Mom’s Apple Pie – La Part du Gâteau

Mom's Apple Pie censure

[Extrait]: Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif  la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″ l’objet ″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!

Patrick BETAILLE, septembre 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Parental Advisory – La censure adhésive

Parental Advisory, Explicit Content

[Extrait]: Parental Advisory ″Explicit Lyrics″, ou encore ″Explicit Content″. Le sceau de l’infamie appliquée aux artistes qui dérangent par le contenu de leurs skuds. La faute à Prince! Son sixième album, Purple Rain, sort en 1984 avec le succès que l’on connait. Parmi les 9 titres figure Darling Nikki qui comporte les paroles suivantes : ″ I knew a girl named Nikki / I guess you could say she was a sex friend / I met her in a hotel lobby / Masturbating with a magazine ″. Lorsque Tipper Gore, la femme du vice président des USA, entend le morceau en provenance de la chambre de sa fille de 11 ans, elle entre dans une colère mémorable, ameute ses copines du monde politicien et décide de fonder le PMRC (Parents Music Ressource Center). En utilisant le réseau de leurs époux, ces femmes exercent une pression sur les labels, les diffuseurs et établissent la liste des 15 Filthy Fifteen (traduire par 15 saletés) sur laquelle figurent entre autres des titres de Prince, Judas Priest, ACDC, Black Sabbath et même Madona ou Cindy Lauper. Désormais tout ce qui parle de sexe, de drogue, d’alcool et de violence s’attire les foudres du pudibonde organisme qui réussit à obtenir des Majors que soit apposé le fameux Parental Advisory/Explicit Lyrics sur chacun des albums identifiés comme nuisibles à la morale. Certains distributeurs vont même jusqu’à refuser de mettre en rayon les disques estampillés Explicit Content. Sale temps pour le Rock en général et le Metal ou le RAP en particulier! Certains groupes se manifestent, Rage Against the Machine par exemple. Excédés, les membres posent nus avec le logo PMRC peint sur le torse, et ce, sous un déluge de Larsen et de sons distordus. C’était en 1993 au festival de Lollapalooza. Avant, en 1991, Guns N’ Roses apposent sur Use Your Illusions I & II la mention suivante: ″This album contains language which some listeners may find objectionnable. They can F*** OFF and buy something from the New Age section″ (Cet album contient des propos qui pourraient heurter la sensibilité de certains auditeurs. Ils peuvent aller se faire foutre et acheter autre chose au rayon New Age). C’est peut être finalement de la rue que vient la réaction la plus préjudiciable au puritanisme ambiant. Petit à petit en effet, indiquer clairement un contenu choquant est devenu en quelque sorte un gage de qualité et un certificat d’ authenticité subversive. Et toc!

Patrick BETAILLE, juillet 2015


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La Femme – Le Podium

 

[Extrait]: Le groupe electro-punk La Femme est né en 2010 de la rencontre de deux copains originaires de Biarritz : Marlon Magnée et Sacha Got. Sans manager, ni producteur, la formation gère seule la promotion d’un EP qui paraît en 2011. Intitulé Le Podium, ce premier essai renferme Sur la Planche, le titre un temps captur(é) par Renault pour sa publicité. Le visuel du disque fait appel au célèbre tableau de Gustave Courbet : L’Origine du monde. Comme la toile du maître en son temps, la jaquette suscite de nombreuses réactions et finit par être censurée, notamment outre-Atlantique où le combo s’est bâti une solide réputation sur la scène électropop…

Les jambes écartées et le sexe impudique de l’œuvre se retrouvent cachés par un encart noir sur lequel on peut lire: ″ THIS IS NOT LA FEMME ACTUAL COVER BECAUSE IT GOT CENSURED ″. Le texte en anglais est écrit en blanc et comporte une belle faute lexicale : ″ CENSURED ″ au lieu de ″ CENSORED ″.

Patrick BETAILLE, mai 2015


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Damien Saez – J’accuse!

Damien Saez J'accuse

[Extrait]: Il n’y a pas qu’outre Atlantique que les ligues puritaines font entendre leur voix quand il s’agit d’élever un rempart devant ce qui pourrait porter atteinte à la morale et aux mœurs. En France c’est le J’accuse de Saez qui en mars 2010 subit les foudres de l’ Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité. En effet, l’ ARPP décide que l’affiche qui reproduit la pochette de l’album doit être retirée de tous les lieux publics. La censure est justifiée de la manière suivante : ″ L’affiche présente un caractère dégradant pour l’image de la femme dans la mesure où elle apparaît nue, et qui plus est dans un chariot de supermarché, donc comme une marchandise… La publicité ne peut réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à une fonction d’objet ″…

Sauf à admettre que le but non avoué consiste à protéger l’image du caddie, il est quand même étrange de constater que ceux là même qui ruent dans les brancards à propos du visuel de Mondino oublient systématiquement de se manifester vis à vis des publicistes  qui, à la demande de clients évidemment biens sous tous rapports, usent et abusent des charmes féminins pour vendre tout et n’importe quoi. Le rock serait il victime d’un apriori défavorable?

Patrick BETAILLE, décembre 2014


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Queen – Jazz, Bicycle Race.

 

L’excellentissime Jazz, publié en 1978 est le 7ème disque studio de Queen. Parmi les 13 titres figure Bicycle Race, choisi en tant que single destiné à promouvoir l’album. Le groupe a l’idée de tourner un clip au Wimbledon stadium en mettant en scène 65 femmes nues circulant sur des bicyclettes. Une image destinée à la jaquette du single fut extraite des séances photos : celle d’une des participantes, de dos, en tenue d’Eve, juchée sur un vélo Halfords. Ca ne passe absolument pas auprès de la communauté bien pensante, et, pour répondre aux exigences de la censure, la Fat  Bottomed Girl (face B du single en question) est affublée au montage et la hâte d’une petite culotte. Quant au clip, évidemment censuré lui aussi, il est finalement édité après ajouts d’effets kaléidoscopiques destinés à masquer les formes incriminées. Provocation ou vengeance ? L’album Jazz intègre dans son édition originale et, sous forme de poster, une autre des photos prises lors de la même session. Le plus comique dans l’histoire c’est que le loueur de bicyclette exigea et obtint de la part du groupe le remplacement des 65 selles.


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Patrick BETAILLE, mars 2013

La Censure du Cover Art en Livre : In Vinyle Veritas!