Johnny Winter – Step back!

 

Johnny Winter a publié pas moins d’une trentaine d’albums de Blues et de Blues Rock avant l’été 2014. Sa mort, à l’âge de 70 ans a laissé un vide difficile à combler pour la communauté du Blues. ″Step Back″ est son dernier album studio et il fait suite à ″Roots″ sorti en 2011 dans lequel un hommage était rendu aux artistes qui ont inspiré ou influencé l’albinos.  Comme ″Roots″ , ″Step Back″ consiste  essentiellement en une série de duos avec quelques grands noms du moment. Jugez plutôt! Eric Clapton , Ben Harper , Billy Gibbons , Joe Perry , Dr. John , Leslie West , Brian Setzer et Joe Bonnamassa sont de la partie pour un album bourré jusqu’à la gueule de guitares rugissantes au service d’un Blues Rock des plus efficaces. Au travers de ces collaborations motivées, il reste évident que Johnny Winter  affiche encore joie, excitation et plaisir; honnêtement il n’a peut être jamais aussi bien joué! Alors bien sûr Step Back ne propose rien de particulièrement innovant ou surprenant mais il est réconfortant de découvrir que le guitariste texan nous a quitté en  laissant derrière lui un témoignage sur lequel les amateurs du genre ne manqueront pas de se précipiter tant il est indispensable.

Patrick BETAILLE, octobre 2014

 

Robert Crumb – Chimpin’ the Blues!

Robert Crumb & Jerry Zolten: Chimpin' the Blues

Né à Philadelphie en 1943 Robert Crumb est dans les années  soixante l’une des figures de proue du Comix Underground. A cette époque il acquiert une renommée confortable en publiant les aventures d’un chat paillard et obsédé, Fritz The Cat et celles d’un gourou cynique, Mr Natural. Ces aventures feront d’ailleurs l’objet de publications en France dans Actuel, l’ Echo des Savanes et Fluide Glacial. Dans ces magazines il est également question de témoignages humoristiques et déjantés sur le psychédélisme, les drogues (il connaît bien le sujet…), la libération sexuelle et les femmes. Les Femmes! Il les aime et les dépeint résolument avec des formes généreuses, maternelles et dotées d’ un caractère bien trempé. Crumb, qui  se décrit lui même comme ″un obsédé pervers et névrosé″, met en scène la gent féminine sur fond de relation ambivalente tantôt animée par la haine et la crainte, tantôt empreinte de fascination et de fantasmes sexuels. Le dessinateur a une autre passion: La musique. Même si a une époque il refuse de travailler pour les Rolling Stones (il n’aime pas leur musique!) il commet quelques pochettes de disques dont la plus célèbre reste incontestablement celle de Cheap Thrills pour le Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Malgré tout et musicalement, c’est en tant que collectionneur de disques 78 tours que Robert Crumb se distingue. Il se passionne particulièrement pour la Country Music, le Jazz et le Blues Vintage, sachant que tout ce qui est postérieur à 1935 ne représente pour lui que très peu d’intérêt. Sorti fin 2013, Chimpin’ the Blues est le fruit d’une collaboration avec un ami, lui aussi collectionneur, Jerry Zolten. Ce dernier, historien en musique et professeur d’université invite Crumb en 2003 dans son émission de radio au cours de laquelle tous deux passent en revue quelques uns de leurs favoris parmi les 78 tours des années 20 & 30. Sur les 21 titres de ce disque 10 sont la transcription de commentaires éclairés de la part des deux spécialistes mais c’est la musique qui reste à l’honneur avec 11 titres rares qui à eux seul représentent un véritable trésor. Les amateurs de Blues Old Style et les fans de Crumb devraient être séduits par le contenu et le contenant de Chimpin’ the Blues.

Patrick BETAILLE, octobre 2014 


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Roger Dean – Yes!

Roger Dean: The Gun & Yes cd's covers

[Extrait]: Cet illustrateur de renommée internationale a, dès le début de sa carrière, crée un style dont les images évocatrices et visionnaires ont illustré avec bonheur le monde musical. Avec des techniques, des approches et des styles différents, lui et Storm Thorgerson ont fait passer la jaquette de disque du rang de simple emballage à celui d’œuvre d’Art à part entière. Les dessins de Roger Dean évoquent de façon stylisée des paysages et des mondes étranges inspirés par la littérature fantastique et par la Science Fiction. Des univers grandioses aux lumières étincelantes, peuplés de créatures mythiques, ont fait que cet artiste anglais  reste sans doute le plus connu dans l’illustration du Rock en général et du Rock Progressif en particulier. La première oeuvre discographique de Roger date de 1968; des montres hideux rampent et se meuvent sur la jaquette du premier album du power trio anglais The Gun (Race with the Devil) . En 1971 c’est l’album Fragile qui marque le début d’une longue collaboration avec Yes (Close to the Edge, Yessongs, Relayer, yesterdays, etc..). Choisie par Rolling Stone Magazine parmi les 50 meilleures pochettes du siècle, celle de Tales from Topographic Oceans (1973), illustre à merveille la musique et les textes cosmiques de l’album. Images et musique ne se sont jamais mieux rencontrées et complétées que sur l’association Yes – Roger Dean qui cette année encore contribue à l’image identitaire du groupe sur le dernier album: Heaven & Hearth.

Patrick BETAILLE, septembre 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Brimstone Coven, l’album

Brimstone CovenIl n’est pas dit que l’année 2014 s’achève sans un bon petit brûlot de Heavy Rock.  La jaquette de l’album éponyme de Brimstone Coven annonce une couleur que Richard Clayderman n’oserait entrevoir, même dans ses rêves les plus avinés. Crânes, grimoire, bougies, sorcières aux yeux vides… tout y est et pour sûr on imagine aisément les membres hirsutes de ce groupe de Virginie se balader avec le premier opus de Black Sabbath sous le bras. Dès la première écoute ça se confirme; les gus ne sont pas là pour enfiler des perles. Les riffs sont rugueux à souhait, la rythmique plombée et à n’en pas douter le chanteur « Big John William » à fignolé ses cordes vocales à la râpe à bois. Plus surprenant par contre,  c’est que ça et là viennent s’immiscer des ambiances plus bluesy, et parfois même des harmonies plus psychédéliques. De toute évidence Brimstone Coven a passé du temps à écouter les Maîtres du genre mais sans tomber dans le piège de l’imitation mercantile. Nous sommes bien au sein de ce que l’on pourrait appeler du Neo-Metal Retro (Sic!) et on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ces 17 titres qui ne sont ni plus ni moins que la compilation remastérisée des deux premiers albums que ce combo prometteur a auto-produit entre 2012 et 2013.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Flash – In the Can

Flash In the Can

[Extrait]: 1970, évincé et remplacé par Steve Howe au sein de Yes, Peter Banks forme Flash dès 1971. Un premier album, In the Can, sort au printemps 1972. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, et ce,  malgré un design accrocheur de John Hoernle. Ce premier essai est suivi à l’automne, d’un l’album éponyme tout aussi accrocheur au niveau packaging mais sans effet quant à la notoriété du groupe. Pourtant, le style musical de ces deux disques est fortement marqué de l’empreinte de Yes. Il faut peut être rechercher la cause de ces flops du côté d’une orientation musicale plus pop. Le groupe se sépare en 1973 peu après la sortie du troisième et dernier enregistrement studio Out of our hands. Un témoignage live est publié en 1997 dans la plus totale indifférence.

Flash Flash

Patrick BETAILLE, août 2014


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Toots and the Maytals – Live!

Toots and the Maytals Live

Ni scandale ni censure, ni controverse à propos de cet album. Juste une performance originale. En 1980 le groupe envisage de rentrer dans le Guinness Book of World Records. De fait, un concert au London’s Hammersmith Palais est enregistré, mixé, packagé et distribué en moins de 24 heures. Malheureusement le record ne sera pas homologué car une telle démarche nécessite une information officielle et préalable à l’événement. Personne au sein de la maison de disque n’avait fait le nécessaire en ce sens. C’est ballot! L’ idée de départ et sa mise en œuvre restent néanmoins louables. Quant à l’énergie légendaire de la bande à Frederick Nathaniel Hibbert – dit ″Toots″ – elle est bel et bien là, comme en témoigne ce disque évidemment historique.

Patrick BETAILLE, juin 2014


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The Jimi Hendrix Experience – Electric Ladyland

The Jimi Hendrix Experience censure Electric Ladyland

[Extrait]: S’il ne faut retenir qu’un seul album du Jimi Hendrix Experience c’est celui ci. Electric Ladyland est non seulement le chef d’œuvre d’ Hendrix mais c’est aussi un des albums majeurs sortis ces quarante dernières années. Le gaucher de Seattle y érige son propre style musical afin d’être enfin reconnu pour ses talents de composition et non plus seulement pour ses prestations scéniques. Au départ ce n’est pas l’alchimie entre Blues, Psychédélisme, folk et rock qui fait parler d’elle mais bien autre chose: la pochette… En ignorant les exigences de l’Artiste, la maison de disque choisit de publier l’image d’un groupe de femmes nues. Sur le cliché d’un certain David King certaines de ces femmes tiennent des photos d’Hendrix, d’autres des disques de l’Experience. l’Amérique puritaine ne l’entend pas de cette oreille et interdit la publication en l’état du double LP qui au final sort avec une jaquette arborant le visage stylisé du guitariste. Heureusement et comme souvent, la vieille Europe – et surtout l’Angleterre où tout se passe au niveau du rock – accepte l’édition de la pochette originale. Le disque arrive ainsi dans les bacs le 25 octobre 1968. L’on sait aussi que plusieurs disquaires refusent de vendre ce qu’ils qualifient alors de  » pure pornographie « ! D’autres, sûrement aussi frileux, mais préférant privilégier les bénéfices potentiels que représente cette bombe musicale, vendent l’œuvre emballée dans du papier kraft…


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Patrick BETAILLE, juin 2014

 

The Beatles – Yesterday and Today

 

[Extrait]: C’est en Juin 1966 que Yesterday & today arrive dans les bacs outre Atlantique. Composé de singles, de faces B et de chansons d’albums précédents, l’album en tant que concept ne plait pas aux quatre garçons déjà dans le vent. A l’époque les Beatles n’ont contractuellement aucun pouvoir de décision mais,  bien que très occupés par l’ élaboration de Revolver, ils parviennent à convaincre le staff de Capitol Records pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la pochette du disque. Pour l’occasion, le photographe Robert Whitaker met en scène les Fab Four déguisés en bouchers et posant au milieu de pièces de viande et de baigneurs démembrés. Une façon humoristique d’exprimer un désaccord profond vis à vis de l’assemblage disparate des 11 titres. Cette photo, à l’origine du qualificatif de Butcher Cover, génère un tel scandale que les dirigeants de Capitol doivent retirer le disque de la vente pour le réinjecter avec une nouvelle jaquette.  Peine perdue! Yesterday & Today deviendra la première production financièrement déficitaire de Capitol et sera le dernier disque produit par le marché américain sans le consentement direct du groupe. Reste que les heureux possesseurs d’une des 750 000 mille copies de la première version de l’album ont en main un joli capital; un de ces exemplaires s’est récemment vendu aux enchères 15 300 Dollars!


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Mark Doyle and the Maniacs – Shake’ em on Down

Agrandir: Mark Doyle & the Maniacs - Shake 'en on down!Si vous avez fourgué ou égaré votre collection d’albums emblématiques du Blues Boom des années 60 ou si la production discographique actuelle vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée, ce compact est fait pour vous.  Ostensiblement dédié au Blues Rock Anglais d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, ″Shake ‘Em On Down″ revisite quelques standards qui en leur temps firent les très riches heures des Them, des Yardbirds, de Savoy Brown, de Peter Green, John Mayall ou encore de Robin Trower, tous s’étant au préalable copieusement  inspirés du répertoire du Blues traditionnel. Mark Doyle et sa bande de maniaques se sortent plutôt bien d’un exercice sur lequel pas mal se sont déjà cassé les dents. En effet, dès la première écoute ce disque vous met une bonne petite claque entre les oreilles et ce dès le premier titre, « Mystic Eyes« , qui ajoute un brin de frénésie à la version originale et déjà solide de Van Morrison. S’en suivent un ″Smokestack Ligtnin’″ à l’harmonica jouissif, un ″Shake ’em on Down″ et son déchaînement de basse/batterie, un ″Needle and Spoon″ aux riffs ravageurs et, pour clôturer ce petit brûlot, un ″Messin’ the Blues″ de 8’35 assez hypnotique. Tour de passe passe ou hommage, appelez ça comme vous voulez mais soyez convaincu que ces 10 titres représentent une approche contemporaine et excitante d’un genre musical qui, grâce à des musiciens talentueux et aussi vaillants que des mules de bât, n’a peut être pas dit son dernier mot. Et c’est tant mieux !

Patrick BETAILLE, Janvier 2014

Black Crowes – Amorica

The Black Crowes: Censure Amorica

[Extrait]: Pari réussi pour les frères Robinson qui passent haut la main le difficile cap du troisième album. Sorti en 1994, le très stonien Amorica se distingue des deux précédents opus (Shake Your Money Maker et The Southern Harmony & Musical Companion) par un côté plus expérimental et une production beaucoup plus brute. En résulte un calibrage beaucoup moins Radio qui entraîne un accueil plutôt mitigé de la part des milieux spécialisés. La jaquette volontairement provoc’ n’arrange pas les choses… Tirée de la couverture d’un numéro du magazine pornographique Hustler de Juillet 1976, l’illustration représente l’entrejambe d’une femme portant un string duquel dépassent des poils pubiens. Le persil qui dépasse du cabas on aime pas ça outre Atlantique; surtout quand le cabas en question n’est ni plus ni moins que le Stars and Stripes…  Le disque est carrément absent des bacs de certains distributeurs et finalement la censure est appliquée via un fond noir sensé gommer toute ambiguïté. Le public quant à lui apprécie le contenant, le contenu et surtout la nouvelle orientation que prend The Black Crowes. Pour preuve, Amorica se vendra à plus de 500 000 exemplaires.

Patrick BETAILLE, décembre 2013


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