Soldat Louis – Première Bordée.

© Olivier Chaulieu

 

Nous sommes en 1988, c’est-à-dire musicalement en pleine période de marasme créatif généré par les Majors du disque (ceux la même qui prétendent allègrement aujourd’hui que le téléchargement nuit aux artistes et à leur créativité.) dont le but premier consiste à imposer le Top 50 en tant que référence absolue. Dès sa parution Du Rhum Des Femmes propulse Soldat Louis, groupe breton parrainé par Renaud,  sur le devant de la scène médiatique. Le single se vend à 750 000 exemplaires, et l’album Première Bordée devient double disque d’or. Les chansons de comptoir sont à la mode et malheureusement le combo se retrouve assimilé à cette catégorie au même rang que  » Allez viens boire un p’tit coup à la maison  » de qui vous savez. Finalement, ce qui au départ devait être une chanson humoristique va nuire au reste de la production et à la carrière de Soldat Louis qui propose pourtant un répertoire digne de ce nom. Décors fantastiques, ambiances délicates, textes poétiques et nostalgiques sont aussi l’apanage de ce combo français qui à l’occasion sait aussi faire preuve d’engagement politique. Malheureusement Plus aucun des albums qui suivront n’obtiendra de succès mérité et nos bretons disparaîtront dans les bas fond de la soupe médiatique grand public. Soldat Louis changera de formation à plusieurs reprises et produira malgré plusieurs albums originaux (Sales Gosses en 2006!).  Aujourd’hui encore  ils écument les salles et les routes de France.

Patrick BETAILLE, décembre 2009


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Taste – Wall to Wall

 

Je les entends d’ici les esprits chagrins : ″ Encore une reformation mercantile sous couvert de REVIVAL ! ″. Je les vois les dédaigneux qui d’un haussement d’épaules vous assènent : ″ Taste sans Rory ? No way ! ″ Et je les devine les adeptes de la sodomie de diptères coupant court à toute discussion à grand coup de Tatoo’d Lady !

Certes Taste a été le premier groupe de Rory Gallagher, celui qui lui a permis de lancer la carrière solo que l’on connaît après avoir enregistré deux albums (Trois en comptant le célébrissime « Live Taste » enregistré lors d’un concert à l’Ile de Wight). Et depuis ? Rien ! Si ce n’est de nombreux concerts pour entretenir la légende Rory et assouvir leur passion ; ce qui admettons-le est déjà énorme. Pas d’amalgame donc et fi de polémique stérile quant à l’utilisation du nom ou la comparaison douteuse.

Ceci étant admis, quarante ans après effectivement, John Wilson, le batteur du deuxième line up, réapparaît donc, toujours en power trio, et nous livre ce Wall to Wall. N’en déplaise aux sus nommés et avis aux amateurs de gros son, cet album risque de vous foutre un joli petit coup de pied au cul. J’ai cherché des informations sur Sam Davidson, le guitariste chanteur, mais apparemment il n’est connu que dans sa famille, celle du rock irlandais. Peu importe, la voix porte, chaude et râpeuse à souhait et je qualifierai son jeu de guitare de plus qu’honorable. Au travers des dix titres de cet album il parvient à nous asséner quelques solos subtils (Daytona dreaming, Devil’s woman, Big Ship), frénétiques (Pretty woman of mine, Lucy May, Going home) ou carrément déjanté et furieux dans Home Blues. Que dire de plus ? Que Taste ne réinvente pas le rock mais qu’ il y excelle et qu’en gros Wall to Wall est convaincant et se déguste en tapant du pied. Vous êtes encore là ? Très bien ! sachez alors qu’avec un peu de chance 2010 devrait vous donner l’occasion de les voir sur scène en France et notamment à Paris le 17  Mars, jour de la St Patrick.

Patrick BETAILLE, décembre 2009

Ricky Amigos – Loco Loquito

Ricky Amigos Loco Loquito!Alors ça c’est une putain de bonne nouvelle! Non, non, il n’est pas question de la fin de l’épidémie de la grippe A, pas que que de la sortie de la crise financière non plus d’ailleurs. en fait c’est de Ricky Amigos dont il est question. Quoi? Vous ne connaissez pas Ricky?! ″Béarnais de naissance et d’accent, Ricky est espagnol de cœur depuis son enfance, lorsque ses parents partirent s’installer en Andalousie. Il fait ses premières armes au sein de différents groupes de rock du Sud-Ouest à la fin des années 70, monte à Paris où, confronté à différentes expériences musicales, entre autres avec Manu Chao qui l’accompagne, il fonde en 83, le groupe RICKY AMIGOS, créateur du Flamenco-rock et de la Rumba n’roll en Europe, montrant ainsi le chemin à d’autres groupes comme Mano Negra ou les Négresses Vertes″. (Biographie extraite du site officiel de Ricky).

La réédition de ″Loco Loquito″ est une véritable aubaine et un moment de bonheur. Si comme moi vous aviez usé le Vinyl jusqu’à la corde ou si comme d’autres vous êtes passés au travers de la première édition Cd de 1993 (ce premier album, en vinyl 7 titres, date en fait de 1985) c’est le moment, allez y! jetez vous sur ce collector. En dix titres (dont 8 enregistrés Live au Rose-Bonbon Paris en 1984) vous vous délecterez de ce mélange de Flamenco et de Rock qui prend toute sa dimension avec ″Ay que dolor″, ″Que te mato″,  ″Loco loquito″, ″Cobarde″ et bien sûr ″Flamencorrrrrock″. Dépêchez vous quand même, ce retirage est limité et à 15 euros port compris ce serait balot de faire l’impasse. Alors comment faire? C’est simple: Envoyez un Chèque bancaire de 15 euros à l’ordre de Eurorégie dans un courrier intégrant vos coordonnées à: Eurorégie – 168 faubourg Poissonnière – 75010 Paris (Tel: 01.42.82.17.69). Encore plus simple et avec en prime une foultitude d’infos, un clic tout con ici:  Ricky Amigos.

Patrick BETAILLE, novembre 2009

The Love Me Nots – Upside Down, Inside Out

 

Groupe Américain de Phoenix, The Love Me Nots a vu le jour en 2006;  ils aiment les guitares syncopées, les rythmes hachés, l’orgue Farfisa, bref ils aiment le son fin sixties/début Seventies et plus particulièrement quand il est empreint du ″Detroit sound″ tendance garage. Autre originalité si l’en est, voici un groupe adepte de la parité : deux gars, deux filles le composent et tant mieux si c’est Nicole Laurenne (chant & claviers) qui offre aux LMN cette identité si particulière. Sa voix est à la fois puissante et incisive mais selon les moments elle peut être aussi suave et sensuelle. On pourrait les juger très prolixes puisque ce troisième album sort alors que l’on vient juste de digérer le deuxième ″Detroit″ (prononcer Di-Troye !). En fait il ne s’agit que d’une question de distribution, sur l’Europe en général et sur la France en particulier. Avec ce troisième album l’empreinte Rock Electro est toujours présente même si l’on pourrait croire à une légère accalmie par rapport au précédent ″Detroit″ et ce probablement à cause de la présence de quelques titres au tempo plus modéré. Ne vous y trompez pas, Upside down, envoie la sauce comme il se doit et place la barre très haut en terme de dynamique. Je vous recommande sans hésiter cet opus qui vous rappellera certainement les White Stripes ou les Animals, qui est  une des meilleurs surprises de 2009 (il était temps !) et qui pour finir met les Love Me Nots au rang du groupe Rock le plus jouissif du moment. Vous voici prévenus et si vous savez y faire vous aurez de quoi faire de belles suggestions pour que votre Noël soit Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, novembre 2009

 

ZZ Top – Double Down Live!

ZZ top Double Down Live Double Dvd, trois heures de concert qui regroupent les célébrissimes sessions du Rockpalast en 1980 et les prestations lors de la tournée européenne de 2008. Autant vous le dire tout de suite: me voilà réconcilié avec la prestation scénique des texans. En effet, en tant que fan de la première heure j’avais à une époque assisté aux concerts de Eliminator, puis de Afterburner. Dans les deux cas ce fut une déception tant les shows de l’un de mes groupes préférés étaient courts, impersonnels et aseptisés. Résultat, ma discographie ZiZi Topesque s’arrête à Eliminator avec une exception accordée  Rhythmeen en 1996. Réconcilié, disais je, car ici le trio est au mieux de sa forme et nous prouve qu’il est capable du meilleur, et ce même s’il n’y a pas grande place pour l’improvisation. Rien que pour la version de La Grange l’acquisition de l’objet est amortie. On y voit un Billy Gibbons survolté qui tire de sa Les Paul des chorus dignes d’un boogie Rock de haute voltige. Pour le reste, il suffit de jeter un coup d’œil aux titres répertoriés pour comprendre que pour moins de vingt euros l’ affaire est juteuse, d’autant plus que la qualité du son et de l’image sont au rendez vous.

Track Listing: Dvd 1 Definitely Then…: I Thank You • Waitin’ for the Bus • Jesus Just Left Chicago • Precious and Grace • I’m Bad, I’m Nationwide • Manic Mechanic • Lowdown in the Street • Heard It on the X • Fool for Your Stockings • Nasty Dogs & Funky Kings • El Diablo • Cheap Sunglasses  • Arrested for Driving While Blind • Beer Drinkers & Hell Raisers • La Grange • She Loves my Automobile • Hi Fi Mama • Dust My Broom •  Jailhouse Rock • Tush • Tube Snake Boogie • Just Got Paid.

Track Listing: Dvd 2 Almost Now…:  Got Me Under Pressure • Waitin’ for the Bus • Jesus Just Left Chicago • I’m Bad, I’m Nationwide • Blue Jean Blues • Heard It on the X • Just Got Paid • I Need You Tonight • La Grange • Hey Joe • Tush.  Somme toute un bon complément au Live in Texas paru récemment. À noter que les titres cette deuxième galette sont entrecoupés d’extraits d’une interview en franglais laborieux. Heureusement que les images d’archives relèvent le niveau.

Patrick BETAILLE, novembre 2009