Vinyls – L’art du Disque

 

Paru en 2012 aux éditions de la Martinière, l’ouvrage propose une sélection très riche d’albums aux pochettes incontournables. Au fil des quelques 350 pages on retrouve entre autres et avec bonheur Pink Floyd, les Stones, Led Zeppelin ou Hendrix mais aussi quelques raretés qui à l’époque n’avaient pas forcément marqué les mémoires. Au delà d’une nostalgie qui aujourd’hui nourrit une fièvre mercantile sur fond de vintage, Vinyles rend hommage à l’objet Disque en tant que tel. Plus de 250 pochettes emblématiques sont ici reproduites au format originel au travers d’un parcours rythmé par des portraits et entretiens de grand designers de l’univers du disque. L’ouvrage s’attache  à raconter une histoire visuelle de l’art du disque au travers des styles et des auteurs tel que Mick Rock, Roger Dean ou le collectif Hypgnosis. Que ce soit au travers de photographies ou d’ illustrations on retrouve les sensations éprouvées lors des immersions fébriles dans les bacs des disquaires avec le plaisir de s’attarder sur les détails au riche pouvoir d’ évocation: ″ celui de voir ce qu’on allait entendre ″. Dites 33!

La Discothèque Idéale 2015

Barrence Whitfield and the Savages: Under the savage sky   Seasick Steve: Sonic Soul Surfer   Datura4: Demon Blues

 

Adele vous malmène les tympans? La reformation de téléphone vous en touche une sans faire bouger l’autre? La production télévisuelle vous donne des envies de suicide? j’ai quelque chose pour vous! Question nouveautés l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock. Mais faute de mieux le cru 2015 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut).

 

Left Lane Cruiser: Dirty Spliff Blues   Manu Lanvin & the Devil Blues: Son(s) of the Blues   Lisa Mills: I'm changing

Black Star Riders – The killer Instinct

 

En 2010 le guitariste Scott Gorham prend la décision de reformer Thin Lizzy pour la énième fois en s’adjoignant les services de quelques uns des anciens comparses de Phil Lynott dont le batteur, Brian Downey. La formation tourne sur scène pendant 2 ans et en profite aussi pour travailler sur un nouvel album. Se pose alors la question de utilisation du nom de Thin Lizzy pour publier les compositions originales, et au final le choix s’oriente vers le lancement d’un autre groupe: The Black Star Riders. Après quelques changements de personnel,  le combo, dont le nom s’inspire de celui du gang de hors-la-loi sévissant dans le film Tombstone, sort en 2013 son premier album All Hell Breaks Loose. Musicalement le répertoire se situe dans la lignée de Whitesnake ou UFO avec un hard rock gentillet auquel il manquerait une pincée d’énergie et un soupçon d’originalité. Bref! c’est propre, écoutable mais pas de quoi défriser Nelson Momfort non plus. Pour autant, l’artwork des albums attire l’attention grâce son design dans la plus pure tradition du Nose Art. Pour la première jaquette la pin-up est carrément extraite du catalogue de Gil Evgren, un des maîtres du genre, dont s’est inspiré Adrian Andrews pour la deuxième galette, The Killer Instinct sorti en ce début d’année.

Funkadelic – Electric Spanking of War Babies

Funkadelic The Electric Spanking of War Babies

[Extrait]: Orchestré par George Clinton, Funkadelic allait devenir l’un des groupes les plus importants pour ce qui concerne l’évolution de la musique Funk via la fusion unique de psychédélisme, de rock et de soul. En 1981, après plus de trente années de succès générés par des explorations musicales teintées de satires sociales et d’engagements politiques, parait le 12ème album studio du groupe. Tout n’est pourtant pas si rose. Clinton, passablement ravagé par la drogue, rencontre des problèmes non seulement avec la maison de disque mais aussi avec sa formation qui pour la circonstance intègre de nouveaux venus, dont Sly Stone. Par son titre, Electric Spanking of War babies fait allusion à la guerre du Vietnam et critique ouvertement l’impérialisme américain… La démarche est pour le moins mal perçue par la maison de disques qui d’emblée rejette l’idée de double album initialement prévue. Funkadelic revoie sa copie pour en tirer un album simple mais le concept se retrouve à nouveau écarté. Cette fois Warner censure la pochette car le design de Pedro Bell représente une femme nue dans un vaisseau spatial de forme phallique. Au final l’artiste recouvre l’objet du délit d’un habillage sur lequel on peut lire: ″ Oh regarde! c’est la jaquette qu’ils avaient si peur d’imprimer! ″. Qualitativement bien inférieur à Magot Brain ou One Nation under the Groove le disque n’est édité qu’à 100 000 exemplaires. Boudé par le public War Babies alimente rapidement les bacs à soldes et sera le dernier opus de la formation du Dr. Funkenstein sous le nom de Funkadelic. Même si occasionnellement il se produit sur scène avec ses anciens acolytes (dont certains continuent même à l’accompagner dans ses projets solos), George Clinton dissout le groupe.

Patrick BETAILLE, novembre 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Barrence Whithfield & the Savages – Under the savage sky

 

Ceux qui espèrent que le Rock’n’Roll ne soit pas mort et qu’il aura encore et toujours la capacité de les faire bouger doivent absolument posséder le dernier brûlot de Barrence Withfield. Under the Savage Sky est une petite tuerie qui prouve si besoin en était que Rock et Rythm & Blues ne sont pas concurrents mais complémentaires et fusionnels. A l’écoute des 12 titres on imagine sans mal Otis Redding en train de jammer avec MC5 ou Screamin’ Jay Hawkins accompagné par George Thorogood et ses Destroyers. Explosif! ” Kick out the jam motherfuckers ”! Ça hurle à tous les étages, Barrence s’y entend pour ça, mais il n’est pas question de frime, c’est juste un moyen supplémentaire de transmettre son énergie bienfaitrice. Quant au groupe, The Savages, il n’est pas en reste. Le guitariste Peter Greenberg, le bassiste Phil Lenker, le batteur Andy Jody et le saxophoniste Tom Quartulli assurent avec un talent et une efficacité redoutables. Et pour rester dans le ton, la production brute de décoffrage du disque restitue en studio et à merveille l’ambiance chaude d’un bar bondé où il fait bon ingurgiter quelques tartines de houblon avec des potes. Pour les avoir vu tout récemment sur la scène du Show Case à Pau le constat est imparable; que ce soit sur disque ou en live Barrence Withfield et sa bande de sauvages sont totalement dévoués à une juste cause, notre plaisir. Pour preuve: Rock and Roll Baby!

Patrick BETAILLE, octobre 2015

 
 

Seasick Steve – Sonic Soul Surfer

Seasick Steve Sonic Soul Surfer

On ne dira jamais assez de bien de Seasick Steve. La sortie récente de Sonic Soul Surfer, son huitième album en 11 ans, est donc l’occasion de s’attarder sur la production de cet artiste hors du commun. Sa voix ferait passer Tom Waits pour un crooner de kermesse et sa technique pourrait propulser Jack White vers un troisième prix de l’école de musique de Carpentras. Avec une sensibilité digne de hobo plus libre que le vent, le barbu à casquette et salopette à la Marvin Sutton est de retour. Toujours accompagné de Dan Magnusson, son fidèle batteur, Seasick Steve nous offre 16 nouvelles compositions dépouillées jusqu’à l’os qui bringuebalent entre Boogie ou Stomp nerveux et ballades Folk atmosphériques. Question Blues Rock, l’électricité rustique de titres que ne renieraient pas John Lee Hooker ou ZZ Top première époque nous promène sur des routes que l’on imagine parcourir au volant d’une vieille Ford T. Côté Folk, on retrouve avec un plaisir non dissimulé les belles ambiances du brillant ”You can’t teach an old dog new tricks” sorti en 2011  et déjà bourré jusqu’à la gueule d’un savant mélange de Blues viscéral et de Country généreuse. Quelque part ”Sonic Soul Surfer” est une petite merveille qui, loin des standards, perpétue une tradition qui devrait séduire quiconque bénéficie d’un minimum de disponibilité au niveau des esgourdes, d’un soupçon de sensibilité musicale et d’un goût avéré pour la musique émotionnellement authentique.

Patrick BETAILLE, septembre 2015

 

Davy Knowles – The Outsider

Davy Knowles the OutsiderSix années se sont écoulées depuis la sorite du Dvd ”Live at the Gaiety Theater” Six années au cours desquelles le guitariste Mannois a tourné sans compter et peaufiné de nouveaux titres. Revoici donc Davy Knowles, sans Back Door Slam cette fois,  avec un album solo qui devrait ravir les fans. Composé de 11 originaux et de deux reprises, ”The Outsider” se distingue d’emblée par son ampleur créative. Knowles semble apporter beaucoup de lui même dans des compositions au sein desquelles guitares et voix sont empreintes de sensibilité et d’originalité. La voix, déjà plus qu’ honnête, est devenue plus contrôlée et mieux dosée pour coller au feeling des chansons. Question guitare, le jeu du jeune prodige a gagné en subtilité et en finesse. Les chorus électriques sont toujours de haut vol mais Davy nous prouve aussi qu’il maîtrise magistralement la six cordes acoustique et le Dobro. Le disque débute par ”It’s not no grave”, un cover de Johnny Cash, et s’achève avec ”Pastures of plenty” sur une interprétation imaginative d’un titre de Woody Guthrie.  Les autres chansons évoluent entre ambiances bucoliques, mid tempo et blues joyeux en laissant une place aux purs moments de Rock’n’roll que sont ”Catch the Moon” et ”In a little while”. Actuellement, Davy Knowles travaille avec DAM Productions sur un film autour de sa musique et de ses influences. Intitulé ”Island Bound” , le documentaire devrait voir le jour prochainement; c’est l’autre bonne nouvelle.

Patrick BETAILLE, août 2015

Datura4 – Demon Blues

 

Un nouveau combo composé de vétérans de la scène Rock australienne, confirme que traditionnellement les autochtones ont un goût prononcé pour le Rock généreux et efficace. Sur leur premier album, Datura4 égrène un large éventail d’influences stylistiques gravitant autour de ces sons durs et lourds qui ont fait les riches heures des seventies. Tout nouveaux et  tout chauds,  les 11 titres de ”Demon blues” égrènent Hard Rock, Boogie et Blues Rock agréablement efficaces. Dès L’ouverture du disque, Out with the tide, affiche la capacité du groupe à œuvrer dans ce style si souvent galvaudé. A la différence de certains excités du manche, Dom Mariani (guitare et chant) et Greg Hitchcock (Guitares) jouent le jeu sans en faire des tonnes tandis que le duo Warren Hall/Stu Loasby assure le job en offrant une assise rythmique sobre et parfaitement équilibrée. Malgré quelques variations Pop ou West Coast ce Demon Blues  semble plus que prometteur et devrait pleinement satisfaire les adeptes de Heavy Rock, les amateurs de Left Lane Cruisers ou Radio Moscow et ceux en mal de décrassage des cages à miel. Infos et extraits: Alive Records!

Patrick BETAILLE, juillet 2015

 
 

Left Lane Cruiser – Dirty Spiff Blues

Left Lane Cruiser Dirty Spiff Blues

Les gars de Left Lane Cruiser aime le blues, le boogie, les gros amplis et les pédales de distorsion. Voilà pour la musique. Question mode de vie, l’alcool, les femmes, les potes et la marijuana occupent chez eux une place prépondérante. Depuis leur premier album en 2007 ils ont établi leur fond de commerce sur ces fondamentaux et la recette fonctionne plutôt bien pour  Frederick Joe Evans qui tient la Slide et le batteur Brenn Beck. À vrai dire ce qui à l’origine était un duo devient aujourd’hui un trio. Beck ayant quitté la formation il a été remplacé aux drums par Pete Dio et un certain Joe Bent s’est vu confier le rôle de bassiste. Et ce qui devait arriver, arrive. Le groupe de l’Indiana reste fidèle au bon gros Blues du Mississipi dans sa version Garage la plus brute mais il se met à explorer de nouveaux horizons. Comparé au remarquable ”Bring Yo’ ass to the table” sorti en 2008 ”Dirty Spiff Blues”, septième album de la formation, affiche plus de structure, des compositions plus fournies et surtout un son énorme. Plus grand, plus fort, et plus sale voici donc un très bon opus qui ferait penser à du R.L Burnside sous amphétamines. Un vrai régal que ce Voodoo hillbilly punk-blues qui l’instar d’un Tres Borrachos a de quoi tenir vos voisins éveillés une bonne partie de la nuit.

Patrick BETAILLE, juin 2015

 

Blind Faith – Blind Faith

Clapton, Winwood censure Blind Faith

[Extrait]: Fin 1968, Cream et Traffic viennent de se dissoudre. Eric Clapton et Steve Winwood décident de travailler ensemble sur de nouvelles idées musicales. Ils font appel à Ginger Baker, lui aussi en congé de Cream et sont rejoins par Ric Grech qui vient de plaquer Family en pleine tournée. Ce beau monde se réunit chez Clapton dans le Surrey pour établir les bases de ce qui sera l’unique album du groupe Blind Faith. Six titres, 42 minutes de Rock teinté de Blues avec quelques joyaux dont Presence of the Lord et  Can’t find my way home

L’album sort en août 1969 et reçoit un accueil mitigé de la part d’un public probablement déçu par la brièveté de l’œuvre et un Do what you like masturbatoire de 15 minutes qui occupe les 2/3 de la face B. Le disque est de plus attaqué par la censure car la jaquette réalisée par le photographe Bob Seidemann représente une jeune fille pubère, à demi-nue, tenant une maquette d’avion qui à l’époque est perçue en tant que symbole phallique. Anéanti par ces déconvenues, Clapton plonge dans la déprime et la drogue, laissant sans suite une des œuvres majeures de l’histoire du Rock.

Patrick BETAILLE, juin 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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