Les collections de Serge Gainsbourg étaient à l’image de sa personnalité et d’un amour inconditionnel pour les beaux objets. Pour l’artiste, les voitures étaient plus qu’un simple moyen de transport; elles étaient le symbole d’une époque, d’un statut social et d’un style de vie. Même si L’homme à la Tête de Chou n’avait pas le permis de conduire, Il a eu en sa possession une Cadillac Eldorado et une Rolls-Royce. Dans l’album L’histoire de Melody Nelson paru en 1971, Gainsbourg rendait un hommage appuyé à la Spirit of Ecstasy, la mascotte qui ornait le capot de sa Silver Ghost de 1910.
Connu pour être l’un des plus grands collectionneurs de guitares, Billy Gibbons reste un éternel amoureux de sa Gibson Les Paul Standard de 1959. Lorsque le guitariste a vu et entendu Eric Clapton jouer sur ce modèle au sein des Blues Breakers de John Mayall, il n’eut de cesse de trouver un exemplaire de ce modèle précis. Heureusement pour lui, la chance l’accompagna et ce, dès les débuts de ZZ Top. ″ Un gars m’a contacté pour me signaler qu’il voulait vendre une vieille guitare: une Les Paul de 1959 ″ confia le barbu lors d’une interview en 2009. Quelques jours plus tard, Billy se rendit donc dans un bled perdu au fin fond du Texas. Le vendeur sortit alors un étui rigide, planqué sous le lit depuis le décès de son propriétaire plusieurs années auparavant. ″ Rev. Willy G. ″ sortit le cash nécessaire pour pouvoir repartir avec son précieux immédiatement baptisé Pearly Gates [Les Portes du Paradis – NDLR]. Le reste appartient désormais à l’histoire de ZZ Top.
Photographe d’origine russe né en France à Neuilly-Sur-Seine, Elliott Erwitt (1928-2023) a passé son enfance entre l’Italie et Paris, avant de partir vers les Etats-Unis pour s’installer avec ses parents, d’abord à New York, puis à Los Angeles. Dès l’adolescence il se passionne pour la photographie moderne en se focalisant sur les scènes de la vie quotidienne ou les événements sociopolitiques, souvent captés avec dérision ou ironie. Robert Capa sera l’un des premiers à remarquer son talent et son travail et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum dès 1953 (agence qu’il présidera de 1968 à 1970). Après quelques publications, le succès est au rendez-vous et il commence un travail de photojournaliste aux USA pour Life, Look, Holiday, et en Europe pour Stern et Paris Match. Comme en témoignent ces clichés de la série Dogs, Erwitt portait sur les chiens un regard plein de malice et de tendresse.
Début 1977 Edward Van Halen achète pour un peu plus de cent dollars un corps et un manche de Stratocaster, des pièces déclassées qu’il trouve chez Boogie Bodies, le magasin de Wayne Charvel. De retour chez lui, il assemble le tout en ajoutant un vibrato Fender et un micro récupéré sur une vieille Gibson ES-335. Il repeint la caisse en noir, puis en blanc après avoir posé des caches pour créer un effet de rayures. La Frankenstrat (mot-valise issu de Frankenstein et de Stratocaster) était née et c’est sous cette forme qu’elle a servi à enregistrer le premier album de Van Halen en 1978, une bombe dévoilant le jeu unique et novateur du guitariste qui, comme en témoignent l’instrumental Eruption et la reprise de You Really Got Me des Kinks, viennent de faire exploser les limites du solo rock. En 1979 Eddie apporte plusieurs modifications, à commencer par un vibrato Floyd Rose plus efficace que l’original. Un vieux micro et un sélecteur rouillé sont ajoutés. Tous deux hors d’usage ne sont là que pour renforcer l’effet rafistolage. Quant au pickguard customisé à l’arrache, il n’en reste plus grand chose. La différence la plus visible reste l’ajout d’une couche de peinture rouge par-dessus la couche originelle. ″ Ce qui me surprend avec cette guitare, c’est que lorsque je l’ai peinte en rouge, elle est devenue encore plus célèbre. Beaucoup de gens ignorent encore qu’il s’agit de la même guitare que celle en noir et blanc qui figure sur la pochette du premier album ″. À la fin des années 80 la Frankenstrat sera mise au placard et remplacée par une Kramer 5150 Baretta issue d’un partenariat entre le fabriquant et le guitariste qui a largement contribué à la conception de ce modèle exclusif au look similaire mais techniquement différent pour pouvoir répondre à ses exigences.
En 1991, Chris Rea sortait son onzième disque intitulé Auberge. Peinte par Alan Fearnley, la Lotus Seven bleue qui figure sur le cover art appartenait au musicien, un authentique passionné de cette voiture minimaliste conçue à la fin des années cinquante par Colin Chapman et connue pour ses apparitions dans la série télévisée Le Prisonnier avec Patrick McGoohan. Le guitariste qui a particulièrement marqué les années 80 vouait également une passion particulière à la course. C’est ainsi qu’au volant d’une Ferrari 308 GT4 il a participé à plusieurs reprises au championnat Ferrari Formula Classic. On lui doit par ailleurs le long-métrage La Passione, dans lequel un adolescent des sixties découvre l’univers de la compétition automobile. La ″ Blue Seven ″ a été mise en vente lors du Lotus Festival de Donington Park en 1995. Cette vente s’accompagnait de celle d’un tirage limité de la peinture d’Alan Fearnley reproduite sur la pochette de l’album.
Source Image: Screenshot – BB King live at Montreux 1993
Au début de sa carrière, B.B. King a joué sur des guitares de différentes marques mais il est surtout connu pour avoir joué sur Gibson ES-335 dont une version baptisée Lucille. L’anecdote liée à ce baptême est racontée par le bluesman lui-même dans une interview qu’il avait accordé à JazzWeekly alors qu’il en était à sa 16ème guitare affublée du même nom.
″ Le concert avait lieu dans la salle d’un petit patelin au nord-ouest de Memphis. Il faisait donc assez froid en hiver. Pour chauffer la pièce, ils se servaient d’un bidon posé au milieu de la piste, dans lequel ils brûlaient du bois et du kérosène. Les gens dansaient autour, il n’y avait habituellement pas de problème. Mais ce soir là, deux gars ont commencé à se battre. Et l’un d’eux à fait tomber le poêle qui a déversé du carburant sur le sol. Ça a fait comme un fleuve de feu et tout le monde s’est précipité vers la sortie, moi compris ″ expliquait-il. ″ Une fois dehors, j’ai réalisé que j’avais laissé ma guitare à l’intérieur. J’y suis donc retourné pour la récupérer ″ précisant que le local était en bois, et qu’il avait littéralement craint d’y laisser sa vie. ″ Le lendemain, nous avons appris que les deux individus s’étaient battus pour une fille qui travaillait là et qui s’appelait Lucille. Donc, j’ai nommé ma guitare Lucille pour me rappeler de ne jamais faire une chose comme ça! ″
Pour rendre hommage au Roi du Blues, Gibson Brands a commercialisé au début des années 80 la B.B. King Lucille. Basée globalement sur le modèle ES-355, cette version est dépourvue d’ouïes de façon à réduire les problèmes de larsen [B.B. King avait pris l’habitude de bourrer l’intérieur de sa demi-caisse de coton pour limiter le phénomène en concert].
Deux livres indispensables consacrés à la petite histoire du Rock qui, en s’attardant sur des trésors inoubliables et des anecdotes authentiques souvent passées sous silence, révèlent les dessous d’un phénomène qui a marqué l’histoire d’une époque culturellement et musicalement bouillonnante!
• Le Volume 1: Éloquence et Désaveu du Cover Arttraite de façon illustrée et argumentée de la censure des pochettes de disques. Des années cinquante à nos jours, sont analysées ces images qui, encensées ou bannies, ont définitivement marqué une épopée musicale ballottée entre communication, création artistique et censure. Prix Spécial: 30€ au lieu de 33€ – Port Offert!
• Le Volume 2: Remember the Sixties, passe en revue les succès emblématiques des sixties portés par le génie, l’astuce, l’intelligence, la folie et le brio de leurs inoubliables interprètes. Cent chroniques sur les 45 tours qui, en squattant les jukebox et les électrophones, ont marqué l’histoire d’une époque tumultueuse qui débute avec celle du rock! Prix Spécial: 22€ au lieu de 25€ – Port Offert!
• Prix Spécial Noël pour l’achat des deux livres: 50€ au lieu de 58€ – Port Offert!
En 1974, Wayne Charvel crée un atelier de réparation et de customisation de guitares, essentiellement de marque Fender. En 1978, à la suite de difficultés, il vend la boutique et la marque Charvel à Grover Jackson avec qui il avait déjà noué un partenariat. C’est ainsi que la marque Jackson voit le jour en 1980. En 1986 parait Crossroads, film inspiré par la légende du musicien de blues Robert Johnson, réalisé par Walter Hill sur un scénario de John Fusco. Bien que Keith Richards, Frank Zappa, et Stevie Ray Vaughan aient été pressentis, c’est Steve Vaï qui fut choisi pour interpréter le rôle de Jack Butler, le guitariste du diable. Quelques temps auparavant, Grover Jackson avait offert une guitare pailletée rouge vif de sa fabrication à Steve qui la proposa pour le road movie. Une fois le choix validé, l’équipe demanda au fabriquant Jackson de faire des copies destinées au tournage de la scène durant laquelle jack Butler, furieux et frustré par son échec, devait laisser tomber son instrument par terre. À ce sujet, Grover déclara: ″ Certaines des copies n’avaient même pas de sous-couche; il ne s’agissait que de maquettes. Aucune n’a survécu intacte ″ . Pour remettre les choses en perspective, cette guitare n’a servi que d’accessoire mais c’est incontestablement l’une guitare les plus célèbres. Elle a inspiré de nombreuses carrières musicales et est finalement devenue le symbole d’une génération qui a repoussé les limites de l’expression technique et musicale. Aujourd’hui, l’instrument du Mâlin est exposé au Hard Rock Cafe & Casino de Biloxi dans le Mississippi. Un lieu tout indiqué, puisque le carrefour de la légende se situait dans cet État du Sud profond.
Pour la fameuse scène finale du duel entre le diable et Ralph Macchio, Steve Vaï écrivit et joua toutes les parties de guitare en y incluant un hommage au Caprice N°5 de Nicolo Paganini. Les phrasés de slide guitar sont joués par Ry Cooder, l’auteur de la bande originale.
[Extrait]: Unchained Melody est définitivement entrée dans l’imaginaire collectif en 1990 à cause de la scène du film Ghost. Scène au cours de laquelle Molly (Demi Moore) et Sam (Patrick Swayze) s’adonnent chaudement à la poterie. Écrite en 1955 pour le film Unchained, la chanson évoque l’histoire d’un prisonnier qui souffre de l’absence de sa petite amie… Avec plus de 500 versions différentes, elle est l’une des mélodies les plus enregistrées du vingtième siècle. La version la plus connue du titre est évidemment celle qui fait partie de la BO de Ghost. Crédité au duo américain The Righteous Brothers, le single produit par Phil Spector sort en juillet 1965. Romantico-dramatique à souhait et admirablement chanté par Bobby Hatfield, le titre devient l’une des références de la ″ Blue Eyed Soul ″ [la soul aux yeux bleus – NDLR]… L’adaptation en français, sous le titre Les enchaînés, a été enregistrée par Mouloudji en 1956, Les Chaussettes Noires en 1962 et Johnny Hallyday en duo avec Joss Stone en 2008.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
En novembre 1955, Sam Phillips fait face à des difficultés financières et pour se renflouer il décide de vendre son poulain à RCA pour 35 000 dollars. La nouvelle maison de disques veut sortir un album à partir des bandes récupérées chez Sun auxquelles sont ajoutés de nouveaux enregistrements. En mars 1956 sort Elvis Presley, le premier album éponyme du King. Pour le cover art du EP, le Colonel Parker décide d’utiliser une photo de William V. ″ Red ″ Robertson. Le cliché en noir & blanc pris le 31 juillet 1955 lors d’un concert à Tampa en Floride est recadré et colorisé afin de mettre en valeur la personnalité d’Elvis et l’essence même de sa musique. Simplicité, énergie et violence, ce que la jeunesse aime et trouve dans le rock’n’roll se retrouve au cœur d’une composition à la typographie graphique saisissante grâce à laquelle la pochette se retrouvera plus tard à la 40ème place du classement des 100 meilleures pochettes d’albums du magazine Rolling Stone. Concept et lettrage ont été repris par The Clash pour la pochette de leur album London Calling paru en 1979.