Henri Lœvenbruck & Jean William Thoury – L’Assaut des Motards

Gilles Loevenbruck: Les événements d'HollisterChapitre 1: ″Naissance d’une contre culture″: Henri Lœvenbruck nous livre un rappel historique et une analyse des incidents d’ Hollister lors du rassemblement de motards le 4 juillet 1947. Événements californiens qui donnèrent naissance à l’un des phénomènes socio-culturels les plus emblématiques de l’après-guerre et qui marquent officiellement la naissance du mouvement biker et du fameux 1% (One percent).

Chapitre 2: ″L’ Assaut des Motards″: traduite par Henri Lœvenbruck, la nouvelle de Frank Rooney, « Cyclist’s raid », qui inspira directement le film culte ″The Wild One″.

Chapitre 3: Jean William Thoury, lui, décortique et analyse ce même film, réalisé en 1953 par Laszlo Benedek et adapté en France sous le titre ″L’ Équipée Sauvage″.

Chapitre 4: Coupures de presse et photos prises à Hollister viennent illustrer et compléter l’ouvrage.

120 pages qui offrent une étude objective des épisodes d’ Hollister et prennent une dimension historique quant à la compréhension de la culture biker. Un régal à 10 euros disponible ici: Serious Publishing!

Salch décrypte l’Euro de foot 2016

Fluide Glacial et Salch décryprent l'Euro de foot 2016
© Salch

 

Salch vient de sortir le premier album de sa série de dessins consacrés aux Looks de Merde. Bobo, animateur télé, cadre sup, ministre, vendeur, hipster etc, tout le monde y passe dans ce LookBook composé de fiches signalétiques trash, hilarantes et volontairement acerbes. Eric Salch c’est aussi la star montante de Fluide Glacial et il s’affiche en couverture du dernier numéro du mensuel qui titre: ″Cet été suivez l’euro 2016 des baiseurs de putes″. D’aucuns trouveront certainement obscène et honteuse la caricature du monde footballistique… Et Sepp Blatter qui est soupçonné par la FIFA d’être impliqué dans un détournement de 80 millions d’euros c’est pas obscène ça? Et cette même FIFA qui doit rendre des comptes sur un paiement douteux de 1.8 millions au bénéfice de Platini, c’est pas honteux ça? Et Ribery? Et Benzema? Et Valbuena? Sont pas obscènes et vulgaires dans leurs propos et leurs agissements?

 

Vinyls – L’art du Disque

 

Paru en 2012 aux éditions de la Martinière, l’ouvrage propose une sélection très riche d’albums aux pochettes incontournables. Au fil des quelques 350 pages on retrouve entre autres et avec bonheur Pink Floyd, les Stones, Led Zeppelin ou Hendrix mais aussi quelques raretés qui à l’époque n’avaient pas forcément marqué les mémoires. Au delà d’une nostalgie qui aujourd’hui nourrit une fièvre mercantile sur fond de vintage, Vinyles rend hommage à l’objet Disque en tant que tel. Plus de 250 pochettes emblématiques sont ici reproduites au format originel au travers d’un parcours rythmé par des portraits et entretiens de grand designers de l’univers du disque. L’ouvrage s’attache  à raconter une histoire visuelle de l’art du disque au travers des styles et des auteurs tel que Mick Rock, Roger Dean ou le collectif Hypgnosis. Que ce soit au travers de photographies ou d’ illustrations on retrouve les sensations éprouvées lors des immersions fébriles dans les bacs des disquaires avec le plaisir de s’attarder sur les détails au riche pouvoir d’ évocation: ″ celui de voir ce qu’on allait entendre ″. Dites 33!

Zoë Howe – Lee Brilleaux, Rock’n’Roll Gentleman

 

Zoë Howe est une boulimique. Son domaine c’est le Rock auquel elle voue une passion peu commune. Chroniqueuse, elle prête sa plume à BBC Music Magazine, Classic Rock et  au New Musical Express. Il lui arrive aussi de donner de la voix sur les ondes de BBC 6 Music, Absolute Radio et Planet Rock où, parait il, elle n’a pas son pareil pour animer interviews et séries spéciales. Considérée au Royaume Uni en tant que biographe de grand talent, Zoë ne rate pas une occasion de mettre en lumière les sujets qui lui tiennent à cœur. Parmi ceux là, des ouvrages dédiés aux filles de The Slits, à Stevie Nicks ou Jesus and Mary Chain, mais aussi des sujets consacrés au British Beat Explosion ou à la vie dans l’ombre d’une Rock Star (How’s your dad?). En 2012, l’auteur apparaît dans Looking Back at Me, l’autobiographie de Wilko Johnson avec qui elle partage la rédaction des mémoires du guitariste de Dr Feelgood. De Dr Feelgood il est également question dans le neuvième et dernier livre de Madame Howe mais cette fois c’est Lee Brilleaux qui est sous le feu des projecteurs. Plus qu’une biographie, The adventures of Dr Feelgood’s iconic frontman brosse bien sûr le portrait d’une exceptionnelle bête de la scène Pub Rock, mais il sait aussi s’attarder sur l’homme, sa sensibilité, sa modestie, sa classe et son humilité. Extraits de documents, interviews, anecdotes, photos souvent inédites et témoignages de proches nous plongent au cœur d’un monde où tout commence en musique à Canvey Island pour finir en douleur dans l’Essex, un jour d’avril 1994. En anglais, bien documenté, très agréable à lire, souvent drôle et parfois émouvant ce Rock’n’Roll Gentleman doit être prescrit d’urgence à tout fan du Doctor. Thanks Zoë, you Rock! Un grand merci également à Patrick Higgins et son Shot of Rhythm and Blues sans qui je serai certainement passé à côté de cette publication.

Patrick BETAILLE, décembre 2015

 

Henri Lœvenbruck – Nous rêvions juste de liberté

Henri Loevenbruck, Nous rêvions juste de liberté″Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, pour son bien. J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins″. Hugo, Freddy, Alex et Oscar, vite rejoins par d’autres, enfourchent leurs bécanes pour  fuir l’ennui et la misère du quotidien morose qui est le leur. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et la solidarité règnent. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher. Ce road movie aux relents de ″Fureur de Vivre″ et de ″Easy Rider″, raconte les aventures de gamins à la fois paumés et idéalistes qui d’excès en dérives découvrent désillusion et descente aux enfers. En ce sens Henri Lœvenbruck maîtrise parfaitement le scénario et le décor. Rock, violence, alcool, bécanes, sexe, rien ne manque. Même si parfois les ficelles sont un peu grosses tout est prétexte à sublimer la loyauté et l’amitié. Même l’écriture. Le style très ″parlé″ donne aux personnages une dimension réaliste et attachante. Les pages tournent vite. On rit parfois, on sourit souvent, mais au final c’est l’émotion qui domine dans ce roman prenant et sincère.

Patrick BETAILLE, juin 2015

Patrick Higgins – A Shot of Rhythm and Blues

Patrick Higgins Doctor FeelgoodVoilà une bien belle surprise que cet ouvrage consacré à un groupe qui a écrit les lettres de noblesse du Pub Rock: Dr Feelgood. 80 pages et 130 photos, couleur et noir & blanc, prises lors de concerts en France et en Angleterre. Durant une décennie, de 1983 à 1993, Patrick Higgins a suivi, côtoyé et lié une relation toute particulière avec Wilko Johnson et Lee Brilleaux qui se retrouvent donc immortalisés ici. ″A Shot of Rhythm and Blues ″ rend donc hommage à ces deux allumés notoires qui, pour notre plus grand bonheur, apparaissent tout empreints d’énergie et de fougue. Le Doctor clope, transpire, bouffe son micro ou son harmonica avec ou sans Gordon Russel ou Steve Walwyn à ses côtés. Wilko, pour le coup en congé du Medecine Man, triture sa Telecaster et tente d’hypnotiser le public avec ses airs de clergyman halluciné. Les dernières pages du livre regroupent pochettes de disques, posters et souvenirs personnels de l’auteur qui évite de se perdre en commentaires superflus pour privilégier et partager l’ambiance de la scène. En tirage limité à 1000 exemplaires ce témoignage à ne rater sous aucun prétexte ne coûte que 18 euros (Frais de port en sus selon destination).

Alors mettez ″Down by the Jetty ″sur la platine, décapsulez une bière et prenez contact avec Patrick qui se fera un plaisir de rédiger votre ordonnance. Contact et infos: phiggins21091963@gmail.com – Tel: 0623482150.

Patrick BETAILLE, Mars 2015

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Frank Margerin – Mes crobards.

 

Un nouvel album de Margerin c’est comme un rencard avec une frangine. On bouillonne, on s’y prépare fébrilement et quand arrive l’heure on essaie d’en capter toute l’intensité. Rendez vous aux Editions du Chêne. Une fois n’est pas coutume, Lucien, Ricky, Gillou, Riton, Momo et tous les autres sont pile à l’heure et ils sont comme vous ne les avez jamais vus ! C’est Frank Margerin qui fait les présentations et ce de façon inédite. Il évoque la genèse des albums et divers travaux qui ont fait le succès d’aventures motocyclistes sur fond de Rock’n’Roll et de délires potaches. Et la moto il connaît le Frank: “ la moto est une de mes passions, j’en dessine beaucoup, soit pour préparer une BD, soit pour me détendre ”. C’est ça  Mes Crobards! un recueil d’ébauches, d’idées, de transcriptions graphiques, d’instantanés devenus de grands moments de BD. Les fans et autres amateurs éclairés y trouveront l’authenticité des coulisses du travail de l’artiste et certainement pas une exploration de fonds de tiroirs. Fin des présentations et puisque tout le monde est là que la fête commence ! A wop-bop-a-loo-a-wop-a-wop-bam-boom!

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

 

Crazy Inside – Le Crazy Horse célèbre ses 60 ans !

Antoine Poupel Crazy InsideLe plus avant-gardiste des cabarets parisiens ouvre ses portes et célèbre les plus fascinantes des danseuses. Il y a eu le film, il y aura toujours le spectacle mais désormais il y a aussi le livre. Dans un album tout en photos Antoine Poupel met en scène la perfection des corps et l’intensité des moments. Magie de la scène, fébrilité des coulisses et bien sûr intimité des filles, rien n’échappe à l’objectif maîtrisé, discret et respectueux. Au fil de la centaine de pages la perfection des corps est palpable mais jamais vulgaire et toujours pudique; en noir et blanc ou en couleur la sensualité est au rendez-vous ; forte, inexplicable, impossible d’y échapper. On s’y complait et on revient pour découvrir le détail masqué par la nervosité du premier parcours. Ce récit en images aurait peut être mérité un format plus imposant mais qu’importe, même en 24 x 20cm Crazy Inside nous offrent un indispensable et sublime hommage à la beauté et au spectacle.

Crazy Inside: Photos Antoine Poupel