Ooh la la – Free at Last

 

Pour faire simple en cette période où il de bon ton de s’abreuver de cocktails divers et variés voici une petite recette qui vous garantira un pur moment de Rock explosif ! Prenez un tiers de rock efficace, un tiers de Soul déjantée et un tiers de Hard Seventies. Versez le tout dans un shaker blindé, ajoutez une bonne dose d’énergie, un soupçon de groove et liez le tout à l’aide de  la plus plombée des rythmiques. Après vous être assuré de l’étanchéité du contenant partez secouer  l’ensemble sous les cieux australiens et dès votre retour consommez le mélange sans modération. Avec ″Ooh la la″ nous avons à faire à un quatuor de Sidney qui a tout compris du Rock High Energy qu’il pratique avec une fougue et une authenticité sans égales. Leur premier album ″Free at last″ est sans conteste une des toutes meilleures surprises de 2009 dans la catégorie gros rock qui tache. Voilà un CD, pour peu que vous puissiez monter le son sans déclencher une avalanche de plaintes, qui va malmener vos cervicales et vous faire sortir les couilles par les oreilles. Une première écoute vous rappellera sans doute Led Zeppelin ou les black Crowes grand cru (Qui s’en plaindrait ?) mais très vite vous serez bluffés par le savoir faire de ce combo talentueux qui avec ses congénères Koritni, Airbourne,et autres Jet prouve si besoin en était que le Rock n’est pas mort et que c’est en Australie qu’il bande encore. Vivement un deuxième opus!

Patrick BETAILLE, décembre 2009

Soldat Louis – Première Bordée.

© Olivier Chaulieu

 

Nous sommes en 1988, c’est-à-dire musicalement en pleine période de marasme créatif généré par les Majors du disque (ceux la même qui prétendent allègrement aujourd’hui que le téléchargement nuit aux artistes et à leur créativité.) dont le but premier consiste à imposer le Top 50 en tant que référence absolue. Dès sa parution Du Rhum Des Femmes propulse Soldat Louis, groupe breton parrainé par Renaud,  sur le devant de la scène médiatique. Le single se vend à 750 000 exemplaires, et l’album Première Bordée devient double disque d’or. Les chansons de comptoir sont à la mode et malheureusement le combo se retrouve assimilé à cette catégorie au même rang que  » Allez viens boire un p’tit coup à la maison  » de qui vous savez. Finalement, ce qui au départ devait être une chanson humoristique va nuire au reste de la production et à la carrière de Soldat Louis qui propose pourtant un répertoire digne de ce nom. Décors fantastiques, ambiances délicates, textes poétiques et nostalgiques sont aussi l’apanage de ce combo français qui à l’occasion sait aussi faire preuve d’engagement politique. Malheureusement Plus aucun des albums qui suivront n’obtiendra de succès mérité et nos bretons disparaîtront dans les bas fond de la soupe médiatique grand public. Soldat Louis changera de formation à plusieurs reprises et produira malgré plusieurs albums originaux (Sales Gosses en 2006!).  Aujourd’hui encore  ils écument les salles et les routes de France.

Patrick BETAILLE, décembre 2009


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

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Taste – Wall to Wall

 

Je les entends d’ici les esprits chagrins : ″ Encore une reformation mercantile sous couvert de REVIVAL ! ″. Je les vois les dédaigneux qui d’un haussement d’épaules vous assènent : ″ Taste sans Rory ? No way ! ″ Et je les devine les adeptes de la sodomie de diptères coupant court à toute discussion à grand coup de Tatoo’d Lady !

Certes Taste a été le premier groupe de Rory Gallagher, celui qui lui a permis de lancer la carrière solo que l’on connaît après avoir enregistré deux albums (Trois en comptant le célébrissime « Live Taste » enregistré lors d’un concert à l’Ile de Wight). Et depuis ? Rien ! Si ce n’est de nombreux concerts pour entretenir la légende Rory et assouvir leur passion ; ce qui admettons-le est déjà énorme. Pas d’amalgame donc et fi de polémique stérile quant à l’utilisation du nom ou la comparaison douteuse.

Ceci étant admis, quarante ans après effectivement, John Wilson, le batteur du deuxième line up, réapparaît donc, toujours en power trio, et nous livre ce Wall to Wall. N’en déplaise aux sus nommés et avis aux amateurs de gros son, cet album risque de vous foutre un joli petit coup de pied au cul. J’ai cherché des informations sur Sam Davidson, le guitariste chanteur, mais apparemment il n’est connu que dans sa famille, celle du rock irlandais. Peu importe, la voix porte, chaude et râpeuse à souhait et je qualifierai son jeu de guitare de plus qu’honorable. Au travers des dix titres de cet album il parvient à nous asséner quelques solos subtils (Daytona dreaming, Devil’s woman, Big Ship), frénétiques (Pretty woman of mine, Lucy May, Going home) ou carrément déjanté et furieux dans Home Blues. Que dire de plus ? Que Taste ne réinvente pas le rock mais qu’ il y excelle et qu’en gros Wall to Wall est convaincant et se déguste en tapant du pied. Vous êtes encore là ? Très bien ! sachez alors qu’avec un peu de chance 2010 devrait vous donner l’occasion de les voir sur scène en France et notamment à Paris le 17  Mars, jour de la St Patrick.

Patrick BETAILLE, décembre 2009

The Fratellis – Costello Music

The Fratellis Costello Music
© Sam Hadley

 

Très belle surprise en 2007 que cet album du goupe écossais The Fratellis.  » Fratellis  » est leur vrai nom, ils sont frères, jouent vite, bien et fort. Avec ce premier album c’est la scène indie rock qui vient prouver une fois de plus que les jeunots sont capables de relever le défi… Tout n’est donc pas perdu, et à en croire le succès de Chelsea Dagger ils sont sur la bonne voie, étant entendu que la quasi totalité des titres de Costello Music est du même tonneau. À écouter absolument, à acquérir éventuellement et à ranger pas loin des Franz Ferdinand probablement. Pour la petite histoire, j’ai découvert ce groupe tout à fait par hasard, attiré par cette magnifique jaquette qui a toute sa place ici, au même titre que celles des singles. Toutes sont l’œuvre d’un certain Sam Hadley.

© Mark James – Sam Hadley
 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Ricky Amigos – Loco Loquito

Ricky Amigos Loco Loquito!Alors ça c’est une putain de bonne nouvelle! Non, non, il n’est pas question de la fin de l’épidémie de la grippe A, pas que que de la sortie de la crise financière non plus d’ailleurs. en fait c’est de Ricky Amigos dont il est question. Quoi? Vous ne connaissez pas Ricky?! ″Béarnais de naissance et d’accent, Ricky est espagnol de cœur depuis son enfance, lorsque ses parents partirent s’installer en Andalousie. Il fait ses premières armes au sein de différents groupes de rock du Sud-Ouest à la fin des années 70, monte à Paris où, confronté à différentes expériences musicales, entre autres avec Manu Chao qui l’accompagne, il fonde en 83, le groupe RICKY AMIGOS, créateur du Flamenco-rock et de la Rumba n’roll en Europe, montrant ainsi le chemin à d’autres groupes comme Mano Negra ou les Négresses Vertes″. (Biographie extraite du site officiel de Ricky).

La réédition de ″Loco Loquito″ est une véritable aubaine et un moment de bonheur. Si comme moi vous aviez usé le Vinyl jusqu’à la corde ou si comme d’autres vous êtes passés au travers de la première édition Cd de 1993 (ce premier album, en vinyl 7 titres, date en fait de 1985) c’est le moment, allez y! jetez vous sur ce collector. En dix titres (dont 8 enregistrés Live au Rose-Bonbon Paris en 1984) vous vous délecterez de ce mélange de Flamenco et de Rock qui prend toute sa dimension avec ″Ay que dolor″, ″Que te mato″,  ″Loco loquito″, ″Cobarde″ et bien sûr ″Flamencorrrrrock″. Dépêchez vous quand même, ce retirage est limité et à 15 euros port compris ce serait balot de faire l’impasse. Alors comment faire? C’est simple: Envoyez un Chèque bancaire de 15 euros à l’ordre de Eurorégie dans un courrier intégrant vos coordonnées à: Eurorégie – 168 faubourg Poissonnière – 75010 Paris (Tel: 01.42.82.17.69). Encore plus simple et avec en prime une foultitude d’infos, un clic tout con ici:  Ricky Amigos.

Patrick BETAILLE, novembre 2009

The Love Me Nots – Upside Down, Inside Out

 

Groupe Américain de Phoenix, The Love Me Nots a vu le jour en 2006;  ils aiment les guitares syncopées, les rythmes hachés, l’orgue Farfisa, bref ils aiment le son fin sixties/début Seventies et plus particulièrement quand il est empreint du ″Detroit sound″ tendance garage. Autre originalité si l’en est, voici un groupe adepte de la parité : deux gars, deux filles le composent et tant mieux si c’est Nicole Laurenne (chant & claviers) qui offre aux LMN cette identité si particulière. Sa voix est à la fois puissante et incisive mais selon les moments elle peut être aussi suave et sensuelle. On pourrait les juger très prolixes puisque ce troisième album sort alors que l’on vient juste de digérer le deuxième ″Detroit″ (prononcer Di-Troye !). En fait il ne s’agit que d’une question de distribution, sur l’Europe en général et sur la France en particulier. Avec ce troisième album l’empreinte Rock Electro est toujours présente même si l’on pourrait croire à une légère accalmie par rapport au précédent ″Detroit″ et ce probablement à cause de la présence de quelques titres au tempo plus modéré. Ne vous y trompez pas, Upside down, envoie la sauce comme il se doit et place la barre très haut en terme de dynamique. Je vous recommande sans hésiter cet opus qui vous rappellera certainement les White Stripes ou les Animals, qui est  une des meilleurs surprises de 2009 (il était temps !) et qui pour finir met les Love Me Nots au rang du groupe Rock le plus jouissif du moment. Vous voici prévenus et si vous savez y faire vous aurez de quoi faire de belles suggestions pour que votre Noël soit Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, novembre 2009

 

Gov’t Mule – By a Thread

Gov't Mule By a Thread

Après une expérience Reggae (Mighty High en 2007) qui bien qu’ intéressante fut loin de faire l’unanimité, Warren Haynes et sa bande nous revient cette fois avec un opus qui mettra d’accord une fois pour toutes les fans de la première heure. Avec By a Thread nous sommes en effet loin des tentatives expérimentales précitées. Et ça démarre très fort avec en guise d’introduction la présence aux guitares de Billy Gibbons qui donne le ton comme il se doit avec un Broke Down on the Brazos qui va vous faire sortir les couilles par les oreilles. Les talents conjugués de Warren et Billy ont dans ce titre un goût de téquila dont il faut abuser en toutes circonstances. Après ce démarrage, Gov’t Mule met la gomme comme s’ il s’agissait du dernier burn avec un Any Open Window funky à souhait et qui n’est pas sans rappeler le gars Hendrix, rien que çà!  On reste néanmoins dans la lignée du très beau High and Mighty paru en 2006 avec notamment quelques titres mid tempo aux accents Zeppelinien tel que Railroad Boy, ou encore Frozen Fear, une espèce de country rock aux accents reggae. D’autres titres comme Gordon James ou Forevermore pourraient paraître banaux à la première écoute mais il n’en est rien car comme à son habitude Haynes met en avant sa voix chaude et son jeu subtil qui mettent ces titres au rang de petits joyaux. On arrive ainsi doucement au titre le plus long de cette galette, Inside Outside Woman Blues #3, qui durant plus de neuf minutes vous assène un bon gros blues rock ponctué de solis furieux et de wah wah déjantée. Gov’t Mule excèle dans ce genre et, si besoin en était, nous le prouve une fois de plus. Au final c’est l’album qu’il faut pour faire connaissance avec ce groupe fantastique qui a déjà produit une bonne douzaine de skuds mais c’est aussi l’album qui confirme que nous avons à faire à un des tout meilleurs groupes du genre qui aujourd’hui nous livre 11 titres et 65 minutes de blues rock inventif .

Patrick BETAILLE, novembre 2009