The Magpie Salute – High Water I

Chris Robinson Magpie SaluteVoilà quatre ans que les Black Crowes ont déposé le bilan après 25 ans de bons et loyaux services. En 2016 et dans le cadre de The Woodstock Sessions Project, Rich Robinson est sollicité pour se produire sur scène. L’ex leader des Crowes décide alors de créer un collectif incluant notamment quelques uns de ses compagnons de route. Avec pas moins de sept autres membres sur scène, Rich (Guitare et Chant), Marc Ford (Guitare) et Sven Pipien, renouent avec l’énergie bienfaitrice des beaux jours et, séduits l’enregistrement d’un album éponyme de reprises ( Crowes, Delaney & Bonnie, Pink Floyd, The Faces et Bob Marley) sorti en 2017, décident de poursuivre l’aventure. The Magpie Salute était né. Pour ce premier véritable effort studio, la formation se voit réduite au quintet incluant John Hogg au chant, et Joe Magistro aux drums. Bien évidemment, avec ses 12 titres, ce nouvel album perpétue la flamme originelle des Corbeaux Noirs. Des brûlots tels que ″Can You See″ ou ″Take It All″ et sa slide incisive sont là pour le prouver. Il convient néanmoins de ne pas s’arrêter sur cette première impression car d’autres titres convergent vers des horizons éclairés d’envolées épiques, d’accents ragtime, de pedal steel guitar, de blues et même d’une petite teinte funky. Bref par les temps qui courent High Water I passerait facilement pour un disque vintage à la con mais au milieu de la misère musicale ambiante c’est un constat plutôt rassurant. D’autant plus rassurant qu’il laisse présager un High Water II. J’attends… Avec impatience!

Patrick BETAILLE, août 2018

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko Johnson

Il y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

Patrick BETAILLE, juillet 2018

Buddy Guy – Blues is still alive and well

The Blues is still alive and well

 

Tout est dans le titre! Avec ce nouvel album Buddy Guy prouve, si besoin en était, qu’il est bien une légende vivante, le seul survivant de tous les géants du Blues depuis la mort de B.B. King en 2015. Déjà en 2010 dans Living Proof  il ouvrait en proclamant qu’il était ″74 years young″. aujourd’hui, à 81 ans  il dit simplement: ″a few good years is all I need right now″ (quelques bonnes années, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment). Sur la pochette de Blues is still alive and well Buddy, tout sourire, pose avec sa Telecaster à pois devant le panneau de Lettsworth, sa ville natale en Louisiane. En arrière plan, une bicoque délabrée qui n’est pas sans rappeler celle McKinley Morganfield, alias Muddy Waters. Le décor est planté. L’ami Guy se sort les tripes, vocifère et distille des chorus ravageurs comme si sa vie en dépendait. 15 titres, plus d’une heure d’une musique qui nous rassure sur l’état de santé du Blues même si ici il est souvent question de vie et de mort. Étonnant! Étonnant et surprenant aussi. Sur ″You Did The CrimeMick Jagger joue de l’harmonica; vous ai-je dit que que Mick le lippu est un putain d’ harmoniciste? Non? Ben je vous le dit! Le troisième titre nous offre une tuerie au cours de laquelle Keith Richards et Jeff Beck, éternels disciples consciencieux, font parler la poudre: Cognac!

Richard Gotainer – Saperlipopette!

Saperlipopette or not Sapelipopette

Saperlipopette (Or not Saperlipopette)! Richard Gotainer, le maître de l’humour, de la grossièreté érudite, le Gotlib de la chanson française est de retour. 10 ans que le binoclard fantasque ne nous avait pas titillé les zygomatiques. ″ Quoi de plus savoureux, de plus jubilatoire qu’un gros mot bien juteux pour fleurir une histoire, d’une couille bien placée, d’un trou de balle bien senti, et la phrase étriquée se transmute en saillie ″. Le ton est donné. Fidèle à son goût pour les propos acerbes, les satires ironiques et la tournure alambiquée, le trublion déjanté signe 9 textes riches et délicieux mis en musique par Michael Lapie. Les ambiances musicales tantôt rock ou électro, parfois baroques collent à merveille aux propos truculents sur l’amour, la politique, la société et bien sûr les mots. Sapristi nom de nom, que le grand cric me croque, cet album est le meilleur depuis Chants Zazous ou celui que vous voulez.

Patrick BETAILLE, juillet 2018

Sixties – 45 tours de France

France: Les Yéyés

[Extrait]: Je vous parle d’un temps… Le Swinging London s’ébroue au son des Beatles, Animals, Manfred Mann, Herman’s Hermits, Rolling Stones, Troggs, Who, Kinks et même Donovan ou Petula Clark. Pendant ce temps là, de l’autre côté du Channel, Christophe construit Les Marionnettes, Pascal Danel se balade sur La Plage aux Romantiques et Joe Dassin est à la bourre mais y’a du soleil: Bip Bip!. Larguée, Sheila a des envie de meurtre et tire à vue: Bang Bang! Françoise Hardy raconte La maison où j’ai grandi pendant que Claude Nougaro martèle bidon Bidonville et que Charles Aznavour compose avec La Bohème. Michel Polnareff n’a pas encore montré son cul mais il se demande: Sous quelle étoile suis je né? Tout nu dans son bain Jacques Dutronc pense et oublie: Et Moi et Moi et Moi dit il, c’est la vie, c’est la vie! Hugues Aufray papote avec sa sœur Céline. Richard Antony revendique La Terre Promise mais Dick Rivers, lui, préfère le Twist à St Tropez. Avec Eddy Mitchell Il y a Toujours un coin qui me rappelle alors que pour Claude François c’est Comme d’habitude. Georges Brassens y va de sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. Lassé d’attendre Madeleine, Jacques Brel fait ses adieux alors que Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot jouent à Bonnie & Clyde. Sylvie Vartan embarque Carlos pour 2’35 de bonheur et Dalida prodigue de judicieux conseils à son Bambino. Nino Ferrer prend son Téléfon pour prévenir Henri Salvador que Zorro est arrivé. Adepte des cheveux long, Evariste se justifie: Si j’ai les cheveux longs c’est pour pas m’enrhumer. Au cours de ses Élucubrations Antoine veut enfermer  Johnny dans un cirque; Cheveux longs Idées courtes lui répond Halliday qui n’en finit plus de gueuler Noir c’est noir! Pas très wok & woll tout ça! La jeunesse hexagonale finit par découvrir Bob Dylan et Jimmy Hendrix en goguette à l’Olympia, surfe sur la déferlante venue d’outre Manche et délaisse de plus en plus ses idoles Yéyé. Boudée, l’industrie du disque connait une de ses premières crises et tente de la résoudre en mettant sur le marché le 45 Tours 2 titres moins cher à produire et commercialement plus accessible que le 45 Tours 4 titres dont les ventes connaissent une baisse vertigineuse. Ex fan des sixties où sont tes idoles?


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, Juillet 2017

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues Rock

 

Après un prometteur un Old glory and the Wild Revival sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le power trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd. En studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. 

 

Paul Whitehead – Genesis

Depuis les années 70, Paul Whitehead, peintre et graphiste britannique, reste associé aux jaquettes des albums de Van der Graaf Generator et Peter Hammill mais aussi et surtout de Genesis.
 
Paul Whitehead Trespass
 
 

Graphiquement parlant, Trespass, deuxième album du groupe sorti en 1970, est sans doute le plus surprenant. Dans un décor médiéval on y voit un angelot (l’Amour?) en train d’observer un couple en pleine contemplation du monde extérieur. Un trait noir barre l’image et lorsque la jaquette est dépliée il apparait que c’est un poignard qui est à l’origine de cette balafre. Dixit Whitehead, cette rupture entre le côté bucolique du dessin et la déchirure du couteau correspond au fait que l’ambiance paisible qui domine l’ensemble des compositions est brusquement mise à bas par The Knife, un titre éminemment plus pêchu et accrocheur.

 
 
Paul Whitehead Foxtrot
 
 

Trespass, le flamboyant Nursery Crime (1971) et l’envoutant Foxtrot (1972) resteront à jamais  les marqueurs d’une époque créative au cours de laquelle expression picturale et compositions musicales cohabitaient étroitement. Ainsi, la femme-renard de Foxtrot inspira Peter Gabriel qui fit vivre le personnage sur scène portant une robe rouge et masque de renard.[ Site Officiel Paul Whitehead! ]

 
Patrick BETAILLE, juin 2018

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👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Mati Klarwein & Santana – Abraxas

Mati Klarwein Abraxas Santana

[Extrait]: Mati Klarwein est assurément l’un des grands peintres du mouvement psychédélique. Allemand d’origine, cet élève des Beaux Arts de Paris s’initie au Surréalisme aux côtés de Fernand Léger et fait la connaissance de Salvatore Dali avec qui il se lie d’amitié. Installé en France il développe son propre style figuratif… L’un des exemples les plus représentatifs de la démarche de l’artiste restera à jamais un concept élaboré en 1961: Aleph Sancturay aussi appelé ″Le Temple de toutes les Religions″. En 1970, Carlos Santana vient de terminer l’enregistrement de son deuxième album et il tombe sur la reproduction de l’un des volets de l’œuvre en question: The Annunciation. On y voit une Vierge Marie à la peau noire, nue, le sexe caché par une colombe, symbole de virginité. L’ange Gabriel participe lui aussi à cette Annonciation revisitée en déboulant tatoué, à califourchon sur un conga et pointant le doigt vers un motif qui n’est autre que Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu signifiant ″ commencement ″. Quant aux Rois Mages, ils sont représentés par des danseurs africains en compagnie de l’artiste lui même. Séduit par le concept et les symboles, Carlos décide que l’image sera le cover art d’ Abraxas… Le disque aura un succès planétaire et il fera connaitre dans le monde entier Mati Klarwein qui travaillera aussi pour Miles Davis (Bitches Brew), Brian Eno, Greg Allman etc… Tout ça grâce à la Black Magic Woman!

Patrick BETAILLE, juin 2018


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Pink Floyd – A Nice Pair

Pink Floyd, censure de A Nice Pair

[Extrait]: A l’initiative de Harvest/Capitol, A Nice Pair a été publié en décembre 1973 sous la forme d’un double album qui regroupe The Piper at the Gates of Dawn et A Saucerful of Secrets, les deux premiers albums de Pink Floyd parus respectivement en 1967 et 1968. La pochette originale de l’album, œuvre de Hipgnosis, consiste au verso en un kaléidoscope de neuf images surréalistes et humoristiques. Deux de ces clichés feront l’objet de censure. Celle qui représente une paire de seins (a nice pair?) sera dans certains pays dotée d’un bandeau ou d’une croix noire alors que les États-Unis opterons pour un sticker violet et blanc apposé sur la poitrine. Une deuxième photo représente la façade d’un cabinet dentaire, celui du Dr Phang. Ce dernier, s’appuyant sur la loi interdisant la publicité dans le domaine médical, demande et obtient le retrait de l’image qui sera remplacée par un cliché sur lequel figure un moine en train de se gargariser. Après la réédition des deux albums originaux sur CD, A nice Pair ne sera plus édité.

Patrick BETAILLE, mai 2018


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Vinyls – Haute Définition?

Rebeat: Vinyl HD

 

Mis à mal par l’arrivée du Compact Disc dans les 80’s, puis plus tard par le MP3 et le streaming, le Disque Vinyl est bel et bien de retour. L’engouement pour la vénérable galette n’en finit pas de titiller les neurones de quelques petits malins qui grenouillent dans les open spaces de start up innovantes. Rebeat, une jeune société autrichienne annonce ainsi l’arrivée prochaine du Vinyl HD. Günter Loibl, le boss, a déposé en 2016 un brevet décrivant une méthode révolutionnaire sensée apporter 30% de capacité supplémentaire, une augmentation conséquente de la durée de vie, un coût de fabrication moindre et une restitution sonore enrichie. Cerise sur le gâteau, la technologie serait compatible avec les platines actuelles. Alors rêve ou réalité? Il faudra attendre 2019 pour être fixé mais à n’en pas douter l’industrie de la musique doit déjà être dans les starting blocks. Après avoir convaincu Pierre que le Cd était fantasbuleux, persuadé Paul le Mp3 était génial, terrifié Jacques avec HADOPI et démontré aux autres que le Vinyle est fabulistique, les Majors ne vont pas rater l’occasion de rééditer à tour de bras des œuvres emblématiques déjà surexploitées mais augmentées pour la circonstance de fonds de tiroirs divers et variés soit disant ″indispensables″ et ″incontournables″. On parie?

Patrick BETAILLE, mai 2018