sûr quelques clichés suggestifs et osés mais c’en est définitivement fini du nu intégral et naturel. Un comble pour une publication qui bâtit son succès et sa fortune en publiant des photos qui, de Marilyn Monroe en 1953 à Kate Moss en 2014, ont de près ou de loin contribué à la révolution sexuelle et à l’émancipation des mœurs. Dixit le patron, il s’agit aujourd’hui de remédier à la chute vertigineuse des ventes (6 millions d’exemplaires en 1975, 800 000 aujourd’hui!), à la concurrence du porno sur internet et au vieillissement du lectorat.
Il faut absolument que je retrouve mon exemplaire de 1990 consacré à Sharon Stone!
Ceux qui espèrent que le Rock’n’Roll ne soit pas mort et qu’il aura encore et toujours la capacité de les faire bouger doivent absolument posséder le dernier brûlot de Barrence Withfield. Under the Savage Sky est une petite tuerie qui prouve si besoin en était que Rock et Rythm & Blues ne sont pas concurrents mais complémentaires et fusionnels. A l’écoute des 12 titres on imagine sans mal Otis Redding en train de jammer avec MC5 ou Screamin’ Jay Hawkins accompagné par George Thorogood et ses Destroyers. Explosif! ” Kick out the jam motherfuckers ”! Ça hurle à tous les étages, Barrence s’y entend pour ça, mais il n’est pas question de frime, c’est juste un moyen supplémentaire de transmettre son énergie bienfaitrice. Quant au groupe, The Savages, il n’est pas en reste. Le guitariste Peter Greenberg, le bassiste Phil Lenker, le batteur Andy Jody et le saxophoniste Tom Quartulli assurent avec un talent et une efficacité redoutables. Et pour rester dans le ton, la production brute de décoffrage du disque restitue en studio et à merveille l’ambiance chaude d’un bar bondé où il fait bon ingurgiter quelques tartines de houblon avec des potes. Pour les avoir vu tout récemment sur la scène du Show Case à Pau le constat est imparable; que ce soit sur disque ou en live Barrence Withfield et sa bande de sauvages sont totalement dévoués à une juste cause, notre plaisir. Pour preuve: Rock and Roll Baby!
De quoi plaire aux cinéphiles. PopCorn est un petit jeu qui propose de découvrir les 66 références aux films cultes de la pop culture cachées dans une seule image. Pour jouer c’est facile, il suffit d’aller sur le site PopCorn Garage, de lancer une nouvelle partie (Patience le temps de chargement peut être un peu long!) et de taper le nom des films que vous trouvez ! Alors, combien?
Alléluia! Hosanna! et bien plus encore car la femme de Superdupont vient d’accoucher d’un petit être doté de super-pouvoirs. Tout juste libéré du ventre de sa mère, Superdupont junior vole comme un super-héro et affiche force et bougeotte hors du commun, comme son pôpa qui a vu le jour en 1972 dans le journal Pilote. Tout droit sorti de l’imagination fertile de son créateur d’origine Marcel Gotlib et sous le crayon de François Boucq, 42 ans après, c’est bien de Renaissance dont il s’agit. Père et fils vont devoir affronter une pluie de pommes de terre géantes, sauver un avion du crash et combattre une fois de plus les méchants de l’Anti France qui vont kidnapper le rejeton et par là même déclencher la colère du papa en caleçon, cape, béret et charentaises. L’occasion pour Gotlib de jongler avec pluie d’onomatopées, joutes verbales et autres cocasseries dont il a le secret. A 81 ans c’est une belle performance et surtout un régal!
[Extrait]: Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″ l’objet ″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!
Patrick BETAILLE, septembre 2015
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
On ne dira jamais assez de bien de Seasick Steve. La sortie récente de Sonic Soul Surfer, son huitième album en 11 ans, est donc l’occasion de s’attarder sur la production de cet artiste hors du commun. Sa voix ferait passer Tom Waits pour un crooner de kermesse et sa technique pourrait propulser Jack White vers un troisième prix de l’école de musique de Carpentras. Avec une sensibilité digne de hobo plus libre que le vent, le barbu à casquette et salopette à la Marvin Sutton est de retour. Toujours accompagné de Dan Magnusson, son fidèle batteur, Seasick Steve nous offre 16 nouvelles compositions dépouillées jusqu’à l’os qui bringuebalent entre Boogie ou Stomp nerveux et ballades Folk atmosphériques. Question Blues Rock, l’électricité rustique de titres que ne renieraient pas John Lee Hooker ou ZZ Top première époque nous promène sur des routes que l’on imagine parcourir au volant d’une vieille Ford T. Côté Folk, on retrouve avec un plaisir non dissimulé les belles ambiances du brillant ”You can’t teach an old dog new tricks” sorti en 2011 et déjà bourré jusqu’à la gueule d’un savant mélange de Blues viscéral et de Country généreuse. Quelque part ”Sonic Soul Surfer” est une petite merveille qui, loin des standards, perpétue une tradition qui devrait séduire quiconque bénéficie d’un minimum de disponibilité au niveau des esgourdes, d’un soupçon de sensibilité musicale et d’un goût avéré pour la musique émotionnellement authentique.
Question look, on le dirait tout droit sorti de ″ Délivrance ″ mais son truc à lui n’a rien à voir avec quelconque propension à la persécution de ses semblables. Loin s’en faut! Marvin ″ Popcorn ″ Sutton est un paisible montagnard des Appalaches, un amoureux jovial de la nature qui passe l’essentiel de ses journées à élaborer sa propre eau de vie. À la fois moonshiner et bootlegger, Marvin consacre sa vie à la fabrication d’alambics, aux opérations de distillerie et à la vente de sa gnôle qu’il livre dans un vieux Ford délabré. Peur de rien. Il a publié à compte d’auteur son propre guide consacré à la production d’alcool de contrebande (″ Me and My Likker ″) ainsi qu’une vidéo maison dépeignant ses activités. Hors du commun et hors du temps. Il s’attire évidemment les foudres des autorités qui le convoquent devant la cour pour lui signifier une incarcération de 18 mois dans une prison fédérale. Rebelle jusqu’au bout. Le petit homme maigre, toujours vêtu d’un chapeau improbable et d’une salopette du même nom, n’accepte pas cette condamnation et préfère se donner la mort. Après avoir prévenu sa fille il met fin à ses jours le 16 mars 2009. Le hors la loi a alors 62 ans. Le 9 novembre 2010, Hank Williams. Jr s’associe avec la veuve Pam pour distiller et distribuer un whisky élaboré selon les techniques et méthodes Sutton. En Octobre 2013 Jack Daniel’s Inc dépose plainte sous couvert de contrefaçon, demande que les bouteilles mises sur le marché soient retirées et que le produit des ventes déjà réalisées soit reversé à la firme du Tennessee Whiskey. La poursuite a été conclue et réglée en 2014 selon des termes non encore divulgués.
♥ Voir: ″ Popcorn Sutton, a hell of life ″. Ce Dvd de Neal Hutcheson sorti fin 2014 retrace, via un portrait inoubliable, la vie de Marvin Sutton de 2000 à 2009. ″ The Last One ″. Du même auteur, le documentaire publié en 2009 et remastérisé en 2012 a reçu l’Award du meilleur documentaire culturel. On y voit le héros dans ses œuvres de distillation traditionnelle au cœur des Appalaches où il évoque le caractère de ses ancêtres irlandais et retrace une vie riche de souvenirs.
La photo représente le corps échoué et sans vie d’un petit Syrien de 3 ans. Aylan Kurdi gît sur une plage de Turquie. Que le journal Le Monde, comme d’autres, décide d’en faire sa une pour illustrer les affres des problèmes migratoires c’est son choix et le débat déjà lancé reste entier et pourrait se suffire à lui même. Malheureusement, dans ce même quotidien et quelques pages plus loin un autre cliché. Celui d’une jeune femme blonde, pâle, les yeux cernés de noir, étendue elle aussi sur le sable mouillé. Elle est mannequin. Sa tête repose sur un sac. Un sac de luxe. Il s’agit d’une campagne publicitaire pour GUCCI. Mises côte à côte par manque de discernement, les deux photos deviennent tout à coup le symbole absolu de la révulsion, du cynisme, du mauvais goût et de l’obscénité. Elle est là aussi la véritable horreur! Pauvre Monde! Triste monde!
Six années se sont écoulées depuis la sorite du Dvd ”Live at the Gaiety Theater” Six années au cours desquelles le guitariste Mannois a tourné sans compter et peaufiné de nouveaux titres. Revoici donc Davy Knowles, sans Back Door Slam cette fois, avec un album solo qui devrait ravir les fans. Composé de 11 originaux et de deux reprises, ”The Outsider” se distingue d’emblée par son ampleur créative. Knowles semble apporter beaucoup de lui même dans des compositions au sein desquelles guitares et voix sont empreintes de sensibilité et d’originalité. La voix, déjà plus qu’ honnête, est devenue plus contrôlée et mieux dosée pour coller au feeling des chansons. Question guitare, le jeu du jeune prodige a gagné en subtilité et en finesse. Les chorus électriques sont toujours de haut vol mais Davy nous prouve aussi qu’il maîtrise magistralement la six cordes acoustique et le Dobro. Le disque débute par ”It’s not no grave”, un cover de Johnny Cash, et s’achève avec ”Pastures of plenty” sur une interprétation imaginative d’un titre de Woody Guthrie. Les autres chansons évoluent entre ambiances bucoliques, mid tempo et blues joyeux en laissant une place aux purs moments de Rock’n’roll que sont ”Catch the Moon” et ”In a little while”. Actuellement, Davy Knowles travaille avec DAM Productions sur un film autour de sa musique et de ses influences. Intitulé ”Island Bound” , le documentaire devrait voir le jour prochainement; c’est l’autre bonne nouvelle.