Keith Moon – Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

[Extrait]: Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (Bell Boy), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: Two sides of the Moon. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la fête il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre Move over Ms. L, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. Two sides of the Moon est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

Patrick BETAILLE, août 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Tyler Bryant & the Shakedown – The Wayside

Tyler Bryant & the Shakedown EP The Wayside

 

Texan d’origine Tyler Bryant forme son premier groupe à l’âge de 15 ans. Très vite remarqué, le guitariste est sollicité par Eric Clapton pour une participation au festival Crossroads 2007 de Chicago. Dans la foulée d’autres artistes tels que B.B. King ou Johnny Winter l’invitent à partager la scène. Avec son groupe, The Shakedown, Tyler fait les premières parties de Jeff Beck, Lynnyrd Skynnyrd, Joe Bonamassa et Aerosmith (Graham Whitford, le fils du guitariste d’Aerosmith fait partie du combo). Après un premier album remarqué en 2013 intitulé  ″Wild Child″, Tyler Bryant and the Shakedown sort   ″Wayside″ un EP produit par Vance Powell (Jack White, Seasick Steve). Six morceaux, ça peut paraître court, mais ce mini album c’est du lourd!  De la balade blues ″The devil’s keep″ au gros titre hard ″Stitch it up″ en passant par le classique ″Mojo Working″, le champ du blues rock qui tâche est couvert et bien couvert. Par les temps qui courent ce serait une grosse lacune que de passer à côté de ce petit brulot qui n’est pas sans rappeler la grande époque des Black Crowes ou des White Stripes

Tracklist: 1 Criminal Imagination 03:28 – 2 Loaded Dice & Buried Money 03:41 – 3 Mojo Workin’ 03:14 – 4 Stitch It Up 03:23 – 5 The Devil’s Keep 04:27 – 6 The Wayside 03:45.

Patrick BETAILLE, août 2016

Cal Schenkel – Zappa’rt

Cal Schenkel, Zappa covers

[Extrait]: La carrière de Calvin Schenkel a essentiellement consisté à réaliser des pochettes d’albums pour Frank Zappa, avec ou sans les Mothers of Invention. Très tôt influencé par la bande dessinée ″Krazy Cat″ et par le magazine Mad, c’est en illustrant l’univers musical complexe du guitariste que Cal Schenkel a développé son propre style. Un savant mélange d’art naïf, de collages, de folklore et d’absurde a permis à l’artiste de, non seulement marquer de son empreinte l’Underground américain, mais surtout de réaliser d’inoubliables pochettes de disques. ″200 Motels″, ″We’re only in it for the money″, ″The best band you never heard in your life″, ″Cheap thrills″, ″Ruben & the jets″, ″Just another band from L.A″, autant d’œuvres qui témoignent du fait qu’au cours des années 60/70, création musicale et expression graphique étaient étroitement unies sous la bannière d’une intention artistique et culturelle unique…

Cal Schenkel, pochettes de disques de Frank Zappa

Patrick BETAILLE, mai 2016


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Jethro Tull – Too Old to Rock’n’Roll, Too Young to Die

Dave Gibbons et Jethro Tull Too Old to Rock'n'Roll, Too Young to Die

[Extrait]: Ce neuvième album de Jethro Tull, a été conçu au départ comme une comédie musicale pour, au final, être publié en 1976 sous forme de concept album. Adepte d’un genre déjà pratiqué avec notamment Thick as a Brick, ou Ministrel in the GalleryIan Anderson raconte ici l’histoire d’une Rock Star vieillissante en panne de succès. Afin d’en renforcer l’idée, il fait appel au dessinateur britannique Dave Gibbons, célèbre pour avoir remporté un succès commercial avec sa série Watchmen (Les Gardiens), qui résume le scénario sous forme de BD incluse à l’intérieur de la pochette du LP. Sur la jaquette elle même, le héro a indubitablement les traits d’un Ian Anderson faisant un bras d’honneur. A l’époque les critiques affirment que le disque est autobiographique et sont persuadés que le geste leur est destiné à cause d’un contentieux lié à la descente en flammes, en 1973, de ″Passion Play″ auquel le chanteur-flûtiste tenait tant. Malgré un vif démenti de la part de l’intéressé Too Old to Rock’n’Roll allait subir les foudres vengeresses et injustifiées du milieu musical.

Patrick BETAILLE, février 2016


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Vinyls – Le Retour?

Vinyles, 33 tours, le retour

La vente de vinyles a augmenté de 52% au cours du premier semestre 2015. Annonce faite par le New Musical Express qui ajoute qu’il s’agit non seulement de la plus forte progression par rapport aux autres formats mais qu’en outre l’objet en tant que tel connaît un véritable engouement auprès des consommateurs et surtout des jeunes. Même si il est un peu tôt pour en tirer quelque conclusion que ce soit, ces chiffres peuvent être appréciés diversement. Signe avant coureur d’un enthousiasme retrouvé: celui de (re) découvrir le 33 tours, de l’avoir dans les mains, d’en écouter le contenu en ayant le loisir d’en détailler le contenant? Résultante d’un dégoût du public vis à vis de karaokés télévisuels et d’inepties musicales qui dépossèdent le genre de sa fonction première: émouvoir? Mutation aux allures de dernière chance? A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’un leurre, d’une bulle engendrée par les errances mercantiles des Majors asphyxiées qui, en surfant sur la vague Vintage, tentent de palier aux  conséquences désastreuses de leurs propres choix! Et, tout bien considéré, les 52% de progression par rapport au vide organisé par l’industrie discographique restent anecdotiques. Pour le moment en tous cas! Au final tout n’est peut être pas perdu; à condition de croire un tant soit peu en la capacité de la musique à engendrer d’ indicibles joies et plaisirs. Rock’n’Roll bordel!

Patrick BETAILLE, janvier 2016

 

La Discothèque Idéale 2015

Barrence Whitfield and the Savages: Under the savage sky   Seasick Steve: Sonic Soul Surfer   Datura4: Demon Blues

 

Adele vous malmène les tympans? La reformation de téléphone vous en touche une sans faire bouger l’autre? La production télévisuelle vous donne des envies de suicide? j’ai quelque chose pour vous! Question nouveautés l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock. Mais faute de mieux le cru 2015 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut).

 

Left Lane Cruiser: Dirty Spliff Blues   Manu Lanvin & the Devil Blues: Son(s) of the Blues   Lisa Mills: I'm changing

Levi’s 501 – The Original

 

Lorsqu’un objet de retrouve au rendez-vous de l’Histoire, élevé au rang du mythe, du symbole, il l’est en général de façon imprévisible et totalement à son insu. A  l’origine le 501 n’est qu’un vêtement rustique, confortable et robuste destiné au travail et ce sont ces qualités qui vont rapidement lui donner un statut privilégié qu’un siècle de paire de fesses n’a pas encore fini d’user. Le terme de Jean puise son origine dans la ville italienne de Gênes. Il désigne une catégorie de vêtements en toile ou coton teinté que portent les marins. C’est ce de type de tissu  que Jacob Davis s’inspire et il fait le choix d’un tissage mêlant coton blanc et coton teinté fabriqué dans la ville de Nîmes. D’où le nom Denim. 1873, en pleine ruée vers l’or, Davis, dont l’activité consiste à confectionner des salopettes, entend souvent les chercheurs se plaindre à propos de ruptures au niveau des poches. Pour les renforcer le tailleur pense alors à utiliser des rivets. l’efficacité et le succès de l’idée sont tels qu’il décide de déposer un brevet en demandant le soutien financier d’un homme d’affaires: Levi Strauss. Peu à peu, l’ habit de travail est adopté pour devenir le triomphe de simplicité qui allait habiller le quotidien de tout un chacun avec une poche pour la montre, des rivets de cuivre, des boutons à bretelles, une patte arrière pour ajuster la taille et un ton indigo unique. La couture d’un double arc sur la poche arrière devient la touche finale qui identifie définitivement la marque et son concept qui portera le nom de 501 à partir de 1890. Le mythe est né et il commence à s’adapter au besoins du XXème siècle. Suppression des rivets et des boutons à bretelles. Ajout d’une poche arrière et d’un patch de cuir comportant le logo 501. Dès lors le Levi’s s’installe définitivement dans les mœurs et devient l’icône, d’abord de l’Amérique moderne, puis du monde entier quand les GI’s débarquent en Europe en 1945. Avec les années 60 l’âge d’or se met en marche. Le 501 devient symbole de liberté et d’émancipation. Gary Cooper, John Wayne, James Dean, Marilyn ou encore Marlon Brando contribuent à façonner sa légende. Quant au monde musical, l’appropriation est immédiate. Elvis, Springsteen, Ramones, Debbie Harry, Doors, Rolling Stones et bien d’autres ont écrit les plus belles pages de l’histoire du Rock en Denim délavé, déchiré et rapiécé. C’est d’ailleurs sur des plages musicales bien senties que Levi Strauss & Co s’appuie pour illustrer les campagnes de pub qui font grimper les ventes; l’occasion d’ entendre les Ronettes, Marvin Gaye, Percy Sledge, Ben E.King, Steve Miller ou, comme en 1988, Muddy Waters et son ”Mannish Boy” qui aime porter le 501 bien frais: Pub!

Funkadelic – Electric Spanking of War Babies

Funkadelic The Electric Spanking of War Babies

[Extrait]: Orchestré par George Clinton, Funkadelic allait devenir l’un des groupes les plus importants pour ce qui concerne l’évolution de la musique Funk via la fusion unique de psychédélisme, de rock et de soul. En 1981, après plus de trente années de succès générés par des explorations musicales teintées de satires sociales et d’engagements politiques, parait le 12ème album studio du groupe. Tout n’est pourtant pas si rose. Clinton, passablement ravagé par la drogue, rencontre des problèmes non seulement avec la maison de disque mais aussi avec sa formation qui pour la circonstance intègre de nouveaux venus, dont Sly Stone. Par son titre, Electric Spanking of War babies fait allusion à la guerre du Vietnam et critique ouvertement l’impérialisme américain… La démarche est pour le moins mal perçue par la maison de disques qui d’emblée rejette l’idée de double album initialement prévue. Funkadelic revoie sa copie pour en tirer un album simple mais le concept se retrouve à nouveau écarté. Cette fois Warner censure la pochette car le design de Pedro Bell représente une femme nue dans un vaisseau spatial de forme phallique. Au final l’artiste recouvre l’objet du délit d’un habillage sur lequel on peut lire: ″ Oh regarde! c’est la jaquette qu’ils avaient si peur d’imprimer! ″. Qualitativement bien inférieur à Magot Brain ou One Nation under the Groove le disque n’est édité qu’à 100 000 exemplaires. Boudé par le public War Babies alimente rapidement les bacs à soldes et sera le dernier opus de la formation du Dr. Funkenstein sous le nom de Funkadelic. Même si occasionnellement il se produit sur scène avec ses anciens acolytes (dont certains continuent même à l’accompagner dans ses projets solos), George Clinton dissout le groupe.

Patrick BETAILLE, novembre 2015


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Barrence Whithfield & the Savages – Under the savage sky

 

Ceux qui espèrent que le Rock’n’Roll ne soit pas mort et qu’il aura encore et toujours la capacité de les faire bouger doivent absolument posséder le dernier brûlot de Barrence Withfield. Under the Savage Sky est une petite tuerie qui prouve si besoin en était que Rock et Rythm & Blues ne sont pas concurrents mais complémentaires et fusionnels. A l’écoute des 12 titres on imagine sans mal Otis Redding en train de jammer avec MC5 ou Screamin’ Jay Hawkins accompagné par George Thorogood et ses Destroyers. Explosif! ” Kick out the jam motherfuckers ”! Ça hurle à tous les étages, Barrence s’y entend pour ça, mais il n’est pas question de frime, c’est juste un moyen supplémentaire de transmettre son énergie bienfaitrice. Quant au groupe, The Savages, il n’est pas en reste. Le guitariste Peter Greenberg, le bassiste Phil Lenker, le batteur Andy Jody et le saxophoniste Tom Quartulli assurent avec un talent et une efficacité redoutables. Et pour rester dans le ton, la production brute de décoffrage du disque restitue en studio et à merveille l’ambiance chaude d’un bar bondé où il fait bon ingurgiter quelques tartines de houblon avec des potes. Pour les avoir vu tout récemment sur la scène du Show Case à Pau le constat est imparable; que ce soit sur disque ou en live Barrence Withfield et sa bande de sauvages sont totalement dévoués à une juste cause, notre plaisir. Pour preuve: Rock and Roll Baby!

Patrick BETAILLE, octobre 2015

 
 

Mom’s Apple Pie – La Part du Gâteau

Mom's Apple Pie censure

[Extrait]: Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif  la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″ l’objet ″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!

Patrick BETAILLE, septembre 2015


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