Sideburn – Loaded

 

Winchester, cartouchières pleines, bâtons de dynamite, flingue, le patibulaire enjoué de service annonce la couleur: ça va défourailler sévère. Avec une dizaine d’albums à leur actif depuis 1997, les helvètes de Sideburn bivouaquent autour d’un classic rock authentique bien ancré dans les seventies. Son vintage, riffs puissants et refrains accrocheurs nourrissent un répertoire le plus souvent influencé par Cold Chisel, AC/DC ou Rose Tattoo, les piliers du rock australien si chers à  Airbourne. Depuis l’excellent Fired up paru en 2022, la discographie des fondateurs Roland Pierrehumbert (chant) et Lionel Blanc (batterie) était en stand by pour cause de tournées soutenues et de changements de line up.
C’est donc avec un indéniable plaisir que l’on retrouve le combo avec ce Loaded, nourri des productions précédentes. Chargé jusqu’à la gueule, ce double LP comporte 37 titres extraits des grands classiques dont certains ont été réenregistrés: Ghost of 1980 (to Bon Scott), Voodoo Girl, Gimme the way et Rock’n’Roll Outlaw de Rose Tattoo. L’occasion également de faire appel aux potes compatriotes de Gotthard sur deux autres titres: le guitariste Leo Leoni œuvre sur Hell on wheels et le chanteur Nic Maeder vocalise sur Gangster lover. Onze live viennent aussi témoigner de ce dont est capable Sideburn quand il s’agit de faire passer le message on stage. Enfin, et c’est à noter au titre de l’ouverture des hostilités: Devil’s Daughter, une vraie nouveauté qui annonce la couleur dans la plus pure tradition du rock électrisant. Attention aux balles perdues!

Banksy – Royal Courts Of Justice

© Photo:  Simon Gardner – Reuters

 

Une nouvelle œuvre du street artiste Banksy a récemment orné une partie de la façade de la Cour royale de justice du Royaume-Uni à Londres. Cette peinture murale représente (ait) un manifestant allongé au sol, tenant une pancarte maculée de sang, tandis qu’un juge portant la tenue traditionnelle propre à son rang le frappe à coups de gavel.
Très vite, la peinture au pochoir a été recouverte de plastique noir, dissimulée derrière deux palissades en métal et placée sous la surveillance d’agents de sécurité. Un porte-parole du HM Courts and Tribunals Service a déclaré que l’œuvre allait être retirée au prétexte que, le bâtiment étant classé, les autorités sont tenues de préserver son aspect d’origine. Shocking!

Patrick BETAILLE, septembre 2025

Le lundi c’est permis – Regards

© Photo: Wallpaper Flare/Rosario Dawson

 


[Alphonse Karr]: “ Les regards des femmes expriment ce qu’elles n’osent pas dire – Women’s glances express what they dare not speak “.


Patrick BETAILLE, septembre 2025

Eric Clapton – Ferrari SP12EC

© Photo: Jake Walters – Ferrari

 

Slowhand ″ a toujours aimé les voitures puissantes et, plus particulièrement celles de la marque au cheval cabré. Une passion qui débute le jour où il voit la Ferrari de George Harrison une 365 GTC bleue:  ″ Je n’en avais jamais vu une en vrai auparavant, et mon cœur a fondu. À ce moment-là, c’était comme voir la plus belle femme du monde ″ (Source – Eric Claption – L’Autobiographie – Page 189). Dans la foulée, et bien que n’étant pas titulaire du permis de conduire, il achète le bolide du ″ Quiet Beatle ″ et le fait repeindre en gris argent. D’ailleurs, Il ne se contentera pas que du bolide du guitariste. Plus tard en effet, Éric séduira Pattie Boyd, la femme de George, et l’épousera en 1979.
Des Ferrari, il en aura beaucoup d’autres, dont une Maranello F1, une Enzo et plusieurs Berlinetta Boxer, modèle auquel il voue encore un véritable culte.
Eric Clapton désirait posséder une voiture dont la silhouette devait épouser les lignes de cette BB Supercar 12 cylindres tant aimée. En 2010, il s’est adressé à la firme italienne qui, avec l’aide de Pininfarina, a répondu aux attentes de son célèbre client en customisant une 458 Italia à moteur V8 de 570 ch. Les travaux ont duré deux ans et aujourd’hui ″ God ″ est le seul au monde à posséder cette Ferrari SP12EC de 4,7 millions d’euros qui lui a été livrée en 2012.

Patrick BETAILLE,  septembre 2025

 Victor Jorgensen – Kissing the War

© Photo Victor Jorgensen – Wikimedia

 

Cette célèbre photographie a été prise par Le photojournaliste de la marine américaine Victor Jorgensen. Prise sur Times Square à New York le jour de la capitulation du Japon le 14 août 1945, elle montre un marin de l’US Navy penché sur une jeune infirmière qu’il est en train d’embrasser à pleine bouche.
Kissing the War Goodbye a été publiée le le lendemain 15 août 1945 dans The New York Times. Comme pour le Baiser de l’Hôtel de Ville de Robert Doisneau, de nombreuses personnes se sont revendiquées être les protagonistes du cliché. Après enquêtes, ce sont finalement George Mendonza, un marin de l’US Navy et Greta Zimmer Friedman, une assistante dentaire, qui ont été officiellement identifiés dans les années 80.

Nota: Sous un angle différent et en plan plus large, une image similaire a été prise le même jour par Alfred Eisenstaedt. V-J Day ( Victory over Japan Day) in Times Square a été publiée une semaine plus tard par le magazine Life dans un dossier de 12 pages consacrées à aux célébrations de la victoire. 

Patrick BETAILLE, septembre 2025

The Hives – Forever The Hives

 

Il faut quand même une bonne dose de culot et d’humour pour intituler un album ″ Pour Toujours et à Jamais! ″. C’est pourtant ce qu’osent les membres de The Hives – groupe en son temps modestement autoproclamé ″ meilleur groupe live de la planète ″ – qui posent aujourd’hui couronnés et vêtus de manteaux d’hermine et dont le leader Pelle Almqvist clame à qui veut l’entendre: ″ Nous sommes au sommet de notre art.

Depuis le boom du garage rock au début des années 2000, les rockers venus du froid suédois ont survécu à quasiment tous leurs alter egos grâce à une formule simple : un look impeccable, du gros son et une énergie sans faille. Avec The Hives Forever, Forever The Hives enregistré dans les studios de Benny Andersson d’ABBA, ils sonnent plus enragés que jamais. Ce septième album est bâti sur une véritable poudrière et un inconscient en manque de Sonics ou de Fleshtones a allumé la mèche. Résultats, 12 titres qui vous pètent à la gueule pour vous prouver que le rock, le vrai, n’est pas mort et qu’en toute royale modestie ce sont The Hives qui l’ont sauvé.

Patrick BETAILLE, septembre 2025

Le lundi c’est permis – Striptease

©Photo: GregH – ArtStrip

 


[Noctuel. Auteur français 1923-2015]: “ Une stripteaseuse prouve que si les femmes n’ont jamais rien à se mettre, il leur faut toujours du temps pour l’enlever – A stripper proves that if women never have anything to wear, they always need time to take it off ”.


Patrick BETAILLE, septembre 2025

John Fogerty – Legacy

 

Après plusieurs décennies de batailles juridiques avec Fantasy Records, John Fogerty a finalement obtenu les droits d’édition de son catalogue. Mais il a aussi réalisé que jamais il ne possèderait les enregistrement originaux de Creedence Clearwater Revival. Qu’à cela ne tienne! Même si à 80 ans le chanteur-guitariste-compositeur n’a plus rien à prouver, il a fait le choix de relever le défi: réenregistrer une bonne partie des marqueurs de la musique américaine. Legacy, le bien nommé Creedence Clearwater Revival Years, regroupe 20 classiques du groupe revisités en famille. Une bonne parie de la tribu Fogerty s’est retrouvée en studio pour finaliser le projet pour le moins exigeant. Shane est à la guitare et à la basse, Tyler à la guitare, à la basse et aux claviers et Kelsy à la batterie. Malgré les ans, la voix de John n’a rien perdu et les gosses assurent à merveille pour honorer leur héritage avec une précision métronomique. Au point qu’à quelques détails minimes près l’on croirait entendre Up Around the Bend, Proud Mary, Travelin’ Band, Bad Moon Rising, Born on the Bayou, Fortunate Son et tous les autres interprétés à la grande époque par Doug Clifford, Stu Cook et Tom Fogerty qui aujourd’hui déclare:  » Soit on est complètement différent, soit on fait de son mieux pour sonner exactement pareil. C’était un challenge passionnant, dit-il en ajoutant:  ″ Pendant la majeure partie de ma vie, je n’ai pas été propriétaire des chansons que j’avais écrites. Les récupérer change tout « .

Aussi bons soient-ils, ces nouveaux enregistrements sont-ils meilleurs que ceux de feu Creedence Clearwater Revival ? Franchement non mais on s’en fout. Avec ces John’s Versions, Legacy permet de renouer avec les titres de l’un des plus remarquables groupes de l’histoire du rock et ses cinq albums classés dans le Top Ten entre 1968 et 1970.

Patrick BETAILLE, août 2025

 

iHeart – Nobody Likes Me

© iHeart

 

iHeart est un artiste d’art urbain canadien qui, comme Banksy, utilise principalement la technique du pochoir. Il fait appel à ce procédé essentiellement pour s’exprimer sur les dérives sociales, notamment l’omniprésence des réseaux sociaux. Réalisée en 2014 dans le parc Stanley à Vancouver, Nobody Likes Me s’est rapidement répandue sur internet et est devenue la deuxième œuvre de street art la plus populaire au monde. 

L’œuvre représente un enfant, seul, smartphone à la main. Il pleure car il n’a aucun abonné, aucun commentaire et aucun like sur son réseau social. À travers cette image, le street artiste souligne que bien que communiquant virtuellement entre eux, les individus sont en réalité déconnectés les uns des autres. 

Pour parcourir les œuvres de l’artiste et les messages qu’elles transmettent, dirigez-vous vers son site en cliquant ici: iHeart.

Patrick BETAILLE, août 2025

Céré – Made In Rock’n’Roll

 

Pau, en bas à gauche sur la carte de France. Pau, préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques. Pau, son beth ceu, sa vue sur les Pyrénées, sa garbure, son roi Henry, quatrième du nom, et son François, notre… Premier Sinistre.
Et puis à Pau il y a aussi un haut dignitaire du wok’N’wol. Bien qu’ayant déjà eu l’occasion d’exprimer tout le bien que je pense de Didier Céré et de sa musique, une question subsiste. Bordel! Comment fait-il?
Presque cinquante ans que ce rocker pur et dur traine sa gouaille, ses tiags et ses guitares sur les routes de Navarre et d’ailleurs. Que ce soit avec les Rebels, Abilène, les Bootleggers ou en solo, contre vents et marées et musicalement très bien entouré, Didier a toujours diffusé la bonne parole en faisant preuve d’une énergie et d’une sincérité qui ne trompent pas. Pour preuve, sur sa route il a eu l’occasion de croiser les cordes avec des grands, y compris en ouvrant pour des pointures telles que Calvin Russel, Moon Martin, Toto, ZZ Top ou Johnny Halliday. Entre autres.
Moi qui pensais qu’après une bonne dizaine de disques, ce Rock Rebel paru en 2021 signifiait peut-être la fin d’une histoire discographique, je me suis magistralement foutu l’accordeur dans l’œil. Tant mieux! Le vieux rocker n’a pas tout dit! Les 11 titres du tout nouveau Made in Rock’n’Roll ont été enregistrés et mixés à Pau et – s’cusez du peu – mastérisés à Austin Texas.  Le Did reprend et adapte en français Breathless (Bad Bad Boy s’habille en Blouson noir), Brian Setzer (Radiation Ranch devient Le Rade des Zombies et Bruce Springsteen (pour Fire c’est Je Suis Toqué). Il rend aussi hommage à Johnny avec une version de Génération Perdue sorti en 1966. Quant au morceau qui offre son titre à l’album il s’agit ni plus ni moins que de Let the Good Times Roll de JD McPherson.
En plus de Jeremy Mondou (guitare) et Mickael Mazaleyrat (Harmonica), l’incroyable noyau dur des Bootleggers est renforcé par un aéropage de talents incontestés: Fred Chapelier, Neal Black et le canadien Redd Volkaert aux guitares, Red Young et Larry Telford de Point Blank aux claviers (les sudistes apprécieront!) et l’immense frenchie Michel Mondou au saxophone. Made In Rock’n’Roll est un album au titre qui veut bien dire ce que ça veut dire. Si vous cherchez de l’IA, de l’autotune et du vocoder passez votre chemin et allez vous faire téter les yeux chez Orelsan. Rendez vous plutôt au Rade des Zombies (putain quel morceau!); sans Salma Hayek (comprenne qui pourra!), la tournée des 11 shots ne vous coûtera que 17 euros service compris. Pour passer commande: txdidier@wanadoo.fr

Sinon, la discographie complète sous forme de singles et d’albums est disponible en écoute ou à l’achat ici: Bandcamp/Bootleggers!

Patrick BETAILLE, août 2025